L’Académie dévoile les lauréats de ses prix littéraires

L’A­cadémie royale de langue et lit­téra­ture français­es de Bel­gique a dévoilé le nom des lau­réats de ses prix lit­téraires 2020.

Pour cette nou­velle édi­tion, l’A­cadémie a procédé à une refonte de ses prix lit­téraires, qui en lim­ite le nom­bre et clar­i­fie leurs inti­t­ulés. Les final­istes avaient été annon­cés à l’au­tomne 2020. Les lau­réats sont désor­mais con­nus.

Prix Nessim Habif

milan kundera

Milan Kun­dera

Prix bien­nal doté de 3000 €, le prix Nes­sim Habif récom­pense une œuvre écrite en langue française par un écrivain qui n’est pas Français d’origine.

Le prix récom­pense Milan Kun­dera, écrivain tchèque né en 1929, pour l’ensemble de son œuvre.

Le mot de Pierre Mertens, président du jury du prix Nessim Habif : 

Nous savions, dès la tra­duc­tion en français de son pre­mier roman La plaisan­terie, en 1968, que se pro­fi­lait un grand écrivain européen. En butte aux per­sé­cu­tions idéologiques du régime en place dans son pays, il prend le chemin de l’exil en 1975, à l’invitation de la France, et se nat­u­ralise en 1981.

Après la pub­li­ca­tion et la tra­duc­tion en français de quelques livres majeurs,Le rire et l’oubli, Un Occi­dent kid­nap­pé, L’insoutenable légèreté de l’être — dont il revoit sys­té­ma­tique­ment la tra­duc­tion — il écrira désor­mais directe­ment dans cette langue ses œuvres ultérieures à par­tir deLa lenteur (1995). L’œuvre entre tri­om­phale­ment dans la col­lec­tion de La Pléi­ade.

Il vient de recou­vr­er la nation­al­ité tché­coslo­vaque, mais c’est un écrivain de langue française qu’il est lois­i­ble d’honorer doré­na­vant. Et l’un des plus impor­tants d’aujourd’hui.

Con­traint par l’Histoire d’écrire son œuvre dans deux langues dif­férentes, le français lui fut offert comme une arme pour com­bat­tre l’obscurantisme idéologique du régime qui se pré­parait à le per­sé­cuter. For­cé de s’illustrer dans cette option, elle lui aura per­mis de faire rebondir son œuvre, la calamité de l’exilé devenant ain­si une oppor­tu­nité. Seuls de malveil­lants détracteurs se sont exténués à pré­ten­dre que son génie s’était appau­vri en rai­son de cette muta­tion. Alors que celle-ci lui a, au rebours, sans doute, per­mis d’y puis­er un sec­ond souf­fle. Et de faire d’un écrivain de l’Est un créa­teur dou­ble­ment européen.

Milan Kun­dera a été préféré aux qua­tre autres final­istes : In Koli Jean Bofane, Fatou Diome, Ryoko Sekiguchi et Lyonel Trouil­lot.

Grand prix du Roman 

malandrin je suis le fils de beethoven

Récom­pense annuelle dotée de 1.500 €, le grand prix du Roman couronne un auteur belge, pour un ouvrage (roman, nou­velles, fic­tions en prose, etc.) pub­lié durant l’année.

Le prix récom­pense cette année Stéphane Malan­drin pour Je suis le fils de Beethoven (Seuil, 2020). Le livre était aus­si final­iste du prix Rossel.

Le deux­ième roman de Stéphane Malan­drin a été préféré aux qua­tre autres final­istes :

La liste des cinq livres retenus par l’A­cadémie présen­tait beau­coup de simil­i­tudes avec celle des final­istes du prix Rossel : Cather­ine Bar­reau, Stéphane Malan­drin et Juan d’Oul­tremont fig­u­raient dans les sélec­tions. Les deux jurys ont toute­fois opté pour des lau­réats dif­férents : c’est Cather­ine Bar­reau qui a rem­porté le prix Rossel. Juan d’Oul­tremont n’est pas un oublié des pal­marès non plus, puisqu’il a rem­porté le prix Mar­cel Thiry.

Grand prix de Poésie

christian hubin l'in-temps

Prix annuel doté de 1500 €, le grand prix de Poésie est attribué pour l’ensemble d’une œuvre ou un recueil remar­quable d’un poète belge.

Il couronne cette année Chris­t­ian Hubin pour le recueil L’in-temps (L’étoile des lim­ites, 2020) et l’ensemble de son œuvre.

Les qua­tre autres final­istes étaient :

Grand prix de l’Essai 

longneaux finitude solitude incertitude

Prix annuel doté de 1500 €, le grand prix de l’Essai récom­pense un livre dans les domaines de la philoso­phie, l’histoire, la soci­olo­gie, la spir­i­tu­al­ité, la reli­gion… à l’exclusion de la cri­tique lit­téraire, l’histoire de la lit­téra­ture, la lin­guis­tique et la philolo­gie qui font l’objet de prix dis­tincts. Le prix est par­ti­c­ulière­ment atten­tif à la réflex­ion et à l’écriture.

Le grand prix de l’Es­sai va à Jean-Michel Longneaux pour Fini­tude, soli­tude, incer­ti­tude, Philoso­phie du deuil (Press­es uni­ver­si­taires de France).

Jean-Michel Longneaux a été préféré aux trois autres final­istes :

  • Vin­cent Engel, Le désir de mémoire, Con­tre linstru­men­tal­i­sa­tion de la mémoire de la Shoah, Khar­ta­la
  • Jean-Claude Mas­son, Le sep­tième sceau de Ray­mond Lulle, Gara­mond
  • Adolphe Nysen­holc, Char­lie Chap­lin. Le Rêve, Didi­er Dev­illez

Grand prix des Arts du spectacle

stanislas cotton mes papas l'ogre et moi Lansman éditions

Ce prix annuel doté de 1.500 € récom­pense une oeu­vre théâ­trale, mais aus­si éventuelle­ment un scé­nario de ciné­ma ou de télévi­sion, un seul en scène, etc.

Le prix récom­pense Stanis­las Cot­ton pour sa pièce Mes papas, l’o­gre et moipub­liée chez Lans­man, déjà lau­réate du prix Annick Lans­man, et pour l’ensemble de son œuvre.

Les qua­tre autres final­istes étaient :

  • Thier­ry Debroux, Notre D®ame, Lans­man
  • Régis Duqué, John Mal­one, Lans­man
  • Pamela Ghis­lain, Anna, Lans­man
  • Vin­cent Mar­ganne, Muzun­gu!, Lans­man

Prix André Gascht, prix de la critique 

Le prix André Gascht, bien­nal, récom­pense un‑e cri­tique. Il est doté de 1000 €.

Il récom­pense cette année Jacques Franck.

Le cri­tique a été préféré aux qua­tre autres final­istes :

Grand prix de Linguistique et de Philologie

buridant grammaire du français médiéval

Doté de 1.500 €, le grand prix de Lin­guis­tique et de Philolo­gie récom­pense l’au­teur belge ou étranger écrivant en langue française, d’un essai. Ce prix est réservé à la lin­guis­tique en tant que théorie du lan­gage, et à la philolo­gie comme étude de la langue, analyse de textes lit­téraires, etc. 

Le prix récom­pense Claude Buri­dant pour son ouvrage Gram­maire du français médié­val (XIe –XIVe siè­cles) (Société de lin­guis­tique romane / Edi­tions de lin­guis­tique et de philolo­gie).

Prix Découverte

adran cinq levres couchees noires

Annuel, le prix Décou­verte est récom­pen­sé par une œuvre d’un artiste con­tem­po­rain. Il couronne une œuvre lit­téraire (prin­ci­pale­ment la poésie, mais égale­ment le roman, le théâtre…) d’un auteur, pri­or­i­taire­ment âgé de moins de 40 ans. Ce prix peut être attribué sur man­u­scrit.

Le prix va cette année à Louis Adran pour Cinq lèvres couchées noires (Cheyne, 2020).

Les autres final­istes étaient :

  • Pamela Ghis­lain, Anna, Lans­man (théâtre)
  • Jérémy Lam­bert, Le verg­er fou, inédit (poésie)