
Judas est de retour. Apparu assez tôt dans les écrits de l’auteur (un recueil de nouvelles paru en 2006 porte le prénom en titre), il est le double manifeste de Juan sans que la limite entre le vrai et le faux soit tracée, mais quelle importance ? Judas côté jardin, paru chez Onlit en 2020 (prix Marcel Thiry), en retraçait les années d’enfance, de 2 à 12 ans, soulignant les faits marquants avec la verve et l’humour qui font la marque de fabrique de Juan d’Oultremont. Avec Judas sur l’escalator, nous le retrouvons avec ses parents dans le grand jardin d’Eden et l’auteur reprend l’exercice là où il l’a laissé pour passer en revue son adolescence qu’il situe entre 15 et 30 ans. Si elle est si longue, c’est que Joke, la trentenaire fringante qui le dépucèle par surprise, en a décidé ainsi, lui prédisant une longue période de transition au cours de laquelle il ne se passera rien. Prédiction que Judas s’empressera de confirmer en entretenant soigneusement ses névroses et en veillant à ne rien finaliser vraiment. Ainsi en est-il de ses études, de ses amours, de son parcours d’artiste. Tout l’art est d’entretenir l’illusion, de se construite une image, de « faire l’artiste sans faire de l’art », de faire parler de soi et de construire pas à pas sa propre mythification. Et tant mieux si de sombres idiots se prennent au jeu et sont prêts à débourser une somme faramineuse pour l’imperméable fantaisie de sa grand-mère … Cela laissera à Judas tout le temps de se passionner pour le mouvement de l’escalator du centre commercial que l’on vient d’inaugurer près de chez lui, d’étoffer ses collections d’objets futiles et de ressasser ses obsessions. Parmi celles-ci, les tueries du Brabant wallon occupent une place de choix car elles lui ont valu de connaitre son heure de gloire lorsqu’il a été donné pour mort dans la presse alors qu’il faisait le mort parmi les victimes. Continuer la lecture
Ker a, depuis quelques années, pris l’habitude, à chaque rentrée littéraire, de sortir trois recueils titrés Belgiques. Cette année, Juan d’Oultremont, fait partie des élus et nous livre 10 nouvelles dont 7 sont inédites.

Cela commence comme l’histoire du monde, dans un jardin.
Les finalistes du Prix Rossel 2015 sont connus. Le Prix récompense chaque année un roman ou recueil de nouvelles d’un auteur belge francophone.
Recycler discrètement ses obsessions personnelles, n’est-ce pas l’un des enjeux de l’écriture romanesque ? Question que se pose le lecteur à la lecture de Compte à rebours, curieux roman épistolaire de l’artiste touche à tout Juan d’Oultremont. Une visite sur l’étonnant