Archives par étiquette : Véronique Janzyk

Accueillir le monde animal dans la fiction

Paul ARON et Judy­ta ZBIER­S­KA-MOś­CI­C­KA (sous la dir. de), Bêtes de livres, Textyles n°67, Ker, 2024, 164 p., 18 €

textyles betes de livresPeu étudiée, peu explorée par la cri­tique, la ques­tion de la présence, de la fonc­tion de l’animal dans la lit­téra­ture belge fran­coph­o­ne se voit mise à l’honneur dans le dossier Bêtes de livres qui occupe le dernier numéro de la revue Textyles. Salu­ons la fécon­dité des analy­ses, des angles d’approche libérés par des con­tri­bu­tions qui pointent l’essor de la thé­ma­tique de l’animalité, du vivant dans la lit­téra­ture con­tem­po­raine. Con­tin­uer la lec­ture

Bestiaire du vivant

Véronique JANZYK, Sachant qu’aucun ani­mal ne nous appar­tient, Onlit, 2022, 128 p., 17 €, ISBN : 978–2‑87560–167‑4

janzyk sachant qu'aucun animal ne nous appartientTrou­ver une chi­enne en rue qui vous fait rep­longer en enfance et s’aventurer alors avec cette Douce. Enten­dre le cri, con­stater le sac de ter­reau éven­tré, décou­vrir « l’animal ». Saisir le ren­dez-vous quo­ti­di­en de l’homme et de l’oie, sur un banc, en bord de lac. S’attarder sur les beaux yeux d’une poule, ten­ter d’aider un coq, décou­vrir l’œuf du jour. Réc­on­cili­er une fil­lette avec l’apprentissage de la lec­ture grâce à des éléphantes, ouvrir la porte à des chats errants, cohab­iter sur la même branche pour cap­tur­er l’instant, défendre la cause des columbidés. Recueil­lir Mouchette, la mou­ette. Croire inten­sé­ment en l’espérance de vie des héris­sons et, plus tard, en bord de mer, en celle d’un goé­land. Ren­con­tr­er un fer­vent mil­i­tant pour les sans voix, touch­er des ailes le Cham­pi­on et le milieu colom­bophile, accueil­lir un per­ro­quet et devenir son insé­para­ble. S’organiser pour boy­cotter le gazage de pigeons et voir, au-delà, des oreilles d’un lapin. Dix-neuf réc­its où mon­des humains et mon­des ani­maux se ren­con­trent, se super­posent, s’entrelacent. Con­tin­uer la lec­ture

Conjuguer douleur et pudeur

Véronique JANZYK, Vin­cent, ONLiT, 2020, 79 p., 10 €, ISBN : 978–2‑87560–128‑5

janzyk vincentVéronique Janzyk, autrice la plus pub­liée chez ONLIT Edi­tions, pose un regard sen­si­ble sur une réal­ité douloureuse, celle d’un sportif qu’une mal­adie va paral­yser. Elle le fait néan­moins sans sen­si­b­lerie et avec une économie de moyens qui se reflè­tent notam­ment dans le titre, Vin­cent, mais aus­si dans le nom­bre de pages (79) de ce roman, que l’on pour­rait qual­i­fi­er de novel­la.

Le livre com­mence sous les meilleurs aus­pices puisqu’il nous place dans le sil­lage de con­ver­tis au cyclisme soudés par la même pas­sion, leur meneur ent­hou­si­aste et enjoué, le Vin­cent du titre, avec lequel la nar­ra­trice pra­tique « une drague lente et douce ». Mais très vite, le meneur sort des radars jusqu’au jour où il recon­tacte chaque mem­bre du pelo­ton. Con­tin­uer la lec­ture

Respirer des mots

Véronique JANZYK, La robe de nuit, ONLIT, 2018, 80 p., 9 € / ePub : 5.49 €, ISBN : 978–2‑87560–106‑3

Les mots que l’on respire ce sont les fleurs d’un bou­quet dont on demande le nom.

Ce serait l’apaisement, le côté posi­tif et l’espoir qui l’emportent dans ce livre de Véronique Janzyk qui tout de même en appelle à la com­pas­sion. Con­tin­uer la lec­ture

Régler son pas sur le pas d’un homme qui écrit : une tentative amoureuse

Véronique JANZYK, J’ai sen­ti bat­tre notre cœur, ONLiT, 2017, 12 €/ ePub : 5.99 €, 112 p., ISBN : 978–2‑87560–090‑5

janzyk j ai senti battre notre coeurAu cen­tre du nou­veau roman de Véronique Janzyk (Le vam­pire de Clichy, Les fées penchées), se niche une nar­ra­trice aux aguets des rythmes et des gestes sin­guliers d’un « tu » à qui elle adresse ses obser­va­tions atten­tion­nées, ses craintes d’effilochage face à leurs pas-de-deux qui tanguent entre syn­chronie et dis­so­nance. « Tu », c’est cet homme ren­con­tré sous un ciel en trompe‑l’œil, à une expo­si­tion où il avait fail­li égar­er son cha­peau sur un mange-debout. Un esquif volon­tiers soli­taire qui chem­i­nait ce soir-là à con­tre­sens. « Tu » est aus­si un auteur pour qui seuls comptent la marche, l’écriture et l’amour et qui s’adonne à ces trois pas­sions avec principes, dis­ci­pline et ténac­ité. Un être aux mécan­ismes com­plex­es pour qui le temps est une obses­sion. Com­ment apprivois­er cet autre – si dess­iné par ses habi­tudes qu’il est cham­boulé, dégoûté par l’arrivée d’une chi­enne – mais con­serv­er sa pro­pre cadence, éviter de se diluer dans la rela­tion ? Com­ment retrou­ver mail­lage com­mun ? Reste le liant des corps plus à l’unisson à l’horizontale que lors des prom­e­nades et celui de la lit­téra­ture, ter­ri­toire davan­tage accueil­lant pour l’être aimé que le monde du dehors, qu’il faut fendre sans pren­dre de pause, tra­vers­er à une cadence établie. Celle qui nous donne à lire ce « tu » a les mots pour nous faire gliss­er dans l’empathie : « Tu allais con­fi­ant. De cette con­fi­ance sont nés des bleus. Tu écris le temps qu’ils s’effacent. Les bleus d’enfance ne s’effacent pas. Il y a assez d’encre dedans pour écrire toute une vie. » Con­tin­uer la lec­ture

Six auteurs qui font fureur

fureur de lireChaque année, à l’oc­ca­sion de la Fureur de lire, le Ser­vice général des Let­tres et du Livre pub­lie plusieurs pla­que­ttes, cha­cune pro­posant une nou­velle, une BD, ou un réc­it graphique d’au­teurs, illus­tra­teurs et bédéistes belges.  Con­tin­uer la lec­ture

Boustro ? Fais donc !

Un coup de coeur du Carnet

Bous­tro, revue plas­tique et poé­tique ani­mée par Lau­rent DANLOY, Pas­cal LECLERCQ, Karel LOGIST et Paul MAHOUX, n° 2, juin 2016

Boustro2Quelle ébul­li­tion revuis­tique dans la Cité ardente, et de quelle qual­ité ! En décem­bre 2015, le pre­mier numéro de Bous­tro, « fruit de rassem­ble­ments autour de l’amitié et de la recherche du bel-être » s’y mul­ti­pli­ait à 200 exem­plaires « numérotés et choyés » et essaimait hors du nid que lui avaient amoureuse­ment ménagé pour l’oc­ca­sion les édi­tions du Tétras-Lyre. L’empennage de ce drôle d’oiseau rassem­blait Véronique Janzyk, dont les pros­es cal­i­brées chutent dans le temps à la faveur d’un séjour à Cor­fou (là où les touristes alle­mands ignorent que « le silence est par­fois une langue aus­si ») ou dans la cham­bre 350, occupée par cet être cher dont le cœur est grig­noté par « une cel­lule folle qui grandit » ; Serge Delaive, avec une suite d’épures où les accents d’une douleur lanci­nante se mêlent à une révolte éjac­ulée « debout / sous la voie lac­tée » ; Yolan­da Cas­taño, poétesse espag­nole dont son tra­duc­teur Frédéric Bour­geois a ren­du la nar­quoise « beauté d’épi » de ses vers, qui cir­cu­lent en ligne brisée jusqu’au ren­du de la ter­ri­ble sen­tence : « Seule la vérité rend / esclaves » ; Maxime Hanchir enfin, qui livre une série de por­traits sub­tile­ment biseautés, tracés d’un fusain sen­si­ble non dénué d’ironie, doux-amer juste ce qu’il faut. Ajoutez à cela les présences flot­tantes et anx­iogènes, sil­hou­ettes intubées et autres loups ecto­plas­miques dess­inés par la Maroli­enne de Liège Sofie Van­gor, et vous obtenez un car­net de « Poésie Pur Porc », à lire à hue et à dia, de travi­o­le et de guin­go­is, à l’envers comme à l’endroit. Con­tin­uer la lec­ture

Petites histoires de la folie ordinaire

Véronique JANZYK, Le vam­pire de Clichy, Brux­elles, ONLiT, 2015, 137p., 12€/ ePub : 5,99€

janzykCe recueil de nou­velles classé dans la caté­gorie de la fan­ta­sy s’ouvre sur le réc­it de la nar­ra­trice qui, après avoir été mor­due par un vam­pire la nuit de la Saint-Sylvestre, ren­con­tre une série de per­son­nages étranges, dont elle nous livre un frag­ment de vie. Con­tin­uer la lec­ture