Archives par étiquette : Rivages

Comment l’absurde s’invite au quotidien

Bernard QUIRINY, Nou­velles noc­turnes, Rivages, 2025, 224 p., 19,50 €, ISBN : 978–2‑7436–6618‑7

quiriny nouvelles nocturnesDans les his­toires par­fois fort brèves qui con­stituent ces Nou­velles noc­turnes, Bernard Quiriny prend appui sur notre quo­ti­di­en le plus banal. Au départ, pas de sit­u­a­tions étranges, une banal­ité assumée. Mais par un détail presque insignifi­ant, il impose un change­ment apparem­ment tou­jours ténu. Pro­posant alors un développe­ment qui a toutes les apparences de la logique, l’auteur amène cepen­dant à une sit­u­a­tion où l’absurde règne en maitre. Les évi­dences vac­il­lent et l’on entre dans une sit­u­a­tion invraisem­blable, qui a pour­tant tou­jours l’air si cohérente. Une sit­u­a­tion à laque­lle les per­son­nages s’adaptent et dont ils tirent par­fois prof­it. Comme dans « Dén­i­gre­ment », où un voyageur décou­vre une ville dont le rap­port au monde est fait d’autodénigrement. Les plus belles réus­sites y sont les plus déval­orisées. Le voyageur com­prend vite que s’il veut être accep­té il doit adhér­er à cet état d’esprit ; il est alors grande­ment appré­cié. Et au plus il est cri­tique, au plus il a des chances de se voir offrir une bois­son qui sera excel­lente puisque tant dén­i­grée. Con­tin­uer la lec­ture

Seul sur Mars

Un coup de cœur du Car­net

Gil BARTHOLEYNS, L’oc­cu­pa­tion du ciel, Pay­ot & Rivages, coll. « Rivages/Imaginaire », 2024, 260 p., 21 € / ePub : 15,99 €, ISBN : 9782743662424

bartholeyns l'occupation du cielAprès Deux kilos deux en 2019, Gil Bart­ho­leyns revient à la fic­tion et signe, avec L’oc­cu­pa­tion du ciel, une remar­quable entrée des plumes fran­coph­o­nes dans la jeune col­lec­tion Rivages/Imaginaire. Ori­en­tée vers les fic­tions aux accents prospec­tivistes, la col­lec­tion vise à pro­mou­voir les regards sin­guliers sur le futur de l’hu­man­ité. Elle appa­raît ain­si tout indiquée pour accueil­lir ce roman d’an­tic­i­pa­tion par­ti­c­ulière­ment mar­quant où se mêlent avec une par­faite maîtrise drame intime et tech­no-thriller hale­tant. Con­tin­uer la lec­ture

« Le Baron, vraiment, ne plaisantait pas avec les plaisanteries »

Un coup de cœur du Car­net

Bernard QUIRINY, Por­trait du baron d’Handrax, Rivages, 2022, 176 p., 17 € / ePub : 12,99 €, ISBN : 9782743654993
Archibald d’HANDRAX, Car­nets secrets, Rivages poche, 2022, 176 p., 7 € / ePub : 6,99 €, ISBN : 9782743655051

quiriny portrait du baron d handraxQuand on ouvre un livre de Quiriny, on entre, à la suite de ses per­son­nages, dans un monde à part. Par­fois, ce monde clos est joyeuse­ment cauchemardesque ; par­fois c’est un délice hors du temps.

Bernard Quiriny entame son Por­trait du baron d’Handrax dans le ton de son Mon­sieur Spleen. Il a à cœur de nous par­ler d’un cer­tain « Hen­ri Mouquin d’Handrax (1896 – 1960) : pein­tre mineur, oublié de nos jours », c’est-à-dire dis­cret, loin des feux de la rampe, tout à fait étranger à la vul­gar­ité de la mode. Ce pein­tre, Bernard, le nar­ra­teur, s’en « entiche par hasard », va dis­traite­ment vis­iter le petit vil­lage de l’Allier dont il est orig­i­naire, décou­vre un musée, apprend qu’on y cherche un sec­ond gar­di­en. « Ain­si com­mença ma nou­velle vie », nous con­fie-t-il avec détache­ment. Il ren­con­tre assez vite le per­son­nage haut en couleur du lieu : le Baron Archibald d’Handrax, petit-neveu du pein­tre, qui devien­dra son ami et le sujet du livre. Con­tin­uer la lec­ture

Tout l’art du dérapage contrôlé

Un coup de cœur du Car­net

Bernard QUIRINY, Vies con­ju­gales, Rivages, 2019, 217 p., 18.50 €, ISBN : 978–2‑7436–4738‑4

En moins d’une quin­zaine d’années, Bernard Quiriny s’est tail­lé une place envi­able dans le monde des let­tres belges fran­coph­o­nes, comme en témoignent les nom­breux prix qui lui ont été décernés et l’accueil chaleureux réservé à ses œuvres. Il n’a pour­tant pas choisi la facil­ité, lui qui pra­tique volon­tiers le genre de la nou­velle (son recueil Con­tes car­ni­vores a obtenu le Prix Rossel en 2008) en alter­nance avec celui, plus courant, du roman. Con­tin­uer la lec­ture

L’autogestion de la vie affinée

Raoul VANEIGEM, Con­tri­bu­tion à l’émergence de ter­ri­toires libérés de l’emprise éta­tique et marchande. Réflex­ion sur l’autogestion de la vie quo­ti­di­enne, Bib­lio­thèque Rivages, 2018, 185 p., 15.90 € / ePub : 10.99 €, ISBN : 978–2‑7436–4536‑6

L’effondrement des valeurs anci­ennes – patri­ar­cat, autorité, dis­ci­pline mil­i­taire, célébra­tion du sac­ri­fice — a per­mis que se dégage de la nuit et du brouil­lard sus­cités par leur chute une revivis­cence de ces aspi­ra­tions humaines que les assauts de la bar­barie n’ont jamais entamées durable­ment : sol­i­dar­ité, entraide, alliance avec la nature, autonomie, gyno­cen­trisme. 

Voici un demi-siè­cle, le Traité du savoir-vivre à l’usage des jeunes généra­tions (Folio éd.) de Raoul Vaneigem en même temps que La société du spec­ta­cle (Folio éd.) de Guy Debord mar­quaient l’irruption fra­cas­sante du sit­u­a­tion­nisme dans la pen­sée con­tem­po­raine. À la fois rad­i­cales (ant­i­cap­i­tal­istes et anti­com­mu­nistes), pré­moni­toires (de Mai 68), banal­isées (et impuis­santes : la dénon­ci­a­tion de la « société du spec­ta­cle » est dev­enue un pon­cif de toute déc­la­ra­tion « cul­turelle », mais qu’un Jacques Ran­cière per­met de dépass­er), cri­tiquées (même par un Claude Lefort : « parade », « pas­sion du mot d’ordre », « logique de l’affect » égale à celle « du con­cept ») et pour­tant intactes, ces pub­li­ca­tions peu­vent-elles devenir un événe­ment pour une pen­sée (in)actuelle ? Con­tin­uer la lec­ture

Un prix pour Bernard Quiriny

Bernard Quiriny

Bernard Quiriny ©Julien FAURE/Leextra

L’île aux livres, salon du livre de l’île de Ré, a créé cette année un nou­veau prix lit­téraire : le prix L’Île aux livres/Palais-Roy­al vient de naître. C’est un auteur belge, Bernard Quiriny, qui rem­porte cette pre­mière édi­tion. Son prix lui sera remis lors du salon du livre. Con­tin­uer la lec­ture

Laisse pas béton

Un coup de cœur du Carnet

Bernard QUIRINY, L’affaire May­er­ling, Rivages, 2018, 271 p., 20 € / ePub : 14.99 €, ISBN : 978–2‑7436–4228‑0

Quiriny_L'Affaire Mayerling_couv« Je rêve d’une sub­ver­sion général­isée, d’une révo­lu­tion uni­verselle con­tre le béton. » Cette affir­ma­tion de Braque, un des pro­tag­o­nistes du roman, « sen­si­ble à la laideur du monde, et à la beauté des destruc­tions », résume le pro­pos de Bernard Quiriny : le béton, com­pris comme l’archétype des moyens de con­struc­tions mod­ernes, défig­ure le paysage urbain à tel point qu’on peut, plus ou moins raisonnable­ment, lui prêter des inten­tions malveil­lantes. Le roman est une dénon­ci­a­tion de l’architecture et de l’urbanisme con­tem­po­rains ain­si qu’une réflex­ion sur le rap­port des humains à leur habi­tat. Con­tin­uer la lec­ture

Faire sa fête à la fiction

Un coup de coeur du Carnet

Bernard QUIRINY, His­toires assas­sines, Paris, Rivages, 2015, 240 p., 18 €/ePub : 12,99 €

quiriny_marchalC’est un Quiriny sacré­ment en forme qui revient à la nou­velle, le for­mat qui l’a fait con­naître, et qui lui réus­sit si bien – même s’il est presque aus­si juste de dire que Bernard Quiriny réus­sit bien à la nou­velle. Con­tin­uer la lec­ture