Archives par étiquette : Carino Bucciarelli

La boucle et le bilan

Cari­no BUCCIARELLI, La lap­i­da­tion et autres réc­its créa­tion­nistes, M.E.O., 2026, 173 p., 18 €, ISBN : 978–2‑8070–0576‑1

bucciarelli la lapidationEn nous livrant ce nou­v­el opus, La lap­i­da­tion et autres réc­its créa­tion­nistes, Cari­no Buc­cia­rel­li signe une forme de bilan ou de réflex­ions à pro­pos de son art et de ses sujets de prédilec­tion, ain­si que de mul­ti­ples con­sid­éra­tions sur la puis­sance de la créa­tion, de l’écri­t­ure et sur le dénoue­ment et le déploiement d’une vie. Con­tin­uer la lec­ture

Rentrée d’hiver 2026 : en route vers la Foire du livre

RL hiver 2026 visu

« Ren­trée lit­téraire » désigne tra­di­tion­nelle­ment la péri­ode d’effervescence édi­to­ri­ale qui s’étend de fin aout à début novem­bre. C’est à ce moment que parais­sent les livres en lesquels les maisons d’édition (parisi­ennes) voient de pos­si­bles can­di­dats aux Goncourt, Renau­dot et autre Fem­i­na. Depuis plusieurs années, toute­fois, le cal­en­dri­er édi­to­r­i­al con­nait un autre temps fort, en jan­vi­er-févri­er. Les sor­ties sont nom­breuses et les livres qui parais­sent à ce moment-là sont aus­si de ceux sur lesquels les édi­teurs mis­ent par­ti­c­ulière­ment. On par­le donc désor­mais aus­si d’une ren­trée lit­téraire d’hiver. Con­tin­uer la lec­ture

Des idiots et des voyants

Cari­no BUCCIARELLI, Une poignée de sec­on­des, Herbe qui trem­ble, coll. « D’autre part », 2025, 102 p., 16 €, ISBN : 978–2‑491462–97‑0

bucciarelli une poignée de secondesJe me vois de dos
je marche dans une direc­tion incon­nue (…) 

Il reste une poignée de sec­on­des
et deux cail­loux (…) 

On se sur­prend, dans la prose et la poésie que nous offre Cari­no Buc­cia­rel­li, à retrou­ver les traces d’un cousi­nage ancien avec le Wozzeck de l’étoile filante Büch­n­er, une force bru­tale qui passe par les inter­stices de la stu­pid­ité humaine mais qui témoigne aus­si de sa sur­prenante « inno­cence » … Comme dans les plus anciens rites, les hommes peu­vent, sans cesse, frap­per le sol du pied, il en remon­tera surtout les échos assour­dis des ver­tig­ineuses obstruc­tions à la con­science qui font le sens com­mun de notre tribu. Con­tin­uer la lec­ture

Quel infini ?

Cari­no BUCCIARELLI, Le sym­bole de l’infini, M.E.O., 2024, 143 p., 17 € / ePub : 9,99 €, ISBN : 978–2‑8070–0434‑4

bucciarelli le symbole de l'infiniUn pris­on­nier est libéré. Pour­tant, ce n’est pas la joie qui l’habite. Il se sent dans un éton­nant état de détache­ment par rap­port aux choses. Et quand il sort, tout vac­ille. Ce n’est pour­tant pas dû à son incar­céra­tion de sept ans qui l’aurait coupé de la vraie vie et aurait causé des prob­lèmes d’adaptation. C’est plutôt la réal­ité qui vac­ille. Tous les gens qu’il ren­con­tre se ressem­blent. Les lieux per­dent leur iden­tité ; une mai­son peut être trans­férée à l’identique d’une ville à une autre. Lou­vi­er va donc faire l’expérience de l’étrangeté. Con­tin­uer la lec­ture

Écrit fait néant

Cari­no BUCCIARELLI, Petites fables des­tinées au néant. Cent dix-sept romans-fleuves, Tra­verse, 2022, 143 p., 16 €, ISBN : 978–2‑93078–340‑6

bucciarelli petites fables destinees au neantCari­no Buc­cia­rel­li est un écrivain qui chem­ine hors des sen­tiers bat­tus. Métal­lur­giste, puis enseignant dans une école qual­i­fi­ante indus­trielle, il est aus­si poète, romanci­er et nou­vel­liste. Ses travaux de plume lui ont valu une recon­nais­sance dans le monde des let­tres, dont notam­ment le prix Lucien Malper­tu­is, de notre Académie royale de langue et de lit­téra­ture française, qui lui a été décerné en 2020 pour l’ensemble de son œuvre poé­tique. Con­tin­uer la lec­ture

Le Top 3 de Philippe Remy-Wilkin

Le Car­net et les Instants revis­ite l’année lit­téraire 2021 avec le Top 3 de ses chroniqueurs et chroniqueuses. La sélec­tion de Philippe Remy-Wilkin. Con­tin­uer la lec­ture

La rentrée littéraire belge : une revue de presse

revue de presse - illustration

Pho­to Pix­abay

Plus de 500 romans défer­lant vers les librairies de la mi-août à la fin sep­tem­bre, selon le cal­cul de Livres Heb­do. La ren­trée lit­téraire aura fait dans la démesure, cette année encore. Et con­damné à l’anony­mat les nom­breux livres qui n’au­ront pas la chance d’être des “têtes de gon­do­le”.

Les auteurs et autri­ces belges, nom­breux, qui ont par­ticipé à cette grande liturgie autom­nale des Let­tres ont béné­fi­cié, comme tous leurs con­frères, d’une expo­si­tion médi­a­tique vari­able. Tour d’hori­zon des jour­naux, mag­a­zines et blogs, sur papi­er ou en ligne, et de ce qu’ils écrivent de la ren­trée belge. Con­tin­uer la lec­ture

Les oiseaux et les dieux

Un coup de cœur du Car­net

Cari­no BUCCIARELLI, Nous et les Oiseaux, M.E.O., 2021, 156 p., 16 € / ePub : 9.99 €, ISBN : 978–2‑8070–0267‑8

bucciarelli nous et les oiseauxLa cohab­i­ta­tion paci­fique ou ter­ri­ble entre les oiseaux et des hommes a déjà été traitée depuis des mil­lé­naires dans la lit­téra­ture, la poésie, la musique et, plus récem­ment, le ciné­ma… Les oiseaux sont des fig­ures mythologiques, des formes de pythies annonçant des des­tins obscurs… Là où vont les oiseaux et les dieux ne peu­vent aller les hommes, dis­aient les Grecs… Con­tin­uer la lec­ture

(Se) dépouiller

Cari­no BUCCIARELLI, Sin­gu­lar­ités, Herbe qui trem­ble, 2020, 127 p., 15 €, ISBN : 2–491462-01–7

[…] nous habitons nous-mêmes
notre lan­gage
partageant avec la faune de notre verbe
des cham­bres glacées
où des mir­a­cles se pro­duisent 

Le titre du recueil Sin­gu­lar­ités de Cari­no Buc­cia­rel­li (édi­tions L’herbe qui trem­ble) fait d’emblée écho à la notion de « sin­gu­lar­ité » dévelop­pée par Stephen Hawk­ing. L’exergue du recueil, qui explicite cette notion et con­firme cet écho, indique que c’est bien à l’aune de l’infiniment petit et de l’infiniment grand que les poèmes seront appréhendés. Sin­gu­lar­ités est for­mé de trois sec­tions dif­férentes, inti­t­ulées « Quelques vis­ages », « Dix étin­celles » et « Couleurs inouïes ». Cari­no Buc­cia­rel­li pré­cise, dans l’avant-propos, d’où éma­nent cer­taines de ces par­ties et ajoute : « j’aimerais qu’on reti­enne Sin­gu­lar­ités et mon recueil Pous­sière paru en 2019 comme les deux seuls livres attes­tant de ma pro­duc­tion poé­tique. » Manière pour l’auteur, non pas vrai­ment de désavouer les précé­dents recueils, mais d’affirmer les recueils Sin­gu­lar­ités et Pous­sière comme étant le plus en adéqua­tion avec sa démarche. Con­tin­uer la lec­ture

Crée–moi à mon image

Cari­no BUCCIARELLI, Mon hôte s’appelait Mal Wal­dron, M.E.O., 2019, 128 p., 15 €, ISBN : 978–2‑8070–0182‑4

Un tri­an­gle mys­térieux règne au cen­tre de la lit­téra­ture : la rela­tion entre le lecteur, l’au­teur et le nar­ra­teur.  Les per­son­nages sont les médi­a­teurs de cette com­plic­ité tri­an­gu­laire. Et sou­vent, la ques­tion qui se pose est « D’où viennent–ils ces sacrés per­son­nages ? » Sont-ils issus de ce que nous nom­mons famil­ière­ment le réel (le vrai ?) ou pures fic­tions, ce qui en soi est aus­si con­testable. D’où sur­gis­sent ces fic­tions sinon de vraies con­struc­tions humaines passées par le fil­tre de l’expérience intime de l’auteur? Con­tin­uer la lec­ture

Le souffle de l’insolite

Un coup de cœur du Carnet

Cari­no BUCCIARELLI, Dis­per­sion, Encre Rouge, 2018, 178 p., 18 €, ISBN : 978–2‑37789–094‑1

bucciarelli dispersion.jpgVoilà plus de quinze ans que ses lecteurs attendaient un nou­veau livre de Cari­no Buc­cia­rel­li. Leur patience a été payante puisque 2018 voit la sor­tie d’un recueil de nou­velles, Dis­per­sion, de très bonne tenue.

Cari­no Buc­cia­rel­li com­mence son recueil avec le texte qui lui donne son titre, une his­toire incroy­able dans le plein sens du terme puisque, dans un cadre anodin, il nous présente un homme qui se liqué­fie mem­bre après mem­bre au con­tact de saletés. Le réc­it est vécu comme un cauchemar et l’auteur inter­pelle au final son lecteur, l’impliquant dans le fris­son qu’il provoque. La suite est du même ton­neau avec des nou­velles rel­a­tive­ment cour­tes d’une rare effi­cac­ité. Le réel implose de partout dans ces his­toires où tout est pos­si­ble : un rapace qui par­le, une rela­tion qua­si œdip­i­enne avec un… cac­tus, une armoire qui… respire, un fils qui retrou­ve son père sous la forme d’une belette, un per­son­nage qui observe le monde par son nom­bril, une résur­rec­tion par un cer­tain Jizi Cri ! Con­tin­uer la lec­ture