Pascal DURAND, Poésie pure et société au XIXe siècle, CNRS Éditions, 301 p., 25 €, ISBN : 978–2‑271‑1403‑8
« C’est que, littéraires ou professionnels de la chose littéraire, nous sommes tous, à divers degrés de conscience et de résistance, écrits par ce que nous lisons. »
Dans cet essai vivifiant, Poésie pure et société au XIXe siècle, Pascal Durand, professeur (ULg) et sociologue de la littérature et des médias, propose une approche sociologique de la poésie française des débuts du romantisme à la fin du symbolisme. Sont convoqués dans cet essai : les romantiques contre les formalistes ; Leconte de Lisle et ses partisans ; Théophile Gautier, les Parnassiens, Baudelaire, Jules Vallès, Mallarmé, Lautréamont, Laforgue,… Continuer la lecture
L’expression « leçon de chose » apparaît dans le vocabulaire pédagogique des dernières décennies du 19e siècle. Basée sur l’intuition, cette méthode met l’élève en contact avec un objet concret afin de mobiliser autant son intellect que ses sens ; elle met en connexion étroite les facultés de penser et de classer qu’étudiera plus tard Foucault… Elle fera florès auprès des instituteurs de la République, toujours friands d’innovations pour parfaire l’art de transmettre. 


On a souvent une vision réductrice et convenue du domaine de l’édition. Il évoluerait lentement, tel un bouchon de liège dérivant sur un étang ; son rythme suivrait, de loin en loin, celui des progrès techniques et des transformations économiques. Un livre serait toujours un livre : un auteur pour l’écrire, un éditeur pour le publier et des libraires (incarnés ou en ligne) pour le vendre. Si on ne peut ignorer la tempête du numérique, ne serait-elle pas limitée à rugir dans un verre d’eau ? Car l’édition utilise les outils informatiques depuis les années 1980. La lecture sur un support numérique n’est que la partie ultime et visible ; dès la conception du manuscrit, l’écrivain travaille déjà le plus souvent sur une version dématérialisée qu’il enverra à son éditeur… Tout ceci peut paraître un peu caricatural mais n’est pas très éloigné de ce que l’on croit savoir généralement de l’édition et de son histoire. Et, en ce qui concerne plus particulièrement l’édition belge francophone, pour certains elle n’a tout simplement jamais existé.
Jacques Dubois, professeur émérite à l’Université de Liège, homme de culture et de littérature, a réuni autour de lui une belle équipe de chercheur.e.s pour traverser, de Marcel Proust à Emmanuel Carrère, la littérature française des vingtième et (déjà) vingt-et-unième siècles autour d’un double thème, particulièrement fécond : l’érotique et le politique. Deux termes qu’on préférera à ceux du titre, Sexe et pouvoir, car si ceux-ci sont plus racoleurs (pornographiques), ils s’avèrent moins riches d’ouvertures, de dialectiques, de jeux, de possibilités romanesques (donc critiques).