Aztèques, Huichols, Mayas, Iroquois, Incas, Apaches, Quechuas, Sioux, Triquis, Navajos, Potawatomis… : les Autochtones d’Amérique inspirent les écrivains. Entre aventures de conquistadors et récits de rencontres dans le monde d’aujourd’hui, ils font souvent figure d’altérité radicale.
On pense aux Incas du Temple du soleil, aux histoires de cowboys et d’Indiens… Le fil initial se révèle toutefois écheveau, mêlant bandes dessinées, romans et œuvres pour la jeunesse. Lesquels nous font voyager des États-Unis au Pérou, du Canada à la Bolivie. Arpentent l’Histoire, de Christophe Colomb à nos jours.
La présence d’Amérindiens dans la fiction n’est évidemment pas propre à la littérature belge. Dans le seul domaine français, citons, parmi bien d’autres, Tristesse de la Terre d’Éric Vuillard (Actes Sud, 2014), Terres promises de Bénédicte Dupré La Tour (éditions du Panseur, 2024) et La Realidad de Neige Sinno (P.O.L, 2025). Pourquoi cet engouement ? Bénédicte Dupré La Tour explique : « Les cow-boys et les Indiens, ce n’est pas mon histoire. Je me suis rendu compte avec un certain malaise que mon imaginaire avait été colonisé». Dans l’entretien qu’elle nous a accordé, Véronique Bergen, dont le roman Moctezuma est consacré au dernier empereur aztèque, évoque quant à elle le besoin non « de le réhabiliter, mais de le densifier, de l’ériger en caisse de résonance d’un monde qui s’apprête à sombrer dans la nuit ».
Le poids des mots
L’histoire est connue : quand Christophe Colomb a accosté dans les Caraïbes, il pensait avoir atteint l’Inde par l’Ouest et a cru rencontrer des « Indiens ». Le mot est resté, parfois corrigé en « Amérindiens ». Grevé par l’histoire coloniale dont il est issu, il est désormais contesté, même s’il subsiste dans plusieurs œuvres littéraires sans connotation péjorative apparente. « Précolombiens », tout aussi problématique, n’envisage ces populations que sous l’angle de l’arrivée des conquérants européens.
Plus respectueuse de la réalité historique, l’appellation « Autochtones » rassemble sous un seul vocable des peuples différant par leur mode de vie, leurs traditions, leur histoire et leurs réalités actuelles, dissolvant les spécificités sous un « eux » uniformisant, auquel il est tentant d’opposer un « nous » tout aussi illusoire.
Le temps des conquistadors
La trentaine d’ouvrages rassemblés ici ne parlent pas des périodes antérieures aux conquistadors. Les « Indiens » ne deviennent des sujets de la fiction que lorsqu’ils ont des contacts avec les Européens. L’intrigue tourne d’ailleurs souvent autour de ces rencontres. Signe d’un eurocentrisme irrépressible ? Refus de s’approprier une histoire ? Fascination pour la chute de civilisations prestigieuses ? L’exemple d’Apocalypto, film (controversé) de Mel Gibson (2006), est éclairant. L’histoire est exclusivement celle d’Autochtones, membres d’une tribu du Yucatan aux prises avec l’hégémonie maya. Le film commence par une citation de Will Durant : « A great civilization is not conquered from without until it has destroyed itself from within » [« Une grande civilisation n’est conquise de l’extérieur que si elle s’est détruite elle-même de l’intérieur »]. Pourtant, l’un des derniers plans montre des caravelles espagnoles approchant du rivage.
Côté belge, Jean Torton (qui utilise parfois le pseudonyme de Jeronaton), dessinateur de bande dessinée spécialisé dans les civilisations précolombiennes, a signé avec Jacques Martin les volumes des Voyages d’Alix consacrés aux Mayas, aux Aztèques et aux Incas, remarquables par leur dessin rigoureux et détaillé. Les ouvrages, à l’ambition documentaire et didactique, retracent l’histoire de ces civilisations jusqu’à l’arrivée des Espagnols.
Premier (chronologiquement) des conquistadors, Christophe Colomb n’a guère suscité d’œuvres de fiction en Belgique. Pierre Mertens s’y réfère (L’Inde ou l’Amérique ou la nouvelle Supplément au voyage de Colomb), sans mettre en scène le navigateur. Philippe Remy-Wilkin lui consacre un essai. Christophe Colomb. Le Découvreur et la Découverte : mythes et réalités livre une lecture critique des différentes sources disponibles. L’auteur note que contrairement à d’autres et malgré l’effroi que suscitent chez lui les pratiques cannibales de certaines tribus, Colomb a surtout considéré les Autochtones avec bienveillance et intérêt. Plus précisément, il « envisage les Autochtones comme des êtres spontanés et bons, aussi pauvres que généreux. Et jamais comme des sauvages proches de l’animalité. Ainsi rapproche-t-il leur nudité de l’état de nature adamique et ne s’en offusque-t-il pas » (p. 176). L’extrême simplicité, manifestée notamment par la nudité, conduit à deux considérations opposées, reposant sur une identique essentialisation : soit, idéalisés, les Autochtones représentent une forme d’innocence édénique (c’est la position de Colomb), soit leur absence de sophistication est associée à leur infériorité, leur sauvagerie.
Bien plus que Colomb, Hernan Cortés et la conquête de l’empire aztèque ont nourri la fiction. Dès 1954, Charles-Henri Dewisme, mieux connu sous le pseudonyme d’Henri Vernes, publie, dans la collection « Marabout junior » et en signant Jacques Seyr, le roman historique pour la jeunesse Les conquérants du Nouveau Monde. Le scénariste Jean Dufaux et le dessinateur Philippe Xavier se sont eux aussi intéressés à l’Amérique au temps de Cortés avec les quatre volumes de Conquistador (2012–2015). Moctezuma, le roman de Véronique Bergen, a paru en 2024.
Les trois titres révèlent la diversité des perspectives. L’enthousiasme quelque peu grandiloquent des « conquérants du Nouveau Monde » fait place à la neutralité de « conquistador ». Véronique Bergen retourne quant à elle la perspective : les Européens venus s’emparer de territoires pourtant déjà habités ne sont plus les héros de l’histoire, ils cèdent la place à l’empereur qui a vu déferler sur son peuple ces conquérants avides. Dans Moctezuma, ce sont les Autochtones qui s’interrogent sur l’humanité des Espagnols : « Si, de toutes apparences, il ne s’agit pas de dieux, peut-on affirmer qu’ils sont des hommes ? » (p. 9). On aurait tort de conclure à un banal renversement des points de vue, qui consacrerait la domination des Aztèques après avoir fait un sort à celle des conquistadors. Dans ce livre comme dans nombre de ses romans, Véronique Bergen recourt à la polyphonie : les narrateurs changent au rythme des chapitres, multipliant les points de vue sur cette fin d’un monde. Catherine Desbarats résume l’un des enjeux, et la gageüre, de la mise en fiction de l’histoire amérindienne : « Comment représenter des passés amérindiens à partir de sources coloniales […] ? […] comment restituer aux Amérindiens le statut d’acteurs historiques sans rendre trivial l’impact des colonisateurs ?[1] ». La pluralité des voix à l’œuvre dans Moctezuma offre une réponse. En effet, comme nous l’explique l’écrivaine, la polyphonie « déjoue tout prisme hégémonique et, par la mise en œuvre de chants et de contre-chants, de multifocales, diffracte les perspectives. Non pour consoner avec les consignes de l’air du temps mais parce que la fiction à mes yeux s’avance comme le champ mouvant, exploratoire de la pluralité des voix, des regards, des perceptions. »
Donner la parole aux Aztèques, les ériger en sujets, ne revient pas à les idéaliser. Moctezuma n’ignore pas les sacrifices humains, ni la tyrannie exercée par l’empereur sur les tribus voisines. Ces actes s’effacent toutefois devant les méfaits des conquistadors : « les conquistadors ne vibrent qu’à trois éléments, l’or, la croix, les rapines. Comment peut-on à la fois chérir un être chétif cloué sur un misérable morceau de bois formant une croix et être assoiffé d’or ? […] Ils ne respectent ni la terre qu’ils éventrent pour lui arracher l’or qui doit dormir en ses entrailles, ni nos dieux qu’ils démolissent, ni nos populations qu’ils déciment » (p. 81).
Les sacrifices humains et la cruauté des Aztèques sont mentionnés à maintes reprises dans Les conquérants du nouveau monde et dans Conquistador : l’aventure et le dépaysement sont au cœur des deux histoires, qui pourraient difficilement se passer de tels éléments spectaculaires. Sans taire la soif de richesses des Espagnols, Henri Vernes place les motivations religieuses au cœur de leur action, les présentant comme « tous animés par un bizarre mélange de patriotisme, de ferveur chrétienne et de cupidité » (p. 45) face à la « horde de démons peinturlurés » (p. 157) que sont les Aztèques dans leur tenue de combat : « il ne faudrait pas croire que la religion servait d’excuse à ces hommes. […] eux faisaient la guerre pour imposer leur foi aux peuplades lointaines ». Les conquérants du Nouveau monde s’adresse initialement à un public adolescent. Pour l’édification de ce lectorat, le roman comporte quelques passages purement didactiques, et des commentaires destinés à orienter la compréhension du livre. Soucieux de garder l’adhésion de ses lecteurs aux héros de son histoire, l’auteur justifie les massacres commis par les Espagnols par une forme de relativisme historique : « toute guerre à cette époque n’était qu’une longue suite d’impitoyables carnages, de massacres gratuits et de pillages » (p. 45).
Outre les sacrifices humains, les trois ouvrages abordent un autre versant du rapport aztèque au sacré : l’animisme, la communion avec la nature et l’attention aux signes du monde. Dufaux et Xavier en tirent un parti intéressant en poursuivant une veine fantastico-merveilleuse. Dans Les conquérants du Nouveau monde, les Espagnols se rient de ce qu’ils assimilent à la superstition des Autochtones. Véronique Bergen, dont l’œuvre est traversée par une préoccupation pour la prédation humaine sur les autres espèces, oppose le respect aztèque de la nature aux saccages perpétrés par les Espagnols, annonciateurs des désastres écologiques d’aujourd’hui : « [Les Espagnols] ne sentent pas qu’habités par des esprits, les lacs, les arbres, les champs vivent comme nous, comme les animaux, que nous devons veiller sur eux, prier les dieux afin qu’ils ne tombent malades. Qui détruit les arbres, les rivières, qui massacre les aigles, les jaguars, les poissons est condamné à périr. Quand il n’y aura plus rien à exterminer, à saccager, l’homme blanc mourra à petit feu, se sabordera » (p. 81–82).
Bien que se passant au 16ème siècle, Moctezuma fait écho au combat, actuel quant à lui, de Raoni Metuktire. Rédigés avec le journaliste belge Jean-Pierre Dutilleux, ses mémoires dénoncent la destruction de la forêt amazonienne, et la menace qui pèse de ce fait sur la survie des Autochtones.
Transfuges
Conquête et colonisation obligent, les Européens et les Autochtones sont généralement dépeints comme antagonistes. Les personnages passant d’un camp à l’autre (interprètes, espions, transfuges…) sont dès lors un ressort narratif. C’est sans doute Danse avec les loups (1990) qui a fourni à l’imaginaire collectif l’archétype du transfuge. Loué pour ses qualités humanistes, renouvelant l’image des « Indiens » dans le western, le film de Kevin Costner[2] n’échappe pourtant pas au poids de la tradition : son héros reste un Blanc qui va vivre parmi les Sioux, qui le nomment Danse-avec-les-loups. Ces derniers sont cantonnés à des rôles de faire-valoir.
Le changement de nom est l’une des marques de l’acceptation par les Autochtones. Il en va ainsi dans J’irai voir les Sioux, livre pour la jeunesse de Thomas Lavachery qui est aussi une ode au métissage et à la rencontre des cultures. Son héros, un jeune Blanc qui vit au sein des Potawatomis sous la responsabilité d’un prêtre, obtient le respect des Sioux pour un geste héroïque qui lui vaut le nom de Celui-qui-retient-les-flèches.
Antipodes, album co-signé par Éric Lambé et David B., a pour personnage central un transfuge, mais ne l’héroïse pas. Au 16ème siècle, Nicolas Leclerc, officier français, est fait prisonnier par les Tupinambas. Il échappe au sort que ceux-ci réservent à leurs prisonniers (la mort et la dévoration) en raison de ses qualités de chanteur. Marié à une Tupinamba, il vit dans le village, pratique la chasse et a mangé de la chair humaine. En tant que transfuge, il fait découvrir son ancien monde aux Tupinambas et rit avec eux de la manière dont les Européens se représentent les peuples autochtones. Le livre montre toutefois que l’assimilation complète aux Tupinambas est impossible : malhabile à la chasse, dégouté par le cannibalisme, Nicolas est exclu de certaines pratiques (le tatouage) et les villageois l’abandonnent en chemin sans états d’âme. Symétriquement, les conquérants européens ne le reconnaissent plus comme l’un des leurs en raison de tout ce qui a été indianisé en lui.

Extrait d’ “Antipodes” proposé par les éditions Casterman
L’absence de langue commune est l’un des nœuds de la rencontre entre Autochtones et Européens. Elle représente aussi un défi littéraire : des dialogues écrits dans une seule langue (en français, pour le corpus qui nous occupe) doivent représenter aussi bien des échanges en espagnol (en français, en anglais…), qu’en langue autochtone. Pour la série Lucky Luke de Goscinny et Morris, le scénariste a choisi l’effet comique : pure invention, sa langue apache est un assemblage de mots dérivés du français et ayant de vagues consonnances « indiennes ». Ainsi le cri de guerre est-il « Adada » (Les Dalton sur le sentier de la guerre). Entendant le sorcier dire « Clipiticlopos patchiboum caracas ! », le chef de la tribu rétorque « Patchiboum caracas ?!?! » (Canyon apache). L’usage de la langue installe une dissymétrie entre les Autochtones et les autres, à l’avantage de ces derniers. Lorsque les Apaches parlent à Lucky Luke dans sa langue, les fautes de grammaire pullulent. Lorsque le cowboy s’adresse à eux, il continue à parler sa propre langue mais, en signe d’ouverture, s’efforce d’adapter son vocabulaire (« Le grand chef blanc dans son tipi, à Washington, m’a donné le pouvoir de traiter avec le grand peuple apache »). Lucky Luke œuvre néanmoins pour la paix entre les deux « clans », déjouant les volontés guerrières des uns et des autres. Blueberry, le héros de Jean-Michel Charlier et Jean Giraud, s’engage lui aussi en faveur de la paix avec les Indiens, et plus encore que Lucky Luke : Nez cassé (son nom navajo), dans l’album homonyme, est clairement dans le camp des Navajos face aux hommes blancs, et s’éprend même de la fille du chef Cochise[3].
Dans Antipodes, c’est par la forme des phylactères que les deux co-auteurs ont choisi de manifester la différence entre le français et la langue des Tupinambas. Les mots des colonisateurs sont entourés d’une simple ligne noire ; les échanges en langue tupinamba sont quant à eux cerclés d’une ligne ocre ornée de motifs évoquant les arts premiers.
Loup et les hommes est un autre exemple de la fécondité des personnages transfuges. Loup, qui donne son titre au roman d’Emmanuelle Pirotte, a été adopté par une famille de la noblesse française au 17ème siècle. Dénoncé par son frère Armand, jaloux du charisme de ce frère adoptif, il perd ses privilèges et se retrouve en Nouvelle-France où il s’intègre dans une tribu iroquoise. Mais Armand décide de le retrouver et débarque à son tour au Nouveau Monde. Emmanuelle Pirotte, qui cite parmi ses lectures fondatrices Le dernier des Mohicans et les livres de Jack London, avait, dès son premier roman Today we live, imaginé un Allemand qui avait vécu un temps parmi les Cris au Canada. Ce qui n’était qu’une intrigue secondaire devient avec Loup et les hommes le centre du roman. Le rôle principal est encore dévolu à un Européen venu vivre parmi les Indiens, « un être hybride, une sorte de monstre engendré par la folie des Blancs et l’univers mystérieux des Sauvages » (p. 363). Toutefois, l’autrice recourt, comme Véronique Bergen dans Moctezuma, à la polyphonie. Chaque chapitre est raconté du point de vue d’un personnage différent, les interventions d’Armand, de son valet Valère alternant avec celles des Iroquois et de Loup. Ce dispositif contribue à éviter tout point de vue hégémonique, si ce n’est qu’il place Loup au centre, puisque seuls ses chapitres sont rédigés à la première personne. Les Iroquois sont présentés dans toute leur violence (ils torturent leurs prisonniers), mais aussi dans la subtilité de leur accord avec la nature, que les Européens ont complètement perdu : « [Les Iroquois] donnaient l’impression de se fondre dans leur environnement naturel, de ne pas vivre au-dessus de celui-ci mais avec lui. […] Les indigènes ne portaient pas sur le monde qui les entourait le regard dominateur des hommes de l’Ancien Monde » (p. 198–199). Valère, qui décide de rester parmi les Iroquois, où il pourra vivre son homosexualité sans se cacher, voit dans les Autochtones « l’innocence. Celle qui était avec l’homme au jardin d’Éden et que les Blancs ont perdue à jamais » (p. 347). Emmanuelle Pirotte donne au valet un point de vue sur les Autochtones cohérent avec l’époque à laquelle il vit, entre la bienveillance pour l’état de nature de Colomb et le mythe du Bon Sauvage qui cristallisera au 18ème siècle.
Aventuriers
Les Autochtones conservent un pouvoir de fascination dont les ingrédients sont de brillantes civilisations disparues, disposant d’or en abondance, des mœurs violentes (cannibalisme, torture …), une forme de surnaturel. On ne s’étonnera donc guère que Tintin et Bob Morane, les deux grands aventuriers de la littérature belge, aient vécu plusieurs épisodes impliquant des « Indiens ». Hergé et Henri Vernes n’ont par ailleurs pas résisté au plaisir d’inventer des tribus. Ni l’Histoire ni l’ethnologie ne gardent de trace des Arumbayas de L’oreille cassée ou des Morcegos rencontrés dans Sur la piste de Fawcett. Les deux auteurs raffolent aussi des pratiques de torture spectaculaires, de la tribu indienne qui ambitionne de torturer Tintin dans Tintin en Amérique aux Jivaros Yaupis, connus comme réducteurs de têtes, qui poursuivent Bob Morane et ses compagnons dans L’idole verte.
Dans Les conquérants du Nouveau Monde, Henri Vernes semblait prendre le parti de la colonisation espagnole. Avec Bob Morane, sa position parait moins tranchée. Il oppose certes « les civilisés » aux « Indiens », cantonnés aux rôles de serviteurs ou de porteurs. Ils baragouinent en outre un mauvais espagnol après des années de contact avec des hispanophones, alors que Morane se débrouille dans leur langue en quelques jours. Mais Bob Morane professe une forme de relativisme : « chaque peuple possédait sa vérité, et il savait que, si les Jivaros tranchent et réduisent les têtes de leurs ennemis morts, ce n’est pas par cruauté, mais pour se libérer de la peur inspirée par l’esprit du défunt. Fallait-il traiter pour cela les Jivaros de barbares ? Guère plus que les civilisés qui achètent ces mêmes tzanza [sic] pour en faire des garnitures de cheminée » (L’idole verte).
Dans Le secret des Mayas comme dans L’idole verte, Bob Morane découvre des merveilles archéologiques. S’il plaide pour qu’elles soient dévoilées au monde entier, il s’oppose aux Européens venus pour s’approprier les statues précieuses. Il photographie les pièces découvertes, puis laisse l’ensemble sur place, respectant le caractère sacré des lieux. On retrouve une attitude similaire chez Tintin à qui les Incas montrent les objets précieux conservés dans le temple du soleil, et qui jure de garder le secret. Tintin en Amérique dénonce par ailleurs le traitement infligé aux Autochtones, expulsés de leurs terres avec quelques maigres dollars de compensation dès qu’on y trouve du pétrole.
Bien que leurs aventures se déroulent au 20ème siècle, Tintin et Bob Morane entrent en contact direct avec les grandes civilisations (inca, maya) par un même subterfuge de la fiction : des descendants continuent secrètement de vivre à la manière de leurs glorieux ancêtres.
Retours aux sources
D’autres représentations sont moins pittoresques. Elles ne dissimulent pas la pauvreté, la précarité, et la lente disparition des traditions, conséquences de ce que plusieurs historiens qualifient de génocide.
La terre de Juana de l’autrice et illustratrice pour la jeunesse Claude K. Dubois se singularise en ce qu’il met en scène exclusivement des Autochtones (ici des descendants des Mayas au Guatemala). L’ombre des autres plane certes sur le livre : il raconte le voyage de retour des Mayas sur leurs terres ancestrales après en avoir été expulsés par les autorités guatémaltèques. Le récit, à la première personne, est en outre confié à une jeune Maya. Il montre un peuple menant une vie de labeur dans des conditions austères, mais aspirant à cette voie fidèle aux ancêtres. L’une des dernières illustrations représente le site archéologique maya de Tikal, au-dessus duquel s’envole l’oiseau sacré quetzal. Le récit est complété par un dossier historique explicatif. Un dispositif didactique similaire prolonge J’irai voir les Sioux de Thomas Lavachery. On se souvient aussi de la séquence documentaire qui clôturait chaque épisode des Mystérieuses cités d’or. Comme si parler des Autochtones au jeune public allait de pair avec un devoir d’informer, de contextualiser.
Souvent, les livres où apparaissent des « Indiens » racontent le voyage, fictionnel ou non, d’un Européen. C’est le cas de La passagère invisible de Maurice Carême. Publié en 1950, le livre rend compte du voyage au Mexique du poète, entrepris en 1937 à l’occasion d’un prix littéraire. Il s’adresse à son épouse Caprine restée en Belgique. Carême découvre des sites archéologiques aztèques et toltèques. Il en retient l’or et les sacrifices humains (« J’évoque les Indiens couverts d’or et de plumes qui venaient ici, en grande pompe, sacrifier des adolescents à leurs dieux », p. 133–134), topiques de la représentation de ces civilisations. Croisant de nombreux Autochtones, Carême note leur pauvreté, mais est émerveillé par les couleurs, les danses… et par le mélange des cultures à l’œuvre au Mexique. Ainsi admire-t-il une église comportant des strates de construction toltèques, aztèques et espagnoles. Cette immersion dans un monde autre est aussi un périple à la recherche de soi-même. C’est ce que nous explique François-Xavier Lavenne, directeur de la Fondation Maurice Carême : « le voyageur part pour être proche de l’autre […] ; il coupe le lien de la présence habituelle dans le but de créer une autre présence au travers de l’absence. L’espoir est que ces conditions de communications fassent naitre une parole nouvelle, à la fois plus profonde et intime, entre Caprine et lui. Le voyage est en effet espéré comme un épisode crucial sur le plan métaphysique. Il est un temps de bilan, de libération des scories de la vie quotidienne dans l’espoir d’une renaissance. »
D’autres histoires de voyage reprennent peu ou prou les mêmes thématiques. La découverte de l’Autre y participe d’une reconnexion à soi-même. Dans son roman L’hirondelle des Andes, où il met en scène une jeune femme partie au Pérou sur les traces de sa mère qui l’a abandonnée, Michel Torrekens présente ce voyage comme une « archéologie familiale » (p. 45) : parmi les sites historiques où se mêlent vestiges incas et traces coloniales postérieures, ou au contact des Autochtones qui lui proposent de gouter à l’ayahuasca – ce « véhicule vers [s]on monde intérieur » (p. 163) –, la voyageuse reconstitue le puzzle familial et, inspirée par les lieux et ses habitants, trouve au sommet du Machu Picchu une communion nouvelle avec la nature. Le voyage relaté par Benedicta de Smet dans Thïnkas. Une Amazonie intime, relève aussi de l’apprentissage et de la transformation intimes. Le chemin passe ici encore par l’ayahuasca, laquelle souligne les affinités des Autochtones à la fois avec la nature (le pouvoir des plantes) et la magie (les pouvoirs hallucinatoires de la préparation). Le nom est à nouveau un marqueur de l’initiation de la narratrice : Thïnkas est le nom que les Autochtones lui donnent lorsqu’ils l’acceptent parmi eux.
Dans Ana et les ombres, François Emmanuel mêle deux archéologies : l’enquête intime, familiale, et les fouilles d’un site chachapoya. À la faveur des échos entre les deux intrigues, on pressent que cette recherche conduira Ana, la jeune archéologue, au plus profond d’elle-même. Tout comme les connaissances qu’elle cherche à accumuler sur les Chachapoyas la mènent à une époque ancienne, méconnue, où ce peuple andin encore mal étudié n’avait pas encore été soumis par les Incas, de même la quête intime passera par un retour à l’enfance, par l’exploration des recoins les plus secrets, les plus enfouis de son être[4] : « elle avait su, d’intime certitude, que le réel du voyage allait révéler l’autre partie du rêve, ce en quoi elle s’était engouffrée, ce qu’elle avait vu sans voir : la faille de sa vie » (p. 354).
Avec En quête de nos ancêtres, Joseph Ndwaniye annonce la recherche familiale et personnelle dès le titre du roman. S’il est ici aussi question de la colonisation, l’auteur d’origine rwandaise l’aborde sous un angle différent, puisque son héros et narrateur part en Bolivie à la recherche des descendants des esclaves africains que la traite transatlantique a envoyés en Amérique. Avec un constat : les afro-descendants comme les Autochtones sont le produit d’une histoire au cours de laquelle ils ont subi le joug des colonisateurs. Tous vivent aujourd’hui encore dans la précarité, mais leur commun statut de victimes ne les rapproche pas, chacun étant le bouc-émissaire de l’autre. Le personnage de la métisse Alba Luz, dont le narrateur s’éprend, est comme le signe d’une réconciliation souhaitable, elle qui descend des deux communautés.
Authenticité en péril
Entre La chienne de Naha de Caroline Lamarche et Divinités d’Ivan Alechine, les échos sont multiples. Dans ces deux histoires situées au Mexique et écrites à la première personne, les deux auteurs se réfèrent à un conte où il est question d’un homme et de sa chienne qui se transforme en femme lorsqu’il quitte la maison. Ce conte, dans la version (sanglante) des Triquis, donne son titre au livre de Caroline Lamarche, dont il constitue par ailleurs les premières pages. Ivan Alechine raconte quant à lui une version huichole, à la fin moins dramatique pour la femme-chienne. Dans les deux cas, le conte métaphorise la relation entre les hommes et les femmes. Loin de toute exotisation et de toute complaisance, les deux auteurs mettent en avant la difficile condition des Triquis et des Huichols. Dans La chienne de Naha, il est ainsi question de l’extinction annoncée de Triquis, des persécutions qu’ils subissent dans certaines parties du Mexique, de leur pauvreté extrême, mais aussi de leur machisme. Par instant, l’arrière-plan colonial fait retour : « Mes pensées […] se déposent en espagnol, comme si la langue de mon enfance m’avait recolonisée tout entière » (p. 186).
Là où Maurice Carême admirait le mélange des cultures qui a forgé le Mexique, et alors que Caroline Lamarche évoque le « subtil syncrétisme » (p. 170) auquel s’essaie un prêtre catholique, Ivan Alechine constate que les Huichols se dissolvent petit à petit dans la culture dominante. « Ça s’est fait peu à peu, d’une certaine façon, à notre insu… Une légère incision au début, et puis on opère… Greffe d’école, greffe de dispensaire, greffe de crédit, greffe de téléphone, greffe d’électricité… » (p. 48). Et à l’école « l’histoire […] commence à la Conquête » (p. 98). L’identité huichole est effacée.
Pour les voyageurs-narrateurs de La chienne de Naha et de Divinités, la rencontre des Autochtones n’aboutit pas à une salutaire et univoque reconnexion à soi-même et à la nature. La narratrice du roman de Caroline Lamarche fait l’expérience de l’impossibilité de l’échange avec les Triquis, faute d’une langue commune. Son voyage s’apparente à une succession de décalages : elle part au Mexique à la suite du décès de Lucia, son ancienne gouvernante et mère affective, mais celle-ci est enterrée en Espagne. Au Mexique, elle est censée retrouver Maria, la fille de Lucia, mais celle-ci est perpétuellement ailleurs. Finalement, le conte « La chienne de Naha », point de départ du livre et quête de l’ensemble du voyage, lui demeure opaque et interdit : « ce conte appartient aux Triquis, n’essaie pas de te l’approprier, de t’en servir […] ne réduis rien de ce pays à ta mesure » (p. 188).
Quant au narrateur de Divinités, son séjour chez les Huichols lui coute sa relation amoureuse avec la bien-nommée Eurydice. Lorsque, restée en France, elle l’appelle, il fait le constat qu’elle et lui n’appartiennent plus au même monde et se détourne. « L’amour appartenait à un monde que j’avais quitté pour un autre monde auquel je m’étais résolu, comme on dirait, résolution chimique » (p. 66).
Après s’être fait connaitre comme poète, Hubert Antoine publie un premier roman en 2016, Danse de la vie brève, qui lui vaut le prix Rossel. En 2021, il donne la suite du livre, sous le titre Les formes d’un soupir. Les deux se déroulent au Mexique. Peut-être parce que l’auteur a lui-même vécu plusieurs années dans ce pays, son histoire n’implique pas de voyageur européen, mais trois personnages mexicains : un père et sa fille hispano-descendants, Miguel et Melitza, et un métis de mère huichole et de père américain, Evo. Entre les deux premiers et le troisième, une dissymétrie : Melitza et son père sont les narrateurs respectifs de Danse de la vie brève et des Formes d’un soupir, tandis qu’Evo ne nous est connu que par le regard des deux autres. Or Melitza, qui en est amoureuse, déclare ne pas du tout comprendre cet homme.
Dans l’entretien qu’il nous a accordé, Hubert Antoine explique Evo comme « un personnage “naturel”, qui agit toujours en harmonie avec ce qui l’entoure et le moment présent, sans but autre qu’une certaine logique instinctive, si cela veut dire quelque chose. […] Il n’a pas de modèle, peut-être est-il inspiré vaguement par Don Juan Matus, le chaman yaqui inventé par l’anthropologue Carlos Castaneda. Evo est un homme qui a échafaudé une relation au monde d’une extrême simplicité, proche peut-être de la conception que pourrait élaborer un enfant, devenu vigoureux. » Evo connait le pouvoir des plantes, est un excellent chasseur et pêcheur, et est plusieurs fois l’objet de comparaisons animalières (« comme un geyser ou un loup dans le corps d’un homme doux et gentil » p. 58). Comme le note Geneviève Fabry dans la postface à l’édition Espace Nord de Danse de la vie brève>, Evo semble tout d’abord conforme au stéréotype du « Bon Sauvage » que la littérature a souvent accolé aux Autochtones. Mais du stéréotype, Hubert Antoine a un « maniement décalé voire problématisé[5] ». Notamment en complexifiant l’identité autochtone d’Evo. Non seulement il est métis, mais il n’a pas été élevé dans la tradition huichole. Il est finalement un être unique, ne ressemblant à nul autre qu’à lui-même.
Des Sioux à Bruxelles
Il a été beaucoup question, jusqu’ici, d’Européens partis à la rencontre (ou à la conquête…) des Autochtones d’Amérique. Dans Brûlure indienne, le journaliste et romancier Philippe Fiévet retourne cette configuration. Tout d’abord, en choisissant comme personnage central François Chladiuk, le (vrai) propriétaire du (tout aussi vrai) Western Shop à Bruxelles – rencontré pour un reportage. Mais aussi en creusant un épisode méconnu : la venue à Bruxelles, à l’occasion de l’Exposition internationale de 1935, d’un groupe de Lakotas (tribu à laquelle Simon Vansteenwinckel vient de consacrer un livre de photographies, Aux ombres, récompensé par le prix Nadar 2025). Recrutés « dans la tristement célèbre réserve de Pine Ridge […] le plus misérable cul-de-sac qui puisse s’imaginer » (p. 44), ils avaient accepté de quitter leur misère pour venir jouer en Europe les « Peaux-Rouges » dans un show similaire à ceux qu’avait imaginés Buffalo Bill. Et qui rappelle le zoo humain de Tervuren (1897), exhibant des Congolais. Brûlure indienne établit un parallélisme explicite entre histoire d’une tribu autochtone d’Amérique et histoire coloniale belge. Demeure pourtant une ambivalence que Fiévet ne relève pas. D’un côté, François Chladiuk est authentiquement engagé pour les Lakotas, et entretient une amitié suivie avec certains d’entre eux. Il s’attache à les défendre de multiples façons : il retrouve la trace des descendants de ceux qui sont venus à Bruxelles en 1935, leur fait connaitre tous les documents et objets qu’il a rassemblés ; il dénonce les massacres, exactions et vexations diverses qui ont précarisé les derniers survivants ; il collabore avec des musées pour mieux les faire connaitre. De l’autre côté, la passion passe aussi par la collection, laquelle implique une déterritorialisation qui arrache les objets à leurs usages, à leurs récits.
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Dans Divinités, Ivan Alechine a cette réflexion : « Dans les musées, l’art de vivre des pauvres est transformé en exposition d’art pour les riches » (p. 109). L’image des Amérindiens comme « sauvages » et sanguinaires semble avoir désormais vécu, de prestigieux musées accueillent leurs œuvres d’art, la conscience des méfaits de la colonisation se généralise. Mais l’asymétrie perdure, hier entre colonisateur et colonisé, aujourd’hui entre voyageur-regardeur et objet de son regard.
Nausicaa Dewez
Références
[1] Catherine DESBARATS, « Essai sur quelques éléments de l’écriture de l’histoire amérindienne », dans Revue d’histoire de l’Amérique française, vol. 54, n° 4 (« Histoire des Premières Nations : nouvelles lectures et nouveaux problèmes »), printemps 2000, p. 492–493.
[2] Adapté d’un livre de Michael Blake paru en 1987. Pour la version française : Danse avec les loups, trad. de l’anglais par Gilles Bergal, Paris, J’ai lu, 2020.
[3] Pour une analyse détaillée de la représentation des Autochtones dans la série Blueberry, cf. Arnaud DE LA CROIX, Blueberry, une légende de l’Ouest, Point Image – JVDH, 2007.
[4] Pour une analyse d’Ana et les ombres, cf. François-Xavier LAVENNE, « Transporter les os des morts. Le mythe de Quetzacoatl dans Ana et les ombres », dans Christophe MEURÉE (sous la dir. de), Le monde de François Emmanuel, Bruxelles, AML éditions, coll. « Archives du futur », 2022.
[5] Geneviève FABRY, « Postface », dans Hubert ANTOINE, Danse de la vie brève, Bruxelles, Espace Nord, 2023, p. 242.
Œuvres citées
- Ivan ALECHINE, Divinités, Paris, Galilée, 2021.
- Hubert ANTOINE, Danse de la vie brève, Paris, Verticales, 2016, rééd. Bruxelles, Espace Nord, 2023.
- Hubert ANTOINE, Les formes d’un soupir, Paris, Verticales, 2021.
- David B. (dessin) et Éric LAMBÉ (scénario), Antipodes, Bruxelles, Casterman, 2024.
- Véronique BERGEN, Moctezuma. Le dernier Soleil, Bruxelles, Maelström reEvolution, 2024.
- Maurice CARÊME, La passagère invisible, Bruxelles, À l’enseigne de la sirène, 1950, rééd. illustrée par Daniel Dupuy, Paris, Société nouvelle des Éditions G.P., 1965.
- Jean-Michel CHARLIER (scénario) et Jean GIRAUD (dessin), Blueberry. Cycle Fort Navajo – Les premières guerres indiennes, Bruxelles, Dargaud, 1965–1968 ; Cycle Cheval de fer — Les secondes guerres indiennes, Bruxelles, Dargaud, 1970–1971 ; Cycle Second complot — Le crépuscule de la nation apache et la réhabilitation de Blueberry, Bruxelles, Dargaud ; Paris, Fleurus ; Paris, Hachette, 1980–1986.
- Benedicta DE SMET, Thïnkas. Une Amazonie intime, Bruxelles, Traverse, 2020.
- Claude K. DUBOIS, La terre de Juana. Au pays des Mayas, Paris, Archimède, 1999, rééd. Paris, École des loisirs, 2011.
- Jean DUFAUX (scénario) et Philippe XAVIER (dessin), Conquistador, 4 vol., Grenoble, Glénat, 2012–2015.
- François EMMANUEL, Ana et les ombres, Arles, Actes sud, 2018.
- Philippe FIÉVET, Brûlure indienne, Bruxelles, M.E.O., 2024.
- René GOSCINNY (scénario) et MORRIS (dessin), Les Dalton sur le sentier de la guerre, dans Les Dalton courent toujours, Marcinelle, Dupuis, 1964.
- René GOSCINNY (scénario) et MORRIS (dessin), Canyon apache, Bruxelles, Dargaud, 1971.
- HERGÉ, Tintin en Amérique, Tournai, Casterman, 1932 – 1946.
- HERGÉ, L’oreille cassée, Tournai, Casterman, 1937 – 1943.
- HERGÉ, Le temple du soleil, Tournai, Casterman, 1949.
- Caroline LAMARCHE, La chienne de Naha, Paris, Gallimard, 2012.
- Thomas LAVACHERY, J’irai voir les Sioux, Paris, École des loisirs, 2011.
- Jacques MARTIN (scénario) et Jean TORTON (dessin), Les voyages d’Alix : Les Mayas, 2 vol., Bruxelles, Casterman, 2004–2005.
- Jacques MARTIN (scénario) et Jean TORTON (dessin), Les voyages d’Alix : Les Aztèques, Bruxelles, Casterman, 2005.
- Jacques MARTIN (scénario) et Jean TORTON (dessin), Les voyages d’Alix : Les Incas, Bruxelles, Casterman, 2006.
- Raoni METUKTIRE avec Jean-Pierre DUTILLEUX, Mon dernier voyage, Paris, Arthaud, 2019.
- Raoni METUKTIRE avec Jean-Pierre DUTILLEUX, Le combat de ma vie, Paris, J’ai lu, 2021.
- Joseph NDWANIYE, En quête de nos ancêtres, Bruxelles, Impressions nouvelles, 2021.
- Emmanuelle PIROTTE, Today we live, Paris, Cherche midi, 2015.
- Emmanuelle PIROTTE, Loup et les hommes, Paris, Cherche midi, 2018.
- Philippe REMY-WILKIN, Christophe Colomb. Le Découvreur et la Découverte : mythes et réalités, Bruxelles, Samsa, 2015.
- Michel TORREKENS, L’hirondelle des Andes, Lechelle, Zellige, 2019.
- Simon VANSTEENWINCKEL, Aux ombres : un essai visuel documentaire sur les chevauchées Lakota, Marcillac-Vallon, La main donne, 2025.
- Henri VERNES, Bob Morane : Sur la piste de Fawcett, Verviers, Marabout, 1954.
- Henri VERNES, Bob Morane : Le secret des Mayas, Verviers, Marabout, 1955.
- Henri VERNES, Bob Morane : L’idole verte, Verviers, Marabout, 1957.
- Henri VERNES [Jacques SEYR], Les conquérants du nouveau monde, Verviers, Marabout, 1954, rééd. Paris, Jourdan, 2021.
Article paru dans Le Carnet et les Instants n°227 (2026)










