Archives par étiquette : Jean-Marc Defays

Mon chien… n’est pas stupide !

Jean-Marc DEFAYS, Rêver­ies sur les coteaux, Mur­mure des soirs, 2024, 173 p., 20 €, ISBN : 978–2‑93123–520‑1

defays rêveries sur les coteauxLire Rêver­ies sur les coteaux à la suite du Poste restante de Frédéric Kurz ! Tous deux chez le même édi­teur. Pourquoi ce livre-ci n’a‑t-il pas inté­gré lui aus­si la col­lec­tion « Brèves du soir » ? Dès les pre­mières pages, n’est-on pas plongé, loin du roman ou de l’essai, dans le court et l’inclassable, des moments de réflex­ion ou d’émotion arrachés au défile­ment des jours ? Con­tin­uer la lec­ture

La rentrée littéraire 2024, avec sobriété

Rentrée littéraire 2024

Pour la plu­part d’entre nous, le début des vacances est aus­si immi­nent qu’attendu. Évo­quer en ce moment la ren­trée, fût-elle lit­téraire, a donc for­cé­ment quelque chose d’incongru. Pour­tant, les maisons d’édition ont générale­ment déjà bouclé leur pro­gramme autom­nal et plusieurs d’entre elles l’ont présen­té aux libraires, voire aux médias. Comme tou­jours, les autri­ces et auteurs belges seront nom­breux à dévoil­er leur nou­veau livre cet automne. Le point sur leurs sor­ties annon­cées au deux­ième semes­tre.

Mais d’abord quelques con­stats. À part les édi­tions M.E.O., Weyrich et Les impres­sions nou­velles, dont cer­tains romans parais­sent dès la fin août, les maisons d’édition belges ne se calquent pas sur le cal­en­dri­er de la ren­trée lit­téraire française : la plu­part de leurs pub­li­ca­tions sont prévues plus tard dans la sai­son. Ce décalage peut s’expliquer par une volon­té de ne pas se plac­er en con­cur­rence, for­cé­ment déséquili­brée, avec des sor­ties hexag­o­nales accom­pa­g­nées de moyens pro­mo­tion­nels sans com­mune mesure. Il reflète aus­si une logique autre : plusieurs maisons d’édition inter­rogées pour pré­par­er cet arti­cle nous ont expliqué pro­gram­mer leurs paru­tions en fonc­tion non de la ren­trée lit­téraire, mais des événe­ments plus por­teurs pour elles, tels que le Marché de la poésie, le fiEs­ti­val ou encore le Poet­ik Bazar. Con­tin­uer la lec­ture

L’implacable loi des générations

Jean-Marc DEFAYS, Deux fau­teuils au bal­con, Mur­mure des soirs, 2021, 127 p., 19 €, ISBN : 978–2‑930657–74‑5

defays deux fauteuils au balconLa famille a la cote en lit­téra­ture ces derniers temps. Elle y appa­raît sou­vent tox­ique, source de vio­lences et de dys­fonc­tion­nements. Voici un réc­it qu’on imag­ine auto­bi­ographique, tout en douceur et en empathie, sur la présence offerte par un fils à sa mère dev­enue veuve. Un roman qui se déroule comme une petite musique de cham­bre.

Octogé­naire, veuve, la mère du nar­ra­teur a quit­té la mai­son famil­iale pour s’installer dans un apparte­ment situé au sep­tième étage d’un immeu­ble en ville. En bor­dure d’un fleuve, elle y a une vue qui est comme une con­so­la­tion. À l’image du titre et des pho­togra­phies en cou­ver­ture qui sont en elles-mêmes tout un réc­it, le bal­con où mère et fils s’installent régulière­ment est devenu un phare sur l’existence, la leur et celle de ceux et celles qu’ils voient déam­buler à leurs pieds. Con­tin­uer la lec­ture

Le Top 3 de Daniel Simon

Chaque jour, Le Car­net et les Instants revis­ite l’an­née lit­téraire 2020 avec le Top 3 de ses chroniqueurs et chroniqueuses. La dernière sélec­tion de cette année est celle de Daniel Simon. Con­tin­uer la lec­ture

Du côté de saint Jordi

COLLECTIF, Du côté des librairies, Mur­mure des soirs, 2020, 188 p., 13 €, ISBN : 978–2‑930657–62‑2

du côté des librairies murmure des soirsDans Éloge de l’amitié, Tahar Ben Jel­loun écrivait : « Le libraire est l’ami du livre ; pas de tous les livres, mais de ceux qu’il con­sid­ère assez pour les trans­met­tre aux lecteurs. » La librairie se révèle en effet ce lieu sin­guli­er de pas­sage, de partage, de mise en lumière, mais égale­ment de sélec­tion, de choix, de défense. En par­courant étagères et présen­toirs, le lecteur con­cen­tré devine l’orientation idéologique, l’impératif de qual­ité et par­fois l’intérêt par­ti­c­uli­er du per­son­nel qui la peu­ple. Car, oui, une librairie est peu­plée de livres qui bat­tent, cha­cun à sa pul­sa­tion, cha­cun à son tem­po, et appel­lent leur lecteur prédes­tiné. C’est du moins la con­vic­tion d’une étrange libraire, aux envoûte­ments bohémiens et à la bou­tique évanes­cente, lorsqu’elle affirme : « Promenez-vous libre­ment dans mon mag­a­sin, vous y trou­verez peut-être ce que vous cherchez. Regardez tout autour de vous, prenez-les en mains, feuil­letez-les, jusqu’à ce que vous tombiez sur celui qui vous dira : “Prends-moi, je t’attendais.” Car – savez-vous cela ? – ce sont les livres qui nous choi­sis­sent. Ils nous atten­dent patiem­ment, sur une étagère, et puis quand nous pas­sons à leur portée, ils nous appel­lent, et là… c’est inutile de vouloir résis­ter. » Con­tin­uer la lec­ture

Paradoxes et contradictions

Un coup de cœur du Car­net

Jean-Marc DEFAYS, Dico-tomies, Mur­mure des soirs, 2020, 242 p., 18 €, ISBN : 978–2‑930657–59‑2

Il est des livres dont on aimerait à l’in­stant tutoy­er l’au­teur… Il appa­raît si proche de ce que nous vivons comme lecteur. En tout cas, c’est que je vécus récem­ment lorsque je décou­vris Dico-tomies, le dernier essai de Jean-Marc Defays.

Pro­fesseur à l’u­ni­ver­sité de Liège, Jean-Marc Defays est l’au­teur de nom­breux ouvrages et arti­cles dans le domaine des sci­ences du lan­gage, de la didac­tique du français langue étrangère et de la com­mu­ni­ca­tion inter­cul­turelle. Il se tourne aus­si depuis quelques années vers une réflex­ion et une écri­t­ure plus per­son­nelles, comme dans l’essai Babel et Franken­stein. Sin­gu­lar­ité et plu­ral­ité des langues, des groupes et des indi­vidus (2016), et le roman Rue des Trois lim­ites (2019). Con­tin­uer la lec­ture