Archives par étiquette : Carino Bucciarelli

(Se) dépouiller

Carino BUCCIARELLI, Singularités, Herbe qui tremble, 2020, 127 p., 15 €, ISBN : 2-491462-01-7

[…] nous habitons nous-mêmes
notre langage
partageant avec la faune de notre verbe
des chambres glacées
où des miracles se produisent 

Le titre du recueil Singularités de Carino Bucciarelli (éditions L’herbe qui tremble) fait d’emblée écho à la notion de « singularité » développée par Stephen Hawking. L’exergue du recueil, qui explicite cette notion et confirme cet écho, indique que c’est bien à l’aune de l’infiniment petit et de l’infiniment grand que les poèmes seront appréhendés. Singularités est formé de trois sections différentes, intitulées « Quelques visages », « Dix étincelles » et « Couleurs inouïes ». Carino Bucciarelli précise, dans l’avant-propos, d’où émanent certaines de ces parties et ajoute : « j’aimerais qu’on retienne Singularités et mon recueil Poussière paru en 2019 comme les deux seuls livres attestant de ma production poétique. » Manière pour l’auteur, non pas vraiment de désavouer les précédents recueils, mais d’affirmer les recueils Singularités et Poussière comme étant le plus en adéquation avec sa démarche. Continuer la lecture

Crée–moi à mon image

Carino BUCCIARELLI, Mon hôte s’appelait Mal Waldron, M.E.O., 2019, 128 p., 15 €, ISBN : 978-2-8070-0182-4

Un triangle mystérieux règne au centre de la littérature : la relation entre le lecteur, l’auteur et le narrateur.  Les personnages sont les médiateurs de cette complicité triangulaire. Et souvent, la question qui se pose est « D’où viennent–ils ces sacrés personnages ? » Sont-ils issus de ce que nous nommons familièrement le réel (le vrai ?) ou pures fictions, ce qui en soi est aussi contestable. D’où surgissent ces fictions sinon de vraies constructions humaines passées par le filtre de l’expérience intime de l’auteur? Continuer la lecture

Le souffle de l’insolite

Un coup de cœur du Carnet

Carino BUCCIARELLI, Dispersion, Encre Rouge, 2018, 178 p., 18 €, ISBN : 978-2-37789-094-1

bucciarelli dispersion.jpgVoilà plus de quinze ans que ses lecteurs attendaient un nouveau livre de Carino Bucciarelli. Leur patience a été payante puisque 2018 voit la sortie d’un recueil de nouvelles, Dispersion, de très bonne tenue.

Carino Bucciarelli commence son recueil avec le texte qui lui donne son titre, une histoire incroyable dans le plein sens du terme puisque, dans un cadre anodin, il nous présente un homme qui se liquéfie membre après membre au contact de saletés. Le récit est vécu comme un cauchemar et l’auteur interpelle au final son lecteur, l’impliquant dans le frisson qu’il provoque. La suite est du même tonneau avec des nouvelles relativement courtes d’une rare efficacité. Le réel implose de partout dans ces histoires où tout est possible : un rapace qui parle, une relation quasi œdipienne avec un… cactus, une armoire qui… respire, un fils qui retrouve son père sous la forme d’une belette, un personnage qui observe le monde par son nombril, une résurrection par un certain Jizi Cri ! Continuer la lecture