Un coup de cœur du Carnet
Pierre DE MÛELENAERE, Thunder and Lighting, Totalism, 2022, 68 p., 22 €, ISBN : 978-2-87560-163-6
Le Cœur des ténèbres de Joseph Conrad, qui est à l’origine de cet ouvrage graphique, peut être considéré comme la traversée hypnotique du paysage africain le long d’un fleuve qui est un serpent délové et « coule sans un murmure, le long d’une forêt qui ressemble à un masque ».
Un tel parcours, où se rencontrent les choses les plus abominables de la colonisation, s’apparente, selon l’auteur, à une remontée vers « le visage effroyable de la vérité » qui ne cesse cependant pas de se dérober. Et l’on comprend qu’il soit à la fois fascinant et éprouvant de tenter de donner une forme graphique à ce cheminement. Ils sont quelques- uns à avoir adapté le texte de Joseph Conrad. Reprenant le titre même du roman, Jean- Philippe Stassen, à l’aide de couleurs subtiles et de dégradés de gris, met en évidence l’aspect ténébreux du romancier ; avec Kongo, Tom Tirabosco fait ressentir avec ses encres et ses pastels la moiteur de la forêt. Continuer la lecture
Paru à l’occasion de
Kikie Crêvecœur aime les livres et, depuis plus de trente ans, elle dépose ses images entre leurs pages. Il était donc naturel qu’un livre soit consacré à cette artiste passionnée par les résonances que créent les mots, par les objets qui les véhiculent, les hommes et les femmes qui les façonnent, les portent, les font vivre et jouent avec eux.
Dans cette magnifique édition de gravures de Félix Vallotton, Jean-Philippe Toussaint part sur les traces du graveur, illustrateur, peintre et romancier né à Lausanne en 1865, mort à Paris en 1925. Présenté par Katia Poletti, édité par Martin de Halleux (qui a publié l’œuvre de Masereel), le recueil reproduit magistralement la série Intimités ainsi que Les instruments de musique ou encore La paresse, L’assassinat, La nuit. Célèbre par ses gravures sur bois et ses illustrations en noir et blanc, Vallotton réinventa la xylographie, joua sur les contrastes des noirs et des blancs, sans passer par le dégradé. Illustrateur pour La revue blanche, il publia en 1898 une série de dix gravures intitulées Intimités dans un tirage limité à 30 exemplaires.
Poète internationalement renommé, Émile Verhaeren était aussi grand connaisseur en matière de peinture. En témoignèrent notamment l’exposition « Verhaeren critique d’art » au Musée d’Orsay (Paris) en 1997, puis au Musée Charlier (Bruxelles). Ou, plus récemment, «