Immuable temps fort de l’année éditoriale française, la « rentrée littéraire d’automne » suscite beaucoup d’attention en Belgique aussi.
De la part des libraires et des lecteurs, évidemment, puisque la littérature publiée en France reste, de loin, la plus vendue chez nous. Pour les auteurs et autrices belges publiés en France, cette rentrée est pleinement la leur, et ils se mêleront, comme tous les romanciers hexagonaux, à l’effervescence du moment et notamment à la course aux prix. Les maisons d’édition belges, quant à elles, adoptent vis-à-vis de cette période des attitudes diverses. Certaines en font un moment-phare de leur année. Elles optent alors pour un programme d’ampleur, et des dates de parution qui rejoignent celles des voisins français (fin août), ou sont au contraire plus tardives, pour éviter une concurrence déséquilibrée. D’autres maisons, sans être inactives au cours du deuxième semestre, placent plutôt le centre de gravité de leur année éditoriale à la Foire du livre de Bruxelles, et présentent donc un programme plus léger pour l’automne.
Tour d’horizon des auteurs et autrices belges qui feront la rentrée 2025, en Belgique ou à l’étranger. Continuer la lecture





Automne 2021 : Espace Nord sort son 400e numéro, La Fureur de lire fête ses 30 ans. Les comptes ronds incitent à marquer le coup et ce double jubilé ne fait pas exception. Ce n’est donc pas une réédition classique dans la collection patrimoniale qui a hérité, par le hasard de la numérotation, de ces deux zéros sur sa tranche. Et, tant que l’on parle de chiffres, il ne s’agit pas à proprement d’une mais plutôt de vingt-deux rééditions. Vingt-deux !? Dans un seul volume ? Parfaitement ! Vingt-deux nouvelles, échantillon choisi parmi les plus de cent plaquettes éditées dans le cadre de la Fureur de lire. Tâche ardue à n’en pas douter. 

Avec La vie devant nous, Eva Kavian nous livre un récit polyphonique d’une bande de copains. L’histoire se déroule en une soirée où rien ne se passera comme prévu, où l’on peut même dire que tout va basculer.
La narratrice, Jeanne (14 ans) reçoit un message mystérieux de sa sœur Flora (18 ans) : « Je te libère de notre secret ». Son intuition lui dit que c’est important, elle se rend alors au studio où vit sa sœur pour s’assurer que tout va bien : là-bas, elle découvre Flora étendue sur son lit. Elle a avalé beaucoup de médicaments et a écrit sur le mur avec son propre sang « Tu es si belle ». 
La suite de notre rétrospective de l’année. Aujourd’hui : le choix de Natacha Wallez.
On est en avril 2017. Au fonctionnaire chargé de contrôler si elle est suffisamment active dans sa recherche d’emploi, Christine Van Acker remet une lettre. Un brûlot plutôt. Doux et amer. Ironique. Où elle signifie qu’elle en a soupé de se soumettre aux diktats d’une administration la réduisant à une étiquette : demandeuse d’emploi. Une administration qui n’a que faire de Christine Van Acker en tant que que personne et de ce qu’est réellement son boulot d’artiste. Une administration qui réduit à peau de chagrin tout qui, un jour, est confronté au vaste complexe des réglementations en tout genre.
Quand Galère apprend qu’il a perdu son travail, il est sonné. Normal. Le temps d’emballer ses affaires et le voilà parti. Cherchera-t-il à trouver un autre job ? Non, Galère préfère s’adonner aux joies du voyage et du chômage longue durée. C’est que, en cette fin de période mésolithique, les espaces à découvrir sont vastes. En l’absence de carte topographique ou de GPS, notre préhistorique protagoniste suit les cours d’eau et développe son sens de l’orientation.
Simone a 18 ans, est orpheline et doit élever Fred, son petit frère de 4 ans. Pas facile lorsqu’on débarque dans une bourgade huppée, aisée. Pour terminer son cycle d’enseignement secondaire, Simone a décidé de se donner les moyens, et pour s’assurer un bel avenir, ce sera donc la débrouille, le bon plan, jusqu’à finalement s’intégrer dans ce drôle de petit monde qui l’entoure et trouver des amis sur qui compter.