Un coup de cœur du Carnet
Jean GUILLAUME, Tchôtès cindes, présentation, texte et glossaire par Bernard Thiry, Société de langue et de littérature wallonnes, coll. littéraire wallonne, n° 14, t. 1, 152 p., 14 €, ISBN : 978–2‑930505–44‑2
Jean GUILLAUME, Tchôtès cindes, édition critique par Bernard Thiry, Société de langue et de littérature wallonnes, coll. littéraire wallonne, n° 14, t. 2, 84 p., 14 €, ISBN : 978–2‑930505–45‑9
Un miracle ! L’on a retrouvé un des deux recueils perdus de Jean Guillaume (1918–2001). Philologue réputé, spécialiste de Gérard de Nerval – il est le coauteur de son édition Pléiade –, ce natif de Fosses-la-Ville est aussi connu pour être l’une des meilleures plumes de la poésie wallonne moderne. Très tôt révélé parmi les cinq de la « génération 48 », il devient le chef de file d’une école namuroise, au sein de laquelle se distinguent notamment Georges Smal, Émile Gilliard et Victor George. Son œuvre personnelle est pourtant réduite et se concentre sur les quelques années qui précèdent son ordination. Continuer la lecture





À première vue, peu de choses distinguent La théorie des cœurs bunkers des romances nombreuses qui s’offrent aux amateurs du genre en librairie : cadenas en forme de cœur sur la couverture, façon pont des Arts, chapitres courts, phrases fluides, personnages charismatiques… Jusqu’à la mention de Wattpad, la plateforme de lecture sociale prisée du jeune public où ce roman a vécu sa première vie, tout renseigne le livre parfaitement calibré pour rencontrer un lectorat attaché aux codes du genre.
Il est tentant de recourir à la métaphore martiale après avoir parcouru les notices biographiques qui clôturent cette épaisse anthologie de la littérature en wallon namurois. On y trouve en effet une proportion inhabituelle de militaires de carrière ou de gendarmes : 9 sur les 64 auteurs et autrices réunis dans l’ouvrage. Le fait, qui s’explique en partie par la personnalité de Lucien Léonard, président des Rèlîs Namurwès de 1968 à 1989, ne se marque pas tellement dans le contenu de l’anthologie : il s’avère que les écrivains en uniforme ne sont pas les derniers à signer des poèmes bucoliques.
Peu de temps avant son décès, le grand écrivain wallonophone Émile Gilliard avait transmis à son éditeur les épreuves corrigées de Bokèts po l’ dêrène chîje. La première édition de cette œuvre — une édition artisanale en 50 exemplaires, aujourd’hui introuvable — lui avait valu le prix triennal de Poésie en langue régionale de la Fédération Wallonie-Bruxelles 2005 et était vue comme un incontournable de sa bibliographie. Sa réédition dans une collection de plus large diffusion et avec des adaptations françaises est donc une initiative bienvenue.
Le nom de Jean Collette évoquera des souvenirs à beaucoup ; homme de lettres, de théâtre, de radio et de télévision, il a produit une œuvre abondante et multiforme depuis les années 60. Compagnon de route de l’« école de Liège » de poésie — il fut l’un des éditeurs du jeune Jacques Izoard, à qui ce recueil est dédié —, il livre ici, à l’âge de quatre-vingt-cinq ans, sa première œuvre en wallon. 

