Aztèques, Huichols, Mayas, Iroquois, Incas, Apaches, Quechuas, Sioux, Triquis, Navajos, Potawatomis… : les Autochtones d’Amérique inspirent les écrivains. Entre aventures de conquistadors et récits de rencontres dans le monde d’aujourd’hui, ils font souvent figure d’altérité radicale.
On pense aux Incas du Temple du soleil, aux histoires de cowboys et d’Indiens… Le fil initial se révèle toutefois écheveau, mêlant bandes dessinées, romans et œuvres pour la jeunesse. Lesquels nous font voyager des États-Unis au Pérou, du Canada à la Bolivie. Arpentent l’Histoire, de Christophe Colomb à nos jours. Continuer la lecture



Chaque album des éditions FRMK promet une bouffée d’air libre à l’écart des œuvres contaminées par la radioactivité du marché. Elles promeuvent des créations qui ne s’inclinent devant rien, devant aucune forme convenue, qui ne pactisent pas avec le triste cirque médiatique. Dans Botanike Komiks. Un regard sur le monde, Éric Lambé nous balance des tranches de vie contemporaines, les stations d’un voyage dans le monde actuel. La couverture annonce 48 CC, non une cylindrée, mais 48 pages d’une bande dessinée cartonnée et en couleurs. Pour être à même de porter un regard sur le monde, il faut avoir comme réquisits : 1° l’existence du regard, quelle que soit sa forme, 2° l’existence d’un monde, quel que soit son état, 3° l’établissement d’un possible lien entre les deux termes. Ces préconditions assumées, Éric Lambé et son invité Carl Roosens placent leur bande dessinée sous le signe d’un désaxage revendiqué par le sous-titre : « dessiner des mots », « écrire des images ». Un pari contre-intuitif, un chamboulement des registres qui conteste la division foucaldienne entre lisible et visible. 
En s’ouvrant sur un paysage après la bataille, scène reconstituée d’un combat historique exposée dans un musée régional, le récit, d’emblée, donne le ton. La scène est figée, le temps s’est arrêté après un moment d’extrême violence. Il en est de même pour la vie de Fany, le personnage central de cet album, dont on comprend vite qu’un douloureux événement, que l’on découvre au fil de quatre cent trente-deux pages de ce roman graphique, a dévié sa vie de sa trajectoire. Depuis, elle semble assister à son existence en spectatrice muette.