Brigitte GUILBAU, Papy en cavale, Lilys, 2025, 154 p., 22,5 €, ISBN : 9782390561187
Georges Meurseau coule des jours paisibles dans une maison de retraite… Paisibles ? Horriblement barbants plutôt ! Il s’ennuie profondément en attendant l’inexorable fin et cultive cette morosité du vieillard qui reproche sa décrépitude à la terre entière. Alors après avoir été poussé par l’une de ses voisines de chambre à faire quelque chose « avant que les bas de [s]on cerveau ne tombent sur les genoux de [s]a mémoire », il prend son baluchon et s’évade, tel un criminel, sans demander son reste. Fier de sa révolte, il passe une première nuit, plutôt fraiche, dans la forêt. Au petit matin, il rencontre quatre jeunes qui l’embarquent dans une folle aventure de braquage. Mais l’affaire tourne au vinaigre. De parfaits bras cassés ! Georges sympathise avec deux complices du casse, laissés sur le carreau tout comme lui et tout aussi paumés : Ambre, une jeune femme enceinte et sans domicile, et Harry, un homme qui souffre de neurofibromatose et vit seul dans une grande maison. Peu à peu, ces êtres cabossés se lient d’amitié. « Former une famille, ne serait-ce pas d’abord tenter de se connaître pour savoir ce qu’on peut lui apporter ? » Continuer la lecture


Liège, mai 1940, Élise et Gérard s’offrent, ainsi qu’à leurs deux enfants, une parenthèse musicale. Des jours sombres s’annoncent, les deux musiciens hantés par les souvenirs de la Grande Guerre le savent. Elle au piano, lui à la flûte, ils savourent les derniers instants avant leur inéluctable séparation. Tout est prêt pour le départ d’Élise avec les enfants. De son côté, Gérard, vétéran de 14–18, officier de réserve dans l’aviation et instructeur de jeunes pilotes, s’apprête à servir son pays à nouveau. Et c’est une mission très particulière qu’il se voit confier.
Le prématuré qui voulait naître sous le signe du scorpion et tutoyer les étoiles, le nouvel opus de Brigitte Guilbau, est un recueil de cinq nouvelles donnant la parole à des jeunes, depuis leur vie in utero jusqu’à leurs premiers pas de jeunes adultes. Nous avons ainsi l’occasion d’explorer la vie d’un fœtus non désiré dans le ventre de sa mère. En pleine crise existentielle, il analyse avec un humour grinçant les décisions prises par ses parents adeptes de l’improvisation.
Claude Rappé est une personnalité médiatique connue pour avoir travaillé durant une vingtaine d’années à la télévision RTL, mais il nous dévoile dans L’écolière une part méconnue de lui à travers le récit de son enfance et son adolescence dans le Brabant wallon et Namur.
Le roman Viande s’est retrouvé en finale du prix Fintro Écritures noires 2018. Et LiLys le publie deux ans plus tard. Avec une mise en page un peu rudimentaire (pas de retrait) mais un texte soigneusement poli.
Lorenzo Cecchi, dans son dernier roman, Paul, je m’appelle Paul, traite des questions les plus intimes qui soient : la fratrie, l’identité perdue et retrouvée, les secrets de famille, la fiction qui occupe toute vie et la transforme au fil du récit que nous en faisons…
Sous ce nom de plume, Pierre-Marie Dumont-Saint Martin, musicien confirmé, revisite la guerre de 14–18 avec une fiction romanesque certes, mais largement guidée par l’Histoire – une de ses passions – et par des souvenirs et des témoignages rapportés au sein de sa propre famille. Récit d’aventures et d’initiation, porté par les jeunes épaules de Gérard Vandervelde, musicien lui aussi, et déjà flûtiste de talent, engagé à dix-sept ans par l’orchestre symphonique de Liège (sa ville natale tout comme celle de l’auteur). On est en 1914. La guerre va se charger de maculer la partition et Gérard la découvre de la façon la plus horrible qui soit en assistant, lors d’une rencontre fortuite avec les premiers envahisseurs, à la torture et à l’exécution de Marcel Kerff, gloire du cyclisme belge, avec lequel il cheminait joyeusement à moto. Plus tard, lors des massacres de Namur et Dinant, c’est Richard, son meilleur ami, qui est abattu avant que ne disparaisse aussi Elise, la sœur de Richard, dont il était épris.
On les appelle surdoués, HPI ou « zèbres » : les enfants avec un haut potentiel intellectuel font le bonheur des libraires qui reçoivent chaque mois de nouveaux livres de psychologues et autres spécialistes du sujet. Dans Hello de la planète zèbres, c’est Sam.B.Sam, un garçon de onze ans, qui nous raconte le quotidien d’un enfant différent, son expérience de petit zèbre en manque de repères, ses difficultés face aux incompréhensions des gens. Un livre à glisser dans toutes les mains des enfants HP pour qu’ils se sentent moins seuls, et dans celles de leurs parents pour que, peut-être, ils comprennent un peu mieux comment on se sent avec des zébrures.
Il ne fait plus de doute pour personne aujourd’hui que les luttes d’influence entre grandes religions constituent une clé majeure de compréhension des faits qui ont marqué l’évolution des relations entre les nations qui peuplent notre planète terre. À l’heure où des essayistes nous affirment que l’avenir reposera sur l’affrontement entre cultures chrétiennes et musulmanes, Claude Rappe donne un roman qui apporte sans nul doute sa contribution au débat. Annoncé comme thriller, ce fort volume de plus de 500 pages réunit assurément les ingrédients du genre tant il est riche en tensions et en rebondissements.