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Van Loo in Vlaanderen

Alain BERENBOOM, Le coucou de Malines. Une enquête de Michel Van Loo, détec­tive privé, Genèse, 2024, 256 p., 22,50 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 978–2‑3820104–02

berenboom le coucou de malinesEn 1957, la Sec­onde Guerre est encore proche et les blessures que le con­flit a provo­quées au sein de la société belge sont loin d’être cica­trisées, prin­ci­pale­ment en Flan­dre. Pour cette enquête Michel Van Loo va franchir cette lim­ite si impor­tante qu’est la fron­tière lin­guis­tique. Car c’est à Malines que Diego Bloemkool le charge de fil­er Gertrude De Vijver. Très vite celui-ci lui retire l’enquête (sans le pay­er). Van Loo va néan­moins ten­ter d’entrer en con­tact avec la jeune femme… qu’il trou­ve assas­s­inée.   

Dans Le coucou de Malines, sep­tième roman met­tant en scène Van Loo, Alain Beren­boom reprend le principe qui car­ac­térise la série : chaque livre est l’occasion d’illustrer une des prob­lé­ma­tiques de l’histoire de la Bel­gique de la fin des années 1940 et des années 1950. Con­tin­uer la lec­ture

De la littérature comme miroir

Un coup de cœur du Car­net

Daniel CHARNEUX, Claude DURAY, Léon FOURMANOIT, Pierre Huber­mont (1903–1989) : écrivain pro­lé­tarien, de l’ascension à la chute, M.E.O., 2021, 232 p., 18 € / ePub : 11.99 €, ISBN : 978–2‑8070–0280‑7

charneux et alii pierre hubermontLa lit­téra­ture pro­lé­tari­enne belge a peut-être été moins scrutée que celle des écrivains région­al­istes. La ques­tion de la col­lab­o­ra­tion cul­turelle durant la Sec­onde guerre mon­di­ale n’a que rarement fait l’objet d’une vul­gar­i­sa­tion ; des études, des mémoires, des ouvrages uni­ver­si­taires lui ont été con­sacrée : les auteurs du présent vol­ume en men­tion­nent quelques-uns. L’épuration des écrivains ayant col­laboré avec l’occupant n’a pas don­né lieu à un débat pub­lic reten­tis­sant et à des con­damna­tions fra­cas­santes comme ce fut le cas en France. Un cer­tain nom­bre d’écrivains aujourd’hui con­nus passèrent entre les mailles d’un filet insti­tu­tion­nel et judi­ci­aire somme toute assez com­plaisant. Cer­tains s’exilèrent. D’autres furent con­damnés à mort ou à des peines de prison. Con­tin­uer la lec­ture

Dans les pas d’André Sempoux

André SEMPOUX, Dévo­ra­tion et Torqua­to, Lec­tures par Ginette Michaux, Sablon, 2020, 206 p., 13 €, ISBN : 978–2‑931112–04‑5

Dou­ble réédi­tion bien­v­enue de deux textes du poète et romanci­er André Sem­poux qui nous a quit­tés voici un an et demi : Dévo­ra­tion et Torqua­to… Si les deux romans procè­dent d’une époque et d’une inspi­ra­tion bien dif­férentes, un élé­ment com­mun pour­rait les reli­er : l’empreinte majus­cule et pos­si­ble­ment cas­tra­trice du père sur la des­tinée du fils. Dans Dévo­ra­tion, au cours d’un voy­age et au fil de deux let­tres adressées à son amant, un homme, tout en évo­quant leurs sou­venirs, lui révèle enfin ce que fut le poids sur sa vie, comme sur leur vie com­mune, d’un secret tou­jours bien gardé en lui. Celui d’un père col­lab­o­ra­teur des nazis durant la Sec­onde Guerre et promis à un poste min­istériel dont la Libéra­tion devait for­cé­ment l’éloigner sans ruin­er ses con­vic­tions délétères. Réfugié en Nor­mandie avec Ingrid, sa jeune maîtresse, il vit des retraits opérés sur un cap­i­tal placé en Suisse. Retraits assurés chaque année par son fils, empoi­son­né par cette mis­sion clan­des­tine qui le « dévore » à l’égal du secret hon­teux dont elle est indis­so­cia­ble. Tout comme de la soumis­sion imposée par la fatal­ité à l’emprise létale d’un père dont le sang bat dans ses pro­pres veines et qui, pour l’heure, est tout proche de la mort. Con­tin­uer la lec­ture

Lettres d’un siècle

Lucie TESNIÈRE, Madame, vous allez m’émouvoir : une famille française à tra­vers deux guer­res mon­di­ales, Flam­mar­i­on, 2018, 320 p.,19.90 €/ ePub : 13.99 €, ISBN : 978–2‑08–143759‑3

Lucie Tesnière, Madame vous allez m'émouvoirRien d’étonnant à ce que l’on trou­ve men­tion sur le site offi­ciel français « Mis­sion cen­te­naire » du réc­it que Lucie Tes­nière con­sacre à la vie de sa famille à par­tir des let­tres de Paul Cabouat, son arrière-grand-père. Ce fut le point de départ de cette quête qui a poussé une femme d’aujourd’hui à « tout arrêter » à l’âge de trente-trois ans – à Brux­elles, elle s’occupait alors de faciliter le développe­ment des éner­gies durables au niveau européen – pour se lancer dans des recherch­es à tra­vers le siè­cle et à tra­vers la France. Con­tin­uer la lec­ture

Un amour interdit

François EMMANUEL, La Pas­sion Savin­sen, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2016, 189 p., 8,5 €

Si la pas­sion n’est pas hérédi­taire et sem­ble due à quelque fatum, elle peut se trans­met­tre de généra­tion en généra­tion. Chez les Savin­sen, le mod­èle pas­sion­nel va de la nos­tal­gie hal­lu­cinée du grand-père Tobias à sa petite-fille Jeanne en pas­sant par la mère qui vivra un amour inter­dit et en mour­ra. L’histoire présente se déroule pen­dant la deux­ième guerre mon­di­ale. Jeanne, l’héroïne, restée seule respon­s­able du château famil­ial depuis la mort de sa mère et la dépor­ta­tion de son père, doit affron­ter la réqui­si­tion du domaine par les Alle­mands. Cette intru­sion subite entraîne un désor­dre matériel mais surtout un boule­verse­ment des sen­ti­ments et déclenche un afflux de sou­venirs chez la jeune fille : l’officier occupe la bib­lio­thèque où son père ento­mol­o­giste clas­sait ses col­lec­tions ; l’installation des sol­dats dans une aile du bâti­ment fait qu’elle rou­vre la cham­bre de sa mère pleine encore de sa présence. Et surtout, se développe pro­gres­sive­ment entre Jeanne et l’officier Matthäus Hiele une pas­sion dont ils paieront le prix « réel et sym­bol­ique » : il sera envoyé sur le front de l’Est et elle sera ton­due à la libéra­tion. Con­tin­uer la lec­ture