Archives par étiquette : érotisme

Érotiquement correct

Caroline LAMARCHE et Nathalie AMAND, Papier-collants, La pierre d’alun, coll. « La petite pierre », 2018, 64 p., 15 €, ISBN : 978-2-87429-107-4

Au nichon, pardon, au sein du politiquement incorrect, il y a l’érotisme. Un genre soi-disant désuet, à la fois confus et diffus, c’est-à-dire complexe et donc incompatible avec notre moderne époque des #MeToo et #BalanceTonPorc. Nous vivotons dans une période manichéenne où la pudibonderie et la pornographie échangent plus aisément sur les tournantes sodomites ou sur la théorie des genres plutôt que — trop simplement — sur les corps. Période de vaches maigres pour l’érotisme ? Mort aux vaches quand même !


Lire aussi : « Littérature & érotisme », numéro thématique du Carnet


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Un inventaire coloré

Coline MAURET, L’Origine du monde. Nouvelles érotiques, Bruxelles, ONLiT, 2016, 66 p., 10 €/ePub : 4.99 €

mauretCertes, on en voit de toutes les couleurs en lisant le recueil de nouvelles de Coline Mauret, L’origine du monde. Un ouvrage qui ne cache pas ses intentions puisqu’il fait, dès son titre, explicitement référence au tableau de Courbet, une commande privée du diplomate turco-égyptien Khalil-Bey, que tous peuvent voir aujourd’hui au Musée d’Orsay à Paris. Le sous-titre éclaire mieux encore ceux qui n’auraient pas compris l’allusion première. Continuer la lecture

Les noces d’Eros et de Polis


Jacques DUBOIS (dir.), Sexe et pouvoir dans la prose française contemporaine, Presses universitaires de Liège, coll. « Situations », 224 p., 24,30 €

cfdJacques Dubois, professeur émérite à l’Université de Liège, homme de culture et de littérature, a réuni autour de lui une belle équipe de chercheur.e.s pour traverser, de Marcel Proust à Emmanuel Carrère, la littérature française des vingtième et (déjà) vingt-et-unième siècles autour d’un double thème, particulièrement fécond : l’érotique et le politique. Deux termes qu’on préférera à ceux du titre, Sexe et pouvoir, car si ceux-ci sont plus racoleurs (pornographiques), ils s’avèrent moins riches d’ouvertures, de dialectiques, de jeux, de possibilités romanesques (donc critiques). Continuer la lecture