Archives par étiquette : Cygne éditions

Le poème est un sauf-conduit

Philippe LEUCKX, Lumière des murs, Cygne, 2025, 48 p., 12 €, ISBN : 978–2‑84924–831‑7

leuckx lumière des mursPhilippe Leuckx pour­suit une œuvre poé­tique élé­giaque : chaque poème ressem­ble ain­si aux petits cail­loux que l’enfant du con­te sème dans la forêt obscure où on est en train de le per­dre, pour pou­voir retrou­ver ultérieure­ment son chemin vers la lumière. Le titre, Lumière des murs, métapho­rise ce thème de la perte et de la résilience. Car le mur est, du point de vue de nos sens, une struc­ture matérielle fixe qui enferme, tan­dis que la lumière est un élé­ment mobile et presque immatériel. La lumière tra­verse l’espace quand le mur le cir­con­scrit. Le poète quête l’éclaircie de manière oxy­morique, comme si nom­mer sa douleur, écrire sa perte et son deuil, saluer la morte bien-aimée et pren­dre soin des enfants, était la seule issue à l’éphémère de notre pas­sage sur terre : Con­tin­uer la lec­ture

Ce vaste espace à traverser, de soi à soi…

Un coup de cœur du Car­net

Mar­tine ROUHART, La nuit ne dort jamais, Cygne, coll. « Le chant du cygne », 2025, 59 p., 12 €, ISBN 978–2‑84924–814‑0

rouhart la nuit ne dort jamaisMar­tine Rouhart a été sub­tile­ment inspirée en plaçant quelques vers d’Anne Per­ri­er en épigraphe de La nuit ne dort jamais : “En dor­mant, je me suis tournée / Vers la pente ombrée Des Paroles”(Extrait de D’entre Ciel et Terre).

Le pre­mier recueil pub­lié par la poétesse suisse ne s’intitulait-il pas Selon la nuit (Édi­tions Les Amis du livre, Lau­sanne, 1952) ? Appa­rait une affinité sen­si­ble entre la poétesse belge et son ainée, sin­gulière­ment mise en lumière dans ce vol­ume paru aux Édi­tions du Cygne. Il est com­posé de trois par­ties (« La nuit vient », « Elle ne dort jamais » et « La nuit s’en va ») dont les titres s’entrelacent pour for­mer celui du qua­torz­ième ouvrage de l’autrice mon­toise. Con­tin­uer la lec­ture

Le chant de la fraternité

Éric ALLARD, La blessure du blé, pré­face de Philippe Leuckx, cou­ver­ture de Claire Mériel, Cygne, 2023, 49 p., 10 €, ISBN : 9782849247174

allard la blessure du bléLe dernier recueil en date du poète Éric Allard, La blessure du blé, rend compte d’un dou­ble univers : celui de la dis­pari­tion et, dans la même per­ma­nence, des désirs inex­tin­guibles de notre présence ici-bas. Dans un lan­gage qui devient, de recueil en recueil, la langue orig­i­nale de l’au­teur, il nous laisse enten­dre la chan­son de la mélan­col­ie joyeuse. Con­tin­uer la lec­ture

Quand l’amitié se propose…

Philippe LEUCKX et Christophe PINEAU-THIERRY, Ces mots ajustés au cœur, Cygne, 2023, 52 p., 10 €, ISBN : 9782849247297

leuckx pineau thierry ces mots ajustes au coeurLa col­lec­tion « Le chant du Cygne » dirigée par le jeune poète Ismaël Bil­ly avait accueil­li déjà dans son cat­a­logue des œuvres séparées de Philippe Leuckx et de Christophe Pineau-Thier­ry. Elle réu­nit ici  les deux poètes  dans un seul vol­ume où leurs textes s’inscrivent dans un échange éclairé du sceau de l’amitié. Chaque page explore l’énigme de ce lien que nouent les lignes dont, d’entrée, elles annon­cent que ce sera un bon­heur de dire.

Il y a la décou­verte pro­gres­sive de l’autre, les mains, les regards explorent les apparences, ce qui paraît. Ce sont les mots qui diront Con­tin­uer la lec­ture

Pleuvoir peu

Mar­tine ROUHART, Il faut peu de mots, Cygne, 2022, 52 p., 10 €, ISBN : 9782849247099

rouhart il faut peu de motsMar­tine Rouhart, qui choisit d’intituler son dernier recueil Il faut peu de mots, joint le geste à la parole en pro­posant une poignée de textes brefs et sans apprêt. L’on y ren­con­tre une parole poé­tique médi­ta­tive, réflex­ive et ludique.

Il faut peu de mots, livre de poèmes, vient de paraître aux Édi­tions du Cygne (Paris). Son titre évoque une ébauche d’art poé­tique que le recueil met­tra tra­di­tion­nelle­ment en œuvre. Les textes de Mar­tine Rouhart n’y excè­dent pas six vers, eux-mêmes remar­quables de brièveté. Écrire peu pour dire beau­coup, voilà qui sem­ble le pro­jet avoué de l’écrivaine qui chem­inera avec agilité autour de cette idée. Con­tin­uer la lec­ture

Fragments de silences intérieurs

Anne-Marielle WILWERTH, Vivre au plus près, Édi­tions du Cygne, 2022, 58 p., 10 €, ISBN : 9782849246931

wilwerth vivre au plus presVivre au plus près, nou­veau recueil poé­tique d’Anne-Marielle Wilw­erth paru aux édi­tions du Cygne, livre à ses lecteurs les nœuds d’une quête exis­ten­tielle faite d’intériorité, de silences, de recherche de dénue­ment, d’interstices et d’instantanés dans ce qui s’apparente à une con­science aigüe du temps qui passe. Il s’agit d’une poésie con­cise d’apparence sim­ple, mais le principe d’économie qui pré­side au choix du mot per­met le ray­on­nement et l’abondance de sig­ni­fi­ca­tions. C’est ain­si qu’émerge une dual­ité douce entre monde physique et méta­physique, principes de l’existence avec lesquels la poétesse nous invite à com­pos­er. Con­tin­uer la lec­ture

Échos d’une arborescence évidente

Pierre WARRANT, Le temps de l’arbre, Cygne, 2020, 103 p., 13 €, ISBN : 978–2‑84924–625‑2

warrant le temps de l'arbreLes récentes recherch­es en matière de com­mu­ni­ca­tion végé­tale ont con­fir­mé ce que beau­coup pressen­taient. Les arbres dia­loguent entre eux et avec l’environnement. Ces nou­velles con­clu­sions sci­en­tifiques n’ont sans doute pas échap­pé à l’ingénieur Pierre War­rant dont on sait, depuis la pub­li­ca­tion de ses deux précé­dents recueils – Con­fi­dences de l’eau (2016) et Alti­tudes (2013) –, l’attention qu’il porte au souf­fle vital que lui inspire la com­mu­nion avec la nature. Arpen­teur, voyageur, pho­tographe, c’est avant tout en poète qu’il tente de met­tre des mots sur ce lan­gage des saisons. Con­tin­uer la lec­ture

La fièvre poétique

Philippe LEUCKX, Doigts tachés d’ombre, Cygne, 2020, 58 p., 10 €, ISBN : 978–2‑84924–617‑7

leuckx doigts tachés d'ombre éditions cygnePrès de soix­ante poèmes répar­tis en six chapitres com­posent ce nou­veau recueil de Philippe Leuckx. Ici, il rassem­ble des œuvres parues dans divers­es revues ain­si qu’inédites. Comme c’est le troisième opus que je recense pour Le Car­net, la curiosité m’a poussé à ren­con­tr­er l’auteur sur son lieu d’écriture. Il habite Braine-le-Comte, une mai­son tenue avec grand soin, à l’instar de ses poèmes et pub­li­ca­tions. Le bâti­ment pro­tège un jardin à l’arrière, tout en longueur, ser­ré par ceux des voisins. À la fois maîtrisé et hir­sute, il y pro­lifère autant de couleurs que de par­fums, à l’exemple de la pro­lifique plume du poète. Con­tin­uer la lec­ture

Mères démantelées

Maria DE LOS ANGELES PRIETO MARIN, Dis­pari­tion à Isla Mujeres, Cygne, 2018, 173p., 18€, ISBN : 978–2‑84924–545‑3

Il y a douze ans, Joyce est par­tie au Mex­ique avec son mari Richard et sa fille Lily de deux ans. Un moment d’inattention sur la plage et la petite a dis­paru. La police mex­i­caine, le con­sulat améri­cain et un détec­tive privé se penchent sur cette affaire. Leur con­clu­sion : Lily a été enlevée. Par qui ? On ne sait pas. Après des mois de recherche, la police, les avo­cats, les détec­tives et même Richard bais­sent les bras. Con­tin­uer la lec­ture

Du fond d’un œil

Otto GANZ, Tech­nique du point d’aveugle, Cygne, 2018, 76 p., 11€, ISBN : 978–2‑84924–536‑1

Otto Ganz, Technique du point d'aveugleComme en con­tre­point de la for­mule « je crois » autour de laque­lle s’articule Pavots (2010),  un précé­dent recueil d’Otto Ganz égale­ment pub­lié aux Édi­tions du Cygne, Tech­nique du point d’aveugle se scan­de par la répéti­tion de « je vois ». Dans ce recueil, de la per­cep­tion la plus brute à la con­science éclairée, « voir » fait l’objet d’un savoir. Con­tin­uer la lec­ture

Le chant ininterrompu de Werner

Wern­er LAMBERSY, dessins de Lau­rence Skivée, Ball-trap, suivi de Je me suis fait un non, L’âne qui butine, 2017, 106 p., 22 €, ISBN : 978–2‑919712–14‑4 ; Hom­mage à Calder, Ed. Rhubarbe, 2017, 81 p., 8€, ISBN : 978–2‑374750–16‑3 ; Ici l’ombre (jour­nal de résis­tance), Cygne, 2017, 50 p., 10€, ISBN : 978–2‑84924–486‑9

lambersy hommage a calderOn pour­rait dire de Wern­er Lam­ber­sy que c’est un poly­graphe et ce serait extrême­ment réduc­teur. Ajouter peut-être qu’il est vir­tu­ose mais ça ne suf­fi­rait pas encore. Aus­si à l’aise dans la forme courte, le haïku, l’aphorisme, que dans le poème long, Wern­er nous sur­prend à chaque nou­velle pub­li­ca­tion. Car c’est bien à l’ensemble d’une œuvre impor­tante et pro­téi­forme qu’il con­vient de rat­tach­er ces recueils qui parais­sent simul­tané­ment. Il n’est donc pas éton­nant de trou­ver par­mi les trois phras­es d’exergue qui ouvrent son Hom­mage à Calder, celle de l’écrivain por­tu­gais Anto­nio Lobo Antunes : « Il faut sans cesse trou­ver une autre façon d’écrire pour exprimer ce qu’on veut vrai­ment dire ». Ce à quoi s’attelle Wern­er dans une œuvre où chaque nou­v­el opus vient con­solid­er encore un peu plus l’édifice dont l’une des pre­mières pier­res fut posée avec Maîtres et maisons de thé dès 1979. Con­tin­uer la lec­ture

« Je suis une mère de trois enfants qui écrit »

Mali­ka MADI, Mater­nité et lit­téra­ture. Créa­tion et pro­créa­tion, Édi­tions du Cygne, 2017, 140 p., 14€, ISBN : 978–2‑84924–482‑1.

madi maternite et litteratureC’est ain­si que Mali­ka Madi a décidé d’introduire son dernier livre Mater­nité et lit­téra­ture. Un ordre qui pré­vaut sur l’autre.  « Je n’ai pas pen­sé : je suis écrivain et mère de trois enfants », pour­suit-elle. Le sous-titre rétablit une sorte d’équilibre dans l’absolu : Créa­tion et pro­créa­tion. Un équili­bre que l’auteure va chercher à définir en alig­nant argu­ments et réfu­ta­tions de con­tre-argu­ments. Dans cette per­spec­tive, elle relate sa pro­pre expéri­ence de femme, mère et écrivain, embras­sant con­join­te­ment les trois domaines qu’elle explore en détail aux­quels elle ajoute son vécu de fille d’une immi­grée algéri­enne qui lui a trans­mis les valeurs de ses orig­ines kabyles, ses tra­di­tions mais aus­si son mal-être et ses prob­lèmes. Elle a écrit ce livre pour com­pren­dre qui elle est et dis­tinguer si pos­si­ble les pro­por­tions de l’un et l’autre de ses états. Con­tin­uer la lec­ture

Presque fin d’un monde à Dolores, Mexique

Maria de los Ange­les PRIETO MARIN, Racon­te-moi les pluies, Edi­tions du Cygne, 2016, 143 p.,15€   ISBN : 978–2849244500

prieto-marin

La jeune Char­lotte Janin débar­que d’un bus sur la Plaza May­or d’une petite ville mex­i­caine: « Oasis for­mée de cubes minia­tures et col­orés, qui grim­paient sur les collines entourant le cen­tre-ville », Dolores « por­tait bien son nom : ‘Douleurs’, petite ville asséchée sup­pli­ant dans la souf­france la pluie boudeuse ». La pénurie d’eau est totale : « 121 jours de sècher­esse. La munic­i­pal­ité ordonne des mesures de rationnement », lit-on dans le jour­nal.

Char­lotte vient enseign­er à l’Institut français avec l’intention de s’éloigner d’une famille arden­naise d’un catholi­cisme rigide. Alexan­dre Cra­cosky, le directeur de l’Institut, est cul­tivé, ambitieux et exalté : quadragé­naire pas­sion­né de sci­ences poli­tiques, il pro­fesse des idées cri­tiques sur l’ordre financier mon­di­al et pro­jette de devenir ambas­sadeur. Con­tin­uer la lec­ture

Réécrire l’amour

Primaëlle VERTENOEIL

botquin

C’est dans la col­lec­tion « Poésie fran­coph­o­ne » des édi­tions du Cygne que Jean Botquin vient de pub­li­er un recueil de poésie inti­t­ulé Les quartiers de lune pâle. Un recueil, qui de prime abord, peut sur­pren­dre. Quelles en sont les raisons ? Con­tin­uer la lec­ture