Archives par étiquette : Proust

Pour Gilberte cette fois

Jacques DUBOIS, Le roman de Gilberte Swann. Proust sociologue paradoxal, Seuil, 2018, 227 p., 20 € / ePub : 14.99 €, ISBN : 978 -2-02-137058-4

dubois le roman de gilberte swannDans Tout le reste est littérature, un volume d’entretiens avec Laurent Demoulin, Jacques Dubois déclare avoir abordé Proust assez tardivement, dans son parcours de lecteur et dans sa carrière de professeur d’université. Mais il a ressenti cette rencontre comme un coup de foudre, via la belle Albertine, ajoute-t-il. Par extraordinaire, ce coup de foudre dure encore, même si la critique amoureuse a fait place à une relecture savante et suprêmement littéraire. Après avoir décrit une aventure plus que sentimentale, dans Pour Albertine, déjà sous-titré Proust et le sens du social (Seuil, 1997), ensuite dans Figures du désir. Pour une critique amoureuse (Les Impressions nouvelles, 2011), le voici qui revient sur une autre figure féminine majeure de à la recherche du temps perdu, Gilberte. Tout un programme dans ce dernier ouvrage paru au Seuil : Le roman de Gilberte Swann. Proust sociologue paradoxal. Continuer la lecture

Mystique et athée

Un coup de coeur du Carnet

Jean Claude BOLOGNE, Une mystique sans Dieu, Paris, Albin Michel, 2015, 327 p., 20,90 €/ ePub : 14.99 €   ISBN : 978-2226258519

bologne_cottonIl y a quarante ans, Jean Claude Bologne a vécu durant quelques instants « une expérience fulgurante de l’absolu ». Quelques instants qui ont marqué et transformé toute sa vie. En 1995, il a consacré à cette expérience mystique, exempte de toute référence à Dieu, un premier essai qu’il considérait comme une délivrance, pensant n’avoir plus à revenir publiquement sur le sujet. N’empêche, alors que le temps a passé « sans rien changer à la brutalité de la mémoire », il s’est résolu, poussé par « les confidences que le livre a suscitées » et par « les réflexions qui l’ont prolongé » à témoigner « avec moins de lyrisme et de candeur » de « l’instant où le monde a basculé » et de la faculté de survivre « à l’immense désarroi de ne plus le connaître ». En précisant aussi que cet instant, « on ne peut que le vivre » sans qu’on puisse le provoquer ou le renouveler volontairement, sa marque étant du reste indélébile. Quant au caractère « ineffable » de l’événement, il implique, par définition, que son abord oblige à des détours par les approximations de ce qui peut être exprimé. Continuer la lecture