Pierre CORAN et Carl NORAC, L’ascenseur des dieux, M.E.O., 2025, 83 p., 14 €, ISBN : 978–2‑8070–0513‑6
L’ascenseur des dieux est une réédition, revue et corrigée, d’un court roman paru une première fois chez Labor en 2002. Deux auteurs ? Coran et Norac, figures de nos Lettres, sont des pseudonymes qui redistribuent les cinq mêmes lettres, dans un effet miroir renvoyant à leur condition : un père et son fils. La répartition des rôles est claire : au premier, le roman proprement dit ; au second, le journal de Franck Harvet, le personnage principal. Continuer la lecture

La collection « Matière vivante » des éditions CotCotCot « se veut terrain de recherche poétique permettant de relier les êtres vivants à la nature, à l’écologie ». Après De la terre dans ma poche et Larmes de rosée, elle accueille un troisième titre, À tire‑d’aile, fruit du dialogue artistique entre Pierre Coran et Dina Melnikova. Le premier n’est plus à présenter, chêne majestueux de la forêt des Lettres belges francophones, à la souche solide, au feuillage dense, à la sève tranquille. La seconde compte moins de cernes sur son tronc éditorial et ses racines se développent sous forme de rhizomes : Melnikova explore les techniques, ne s’enfermant dans aucune, et joue avec leurs potentialités révélatrices. 

Quand deux générations se rejoignent autour d’une passion commune pour la nature, cela donne un album de grand-format, à la facture magnifique, que le lecteur découvre de A à Z, au travers des rêves les plus fous d’animaux.
Comme son titre l’indique, cet enthousiasmant roman de Pierre Coran est un livre d’aventures. Il y raconte celles du petit Simon, fraîchement admis dans la bande des grands de son village, surnommés les Pièces-à-Trou, dont il va désormais partager les jeux, défis et exploits. Il y a quelque chose de l’ambiance de La guerre des boutons dans ce récit d’un groupe de gamins s’organisant dans la bataille, si ce n’est qu’ici, le conflit est bien plus sérieux et leur est imposé. Leur enfance dans la campagne montoise va en effet bien vite être bouleversée par l’arrivée de troupes allemandes : nous sommes en pleine période d’Occupation et le quotidien des jeunes garçons et de leur famille va en être radicalement changé. Tous vont apprendre à vivre en côtoyant le danger, la peur et les drames, tout en résistant comme ils le peuvent.
Pierre Coran, auteur incontournable en littérature jeunesse, a déjà réalisé plusieurs adaptations de textes majeurs du théâtre ou de ballet pour la jeunesse : citons par exemple l’album
On savait Pierre Coran poète. Avec ce recueil de maximes, on le découvre philosophe. Au fil de sa prolifique carrière d’écrivain jeunesse, cet ancien directeur d’école a joué, de recueil en album, avec les lettres, les sons, les mots, et a surtout mis le tout à hauteur d’enfants. Il leur montre mieux que personne que la langue française est un grand terrain de jeu et les invite à venir s’y amuser. Et il suffit de voir ce poète à l’œuvre en animation pour constater que cela marche ! Dans son ABC du petit philosophe signé avec Aurélia Fronty, en cent-quatre petits poèmes, il invite à réfléchir, évoque, fait rire, surprend.
Sous quelle forme aborder certains textes du patrimoine théâtral avec les enfants ? Que montrer lorsqu’il s’agit de tragédies dont ils ne sont au départ guère le public cible, mais qu’il faudra néanmoins illustrer ? Au sein des éditions Père Castor, en matière d’adaptations, on peut se fier sans sourciller au duo formé par le poète et romancier montois Pierre Coran et l’illustratrice Charlotte Gastaut. En 2015, ils s’étaient déjà tous deux attaqués, pour la même maison d’édition, à l’opéra de Mozart avec un livret de Schikaneder : La Flûte enchantée, autre récit où l’amour se voit contrarié. En 2008, pour Gautier-Languereau, c’est une histoire originale de Pierre Coran qui les avait réunis : Le Prince Hibou. Une façon de poser les bases de leur penchant commun pour les contes et le merveilleux grâce à une fantaisie où un château de gruyère dévoré par les rongeurs ne pourrait trouver de salut que grâce à l’intervention d’un rapace nocturne, pour peu qu’une princesse passe avec lui un marché nuptial.
L’auteur montois Pierre Coran, ancien instituteur et directeur d’école, a choisi d’entièrement consacrer son dernier recueil de poèmes, Chats rimés, aux matous de tous poils. Le chat comme inspiration animalière, certes, mais aussi comme exercice stylistique puisque la sonorité du mot donne sa tonalité à l’ensemble des textes de ce livre, lui conférant une belle cohérence.
L’histoire de ce livre ne commence pas par « Il était une fois », mais par « Il y a des lunes et des lunes, dans un pays de légendes ». Ainsi, Pierre Coran nous fait-il entrer dans le monde des contes, où le jeune prince Siegfried, arrivé en âge de se marier, tombe follement amoureux d’Odette, une mystérieuse jeune femme victime d’une terrible malédiction : pour avoir refusé d’épouser un sombre sorcier, elle a été métamorphosée en cygne et ne retrouve son apparence humaine qu’une fois la nuit tombée. Le prince fait le serment de délivrer Odette et de l’épouser. C’est sans compter sur l’ingéniosité malfaisante du sorcier et de sa fille Odile, au plumage aussi noir que l’âme de son père, mais en tout point semblable à Odette, le cygne blanc.
Difficile de ne pas succomber à Amuserimes, dernière parution du prolifique poète et romancier montois, déjà auteur d’Inimaginaire, dans le même registre. D’une manière dont il a le secret, Pierre Coran nous livre un recueil de septante-et-un courts poèmes qui jonglent de façon enjouée avec les mots et les sons. Lui qui connait si bien les enfants (il fut instituteur et directeur d’école) excelle dans l’art de s’adresser à eux par l’écriture. Les mots jouent les acrobates, au ping-pong, à cache-cache et invitent à entrer dans la danse. Le tout est charmant, rigolo et joyeux.