Archives par étiquette : Pascal Leclercq

Écrire pour les oreilles et par l’oreille et pour les yeux

Leclercq Booker Little

Booker Little

Auteur : Pas­cal Lecler­cq

Mai­son d’édition : Angle mort

Année d’édition : 2026

Nom­bre de pages : 52

Prix : 12 €

Livre numérique : /

ISBN : 979–10-982925–0‑7

Que ce soit pour un réc­it ou pour une série de poèmes, Pas­cal Lecler­cq aime, comme les oulip­i­ens, écrire sous con­traintes, s’inventant des con­signes per­son­nelles, des pièges à rêves ou à mots conçus spé­ciale­ment pour et par l’écriture en cours. Book­er Lit­tle et autres poèmes n’échappe pas à ce plaisir jubi­la­toire d’écrire. Con­tin­uer la lec­ture

Préparation magistrale

Un coup de cœur du Car­net

Pas­cal LECLERCQ, La phar­ma­cie, Do, 2026, 126 p., 14 €, ISBN : 9791095434665

leclercq la pharmacie« J’avais repris mon vélo pour ren­tr­er chez moi… » Un roman dont l’incipit est con­jugué au plus-que-par­fait ne peut être qu’une réus­site, car il s’inscrit d’emblée dans une tem­po­ral­ité irrémé­di­a­ble­ment engloutie, ren­due inac­ces­si­ble au lecteur comme à l’auteur, là où le réc­it devient for­cé­ment Lit­téra­ture.

Alors, voici Pas­cal Lecler­cq qui enfourche sa bécane en pleine nuit, quit­tant un sien ami archi­tecte à Oth­ée en Hes­baye pour regag­n­er son domi­cile, et qui fend la bise, et qui pédale, là comme un dératé, ici d’un train de Mon­sieur Hulot, et qui, mal­gré l’heure tar­dive, emprunte des chemins de tra­verse dans l’idée de taquin­er le som­meil. Et qui se retrou­ve, au fil des « chemins de remem­bre­ment » sil­lon­nés, à hau­teur du quarti­er de son enfance, le vil­lage d’Alleur. Comme le hasard fait donc bien les choses quand c’est nous qui lui dic­tons sa con­duite ! Con­tin­uer la lec­ture

Rentrée d’hiver 2026 : en route vers la Foire du livre

RL hiver 2026 visu

« Ren­trée lit­téraire » désigne tra­di­tion­nelle­ment la péri­ode d’effervescence édi­to­ri­ale qui s’étend de fin aout à début novem­bre. C’est à ce moment que parais­sent les livres en lesquels les maisons d’édition (parisi­ennes) voient de pos­si­bles can­di­dats aux Goncourt, Renau­dot et autre Fem­i­na. Depuis plusieurs années, toute­fois, le cal­en­dri­er édi­to­r­i­al con­nait un autre temps fort, en jan­vi­er-févri­er. Les sor­ties sont nom­breuses et les livres qui parais­sent à ce moment-là sont aus­si de ceux sur lesquels les édi­teurs mis­ent par­ti­c­ulière­ment. On par­le donc désor­mais aus­si d’une ren­trée lit­téraire d’hiver. Con­tin­uer la lec­ture

Recoudre le corps du vivant…

Un coup de cœur du Car­net

Pas­cal LECLERCQ, Dans un pays pour­tant phénomé­nal, dessins de Ben­jamin Mon­ti, Herbe qui trem­ble, coll. “D’autre part”, 2022, 88 p., 13 €, ISBN : 9782491462406

leclercq dans un pays pourtant phenomenalSi nous suiv­ons avec atten­tion, depuis plusieurs années, la pro­duc­tion de Pas­cal Lecler­cq, c’est sans doute dans l’attente du plaisir de retrou­ver, à chaque nou­velle paru­tion, une musique bien per­son­nelle. Même s’il reste dis­cret, l’auteur pour­suit à tra­vers ses dif­férentes activ­ités de tra­duc­teur, de cri­tique, de romanci­er ou d’animateur de la revue Bous­tro une œuvre cohérente et exigeante. Avec ce dernier recueil de textes en prose, Dans un pays pour­tant phénomé­nal, il con­solide un peu plus encore son archi­tec­ture intime. Depuis une quin­zaine d’années déjà, l’auteur affine ses posi­tions, creuse tou­jours plus pro­fond le sil­lon de ses obses­sions, de ses inter­ro­ga­tions. Dans ces sept par­ties com­posées cha­cune de sept textes courts, l’écorce des nar­ra­teurs ne cesse de se fis­sur­er au con­tact d’un monde qui court tou­jours plus vite. Un monde à bout de souf­fle et sou­vent bur­lesque mais dont l’accélération inévitable imprime sur les corps d’insignes cica­tri­ces. Blessures indélé­biles que le poète tente de recoudre vaille que vaille même s’il pressent que l’opération restera vaine. Con­tin­uer la lec­ture

Lignes de fuite

Denis PEPIC, Déchi­tec­tures, Bous­tro­graphe et Le Comp­toir, coll. « Bous­tro­gra­phies », 2021, 10 €, ISBN : 978–2‑931175–02-06

pepic dechitecturesJ’accuse récep­tion
des langues désertes
non pas enfouies
mais bien cocass­es
facile à bec­queter
comme un pivert
dans le dos d’un arbre
dont le tronc
dans le sens du châle
se porte comme un gant 

Pre­mier recueil du poète Denis Pepic, pre­mier vol­ume de la nou­velle col­lec­tion « Bous­tro­gra­phies » co-édité par Le Bous­tro­graphe et Le Comp­toir, l’épatant recueil Déchi­tec­tures a la saveur des pre­mières fois. Il ne s’agit pour­tant pas du pre­mier texte de Denis Pepic : nous avons déjà pu le décou­vrir dans la revue plas­tique et poé­tique Bous­tro, mais égale­ment au tra­vers de son impli­ca­tion dans le Groupe Chro­ma­tique (2008–2015) qui réu­nis­sait des jeunes poètes lié­geois dont, entre autres, Lucien Dru­art et Thibaut Creppe. Con­tin­uer la lec­ture

Faisceau de lignes blanches

COLLECTIF, La ligne blanche, Arbre à paroles, coll. « iF », 2020,126 p., 14 €, ISBN : 978–2‑8704–696‑2

À l’invitation, à l’appel lancé par Antoine Wauters qui dirige la col­lec­tion « iF » à L’Arbre à paroles, vingt-trois auteurs ont répon­du : écrire sur ce que sig­ni­fie pour eux la ligne blanche. Tra­ver­sé par une crise, tenail­lé par une pul­sion qui se traduit en une déci­sion — arrêter d’écrire —, Antoine Wauters voit dans la ligne blanche la man­i­fes­ta­tion du grand retrait, de l’effacement, une césure, un syn­drome Bartle­by. La pureté de la ligne blanche est telle qu’elle ne doit plus se traduire en mots. Le syn­tagme lancé aux con­tribu­teurs venus du monde du roman, de la bande dess­inée, de la poésie, du jour­nal­isme s’apparente à un sig­nifi­ant flot­tant que chaque auteur va inter­préter, dif­frac­ter en réc­its ou en poèmes. Con­tin­uer la lec­ture

Ronger les mollets du poème – et plus si affinités

Un coup de cœur du Car­net

Pas­cal LECLERCQ, Sai­son six, Angle mort, 2019, 24 p., 16 €, ISBN : 978–2‑9602174–4‑5

Voici une suite à Jour­nal apoc­ryphe : cinquième sai­son qui parais­sait chez Mael­ström en 2018 dans le recueil Analyse de la men­ace. On y retrou­ve les thé­ma­tiques de prédilec­tion de Pas­cal Lecler­cq : un monde qui som­bre, une inquié­tante urban­ité, des ani­maux et des per­son­nages inter­lopes, un corps mis en doute, tri­fouil­lé, manip­ulé, et une recherche sur le sens et la mise en jeu de l’écri­t­ure. Sur la broche du texte, la langue rôtit, don­nant à l’ab­surde droit de vie et de mort, et allumant ici et là les feux brûlants de l’hu­mour noir. Con­tin­uer la lec­ture

Boustro 7. La création comme indocilité

Bous­tro, revue plas­tique et poé­tique ani­mée par Lau­rent DANLOY, Pas­cal LECLERCQ, Karel LOGIST et Paul MAHOUX, n°7, novem­bre 2018.

Dans le paysage édi­to­r­i­al, cer­taines revues por­tent le flam­beau d’une créa­tion qui échappe aux fourch­es caudines de la lit­téra­ture mar­ket­ing. Créée en 2015 par les poètes Karel Logist et Pas­cal Lecler­cq, par les artistes plas­ti­ciens Lau­rent Dan­loy et Paul Mahoux, Bous­tro appar­tient à cette tribu de revues qui priv­ilégient l’expérimentation et l’exploration d’univers hors normes. Pas­sant au for­mat A3, le numéro 7 réu­nit qua­tre plumes qui grif­f­ent le monde, y creu­sant des ter­ri­ers — par­fois stel­laires — où vivre, et un artiste plas­ti­cien qui impose un cat­a­clysme visuel en noir et blanc. Les textes de Nathalie Gas­sel, Maud Joiret, Christophe Kauff­man et Vol-au-vent, les dessins de Mon­sieur Pim­pant nous font quit­ter terre. Par-delà la sin­gu­lar­ité des cinq créa­teurs, une lame de fond com­mune, celle de l’indocilité, d’une soif d’un autre réel qui passe par la chair à vif, la fête des corps. Con­stru­isant ses textes comme elle sculpte son corps, en quête d’une com­pac­ité séman­tique qui libère une beauté sin­gulière faite de désirs mor­dus par la blessure, Nathalie Gas­sel (auteure de textes sai­sis­sants, Éros androg­y­ne, Con­struc­tion d’un corps pornographique, Abat­te­ment…, pho­tographe) livre, sous le titre  « Fri­da » des stèles poé­tiques inter­ro­geant l’espace obscur où gisent les défunts, les affres du corps défait. On pense à Fri­da Kahlo lut­tant avec un organ­isme brisé, on reçoit en instan­ta­nés chim­iques une écri­t­ure qui ouvre les portes que la société prend soin de sceller. L’écriture de Nathalie Gas­sel n’a que faire de la joliesse d’une lit­téra­ture adepte des sur­faces. Elle creuse jusqu’à ouvrir le corps et entr­er dans la chair.

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De l’absurde inquiétant à l’absurde apaisé

Un coup de cœur du Carnet

Pas­cal LECLERCQ, Analyse de la men­ace, Mael­ström, 2018, 98 p., 13 €, ISBN : 978–2‑87505–302‑2

Leclercq analyse de la menacePas­cal Lecler­cq a du tal­ent. Il le prou­ve une fois de plus avec Analyse de la men­ace. Un ton onirique, humoris­tique et par­fois cru­el, dans une très belle écri­t­ure en prose, par­faite­ment maîtrisée, ajustée : le poète nous dépeint le monde loufouque et dés­espéré d’une sorte de cousin con­tem­po­rain d’un cer­tain Plume, per­son­nage-type de l’inadapté. Cet hétéronyme, dont Lecler­cq narre les errances lié­geois­es, arden­nais­es et wal­lonnes, répond d’une manière con­tem­po­raine à son par­ent michalien. Écri­t­ure de l’absurde, angoiss­es exis­ten­tielles, dénon­ci­a­tion d’un état du monde et d’un homme en voie de déclasse­ment… Ce livre en plusieurs chapitres, par­faite­ment cir­con­scrits dans leurs tonal­ités, a pour thèmes prin­ci­paux la douleur de vivre et l’absurde con­tem­po­rain, dans un monde soumis à l’analyse de la men­ace : une men­ace non seule­ment soci­ologique mais plus encore spir­ituelle. Par quel moyen en sor­tir ? Con­tin­uer la lec­ture

Tentative d’épuisement du bestiaire de Leclercq

Un coup de coeur du Carnet

Pas­cal LECLERCQ, Jac VITALI (ill.), Épuisé : Rue Trot­techien, Demain revient de loin, Un bâton, Ani­maux noirs, Flan­dres intimes, Vandœu­vre-les-Nan­cy, La Drag­onne, 2016, 262 p., 18€   ISBN : 978–2‑37584–003‑0

Viens
même si tout est
per­du

Nougé

leclercqIl existe deux voies que peu­vent emprunter les livres épuisés pour échap­per à l’oubli. Soit ils font l’objet d’une chas­se métic­uleuse de la part des bib­lio­philes-chineurs, soit on les réédite. C’est la bonne idée qu’ont eue les édi­tions La Drag­onne de nous pro­pos­er ce recueil anthume, Épuisé, de Pas­cal Lecler­cq et qui rassem­ble donc cinq textes ; trois livres parus précédem­ment chez le même édi­teur, le recueil inti­t­ulé Rue Trot­techien pub­lié en 2000 aux édi­tions de L’Arbre à paroles ain­si qu’une série d’inédits, datés de 2016 et présen­tés sous le titre Flan­dres intimes. Con­tin­uer la lec­ture

Boustro ? Fais donc !

Un coup de coeur du Carnet

Bous­tro, revue plas­tique et poé­tique ani­mée par Lau­rent DANLOY, Pas­cal LECLERCQ, Karel LOGIST et Paul MAHOUX, n° 2, juin 2016

Boustro2Quelle ébul­li­tion revuis­tique dans la Cité ardente, et de quelle qual­ité ! En décem­bre 2015, le pre­mier numéro de Bous­tro, « fruit de rassem­ble­ments autour de l’amitié et de la recherche du bel-être » s’y mul­ti­pli­ait à 200 exem­plaires « numérotés et choyés » et essaimait hors du nid que lui avaient amoureuse­ment ménagé pour l’oc­ca­sion les édi­tions du Tétras-Lyre. L’empennage de ce drôle d’oiseau rassem­blait Véronique Janzyk, dont les pros­es cal­i­brées chutent dans le temps à la faveur d’un séjour à Cor­fou (là où les touristes alle­mands ignorent que « le silence est par­fois une langue aus­si ») ou dans la cham­bre 350, occupée par cet être cher dont le cœur est grig­noté par « une cel­lule folle qui grandit » ; Serge Delaive, avec une suite d’épures où les accents d’une douleur lanci­nante se mêlent à une révolte éjac­ulée « debout / sous la voie lac­tée » ; Yolan­da Cas­taño, poétesse espag­nole dont son tra­duc­teur Frédéric Bour­geois a ren­du la nar­quoise « beauté d’épi » de ses vers, qui cir­cu­lent en ligne brisée jusqu’au ren­du de la ter­ri­ble sen­tence : « Seule la vérité rend / esclaves » ; Maxime Hanchir enfin, qui livre une série de por­traits sub­tile­ment biseautés, tracés d’un fusain sen­si­ble non dénué d’ironie, doux-amer juste ce qu’il faut. Ajoutez à cela les présences flot­tantes et anx­iogènes, sil­hou­ettes intubées et autres loups ecto­plas­miques dess­inés par la Maroli­enne de Liège Sofie Van­gor, et vous obtenez un car­net de « Poésie Pur Porc », à lire à hue et à dia, de travi­o­le et de guin­go­is, à l’envers comme à l’endroit. Con­tin­uer la lec­ture

Déformation poétique

Pas­cal LERCLERCQ, Héli­um, Icono­gra­phie et appari­tions de Jac Vitali, La Drag­onne, 2015, 52 p., 18 €, ISBN : 978–2‑913465–90‑9

leclercq_primaelleLes recueils de Pas­cal Lecler­cq sont tou­jours aisé­ment recon­naiss­ables. Prin­ci­pale­ment parce qu’ils sont beaux. Son dernier recueil, Héli­um, paru aux édi­tions La Drag­onne, ne déroge pas à cette règle. Le poète, imprimeur à ses heures, soigne l’objet : aus­si Héli­um  présente-t-il  « des allures d’album vinyl », notam­ment par son for­mat car­ré et sa cou­ver­ture, d’un rouge vive et presque soyeux au touch­er.  Con­tin­uer la lec­ture