Archives par étiquette : Marguerite Yourcenar

Accueillir le monde animal dans la fiction

Paul ARON et Judy­ta ZBIER­S­KA-MOś­CI­C­KA (sous la dir. de), Bêtes de livres, Textyles n°67, Ker, 2024, 164 p., 18 €

textyles betes de livresPeu étudiée, peu explorée par la cri­tique, la ques­tion de la présence, de la fonc­tion de l’animal dans la lit­téra­ture belge fran­coph­o­ne se voit mise à l’honneur dans le dossier Bêtes de livres qui occupe le dernier numéro de la revue Textyles. Salu­ons la fécon­dité des analy­ses, des angles d’approche libérés par des con­tri­bu­tions qui pointent l’essor de la thé­ma­tique de l’animalité, du vivant dans la lit­téra­ture con­tem­po­raine. Con­tin­uer la lec­ture

Hommage aux académiciennes pionnières belges

exposition pionnières affiche maj

L’U­ni­ver­sité d’Ex­tremadu­ra (Espagne) con­sacre une expo­si­tion aux pre­mières mem­bres belges de l’A­cadémie royale de langue et de lit­téra­ture français­es de Bel­gique (ARLLFB). L’ex­po­si­tion met ain­si à l’hon­neur douze écrivaines et/ou philo­logues. Après avoir été présen­tée sur le cam­pus de Cáceres en mars, l’ex­po­si­tion sera à nou­veau mon­trée à la bib­lio­thèque uni­ver­si­taire du cam­pus Bada­joz dans le cadre de la Fête du livre (23 avril). Isabelle Moreels, sa con­cep­trice, nous présente le pro­jet. Con­tin­uer la lec­ture

L’esprit Yourcenar au travers de sa correspondance

Mar­guerite YOURCENAR« Zénon, som­bre Zénon ». Cor­re­spon­dance 1968–1970 (D’Hadrien à Zénon, V), Texte établi et annoté par Joseph Bra­mi et Rémy Poignault avec la col­lab­o­ra­tion de Bruno Blanck­e­man et Colette Gaudin, édi­tion pré­facée et coor­don­née par Joseph Bra­mi et Michèle Sarde, Gal­li­mard, 2023, 944 p., 42 € / ePub : 29,99 €, ISBN : 9782072988936

yourcenar zenon sombre zenonDernier vol­ume de la série de cor­re­spon­dances D’Hadrien à Zénon, « Zénon, som­bre Zénon » cou­vre les années 1968–1970 qui voient la paru­tion de L’Œuvre au noir quand éclate Mai 68. Nom­bre de let­tres éclairent le regard rétro­spec­tif que Mar­guerite Yource­nar pose sur son œuvre, délivrent des analy­ses pré­cieuses de son esthé­tique, de sa poé­tique romanesque. D’autres ren­dent compte des con­flits avec le monde de l’édition, avec Plon, ou lais­sent entrevoir les prémiss­es d’un vaste pro­jet auto­bi­ographique en germe qui devien­dra Le labyrinthe du monde. Par­mi les innom­brables des­ti­nataires, des édi­teurs, des auteurs, des cri­tiques, des lecteurs, Claude Gal­li­mard, Bruno Roy,  Gabriel Mar­cel, Béa­trix Beck, Patrick de Ros­bo, Jean Guéhen­no, Mar­cel Arland, Georges Sion, Car­lo Bronne, Mar­cel Thiry…, auprès desquels elle appro­fon­dit des points nodaux de sa pen­sée de l’art, apporte des pré­ci­sions quant à la manière d’interpréter ses œuvres. Con­tin­uer la lec­ture

L’Académie française élit le successeur de François Weyergans

academie francaise

L’A­cadémie française a désigné le suc­cesseur de l’écrivain belge François Wey­er­gans au siège 32. Il s’ag­it de Pas­cal Ory. Comme il est de cou­tume, ce dernier pronon­cera l’éloge de son prédécesseur lors de sa récep­tion sous la Coupole. Depuis le décès de François Wey­er­gans, sur­venu le 27 mai 2019, l’A­cadémie française ne compte plus aucun mem­bre belge. Con­tin­uer la lec­ture

Yourcenar et la vie des songes

Mar­guerite YOURCENAR, Les songes et les sorts, Gal­li­mard, coll. « Folio 2 €», 2020, 130 p., 2 €, ISBN : 9782072877308

Yourcenar les songes et les sortsDans Mémoires d’Hadrien, L’œuvre au noir, Mar­guerite Yource­nar se penche sur la matière des songes, analysant l’activité imag­i­naire des dormeurs, mais c’est dans Les songes et les sorts paru en 1938 qu’elle explore la nature de la vie onirique. Depuis le rivage de la veille, elle retran­scrit avec la plus grande fidél­ité vingt-deux songes qui ont peu­plé sa vie noc­turne. S’adonner à l’écriture implique sou­vent d’être ouvert aux pro­duc­tions de l’inconscient, au nom­bre desquelles les rêves. En fonc­tion de leur con­tenu appar­ent, ces songes se répar­tis­sent en divers cycles, ceux du père, de l’église, de la mort, de la ter­reur… dont elle suit les images, la con­struc­tion, les récur­rences avec l’attention de qui, tout en étant éveil­lé, demeure branché sur cette sphère échap­pant à la maîtrise de la con­science. Con­tin­uer la lec­ture

Marguerite Yourcenar, actuelle

Mar­guerite Yource­nar

À l’occasion du tren­tième anniver­saire du Cen­tre Inter­na­tion­al de Doc­u­men­ta­tion Mar­guerite Yource­nar (CIDMY), et de la sor­tie du film de Françoise Levie, Zénon l’insoumis, Entre Mar­guerite Yource­nar et André Del­vaux, revisi­tons l’œuvre de l’autrice des Mémoires d’Hadrien, de L’œuvre au noir au tra­vers d’un dou­ble entre­tien avec Michèle Goslar, fon­da­trice du CIDMY, et avec la réal­isatrice Françoise Levie. Con­tin­uer la lec­ture

Yourcenar, correspondances des années 1964–1967

Mar­guerite YOURCENAR, « Le pen­dant des Mémoires d’Hadrien et leur entier con­traire », Cor­re­spon­dance 1964–1967, (D’Hadrien à Zénon, IV), Texte établi et annoté par Bruno Blanck­man et Rémy Poignault, pré­facé et coor­don­né par Elyane Dezon-Jones et Michèle Sarde, Gal­li­mard, 2019, 344 p., 29,50 €, ISBN : 9782072790119

Dans ce qua­trième vol­ume de cor­re­spon­dance cou­vrant les années 1964–1967, la voix de Yource­nar explore prin­ci­pale­ment trois direc­tions : des réflex­ions éblouis­santes sur ses œuvres en cours (L’œuvre au noir, son étude et ses tra­duc­tions des Negro Spir­i­tu­als dans Fleuve pro­fond, som­bre riv­ière, son antholo­gie La couronne et la lyre), ses con­flits juridiques avec Plon, ses com­bats envi­ron­nemen­tal­istes, son pes­simisme face à l’évolution du monde. D’emblée, frappe la hau­teur de vue, ce regard yource­nar­ien qui décèle l’intelligibilité du tout dans un détail et perçoit dans les grands mou­ve­ments his­toriques et géologiques les bruisse­ments du temps et de l’éternité. Con­tin­uer la lec­ture

Yourcenar et la question du politique : la sentinelle de la lucidité

Un coup de cœur du Car­net

Tan­guy DE WILDE D’ESTMAEL (dir.), L’écrivain et le poli­tique. Six essais sur Yource­nar, Avant-pro­pos de Jacques De Deck­er, Press­es Uni­ver­si­taires de Lou­vain, 2018, 114 p., 14,50 € / PDF : 9,99 €, ISBN : 978–2‑87558–728‑2

Actes de la journée qui s’est tenue à l’Académie royale de langue et de lit­téra­ture français­es de Bel­gique le 19 décem­bre 2017 à l’occasion du tren­tième anniver­saire de la dis­pari­tion de Mar­guerite Yource­nar, L’écrivain et le poli­tique. Six essais sur Yource­nar inter­roge le rap­port de l’auteure de Mémoires d’Hadrien, L’œuvre au noir, Le coup de grâce au poli­tique. Un rap­port de prime abord peu évi­dent tant il est médié par le souci de l’universalisme. Jacques De Deck­er qui signe l’avant-propos, Bruno Blanck­e­man, Michèle Goslar, Tan­guy de Wilde, Luc Devoldere déga­gent la spé­ci­ficité de Yource­nar, à savoir un détache­ment, une méfi­ance envers la poli­tique (en tant que ges­tion des affaires humaines) et un intérêt omniprésent pour le poli­tique. Cet intérêt se traduit dou­ble­ment, au niveau de son œuvre et au niveau de sa vie, notam­ment au tra­vers de ses engage­ments écologiques à une époque où seuls quelques vision­naires, des décen­nies avant le réchauf­fe­ment cli­ma­tique qui frappe la planète, aler­taient sur la crise envi­ron­nemen­tale, la six­ième extinc­tion des espèces ani­males, la déforesta­tion, le saccage des écosys­tèmes et de la bio­di­ver­sité. Con­tin­uer la lec­ture

En compagnie de Marguerite Yourcenar

Achmy HALLEY, Mar­guerite Yource­nar, Por­trait intime, Pré­face Amélie Nothomb, Flam­mar­i­on, 2018, 208 p., 29,9 € / ePub : 20,99 €, ISBN : 9782081423626

Mar­guerite Yource­nar fait par­tie de ces écrivain.e.s dont le com­pagnon­nage est un enrichisse­ment per­ma­nent pour le lecteur. À ses côtés, on aime partager une forme de prox­im­ité et appro­fondir la sci­ence de l’humanité. Décou­vrir une vie dif­férente, faite à la fois de retraite, d’écriture, de (re-)lecture, de cul­ture, une vie imprégnée d’un monde qu’elle a beau­coup par­cou­ru. Une vie d’invention de soi. Pour mieux la con­naître, elle qui dis­ait ne pas aimer par­ler d’elle et ne le faire que dans ses livres, « et encore en prenant ces dis­tances que sont les per­son­nages du roman ou le lan­gage imper­son­nel de l’essai »[1], il y a bien sûr l’abondante cor­re­spon­dance for­mant un qua­si jour­nal, des biogra­phies dont les plus fameuses sont celles de Josyane Sav­i­gneau et de Michèle Goslar. On peut main­tenant ajouter le por­trait signé par Achmy Hal­ley, qui met sa con­nais­sance éru­dite de la vie, des archives et de l’œuvre de Mar­guerite Yource­nar au ser­vice d’un livre riche­ment illus­tré de pho­togra­phies.

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Michèle Goslar : contemporanéité de Yourcenar

Un coup de cœur du Carnet

Michèle GOSLAR, Yource­nar en images, Racine et Académie royale de langue et de lit­téra­ture français­es, 2017, 208 p., 24,95 €, ISBN : 978–2390250340

goslar yourcenar en imagesFon­da­trice du Cen­tre Inter­na­tion­al de Doc­u­men­ta­tion Mar­guerite Yource­nar, auteure d’une magis­trale étude con­sacrée à Vic­tor Hor­ta (Vic­tor Hor­ta, L’Homme, l’Architecte, l’Art Nou­veau, Fonds Mer­ca­tor), Michèle Goslar appar­tient à la con­frérie des pas­sion­nés qui arpen­tent sans relâche l’œuvre des créa­teurs qui les ont envoûtés. Au tra­vers de pho­tos peu con­nues et de textes cise­lant la moder­nité de l’auteure de Mémoires d’Hadrien, de L’Œuvre au noir, Yource­nar en images délivre un sou­verain por­trait d’une écrivain qui éle­va la lit­téra­ture au rang d’une voie de pen­sée inter­ro­geant l’Histoire, la ten­sion entre les pas­sions et la rai­son, la courbe des civil­i­sa­tions. Si l’ouvrage recèle une telle inten­sité, c’est parce que Michèle Goslar vit dans l’univers de Yource­nar dont elle a cap­té la musique intérieure. Si elle dépasse l’opposition dev­enue stérile entre le clan des con­tre Sainte-Beuve et les par­ti­sans d’une radi­ogra­phie de l’œuvre à par­tir de la vie, c’est au sens où, dans un ver­tige infi­ni, la vie imite l’œuvre, laque­lle réver­bère la vie. Plus que pro­pos­er d’hypothétiques allers et retours entre le vécu et le proces­sus créa­teur, Michèle Goslar aus­culte les pos­si­bles échos entre événe­ments de l’existence et motifs romanesques, sachant qu’il n’y a créa­tion que là où le vécu s’évide, se dépasse, se trans­mue en expéri­ence supra-per­son­nelle. Con­tin­uer la lec­ture

Commémoration : anniversaire du décès de Marguerite Yourcenar

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Mar­guerite Yource­nar est décédée le 17 décem­bre 1987. Pour le tren­tième anniver­saire de sa mort, le Cen­tre inter­na­tion­al de Doc­u­men­ta­tion Mar­guerite Yource­nar (CIDMY) organ­is­era une série de man­i­fes­ta­tions tout au long de l’au­tomne.  Con­tin­uer la lec­ture

Les 60 conseils de lecture des parlementaires européens

yourcenar hadrienL’été approche : moment de vacances, moment de lec­ture. À cette occa­sion, un groupe de députés européens, les “MEP Library lovers” (députés européens qui aiment les bib­lio­thèques), pro­pose une ini­tia­tive orig­i­nale : une sélec­tion de livres pour l’été, tous gen­res lit­téraires et toutes langues de l’U­nion admis. L’opéra­tion, menée  en parte­nar­i­at avec la Mai­son inter­na­tionale des lit­téra­tures Pas­sa Por­ta et Lit­er­a­ture across fron­tiers, a débouché sur une liste de 60 titres, cha­cun d’eux présen­té par un‑e député‑e ou une insti­tu­tion parte­naire de l’opéra­tion.  Con­tin­uer la lec­ture

Une leçon de Marguerite Yourcenar sur le drame grec revisité

Mar­guerite YOURCENAR, Car­net de notes d’Élec­tre, texte établi et présen­té par Achmy Hal­ley, illus­tra­tions orig­i­nales d’Alecos Fas­sianos, édi­tions Fata Mor­gana, 2017, 48 p., 10 €, ISBN : 978–2‑85194–988‑2

yourcenar carnet de notes d electre

Les fig­ures des légen­des grec­ques n’ont cessé, à tra­vers les siè­cles, de nour­rir la créa­tion occi­den­tale et de nous aider à con­cevoir et à rêver le monde. Sou­venons-nous, entre autres, com­bi­en nous avons été bouleversé.e.s par l’Antigone et l’Œdipe sur la route d’Henry Bauchau. Con­tin­uer la lec­ture

Une correspondance de travail et d’amitié

Mar­guerite YOURCENAR, En 1939, l’Amérique com­mence à Bor­deaux. Let­tres à Emmanuel Boudot-Lam­otte (1938–1980), Édi­tion d’Elyane Dezon-Jones et Michèle Sarde, Gal­li­mard, 2016, 302 p., 21€/ePub : 14.99 €, ISBN : 9782070139781

yourcenar-lettresMar­guerite Yource­nar était une épis­tolière pro­lixe. L’époque, ses nom­breux voy­ages, sa vie d’exilée sur son île états-uni­enne étaient prop­ices à la cor­re­spon­dance. Nom­bre de ses let­tres ont déjà paru en vol­ume[1], il en paraît encore et prob­a­ble­ment qu’il en paraî­tra davan­tage quand ses archives, tenues secrètes jusqu’en 2037, selon sa volon­té de fer, seront enfin dévoilées. Volon­té de fer : Yource­nar blindait sa cor­re­spon­dance comme son œuvre. Ses let­tres à Emmanuel Boudot-Lam­otte « n’ont pas été déposées par l’écrivaine dans les archives de la bib­lio­thèque Houghton avec les cor­re­spon­dances des­tinées d’emblée à la postérité », comme le rap­pel­lent Elyane Dezon-Jones et Michèle Sarde, dans l’avant-propos. D’ordinaire, Yource­nar dou­blait sa cor­re­spon­dance sur papi­er car­bone ; dans ce cas, il sem­blerait que non. Les let­tres orig­i­nales ont été décou­vertes par le neveu d’Emmanuel Boudot-Lam­otte alors qu’il met­tait de l’ordre dans la suc­ces­sion de son oncle. Con­tin­uer la lec­ture

Marguerite Yourcenar à la Bnf

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La Bib­lio­thèque nationale de France a récem­ment exhumé les cartes de lecteurs d’il­lus­tres anciens vis­i­teurs de la Bib­lio­thèque. Par­mi ceux-ci, celle de l’au­teure Mar­guerite Yource­nar. Con­tin­uer la lec­ture

Marguerite Yourcenar et Piranèse, des vies à l’œuvre

Hen­ri­ette LEVILLAIN, Yource­nar, carte d’identité, Paris, Fayard, 2016, 18€/ePub : 12.99 €
Mar­guerite YOURCENAR, Le cerveau noir de Piranèse, Pagine d’Arte, coll. « Mots&images », 2016, 18€

levillainAvant même sa mort en 1987, Mar­guerite Yource­nar sus­ci­tait déjà une vive curiosité comme auteure et comme per­son­ne, elle qui souhaitait pour­tant fon­dre la sec­onde dans la pre­mière, qui ne vivait que pour la lit­téra­ture, organ­i­sait sa vie pour écrire encore et tou­jours ; pour écrire surtout. Avec le temps, elle a con­tin­ué à nous inter­roger : qui était vrai­ment cette femme qui vécut sa vie de façon si sin­gulière, en dehors et autour du monde, con­stru­isit une œuvre faisant fi des modes de son temps, avait une haute estime dans les pou­voirs de la lit­téra­ture pour com­pren­dre l’Histoire, le Monde et l’Être humain ? Con­tin­uer la lec­ture