Archives par étiquette : oiseau

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Carl NORAC (auteur) et Éléonore SCARDONI (illus­tra­trice), Avant toute chose, Cot­Cot­Cot, 2025, 44 p., 22 €, ISBN : 9782930941523

norac scardoni avant toute chose« Chaque couche d’impression reflète une vari­a­tion dans la tex­ture, la couleur ou la pro­fondeur, évo­quant les mod­u­la­tions d’un son à tra­vers le temps et l’espace. Cette approche crée une analo­gie visuelle et sen­si­ble entre l’invisible du son et sa tran­scrip­tion graphique tan­gi­ble. Ain­si, je trans­forme les sons, habituelle­ment perçus comme immatériels et fugaces, en élé­ments con­crets et per­cep­ti­bles, traduisant l’évolution et les nuances d’un paysage sonore par un tra­vail d’impression et de gravure. » Telle est la démarche adop­tée par Éléonore Scar­doni pour ses Frag­ments d’écoute offerts aux regards. Con­tin­uer la lec­ture

Quand les inséparables doivent chacun suivre leur chemin

Marie COLOT, Les oiseaux rares, Actes Sud jeunesse, 2025, 188 p., 14,50 € / ePub : 10,99 €, ISBN : 978–2‑33020–555‑3

colot les oiseaux raresVio­lette est une petite fille de 9 ans qui a pour seule amie sa tante Hort­ense, atteinte de tri­somie 21. Mal­gré les trois décen­nies qui les sépar­ent, ces deux-là sont insé­para­bles. Amoureuses de la nature, elles vivent la vie comme une aven­ture joyeuse, guidées par leur imag­i­na­tion débor­dante. Leur duo est mal­heureuse­ment mal­mené lorsque Hort­ense est envoyée dans l’institution des Qua­tre Vents car son père (qui est aus­si le papy de Vio­lette) est trop fatigué pour s’en occu­per tout seul. Vio­lette voit désor­mais moins sou­vent son ray­on de soleil, le temps se fait long, la vie est plus terne. Con­tin­uer la lec­ture

Tombés du nid

Lin­da VANDEN BEMDEN, Eddy grandit, Quad­ra­ture, 2025, 86 p., 12 € / ePub : 6,99 €, ISBN : 9782931080528

vanden bemden eddy granditDans la féérie du print­emps, une femme trou­ve un tout jeune oisil­lon par terre et elle décide immé­di­ate­ment de tout faire pour qu’il vive. Elle va déploy­er des tré­sors d’ingéniosité et de ten­dresse pour que les qua­tre grammes de ce petit corps nu aient la chaleur indis­pens­able, puis faire des recherch­es sur la toile pour savoir com­ment le nour­rir (ironie, souligne-t-elle, il faut des cro­quettes pour chat ramol­lies). Ce com­bat, mené heure par heure puis nuit et jour devient le cen­tre de sa vie. Hen­ry, qui vit sous le même toit, ne se fait aucune illu­sion et il prédit le pire. Parce que Hen­ry aime pren­dre le con­tre-pied et qu’il veut tou­jours avoir le dernier mot, même si la suite lui don­nera tort : l’oiselet se bat autant qu’elle, il remonte tou­jours la pente et il grandit de jour en jour. Tant et si bien qu’elle s’autorise à lui don­ner le prénom d’Eddy. Con­tin­uer la lec­ture

« Le courage d’écouter l’oiseau »

Un coup de cœur du Car­net

Chris­t­ian MERVEILLE (auteur) et Vale­ria DOCAMPO (illus­tra­trice), L’homme qui écoutait chanter l’oiseau, Alice Jeunesse, 2024, 40 p., 16 €, ISBN : 9782874265747

merveille docampo l'homme qui écoutait chanter l'oiseauSelon leur espèce, les oiseaux représen­tent une var­iété de sym­bol­es : la paix et la colombe, la force et l’aigle, la sagesse et le hibou, le deuil et le cor­beau, la fidél­ité et le cygne, la résilience et le col­ib­ri… Mais tous, du plus hum­ble passereau au majestueux alba­tros, incar­nent avant tout la lib­erté. Faisant fi de la pesan­teur ter­restre et se jouant des airs, ils pla­nent, vire­voltent, s’en vont à tire d’ailes vers des hori­zons qu’eux seuls con­nais­sent, que nous seuls imag­i­nons. Ces êtres de plumes et de vents, en plus de chanter, par­lent aus­si, un lan­gage par­ti­c­uli­er, invis­i­ble et audi­ble aux âmes récep­tives. Tel cet homme, debout, la tenue sim­ple et l’air absorbé, les yeux fer­més, nez ten­du vers la mélodie d’un rouge-gorge, comme si en plus de l’entendre il la res­pi­rait. Il demeure d’ailleurs étrange­ment indif­férent à l’agitation autour de lui, ne trem­ble pas aux cris d’un garde lui inti­mant de se prostern­er devant le Roi qui va arriv­er en ville : « Arrêtez-moi si vous voulez, moi, je veux écouter l’oiseau… ». Con­tin­uer la lec­ture

Jacques, le Cyrano Pirate

Maude DE BEL (autrice) et Quentin GRÉBAN (illus­tra­teur), Le pes­ta­cle, Mijade, 2024, 28 p., 13 €, ISBN : 9782807702103

de bel greban le pestacleRarement un oisil­lon a été aus­si beau. Plumage duveteux bleu turquoise pâle, aigrette et longues rec­tri­ces d’une teinte iden­tique plus soutenue, bouille ronde avec d’énormes yeux mar­ron myopes der­rière des lunettes cer­clées, bec tout sourire. Dans sa salopette jaune pom­pi­er, Jacques a tout pour faire cra­quer. Son doux regard, ses mines atten­dris­santes, la gen­til­lesse qui émane de lui aus­si soyeuse que ses plumes… Quel mag­nifique héros ! Quentin Gréban l’a créé avec les mêmes traits pré­cis qui ren­dent une tex­ture par­ti­c­ulière à tout ce qu’il représente : tis­sus, pelages, matières, etc. Mais dans ces illus­tra­tions pleines de couleurs vives, incroy­ables de per­spec­tives et de jeux de lumière, rich­es de courbes et de détails, c’est avant tout l’expressivité des per­son­nages qui éblouit : on fond pour cha­cun d’eux, du ham­ster à la lap­ine, en pas­sant par la cyg­nesse et l’ourson en peluche. Joie des yeux et émo­tion à chaque tableau. Con­tin­uer la lec­ture

Amélie, avec deux ailes

Un coup de cœur du Car­net

Amélie NOTHOMB, Psy­chopompe, Albin Michel, 2023, 156 p., 19 € / ePub : 12,99 €, ISBN : 978–2‑226–48561‑8
Livre audio lu par Françoise Gillard, Audi­olib, 2h52, 20 €

nothomb psychopompePsy­chopompe reprend le cours de l’exploration auto­bi­ographique qu’Amélie Nothomb a entamée dès 1993 avec la paru­tion du Sab­o­tage amoureux, et a entretenue régulière­ment par la suite (Stu­peur et trem­ble­ments, Méta­physique des tubes, Biogra­phie de la faim, Ni d’Ève ni d’Adam et La nos­tal­gie heureuse). Ce nou­veau livre revient sur des événe­ments déjà nar­rés aupar­a­vant, pour leur chercher un sens et une unité. Con­tin­uer la lec­ture

De l’élancement

Françoise LISON-LEROY, Les éjoin­tés, Rougerie, 2023, 12 €, ISBN : 978–2‑85668–422‑1

lison-leroy les ejointésOn est des vôtres
ceux qui cav­a­lent sans prénom
sans le souf­fle des dieux
 

Au titre aus­si évo­ca­teur qu’implacable, le nou­v­el opus de la poétesse Françoise Lison-Leroy (pub­lié aux Édi­tions Rougerie) tra­verse les nuances de l’envol à par­tir de la brisure. À l’inverse de la pra­tique de l’éjoin­tage, con­sis­tant à couper un bout de l’aile des oiseaux pour entraver leur vol, les mots de la poétesse quit­tent la terre ferme pour s’élancer dans une « musique au champ libre ». Les éjoin­tés sont tous ceux aux­quels blessure a été infligée et qui ten­tent, tant bien que mal, de con­tin­uer à met­tre une aile devant l’autre. Con­tin­uer la lec­ture

Migrations intérieures

Un coup de cœur du Car­net

François EMMANUEL, Le cer­cle des oise­leurs, Impres­sions nou­velles, 2022, 304 p., 20 €, ISBN : 978–2‑39070–010‑4

emmanuel le cercle des oiseleursUn titre énig­ma­tique, assor­ti d’une cou­ver­ture attrayante : il ne nous en faut par­fois pas davan­tage pour pren­dre en mains un roman et le feuil­leter, mus par l’envie d’en savoir plus. La patience est cepen­dant ici de mise, comme elle s’impose au per­son­nage prin­ci­pal dont nous emboitons le pas. Léo Vogels (!) est employé dans une société dont l’activité, aux con­tours incer­tains, repose sur des procé­dures strictes et néces­site des réu­nions régulières où il est bon de parse­mer régulière­ment les pro­pos que l’on tient de ter­mes emprun­tés au mar­ket­ing mod­erne. Dans cet univers où les rap­ports de force tout à la fois bru­taux et feu­trés régis­sent les rela­tions, Léo évolue sur la pointe des pieds, avec le prin­ci­pal souci de rédi­ger le procès-ver­bal de la réu­nion à laque­lle il assiste. Il vient de fêter le départ à la retraite de son col­lègue Char­lie Mutzinger dont le bureau était proche du sien. Cet homme, avec lequel il con­ver­sait d’ordinaire, est resté un mys­tère pour lui. Con­tin­uer la lec­ture

La raison du plus fort n’est pas toujours la meilleure

Eléonore DEVILLEPOIX, Brus­sailes, illus­tra­tions Kate­ri­na Boudri­ot Bazan­to­va, Hachette romans, 2022, 276 p., 18,10 € / ePub : 12,99 €, ISBN : 978–2‑01–716016‑8

devillepoix brussailesDans ce nou­v­el opus, Eléonore Dev­ille­poix ancre son his­toire dans le monde des oiseaux de la ville de Brus­sailes, où depuis quelque temps des vols d’œufs de toutes les espèces se mul­ti­plient et affectent les jeunes par­ents. Le fait divers devient poli­tique lorsque le Par­lement des Oiseaux s’empare de l’affaire pour iden­ti­fi­er le réseau de crim­inels sup­posé à l’origine de ce drame.

Les par­lemen­taires iden­ti­fient rapi­de­ment un coupable idéal : les per­ruch­es, ces oiseaux étrangers amenés par les humains, non représen­tés au Par­lement et accusés de tous les prob­lèmes de la com­mu­nauté. Par souci d’équité, les mem­bres du Par­lement déci­dent de désign­er trois oiseaux d’espèces dif­férentes afin qu’ils mènent une mis­sion de ren­seigne­ments non pas pour con­naître l’origine des rapts d’œufs, mais pour prou­ver directe­ment la cul­pa­bil­ité des oiseaux exo­tiques. Con­tin­uer la lec­ture

Les oiseaux et les dieux

Un coup de cœur du Car­net

Cari­no BUCCIARELLI, Nous et les Oiseaux, M.E.O., 2021, 156 p., 16 € / ePub : 9.99 €, ISBN : 978–2‑8070–0267‑8

bucciarelli nous et les oiseauxLa cohab­i­ta­tion paci­fique ou ter­ri­ble entre les oiseaux et des hommes a déjà été traitée depuis des mil­lé­naires dans la lit­téra­ture, la poésie, la musique et, plus récem­ment, le ciné­ma… Les oiseaux sont des fig­ures mythologiques, des formes de pythies annonçant des des­tins obscurs… Là où vont les oiseaux et les dieux ne peu­vent aller les hommes, dis­aient les Grecs… Con­tin­uer la lec­ture

Le livre de l’intranquillité

Nicole MALINCONI, Poids plumes, gommes de Kikie Crêvecœur, Esper­luète, 2019, 80 p., 15 €, ISBN : 9782359841121

Qu’allait écrire Nicole Mal­in­coni, après avoir don­né voix à There­sa Stan­gl, la veuve de Franz Stan­gl, ex-com­man­dant du camp d’extermination de Tre­blin­ka (Un grand amour, 2015) et entre­pris sa pre­mière fresque his­torique (De fer et de verre. La Mai­son du Peu­ple de Vic­tor Hor­ta, 2017) ? Où son écri­t­ure allait-elle la men­er ? Elle qui n’œuvre jamais dans la com­péti­tion, le cal­cul, le bruit et la fureur du temps présent n’a pas surenchéri ; elle est rev­enue à nu, sans doc­u­men­ta­tion, au départ ; elle a retrou­vé son fidèle regard, l’a ouvert sur l’alentour, le pas très loin ; elle est retournée vers ces vies minus­cules à qui elle a tou­jours accordé une place de choix dans ses livres, vers les plus minus­cules des minus­cules, ces/ses oiseaux qu’elle aime tant. Ces oiseaux qui s’avèrent, aus­si, une épreuve pour son écri­t­ure. Con­tin­uer la lec­ture

Les mondes-oiseaux

Vin­ciane DESPRET, Habiter en oiseau, Post­faces de Stéphane Durand et de Bap­tiste Mori­zot, Actes Sud, coll. « Mon­des sauvages. Pour une nou­velle alliance », 2019, 224 p., 20 € / ePub : 14.99 €, ISBN : 978–2‑330–12673‑5

Com­ment déter­ri­to­ri­alis­er les pra­tiques sci­en­tifiques, sor­tir de l’attention exclu­sive à l’universel pour s’ouvrir aux réc­its des indi­vid­u­al­ités ani­males ? Com­ment ten­ter de penser en oiseau et non sur eux ? Dans Habiter en oiseau, Vin­ciane Despret, auteur d’une œuvre déci­sive qui déclo­ture les savoirs et sec­oue leur anthro­pocen­trisme (Quand le loup habit­era avec l’agneau, Être bête, Penser comme un rat, Au bon­heur des morts….) nous livre un voy­age éthologique au pays des oiseaux. Au nom­bre des réquisits de sa démarche : une explo­ration de modes d’attention nég­ligés par les sci­en­tifiques, un éloge de la lenteur, du « ralen­tir », un déplace­ment des ques­tions que l’on pose aux ani­maux observés. Écouter les chants du mer­le, com­pren­dre les mon­des que les oiseaux con­stru­isent, leurs rap­ports au ter­ri­toire implique de s’attacher à des « his­toires de vie d’oiseaux indi­vidu­els ». Con­tin­uer la lec­ture

Amélie Nothomb : voyages en littérature

Amélie NOTHOMB, Riquet à la houppe, Albin Michel, 2016, 160 p., 16,90 €/ePub : 11.99 €
Dis­cours de récep­tion d’Amélie Nothomb à l’Académie royale de Bel­gique. Accueil­lie par Jacques De Deck­er, Paris, Albin Michel, 2016, 65 p., 10 €/ePub : 6.99 €

nothomb_riquetUn nou­veau roman d’Amélie Nothomb en ce mois d’août ? D’au­cuns haussent déjà les épaules : évidem­ment, l’auteure n’a pas man­qué une ren­trée lit­téraire depuis 1992. Le cru de cette année est une réécri­t­ure d’un con­te de Per­rault ? Rien de bien nou­veau non plus : elle nous a déjà fait le coup en 2012 avec Barbe Bleue. C’est sur Riquet à la houppe qu’elle a cette fois jeté son dévolu? Le petit réc­it pré­cieux sem­ble tail­lé sur mesure pour la geisha goth­ique des Let­tres belges, lui qui met aux pris­es les extrêmes de la beauté et de la laideur et célèbre les séduc­tions de la con­ver­sa­tion. Alors, cir­culez, y a rien à voir ? Con­tin­uer la lec­ture