Daniela GINEVRO, Respire, Carnières, Lansman, 2016, 44 p., 10 €
Lucy a neuf ans et aujourd’hui est le jour où sa maman l’a oubliée. Ce matin, maman était en retard, comme tous les jours. Puis la voiture a refusé de démarrer. Mauvais début de journée pour maman. Des tracas, alors qu’elle en a déjà plein le dos de ce foutu boulot et de ce foutu appartement. Mauvais début de journée pour l’inspecteur aussi, lui qui comme tous les jours a tenté de parler à son père sans y parvenir. Et puis vient le soir et maman n’est pas là. A‑t-elle oublié son téléphone ? Aura-t-elle dû faire des heures supplémentaires ? Où peut-elle donc bien être ? Lucy a l’impression de se fondre dans sa chaise. C’est que la garderie doit fermer et monsieur le surveillant commence à s’impatienter : il voulait aller faire les courses, acheter du poulet rôti, des haricots et de la purée, bref, préparer un bon petit repas à ses enfants… Tant pis, pour une fois ce sera des pizzas ! Mais l’heure tourne et la maman de Lucy n’arrive toujours pas. Ne serait-ce pas le moment d’appeler l’inspecteur ? Continuer la lecture

Le monde politique et les jeux de pouvoir ont toujours constitué d’excellents motifs dramatiques, que ce soit au théâtre, au cinéma ou à la télévision. Le sujet fascine et pour peu que l’histoire soit agrémentée d’un soupçon de scandale ou de tragédie personnelle, l’œuvre sera bien souvent assurée d’obtenir les suffrages du public. Au théâtre, c’est bien sûr une longue tradition qui commence dès le théâtre antique et qui ne s’est jamais interrompue depuis. On pensera notamment aux intrigues « politiques » d’un Shakespeare ou d’un Ibsen, pour ne citer que ceux-ci, jusqu’à un récent Tom Lanoye dont la Revue Ravage nous dévoilait en 2015 les mémoires d’un ancien chef de parti. Passons le cinéma et ses nombreux biopics trop souvent édulcorés, pour évoquer la série télévisée, où les très réussis Borgen et House of Cards ont dernièrement réalisé le tour de force de captiver des millions de téléspectateurs. 


