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Les Belges à l’honneur aux Midis de la Poésie

Les Midis de la Poésie? Chaque mar­di midi, entre 12h40 et 13h30, dans le petit audi­to­ri­um des Musées roy­aux des Beaux-Arts de Bel­gique, des con­férenciers et des comé­di­ens vien­nent par­ler d’un sujet fausse­ment inactuel pour trans­met­tre, ques­tion­ner et faire enten­dre un auteur, une thé­ma­tique, et surtout des textes. Les événe­ments durent 50 min­utes, alter­nant lec­tures et mise en con­texte. Le pro­gramme est var­ié et mul­ti­cul­turel, mais les Belges s’y tail­lent aus­si une place de choix. 

Con­tin­uer la lec­ture

Où l’on se prend à lire en moutons noirs plutôt qu’en moutons blancs

Véronique BERGEN, Jamais, Tin­bad, 2017, 118 p., 16 €, ISBN : 979–10-96415–07‑6

bergen jamais.jpgBon. Dis­ons ceci : Jamais nous donne à lire une écri­t­ure « de milieu ». Pas une écri­t­ure « dra­ma­tique », donc. Pas atten­dre, dès lors, de Jamais qu’il nous livre une « belle his­toire », savam­ment con­stru­ite pour nous emmen­er, nous, lecteurs, jusqu’à la dernière scène, l’ul­time sur­saut intense que nous dévorerons avant de clore le livre.

Jamais, c’est plutôt une plongée dans un milieu aque­ux ou dans une forêt vierge. Une plongée dans un bain lin­guis­tique où tout pour­rait vir­er chaos, sem­bler chaos, tant le réc­it de Véronique Bergen, sa façon de « réciter », n’a que faire d’une fic­tion « clé sur porte » avec un beau début, un beau corps et une belle fin. Con­tin­uer la lec­ture

Où l’on se tient, une fois de plus, en compagnie d’un être intense

Un coup de cœur du Carnet

Véronique BERGEN, Luchi­no Vis­con­ti. Les Promess­es du cré­pus­cule, Les Impres­sions Nou­velles, 2017, 224 p., 17 €/ePub : 12.99 €, ISBN : 978–2‑87449–459‑8

bergen viscontiVéronique Bergen aime les intens­es.

On le sait.

De livre en livre, elle nous a déjà tiré le por­trait d’une belle bro­chette d’in­di­vidus non seule­ment vivant à cent à l’heure mais dont la présence, l’in­ten­sité de leur présence, l’in­can­des­cence de leurs œuvres, n’ar­rê­tent pas de nous attir­er façon trou noir. Après Edie Sedg­wick, Mar­i­lyn Mon­roe, Uni­ca Zürn et Janis Joplin, voilà que Véronique Bergen s’at­tèle main­tenant, dans un superbe essai, au ciné­ma de Luchi­no Vis­con­ti.

Mais oui ! Con­tin­uer la lec­ture

Bang bang

Un coup de cœur du Carnet

Véronique BERGEN et Sadie von PARIS, Gang blues ecchy­moses, Al Dante, 2017, 176 p., 30 €, ISBN : 978–2‑84761–726‑9
bergen gang blues ecchymoses

Véronique Bergen sort, avec la jeune pho­tographe Sadie von Paris, chez Al Dante, Gang Blues Ecchy­moses, sous-titré rites & pas­sages vers la vie, un recueil de textes poé­tiques et de pho­togra­phies sur lequel on se couche comme on s’aimante, un livre-totem à pos­er entre les deux yeux telle une balle en plein front. Con­tin­uer la lec­ture

Un manifeste esthético-politique

Véronique BERGEN, Janis Joplin. Voix noire sur fond blanc, Al Dante, 2016, 171 p., 15 €   ISBN : 978–2‑84761–720‑7

bergen-joplinExtrême­ment active, Véronique Bergen vient de pub­li­er en quelques semaines qua­tre livres : un recueil de poèmes illus­tré, Tomber vers le haut ; deux essais,  l’un sur les Roms, l’autre philosophique, Fétichismes. Out­re une post­face pour Espace nord et plusieurs arti­cles en ligne. Aujourd’hui, par­lons de son por­trait vision­naire de l’icône de la généra­tion hip­pie, Janis Joplin,  dernier livre qu’elle sous-titre avec à‑propos Voix noire sur fond blanc. Con­tin­uer la lec­ture

Fiction du fétiche

Véronique BERGEN, Fétichismes, Kimé, 2016, 105 p., 14 €   ISBN : 978–2‑84174–759‑7

bergen-fetichismesLe monde de Véronique Bergen, le monde qu’elle façonne de livres en livres, entre essais, romans, poésie et même livres pour la jeunesse, ne se laisse pas cir­con­scrire sans sur­sauts : d’une part, parce que son style ne nég­lige ni les con­cepts les plus aigu­isés, ni les images les plus érup­tives ; d’autre part, parce que les thèmes abor­dés passent des Roms à Deleuze, de Janis Joplin à Kas­par Hauser, au corps de la top mod­èle, à l’alphabet sidéral, aux palimpses­tes, grif­fures, aquarelles et autres résis­tances philosophiques… Con­tin­uer la lec­ture

Gris/moire pour trouer le visible

Hele­na BELZER et Véronique BERGEN, Tomber vers le haut, La Let­tre volée, 2016, 144 p., 22 €

bergenC’est l’été et comme sou­vent, c’est la zone, quelque part. Sai­son adéquate – s’il en fal­lait une – pour s’adonner à un pen­chant dés­in­hibé pour les pein­tres et les poètes, doués du tal­ent de trouer le vis­i­ble de signes, d’y trac­er des pas­sages pour qui ne les voit pas. Lecteurs et édi­teurs le savent bien : les livres offrent un bel abri aux ren­con­tres pic­turo-poé­tiques autant qu’un aller sim­ple pour l’ailleurs. Juste­ment, Pierre-Yves Soucy, directeur des col­lec­tions de La Let­tre volée, vient de rassem­bler en un recueil, pour la sec­onde fois, deux espèces de voy­antes — Véronique Bergen au clavier, Hele­na Belz­er au pinceau — dans des pages estampil­lées magie — noire ou blanche: là n’est plus la ques­tion. Tomber vers le haut relève des ter­ri­toires imprimés dans la pâte de l’outre-vie, dans les hors-mon­des, dans ce qui danse dans la cen­dre et ce qui se joue dans les yeux, sur les lèvres des morts-vivants, des vivants-morts. Con­tin­uer la lec­ture

Bourses de la Fondation Spes

L’association de mécé­nat privé Spes décerne chaque année  des bours­es de 5.000 euros pour aider des plas­ti­ciens, musi­ciens, écrivains, poètes, créa­teurs tex­tiles à réalis­er un pro­jet de créa­tion ou de per­fec­tion­nement leur per­me­t­tant d’avancer dans leur car­rière. Par­mi les sept bours­es décernées cette année, trois revi­en­nent à des écrivains.  Con­tin­uer la lec­ture

Ars criticandi

Un coup de coeur du Carnet

Jacques DE DECKER, Lit­téra­ture belge d’aujourd’hui. La Brosse à relire, Brux­elles, Les Impres­sions Nou­velles, coll. « Espace Nord », 335 p.

Se présen­ter comme « cri­tique lit­téraire » peut s’avérer une entre­prise périlleuse. N’est-ce pas un ric­tus de défi­ance, voire de mépris, qui se des­sine sur le vis­age de l’interlocuteur ? Quoi, « cri­tique » ? Par­a­site, oui. Un bon­homme qui, inca­pable de torcher cor­recte­ment un livre, épuise sa vie à pass­er au crible ceux des autres. Il les descend avec rancœur quand ils lui parais­sent trop bons, ou les exhausse s’il est sûr qu’ils ne fer­ont point trop d’ombre à son chef‑d’œuvre en sem­piter­nelle ges­ta­tion. Con­tin­uer la lec­ture

Le réel, la fiction ou le mentir vrai

Véronique BERGEN, Le cri de la poupée, Mar­seille, Al Dante, 2015, 241 p., 17 €

Apprivois­er le réel, le trans­former est un exer­ci­ce sin­guli­er qui con­siste à s’emparer d’une matière biographique infor­mée et à la tra­vailler ensuite selon ses émo­tions pro­pres sans toute­fois nég­liger les affects extérieurs venus tem­pér­er voire déranger ces trans­ferts. Telle ten­ta­tive de recon­stituer un par­cours, de redonner vie à un artiste ou à un écrivain sur lequel on a réu­ni toute la doc­u­men­ta­tion pos­si­ble, peut s’enrichir d’un regard per­son­nel quand on s’est attaché au sujet au point de le suiv­re dans un nou­v­el itinéraire. Cette fic­tion­nal­i­sa­tion s’apparente au men­tir vrai, tant biogra­phie et auto­gra­phie s’y répon­dent et se reflè­tent récipro­que­ment. Véronique Bergen a établi un mod­èle éton­nant et tout per­son­nel, imp­ri­mant sa mar­que à ce genre lit­téraire, s’attaquant à des per­son­nages a pri­ori énig­ma­tiques ou dont on a dif­fusé une image clichée et trompeuse. Elle a fait siennes ces évo­ca­tions inédites de Kas­par Hauser, Louis II de Bav­ière, ou encore Mylène Farmer et Mar­i­lyn Mon­roe. Voici qu’avec Le cri de la poupée elle dresse un por­trait sur­prenant, vif et com­plexe d’Unica Zürn, artiste et écrivaine, entre autres com­pagne de Hans Bellmer, née en 1916 et morte par défen­es­tra­tion en 1970. Con­tin­uer la lec­ture