Archives par étiquette : Marc Pirlet

Un captif heureux

Un coup de cœur du Car­net

Marc PIRLETUne voca­tion, Mur­mure des soirs, 2023, 152 p., 19 € / ePub : 12,99 €, ISBN : 978–2‑931235–02‑7

pirlet une vocationC’est de mélan­col­ie et dans le même mou­ve­ment,  d’une fer­vente pas­sion que se nour­rit le dernier roman de Marc Pir­let, Une voca­tion. Marc Pir­let est né à Liège en 1961. Après de nom­breuses années con­sacrées au voy­age, il s’est réin­stal­lé dans sa ville natale. En presque quinze ans, il vient de pub­li­er son huitième livre : des réc­its, des romans, des livres tou­jours mar­qués par une extrême atten­tion aux tra­jec­toires des per­son­nages, et qui se lisent aus­si comme des témoignages non « sur » l’époque mais issus des femmes et des hommes de notre his­toire. Mal­gré la réti­cence de l’auteur à dévelop­per des fic­tions de rebonds et de mys­tères, il existe dans l’écriture de Marc Pir­let une puis­sance et une intim­ité de ton qui en font déjà un auteur qui compte dans le paysage lit­téraire. Témoins, entre autres, ces prix réguliers dont son œuvre est couron­née. Salu­ons ici aus­si la fidél­ité des Édi­tions Mur­mure des soirs qui l’ont révélé en 2009. Con­tin­uer la lec­ture

Rentrée littéraire 2023 : abondance et diversité

rentrée littéraire 2023

Le rit­uel est con­nu : chaque année en juin, les maisons d’édition dévoilent le pro­gramme de leur ren­trée lit­téraire. Et lec­tri­ces et lecteurs de par­tir en vacances avec la cer­ti­tude de trou­ver en librairie, dès la mi-août, pléthore de nou­veaux livres qui adouciront à n’en point douter le retour à la vie pro­fes­sion­nelle.

Cette année encore, auteurs et autri­ces belges seront nom­breux à par­ticiper à ce temps fort de l’année édi­to­ri­ale. La ren­trée lit­téraire est tra­di­tion­nelle­ment asso­ciée au roman. Il ne sera pas, loin s’en faut, le seul genre à faire l’actualité cet automne, mais il en sera cer­taine­ment l’un des points névral­giques. Tour d’horizon des sor­ties annon­cées. Con­tin­uer la lec­ture

Chercher une autre vision du réel

Marc PIRLET, Le pho­tographe suivi de Der­rière la porte, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2021, 220 p., 9 €, ISBN : 9782875685421

pirlet le photographe« J’ai réal­isé […] que mon père avait une con­science, une vie intel­lectuelle, et qu’il avait cher­ché à com­pren­dre le monde autour de lui, à l’appréhender, à le faire sien, avec une con­stance dans l’effort dont témoignent les mil­liers de pho­togra­phies qu’il m’a lais­sées et qui, avec la petite mai­son, con­sti­tuèrent l’essentiel de mon héritage. » Telle est la décou­verte, banale et décon­cer­tante, que le nar­ra­teur du Pho­tographe fait à la mort de celui qui est resté un mys­tère à ses yeux. Très tôt orphe­lin de mère, Chris­t­ian a côtoyé son père Franz dans un tête-à-tête silen­cieux pen­dant une dizaine d’années. Ces deux êtres, intriqués dans une his­toire famil­iale où les « peu-dits » mythi­fi­aient les absents et séparaient les présents, ont vécu sous le même toit dans un calme indif­férent, une mécon­nais­sance résignée. Leur quo­ti­di­en se déroulait avec peu de con­tacts (entre eux mais aus­si avec l’extérieur) sans qu’aucune souf­france cuisante ne jail­lisse pour autant : cha­cun vaquait à ses oblig­a­tions et à ses occu­pa­tions sans heurts ni spon­tanéité, et respec­tait cer­tains rit­uels (comme le céré­mo­ni­al de la lec­ture à haute voix, l’ivresse men­su­elle et les balades pho­tographiques dans le quarti­er pop­u­laire de Sainte-Mar­guerite). À sa majorité, le nar­ra­teur quitte le domi­cile partagé et l’éloignement physique se greffe à la dis­tance émo­tion­nelle, jusqu’à ce que la san­té vac­il­lante de Franz étab­lisse un autre équili­bre entre eux. Con­tin­uer la lec­ture

Du côté de saint Jordi

COLLECTIF, Du côté des librairies, Mur­mure des soirs, 2020, 188 p., 13 €, ISBN : 978–2‑930657–62‑2

du côté des librairies murmure des soirsDans Éloge de l’amitié, Tahar Ben Jel­loun écrivait : « Le libraire est l’ami du livre ; pas de tous les livres, mais de ceux qu’il con­sid­ère assez pour les trans­met­tre aux lecteurs. » La librairie se révèle en effet ce lieu sin­guli­er de pas­sage, de partage, de mise en lumière, mais égale­ment de sélec­tion, de choix, de défense. En par­courant étagères et présen­toirs, le lecteur con­cen­tré devine l’orientation idéologique, l’impératif de qual­ité et par­fois l’intérêt par­ti­c­uli­er du per­son­nel qui la peu­ple. Car, oui, une librairie est peu­plée de livres qui bat­tent, cha­cun à sa pul­sa­tion, cha­cun à son tem­po, et appel­lent leur lecteur prédes­tiné. C’est du moins la con­vic­tion d’une étrange libraire, aux envoûte­ments bohémiens et à la bou­tique évanes­cente, lorsqu’elle affirme : « Promenez-vous libre­ment dans mon mag­a­sin, vous y trou­verez peut-être ce que vous cherchez. Regardez tout autour de vous, prenez-les en mains, feuil­letez-les, jusqu’à ce que vous tombiez sur celui qui vous dira : “Prends-moi, je t’attendais.” Car – savez-vous cela ? – ce sont les livres qui nous choi­sis­sent. Ils nous atten­dent patiem­ment, sur une étagère, et puis quand nous pas­sons à leur portée, ils nous appel­lent, et là… c’est inutile de vouloir résis­ter. » Con­tin­uer la lec­ture

Un dialogue posthume : Bruna et moi

Marc PIRLET, Un jour comme un oiseau, Esneux, Mur­mure des soirs, 2016, 139 p., 10€   ISBN : 978–2‑930657–33‑2

pirletPar l’intermédiaire d’un ami, Marc Pir­let ren­con­tre pour la pre­mière fois en avril 2013 Bruna, une vieille dame qui habite sur les hau­teurs de Seraing. Celle-ci vient sou­vent l’après-midi en ville, à Liège, pren­dre un choco­lat chaud dans un endroit accueil­lant sa soli­tude. Pourquoi va-t-il la ren­con­tr­er, bien­tôt régulière­ment ? Parce que cette dame menue, char­mante d’ailleurs, a une his­toire qu’elle a longtemps tenue sous silence mais qui main­tenant, alors qu’elle a atteint qua­tre-vingt-six ans, doit se con­fi­er. C’est avec con­stance et fer­veur que Marc Pir­let va l’écouter et recueil­lir des pro­pos qu’il faut com­mu­ni­quer à tous. C’est en effet une con­fi­dence de l’enfer vécu que Bruna tient à faire avant de dis­paraître, pour que rien ne s’oublie, ne se perde de la mémoire. L’enfer, ce sont ces années passées dans les camps de con­cen­tra­tion nazis, les camps de la mort. C’est en 1941 que Bruna, qui a 16 ans, et son frère sont arrêtés dans la mai­son famil­iale de Seraing par les agents de la Gestapo qui recherchent le père, com­mu­niste polon­ais, dis­paru depuis l’exode de mai 1940. Rapi­de­ment déportée en Alle­magne et à tra­vers plusieurs lieux de déten­tion, elle arrive au sin­istre camp de Ravens­brück où elle passera plusieurs années ter­ri­bles avant de ter­min­er dans cet autre enfer qu’était Bergen-Belsen, d’où elle sera libérée puis rap­a­triée vers la Bel­gique en état d’extrême faib­lesse. Con­tin­uer la lec­ture

Prix de l’Académie royale

L’A­cadémie royale de langue et lit­téra­ture française de Bel­gique a remis le same­di 14 mars 2015 ses dif­férents prix lit­téraires : Con­tin­uer la lec­ture

Descente aux enfers

Marc PIRLETHis­toire de Bruna, Mur­mure des soirs, 2014, 188 p., 10 €, ISBN : 978–2‑930657–23‑3

pirletAlerté par un ami, l’écrivain lié­geois Marc Pir­let ren­con­tre une rescapée des camps de la mort. Elle est d’origine polon­aise, s’appelle Bruna, approche des nonante ans, et habite Seraing. Elle va lui con­fi­er pour la pre­mière fois le réc­it détail­lé de l’enfer qu’elle a vécu. Con­tin­uer la lec­ture