Un coup de cœur du Carnet
J.-H. ROSNY AINE, La mort de la Terre, Postface de Valérie Stiénon, Impressions nouvelles, coll. « Espace Nord », 2025, 190 p., 9 €, ISBN : 978-2-87568-703-6
Un jour, la Terre ne voulut plus des hommes. Ils croyaient la posséder, avoir étendu sur elle une domination naturelle et éternelle. Ils ne prirent pas la mesure des cataclysmes qui s’enchainaient – évaporation de l’atmosphère, séismes d’ampleurs inédites, sécheresse croissante. Le sol avala les sources, les fleuves se tarirent, les océans disparurent – ne laissant que des vallées à pic. Ils crurent que la technique les sauverait. Ils furent réduits à de maigres troupeaux recroquevillés dans des enclos autour des derniers filets d’eau suintant des terres arides. Continuer la lecture


Un prisonnier est libéré. Pourtant, ce n’est pas la joie qui l’habite. Il se sent dans un étonnant état de détachement par rapport aux choses. Et quand il sort, tout vacille. Ce n’est pourtant pas dû à son incarcération de sept ans qui l’aurait coupé de la vraie vie et aurait causé des problèmes d’adaptation. C’est plutôt la réalité qui vacille. Tous les gens qu’il rencontre se ressemblent. Les lieux perdent leur identité ; une maison peut être transférée à l’identique d’une ville à une autre. Louvier va donc faire l’expérience de l’étrangeté.
Une fois de plus, la collection Espace Nord joue pleinement son rôle patrimonial, et nous charme par l’audace et la qualité de ses choix. Ainsi, c’est Dominique Warfa qui voit près de cinquante ans d’écriture mis à l’honneur.

Discriminations liées au genre, écocide, manipulations du pouvoir et de l’information, importance de la mémoire et de la transmission : l’énumération des thèmes brassés dans ce premier roman peut faire peur. Pourtant, avec Biotanistes, Anne-Sophie Devriese évite l’écueil d’une littérature donneuse de leçons. Mieux : elle signe un roman-univers dont le lecteur met du temps à revenir même si, paradoxalement peut-être, il nous ramène sans cesse au présent.