Archives par étiquette : Le Coudrier

… cet infini tiré à quatre épingles…

Patrick DEVAUX (texte) et Cather­ine BERAEL (gravures), Aval­oirs, Coudri­er, 2026, 75 p., 20 €, ISBN : 978–2‑39052–082‑5

Devaux AvaloirsLes gravures de Cather­ine Berael réson­nent en un écho idéal aux courts textes de Patrick Devaux réu­nis sous le titre d’Aval­oirs. Elles ont en effet la dou­ble car­ac­téris­tique de con­serv­er les traces presque diaphanes d’un instant et, en même temps de les effac­er jusqu’à l’abstraction. La brièveté, la sobriété des poèmes réson­nent ain­si comme l’écho, loin­tain et trans­par­ent, de ce qui fut l’inspiration du poète jusqu’à ce qu’il réus­sisse à en retenir l’essentiel. Chaque texte se situe au bord d’un précipice, dont l’alignement ver­ti­cal de la typogra­phie accentue l’abîme qu’il dévoile. Con­tin­uer la lec­ture

Saut hors de la surface du miroir

Tris­tan SAUTIER, Michel AUDOUARD, Miroy­ances, Coudri­er, Coll. « Sor­tilèges », 2025, 52 p., 20 €, ISBN : 9782390520795

sautier audouard miroyancesC’est à pas de loup ou de colombe, de colombe-loup qu’on entre dans Miroy­ances, dans son jeu de miroirs entre les poèmes de Tris­tan Sauti­er et les encres de Michel Audouard.  Le recueil se place sous le signe du miroir pul­vérisé, d’un ébran­le­ment de la sur­face miroi­tante de la page en vue d’une ren­con­tre avec soi-même. L’ombre de René Char se lève. On pense à son recueil Le poème pul­vérisé, on vibre à l’hommage-détournement dis­cret que Tris­tan Sauti­er opère au détour de vers épars rap­pelant ceux du poète. Con­tin­uer la lec­ture

« …Le silence n’existe que dans les livres… »

Pas­cal FEYAERTS, Venir à soi suivi de 11 :11, Illus­tra­tions de Philippe Col­mant, Pré­face de Marie-Clotilde Roose, Coudri­er, 2025, 86 p., 20 €, ISBN : 978–2‑39052–078– 8

feyaerts venir a soiOrné d’une pré­face de Marie-Clotilde Roose et d’illustrations de Philippe Col­mant, le recueil Venir à soi du poète hain­uy­er Pas­cal Feyaerts se décline en mul­ti­ples inter­ro­ga­tions. Leur ligne de crête se découpe dans l’affrontement inces­sant de l’artiste avec la for­mu­la­tion poé­tique du monde. De lec­ture en lec­ture, – le vol­ume est suff­isam­ment aéré pour per­me­t­tre (inviter à) des apprivoise­ments suc­ces­sifs –, appa­rais­sent d’éphémères per­cep­tions que nous sug­gère le poète. Il y a, sur­gis­sant ça et là, une ten­ta­tion insis­tante de la désil­lu­sion – Tant de rêves / si peu à vivre – tem­pérée bien vite, comme dans un éclat de lumière Con­tin­uer la lec­ture

« …jusqu’à l’ombre zéro… »

Philippe COLMANT, Ver­so de l’ombre, Pho­togra­phies de l’auteur, Coudri­er, 2025, 89 p., 20 €, ISBN : 978–2‑39052–077‑1

colmant verso de l'ombreOuvrant le recueil du poète-pho­tographe Philippe Col­mant, l’épigraphe de Jules Renard nous donne d’emblée la clé (d’une) des lec­tures pos­si­bles du texte et des images réu­nis ici : L’ombre ne vit qu’à la lumière. Car c’est bien de cela qu’il s’agit en matière de poésie : l’exploration sans cesse renou­velée des zones où la lumière pro­jette ces images (apparem­ment) abstraites et mono­chromes faites de tach­es d’ombre mou­vantes. Con­tin­uer la lec­ture

(…) Sur une scène / De carnage, / Tous se figent / Même les petits… 

Isabelle BIELECKI (texte) et Pierre MOREAU (illus­tra­tions), Qu’importe la porte, Pré­face Éric Allard, Coudri­er, coll. « Sor­tilèges », 2025, 77 p., 22 €, ISBN : 9782390520719

bielecki qu'importe la porteDans sa magis­trale pré­face, toute en finesse et intel­li­gente sen­si­bil­ité, Éric Allard évoque La poé­tique de l’espace. En feuil­letant l’essai de Gas­ton Bachelard, pour y retrou­ver les références, une cita­tion de Pierre-Jean Jou­ve sem­ble com­pléter celle que nous cher­chions. Elle exprime idéale­ment cette sen­sa­tion à la fois mul­ti­ple et indéfiniss­able que nous inspire l’entrelacement des illus­tra­tions créées par le pho­tographe Pierre More­au et des images poé­tiques sus­citées par le texte d’Isabelle Bielec­ki : « La poésie est une âme inau­gu­rant une forme ». Con­tin­uer la lec­ture

L’amour en partage

Jean-Michel AUBEVERT, Aux cimais­es de l’aube, illus­tra­tions de Joëlle Aubev­ert, Coudri­er, coll. « Sor­tilèges », 2025,101 p., 22 €, ISBN : 978–2‑39052–075‑7

aubevert aux cimaises de l'aubeLa col­lec­tion « Sor­tilèges » des édi­tions Le coudri­er com­prend des exem­plaires de tête en tirage lim­ité, des livres d’artiste et des livres au for­mat ital­ien. Pub­lié à titre posthume, ce livre est rehaussé de quelques pho­togra­phies en couleurs réal­isées par l’éditrice, com­pagne du poète (Uccle, 1952 / Ottig­nies, 2024). Auteur d’une œuvre ample et sen­si­ble, Jean-Michel Aubev­ert pos­sé­dait un sens indé­ni­able de la musi­cal­ité et une imag­i­na­tion tournée vers la nature et le mythe, la féérie et le rêve. Il était aus­si atten­tif par son tra­vail de cri­tique et de pré­faci­er aux œuvres d’autrui. Con­tin­uer la lec­ture

Une ultime liberté

Michel VAN DEN BOGAERDE, Sus­pen­sion du pronon­cé, Coudri­er, 2025, 66 p., 18 €, ISBN : 978–2‑39052–073‑3

van den bogaerde suspension du prononcéEnsem­ble de poèmes en vers libres, Sus­pen­sion du pronon­cé offre au lecteur une bonne cinquan­taine de textes poé­tiques, tous titrés, agré­men­tés d’œuvres pic­turales en couleur, illus­trant ain­si le dou­ble tal­ent de Michel van den Bogaerde, qui s’inscrit là dans une tra­di­tion bien belge des rap­ports chez le même créa­teur entre la plume et le pinceau. Lau­rence Brog­niez, Paul Aron ou Claudette Sar­let ont analysé ce phénomène prég­nant à tra­vers l’histoire de nos Let­tres et Char­lyne Audin écrit à ce pro­pos : Con­tin­uer la lec­ture

« (…) La manigance des mots … »

Patrick DEVAUX, Ne le dites à per­son­ne, illus­tra­tions de Cather­ine Berael, Coudri­er, 2025, 55 p., 18 €, ISBN : 978–39052-070–2

devaux ne le dites a personnePoète pro­lifique, Patrick Devaux pub­lie ses recueils avec une régu­lar­ité de métronome. Sa bib­li­ogra­phie (par­tielle !) donne le ver­tige et pour­rait don­ner à crain­dre une pro­fu­sion dévelop­pée au détri­ment de l’inspiration. Ce n’est certes pas le cas ici.

Avec Ne le dites à per­son­ne, Devaux se laisse porter par la nos­tal­gie d’un temps qu’il regrette de n’avoir pu sauve­g­arder. Loin des réseaux soci­aux (qu’il pra­tique pour­tant avec une gour­man­dise allè­gre), ce temps-là préser­vait les vrais con­tacts (que le poète développe avec une non moins grande affa­bil­ité, ne serait-ce que dans l’exercice de ses respon­s­abil­ités au sein de l’AREAW dont il est le prési­dent). Con­tin­uer la lec­ture

Le poème comme épiphanie

Philippe LEUCKX, Par les escaliers anciens, ill. Philippe Col­mant, Coudri­er, 2025, 68 p., 18 €, ISBN : 978–2‑39052–072‑6

leuckx par les escaliers anciensDans ce recueil récent, illus­tré par quelques pho­togra­phies de Philippe Col­mant, autre poète du cat­a­logue du Coudri­er, Philippe Leuckx pour­suit, sur le mode élé­giaque, une médi­ta­tion qui lui est famil­ière de livre en livre. Le temps et la fragilité de vivre y occu­pent la place cen­trale et se lisent ici dans l’image de l’escalier : celle-ci revient à inter­valle réguli­er dans cette suite de poèmes où c’est l’espace qui se charge de traduire la flèche du temps : Con­tin­uer la lec­ture

Nuit blanche

Philippe COLMANT, Crev­er la nuit, ill. Philippe Col­mant, Coudri­er, 2025, 64 p., 18 €, ISBN : 978–2‑39052–069‑6

colmant crever la nuitPoète et pho­tographe, Philippe Col­mant expose dans cette prose poé­tique l’espace-temps d’une nuit de soli­tude « où JE appelle et espère TU pour retrou­ver NOUS. Une nuit où le solil­oque intérieur con­voque le sou­venir et remue l’inquiétude dans la pluie de l’attente. » Le nar­ratif factuel est réduit à des signes con­crets : d’une part, le déroulé tem­porel est ryth­mé par la men­tion des heures et des sec­on­des dont la course indif­férente ren­voie au car­rousel des pro­jec­tions men­tales ; l’énonciation des gestes, des déplace­ments dans le huis-clos de l’appartement, la dis­tinc­tion per­cep­ti­ble entre ville et zone sub­ur­baine, l’observation de l’environnement sonore et des phénomènes noc­turnes dresse un cadas­tre de la déshérence, d’autant plus réal­iste qu’il s’accompagne d’un con­tre­point intérieur : pen­sées, sou­venirs, flashs, et son cortège émo­tion­nel : attente, inquié­tude, ques­tion­nement, doute, ciné­ma men­tal par à‑coups. Ain­si la phénoménolo­gie du huis-clos tem­porel et spa­tial se dou­ble d’une psy­cholo­gie de la perte, du rejet et de l’abandon : Con­tin­uer la lec­ture

À fleur de peau

Cather­ine BERAEL, Deux, Coudri­er, 2024, 120 p., 20 €, ISBN : 978–2‑39052–067‑2

berael deuxDans ce nou­veau recueil de nou­velles, Cather­ine Berael nous offre sept his­toires où elle fait la part belle à des moments rela­tion­nels intens­es entre le héros et un être cher ou sym­bol­ique­ment impor­tant pour lui. Deux nous fait ain­si décou­vrir sans tran­si­tion une ren­con­tre lors d’un cours de tan­go qui don­nera nais­sance à un amour pas­sion­nel rapi­de­ment étouf­fé par la jalousie et la pos­ses­siv­ité, mais aus­si une ren­con­tre for­tu­ite en terre danoise entre un gui­tariste au regard intense et une ran­don­neuse soli­taire ayant légère­ment sures­timé sa forme physique. Con­tin­uer la lec­ture

La récolte des verbes …

Pas­cal FEYAERTS, Racines de l’éphémère, Pré­face de Philippe Col­mant, Illus­tra­tions de l’auteur, Coudri­er, 2024, 61 p., 18 €, ISBN : 978–2‑39052–066‑5

feyaerts racines de l'éphémèreAlter­nant créa­tions pic­turales en noir et blanc et lignes poé­tiques cour­tes, Pas­cal Feyaerts chem­ine de page en page au fil d’évocations brèves. Le recueil Racines de l’éphémère se com­pose de médi­ta­tions – si ful­gu­rantes qu’elles sont proches de l’aphorisme (Il suf­fit par­fois d’une seule / larme pour se noy­er) – et d’illustrations réal­isées par le poète. Con­tin­uer la lec­ture

Le poème comme délivrance

Michel DUCOBU, L’ombre de l’aube, ill. de Manu Hen­ri­on, Coudri­er, 2024, 18 €, ISBN : 978–2‑39052–056‑6

ducobu l'ombre de l'aubeL’ombre de l’aube, quinz­ième livre de poèmes du Namurois Michel Ducobu (1942), s’ouvre par un superbe fron­tispice (dont la repro­duc­tion orne aus­si la cou­ver­ture du livre) de l’artiste, lui aus­si namurois, Manu Hen­ri­on (1951). Ducobu résumait ain­si en 2021 la démarche de cet artiste diplômé de l’Académie des Beaux-Arts de Namur : Con­tin­uer la lec­ture

Éloge de la fragilité

Anne BONHOMME, Atten­dre. Coudri­er, ill. de Cathy Devylder, 2024, 55 p., 16 €, ISBN : 978–2‑390520–57‑3

bonhomme attendreVoici le dix­ième et dernier recueil de poèmes d’Anne Bon­homme, his­to­ri­enne de for­ma­tion (née à Verviers en 1941 — décédée en sep­tem­bre 2024) dont l’œuvre a obtenu le prix de poésie Nicole Hous­sa  en 1960 et le prix de poésie Emma Mar­tin décerné par l’A.E.B. pour Ici là-bas en 2008. Con­tin­uer la lec­ture

Braconnière de riens

Mar­tine ROUHART, Guet­ter les embel­lies, Pré­face Patrick Devaux, Illus­tra­tions Isabelle Simon, Coudri­er, 2024, 62 p., 18 €, ISBN 978–2‑39052–065‑8

rouhart guetter les embelliesDepuis peu prési­dente de l’Association des écrivains de Bel­gique (AEB), mem­bre active de l’Association des écrivains et artistes de Wal­lonie (AREAW), Mar­tine Rouhart est une per­son­nal­ité attachante du monde des Let­tres belges de langue française. On la con­naît prin­ci­pale­ment comme poétesse, une forme qu’elle alterne avec la prose romanesque. On se sou­vien­dra entre autres d’un émou­vant réc­it auto­bi­ographique Les ailes bat­tantes (2021, Édi­tions M.E.O.) et du roman Les fan­tômes de Théodore (2020, Édi­tions Mur­mure des soirs). Con­tin­uer la lec­ture

L’arrivée spectaculaire du printemps

Eve­lyne WILWERTH, La vie, en robe rose et noire, Coudri­er, 2024, 171 p., 22 €, ISBN : 9782390520597

wilwerth la vie en robe rose et noirDans La vie, en robe rose et noire, des soli­tudes égrenées ten­tent de revêtir leur avenir d’une autre mise. Ces nou­velles font état d’une brisure du temps qui change, ou pas, la vie de ces incon­nus.

Le livre sacre le vivant et le retour à la nature. L’irruption d’un coin de ciel bleu, le mou­ve­ment ou la choré­gra­phie d’un écureuil, la présence déli­cate d’une pâquerette… Des gens au bout du rouleau, esseulés, désem­parés, se retrou­vent soudaine­ment ani­més d’une pul­sion de vie. Tous ces per­son­nages ne font-ils pas autre chose que de retrou­ver une appar­te­nance, celle de la famille humaine ? L’âme des plus frag­iles se livre inopiné­ment, tel un nou­veau-né qu’une mère doit apprivois­er. Et pour racon­ter ces bribes de vie, Eve­lyne Wilw­erth a choisi d’investir, à six repris­es, six lieux dis­parates : un ciné­ma, une autoroute, une mater­nité, un lieu-dit, une cab­ine pho­to et une gare. Con­tin­uer la lec­ture