Archives par étiquette : érotisme

Entre foutre et foudre, l’érotisme

Collectif Littérature et érotisme

Littérature et érotisme

Auteurs et autri­ces : Lau­rence Boudart, Michel Brix, Éric Brog­ni­et, Luc Del­lisse, Estelle Der­ouen, Palo­ma Her­mi­na Hidal­go, Yves Namur et Alexan­dre Saa­nen

Mai­son d’édition : Académie royale de langue et de lit­téra­ture français­es de Bel­gique

Année d’édition : 2026

Nom­bre de pages : 176

Prix : 18 €

Livre numérique : /

EAN : 9782803200962

Il y a bien à désir­er et à jouir dans le vol­ume Lit­téra­ture et éro­tisme, issu d’un col­loque tenu en décem­bre 2026 en notre Académie royale. Bien sûr, huit inter­ven­tions ne suf­firont guère à épuis­er un sujet à la fois ances­tral et si fécond, mais comme l’écrit d’emblée Yves Namur dans la pré­face de ces actes, « le point de vue choisi [porte sur] un champ d’investigations où l’écriture elle-même est à l’épreuve, où le style et les mots impor­tent ». « Approcher [le cor­pus de la lit­téra­ture éro­tique], remar­que en out­re Estelle Der­ouen, c’est inter­roger ce qu’il véhicule, ce qu’il incar­ne et ce qu’il sym­bol­ise, afin d’accéder à sa grande diver­sité formelle et thé­ma­tique ». Con­tin­uer la lec­ture

Célébration de la chair

Un coup de cœur du Car­net

Nathalie GASSEL, Éros androg­y­ne et autres textes, Pré­face de Pierre Bourgeade, Tail­lis Pré, 2024, 180 p., 19 €, ISBN : 9782874502200

gassel eros androgyne et autres textesOuvrir les pages étince­lantes, ver­tig­ineuses d’Éros androg­y­ne et autres textes, c’est s’abandonner à l’œuvre lit­téraire sans équiv­a­lent de Nathalie Gas­sel, sen­tir qu’en amont des mots elle pose l’équivalence entre l’écriture qui bande ses mus­cles et le corps jouis­sant. Mag­nifique­ment pré­facée par Pierre Bourgeade, la réédi­tion d’Éros androg­y­ne s’accompagne de textes inédits qui explorent les ter­ri­toires du désir, les ren­con­tres des corps, la mys­tique de l’écriture et du sexe. Con­tin­uer la lec­ture

Le désir est politique

Théophile BOURCASSI et Julie LOMBE, Tête-bêche, Bleu d’encre, 2023, 15 €, ISBN : 978–2‑930725–58‑1

bourcassi lombe tete becheTête-bêche, le recueil écrit à qua­tre mains par Théophile Bour­cas­si et Julie Lombe explore les ter­ri­toires du désir où se ren­con­trent ébats éro­tiques et extases de l’écriture. Placé sous l’enseigne de la posi­tion 69, il se livre en deux par­ties, envers et endroit, chaque lecteur emprun­tant libre­ment l’ordre de décou­verte. La mul­ti­pli­ca­tion des reg­istres de langue, la jux­ta­po­si­tion de textes en prose poé­tique, de poèmes coulés dans l’acrostiche, de plages slam­meuses où les rimes font l’amour délivrent une bal­lade éro­tique, un beat amoureux où les phras­es, chauf­fées à blanc, se tail­lent une place au sep­tième ciel. Par­fois, la danse graphique s’invite dans des textes qui miment les corps enlacés ou qui s’étoilent en un soleil, en une roue de sup­plices-délices. On songe aux ana­grammes d’Apollinaire, à son roman Les onze mille verges, on pense aux écrits de Hen­ry Miller et d’Anaïs Nin, aux som­mets éro­tiques de la prose ciselée par Serge Gains­bourg, on recueille et on com­pare les échos des mêmes scènes tran­scrites par Théophile Bour­cas­si et Julie Lombe. Le verbe claque, mordille, lèche, gicle, cop­ule, met le feu aux pages. Pas de faux-sem­blant, pas de ruse mais une invi­ta­tion à se promen­er dans un palais des fan­tasmes, dans des jeux de langue, dans les sor­tilèges de la baise. Les piments et scé­nar­ios BDSM s’invitent, l’écriture est éminem­ment physique, sen­sorielle, entre cru­dité et onirisme. Con­tin­uer la lec­ture

L’amour selon Libens

Chris­t­ian LIBENS, Sève de femmes, Weyrich, 2020, 128 p., 13 €, ISBN : 9782874895883

La pein­ture de nus féminins, signée Geneviève Van Der Wie­len, en cou­ver­ture du recueil de nou­velles de Chris­t­ian Libens, Sève de femmes, ain­si que son titre, pour­raient le ranger dans la caté­gorie des erot­i­ca. Ce qu’il est mais pour par­tie seule­ment. Il fait d’ailleurs écho à un autre titre, Amours crues, pub­lié au Grand Miroir en 2009, dont le présent recueil reprend trois textes aux ver­sions remaniées et défini­tives. Con­tin­uer la lec­ture

« L’amour physique est sans issue… »

Lil­iane SCHRAÛWEN, Exquis­es petites morts, M.E.O., 2020, 148 p., 15 €, ISBN : 978–2‑8070–0239‑5

Fris­sons nerveux, étour­disse­ments, syn­cope. Tels étaient les man­i­fes­ta­tions du mal appelé « petite mort » à l’époque d’Ambroise Paré. Celle-ci don­nait en quelque sorte un aperçu de l’absence totale dans laque­lle plonge la « grande », elle défini­tive (du moins, offi­cielle­ment). Cette dis­jonc­tion neu­ronale a par la suite été pénétrée par le lan­gage éro­tique pour n’envelopper que la rup­ture de con­science, le hia­tus de con­trôle, l’électricité dis­rup­tive qu’est l’orgasme. Con­tin­uer la lec­ture

Au-delà de l’érotisme

Arnaud DELCORTE, Tjukur­rpa, Pein­tures de Kevens Pre­varis, Éran­this, 2019, 134 p., 20 €, ISBN : 978–2‑87483–019‑8

“Tjukur­rpa” est un mot de la langue anan­gu, pro­pre à un peu­ple aborigène d’Aus­tralie. Il sig­ni­fie “le temps du rêve”, cette ère mythique totale­ment éthérée qui a précédé la créa­tion de la Terre, mais con­tin­ue de coex­is­ter dis­crète­ment avec le monde tan­gi­ble. Utilis­er comme titre d’un recueil poé­tique ce mot exo­tique – qui revien­dra une seule fois, en fin de vol­ume – n’est pas un geste super­fi­ciel. C’est sug­gér­er d’emblée l’ex­is­tence d’une “qua­trième dimen­sion”, de nature à la fois cos­mogo­nique et spir­ituelle, sans toute­fois que l’au­teur juge néces­saire d’en men­er davan­tage l’ex­plo­ration. Au fil des pages, il accorde en effet une plus grande place aux orig­ines du boud­dhisme, à tra­vers le per­son­nage de Shakya­mu­ni, « fils aîné du soleil et havre de sagesse », égale­ment qual­i­fié de « Tathâ­ga­ta », et auquel suc­cèdera un jour Maitreya ; un autre poème men­tionne l’éru­dit-tra­duc­teur Kumâra­jî­va, patri­arche de l’é­cole des Trois Traités, qui influ­ença forte­ment le boud­dhisme chi­nois… Troisième grande référence spir­ituelle d’Ar­naud Del­corte : l’épopée de Gil­gamesh dans la Mésopotamie antique, où appa­rais­sent son ami Enkidu, Soumouqân, dieu des trou­peaux et des bêtes sauvages, mais aus­si la déesse Arourou, géni­trice de Gil­gamesh. Con­tin­uer la lec­ture

Érotiquement correct

Car­o­line LAMARCHE et Nathalie AMAND, Papi­er-col­lants, La pierre d’alun, coll. « La petite pierre », 2018, 64 p., 15 €, ISBN : 978–2‑87429–107‑4

Au nichon, par­don, au sein du poli­tique­ment incor­rect, il y a l’érotisme. Un genre soi-dis­ant désuet, à la fois con­fus et dif­fus, c’est-à-dire com­plexe et donc incom­pat­i­ble avec notre mod­erne époque des #MeToo et #Bal­ance­Ton­Porc. Nous viv­o­tons dans une péri­ode manichéenne où la pudi­bon­derie et la pornogra­phie échangent plus aisé­ment sur les tour­nantes sodomites ou sur la théorie des gen­res plutôt que — trop sim­ple­ment — sur les corps. Péri­ode de vach­es mai­gres pour l’érotisme ? Mort aux vach­es quand même !


Lire aus­si : “Lit­téra­ture & éro­tisme”, numéro thé­ma­tique du Car­net


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Un inventaire coloré

Col­ine MAURET, L’Origine du monde. Nou­velles éro­tiques, Brux­elles, ONLiT, 2016, 66 p., 10 €/ePub : 4.99 €

mauretCertes, on en voit de toutes les couleurs en lisant le recueil de nou­velles de Col­ine Mau­ret, L’origine du monde. Un ouvrage qui ne cache pas ses inten­tions puisqu’il fait, dès son titre, explicite­ment référence au tableau de Courbet, une com­mande privée du diplo­mate tur­co-égyp­tien Khalil-Bey, que tous peu­vent voir aujourd’hui au Musée d’Orsay à Paris. Le sous-titre éclaire mieux encore ceux qui n’auraient pas com­pris l’allusion pre­mière. Con­tin­uer la lec­ture

Les noces d’Eros et de Polis


Jacques DUBOIS (dir.), Sexe et pou­voir dans la prose française con­tem­po­raine, Press­es uni­ver­si­taires de Liège, coll. « Sit­u­a­tions », 224 p., 24,30 €

cfdJacques Dubois, pro­fesseur émérite à l’Université de Liège, homme de cul­ture et de lit­téra­ture, a réu­ni autour de lui une belle équipe de chercheur.e.s pour tra­vers­er, de Mar­cel Proust à Emmanuel Car­rère, la lit­téra­ture française des vingtième et (déjà) vingt-et-unième siè­cles autour d’un dou­ble thème, par­ti­c­ulière­ment fécond : l’érotique et le poli­tique. Deux ter­mes qu’on préfér­era à ceux du titre, Sexe et pou­voir, car si ceux-ci sont plus racoleurs (pornographiques), ils s’avèrent moins rich­es d’ouvertures, de dialec­tiques, de jeux, de pos­si­bil­ités romanesques (donc cri­tiques). Con­tin­uer la lec­ture

Le printemps en automne

Samia HAMMAMI

wilwerthRegardez autour de vous. Le vert ten­dre et intense, le blanc écla­tant et déli­cat ; le jaune inso­lent et irra­di­ant, le rose pas­tel et élé­gant : le print­emps est de retour ! La sève, flu­ide bien qu’épaisse, gorge les plantes, per­le des troncs, revig­ore les tiges. Les bour­geons, petits bou­tons de vie en désor­dre, s’épanouissent en fleurs. La lumière reprend ses droits : elle se déverse, impéri­ale, par flots de rayons ; elle se dif­fuse, tamisée, à tra­vers les nuages et les bran­chages. Les pépiements, gazouille­ments et autres piaille­ments joyeux ravis­sent les oreilles. Les peaux endormies se dégour­dis­sent sous la caresse du soleil ou le frémisse­ment d’une brise fraîche et piquante. Les corps se dévoilent, s’offrent, pal­pi­tent. Envol des sens. Tout comme ce same­di 20 sep­tem­bre, une journée étrange­ment print­anière dans ses effluves et ses effets. Con­tin­uer la lec­ture