Christophe MEURÉE, Jean-Philippe Toussaint et le cinéma, Préface de Laurent Demoulin, Archives & Musée de la Littérature, coll. « Archives du futur », 2025, 272 p., 28 € / ePub : 14,99 €, ISBN : 978–2‑87168–105‑2
Écrivain et cinéaste, écrivain-cinéaste, ou écrivain s’échappant de la littérature grâce au cinéma ? Ces questions se posent lorsqu’on observe depuis quatre décennies les multiples activités de Jean-Philippe Toussaint, et les liens entrecroisés qu’il a inextricablement noués entre la littérature et le septième art. Certes, les rapports entre les deux, chez le réalisateur de La patinoire (en 35 mm) ou de The Honey Dress (2015, en vidéo numérique légère) ont par la force des choses été régulièrement abordés par la critique, à chaque sortie d’un film, mais aussi lorsque paraissait un nouveau livre – et qu’on assurait à l’écrivain qu’il pratiquait « une écriture cinématographique », ce qui semble l’avoir toujours agacé. Sur son propre site internet, mais également dans d’autres recueils d’études qui lui ont été consacrés, le cinéma occupe une place souvent cruciale. Toussaint lui-même a toujours reconnu qu’il était davantage, dès l’enfance, attiré par le grand écran plutôt que par les livres, et qu’il pratiqua très jeune, outre l’apprentissage des échecs, une cinéphilie dévorante, déployée avec appétit dans la plupart des genres cinématographiques. Continuer la lecture






Juger un livre est une autre affaire que de juger un spectacle. Anne-Cécile Vandalem fait paraître chez Actes Sud les trois pièces qu’elle rassemble comme une trilogie, une trilogie dénuée de titre (Le Sang des promesses aurait pu être un bon titre mais il faut croire qu’il était déjà pris) ou plutôt composée de trois titres distincts : Tristesses, Arctique, Kingdom. Trois titres qui désignent des lieux, réels ou imaginaires, tous isolés dans le Nord. 

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Parfois, l’on comprend la nécessité impérieuse qui voudrait que seuls les écrivains soient habilités à parler d’autres écrivains. Le livre de Véronique Bergen sur Hélène Cixous en est une preuve probante. Paru dans une collection académique, cet ouvrage se démarque par sa langue virtuose. Cependant, la force de l’analyse qui y est déployée n’est en rien déforcée par la présence entêtante du style singulier de l’auteur de Kaspar Hauser ou la phrase préférée du vent : au contraire, ce livre éclaire avec finesse une œuvre aussi complexe que souvent jugée peu accessible, alors que les livres de Cixous sont, comme les décrit Bergen, « textes de vent et de soleil turquoise ».
On n’imagine pas Verhaeren sans l’Escaut, qui a marqué sa sensibilité, imprégné sa poésie. Et l’on s’accorde d’emblée au titre de