Désiré-Joseph d’ORBAIX, Le don du Maître, Préface de Renaud Denuit, Samsa, 2019, 222 p., 18 €, ISBN : 978–2‑87593–264‑8
S’il y a en France une tradition littéraire pour évoquer les « Hussards noirs » – expression forgée par Charles Péguy dans L’argent et dans son retentissant pamphlet De Jean Coste –, on en retrouve également une dans les lettres belges, même si l’approche des instituteurs y est a priori moins polémique et politique. Pensons par exemple à l’étonnant Crânes tondus (1930) de Constant Burniaux, galerie de cancres, de naïfs, de malicieux, de rêveurs du dernier rang, croqués par le regard à la fois narquois et bienveillant d’un narrateur qui n’est autre que leur Maître. Continuer la lecture


Le récit de Marie Colot commence en force car nous débarquons dans un commissariat de police où le héros, Jozef (15 ans), est menotté à un radiateur, faute de cellule vide. Ça n’est pas la première fois qu’il se retrouve dans cet endroit : il est devenu spécialiste du vol à l’arrachée et à l’étalage, il doit toutefois encore s’améliorer dans les braquages si l’on en croit son passage par la case police… 
Pourquoi le whisky goûté par Liam, jeune apprenti de la distillerie Dandarach sur l’île écossaise d’Ardoran avait-il ce goût étrange de linge sale, de transpiration et de cuivre ? Normal : vérification faite, le gâte-sauce est un cadavre racrapoté qui marine dans le tonneau. Celui d’un étranger qui pourtant ne doit pas être un vagabond puisque son poignet arbore une Rolex, promulguée naguère symbole de réussite par un pape autoproclamé de la sainte Publicité. Vu de plus près, il apparait que l’homme ne s’est pas immergé pour vérifier le principe d’Archimède applicable à tout corps plongé dans un liquide et qu’il n’est pas mort non plus d’une overdose de ce whisky haut de gamme, mais bien d’une balle de fusil qui l’a tué aussi sec. 
Un texte que nous republions aujourd’hui, en hommage à l’écrivain et figure des Lettres belges 
Cent jours sans Lily : dès le titre, Aliénor Debrocq annonce la couleur. Elle ne cessera de le faire au cours de son nouveau roman, hors normes, qui séduira les lecteurs et lectrices, dont je suis, qu’interpellent les démarches littéraires aux constructions narratives inédites. Journaliste et professeure de littérature contemporaine, l’autrice y établit un pacte d’écriture — et donc de lecture — avec son lectorat. 
Rarement les sortilèges du verbe se font sentir avec une telle fulgurance, une telle intensité à l’occasion d’un premier recueil. Premier ouvrage publié par Louis Adran né en 1984 à Beyrouth, le recueil poétique Cinq lèvres couchées noires délivre une sidérante puissance. Entre récit placé sous le signe du mystère et magie d’une langue réinventant ses lois, le recueil campe l’errance d’un groupe de soldats jetés sur les routes des villes, des campagnes, d’une guerre dont l’auteur tait la teneur.
Cela commence comme l’histoire du monde, dans un jardin.
Les années 2010 se sont achevées le 31 décembre dernier. Les chroniqueurs et chroniqueuses du Carnet et les Instants reviennent sur cette décennie littéraire et vous proposent leurs sélections du meilleur des années 2010. À partir d’aujourd’hui, retrouvez chaque samedi et dimanche sur notre blog le Top 10 de l’un de nos chroniqueurs.