Archives par étiquette : Philippe Colmant

Rentrée d’hiver 2026 : en route vers la Foire du livre

RL hiver 2026 visu

« Ren­trée lit­téraire » désigne tra­di­tion­nelle­ment la péri­ode d’effervescence édi­to­ri­ale qui s’étend de fin aout à début novem­bre. C’est à ce moment que parais­sent les livres en lesquels les maisons d’édition (parisi­ennes) voient de pos­si­bles can­di­dats aux Goncourt, Renau­dot et autre Fem­i­na. Depuis plusieurs années, toute­fois, le cal­en­dri­er édi­to­r­i­al con­nait un autre temps fort, en jan­vi­er-févri­er. Les sor­ties sont nom­breuses et les livres qui parais­sent à ce moment-là sont aus­si de ceux sur lesquels les édi­teurs mis­ent par­ti­c­ulière­ment. On par­le donc désor­mais aus­si d’une ren­trée lit­téraire d’hiver. Con­tin­uer la lec­ture

« …jusqu’à l’ombre zéro… »

Philippe COLMANT, Ver­so de l’ombre, Pho­togra­phies de l’auteur, Coudri­er, 2025, 89 p., 20 €, ISBN : 978–2‑39052–077‑1

colmant verso de l'ombreOuvrant le recueil du poète-pho­tographe Philippe Col­mant, l’épigraphe de Jules Renard nous donne d’emblée la clé (d’une) des lec­tures pos­si­bles du texte et des images réu­nis ici : L’ombre ne vit qu’à la lumière. Car c’est bien de cela qu’il s’agit en matière de poésie : l’exploration sans cesse renou­velée des zones où la lumière pro­jette ces images (apparem­ment) abstraites et mono­chromes faites de tach­es d’ombre mou­vantes. Con­tin­uer la lec­ture

Rentrée littéraire 2025 : continuité et renouveau

rentree 2025

Immuable temps fort de l’année édi­to­ri­ale française, la « ren­trée lit­téraire d’automne » sus­cite beau­coup d’attention en Bel­gique aus­si.

De la part des libraires et des lecteurs, évidem­ment, puisque la lit­téra­ture pub­liée en France reste, de loin, la plus ven­due chez nous. Pour les auteurs et autri­ces belges pub­liés en France, cette ren­trée est pleine­ment la leur, et ils se mêleront, comme tous les romanciers hexag­o­naux, à l’effervescence du moment et notam­ment à la course aux prix. Les maisons d’édition belges, quant à elles, adoptent vis-à-vis de cette péri­ode des atti­tudes divers­es. Cer­taines en font un moment-phare de leur année. Elles optent alors pour un pro­gramme d’ampleur, et des dates de paru­tion qui rejoignent celles des voisins français (fin août), ou sont au con­traire plus tar­dives, pour éviter une con­cur­rence déséquili­brée. D’autres maisons, sans être inac­tives au cours du deux­ième semes­tre, pla­cent plutôt le cen­tre de grav­ité de leur année édi­to­ri­ale à la Foire du livre de Brux­elles, et présen­tent donc un pro­gramme plus léger pour l’automne.

Tour d’horizon des auteurs et autri­ces belges qui fer­ont la ren­trée 2025, en Bel­gique ou à l’étranger. Con­tin­uer la lec­ture

Nuit blanche

Philippe COLMANT, Crev­er la nuit, ill. Philippe Col­mant, Coudri­er, 2025, 64 p., 18 €, ISBN : 978–2‑39052–069‑6

colmant crever la nuitPoète et pho­tographe, Philippe Col­mant expose dans cette prose poé­tique l’espace-temps d’une nuit de soli­tude « où JE appelle et espère TU pour retrou­ver NOUS. Une nuit où le solil­oque intérieur con­voque le sou­venir et remue l’inquiétude dans la pluie de l’attente. » Le nar­ratif factuel est réduit à des signes con­crets : d’une part, le déroulé tem­porel est ryth­mé par la men­tion des heures et des sec­on­des dont la course indif­férente ren­voie au car­rousel des pro­jec­tions men­tales ; l’énonciation des gestes, des déplace­ments dans le huis-clos de l’appartement, la dis­tinc­tion per­cep­ti­ble entre ville et zone sub­ur­baine, l’observation de l’environnement sonore et des phénomènes noc­turnes dresse un cadas­tre de la déshérence, d’autant plus réal­iste qu’il s’accompagne d’un con­tre­point intérieur : pen­sées, sou­venirs, flashs, et son cortège émo­tion­nel : attente, inquié­tude, ques­tion­nement, doute, ciné­ma men­tal par à‑coups. Ain­si la phénoménolo­gie du huis-clos tem­porel et spa­tial se dou­ble d’une psy­cholo­gie de la perte, du rejet et de l’abandon : Con­tin­uer la lec­ture

La rentrée littéraire 2024, avec sobriété

Rentrée littéraire 2024

Pour la plu­part d’entre nous, le début des vacances est aus­si immi­nent qu’attendu. Évo­quer en ce moment la ren­trée, fût-elle lit­téraire, a donc for­cé­ment quelque chose d’incongru. Pour­tant, les maisons d’édition ont générale­ment déjà bouclé leur pro­gramme autom­nal et plusieurs d’entre elles l’ont présen­té aux libraires, voire aux médias. Comme tou­jours, les autri­ces et auteurs belges seront nom­breux à dévoil­er leur nou­veau livre cet automne. Le point sur leurs sor­ties annon­cées au deux­ième semes­tre.

Mais d’abord quelques con­stats. À part les édi­tions M.E.O., Weyrich et Les impres­sions nou­velles, dont cer­tains romans parais­sent dès la fin août, les maisons d’édition belges ne se calquent pas sur le cal­en­dri­er de la ren­trée lit­téraire française : la plu­part de leurs pub­li­ca­tions sont prévues plus tard dans la sai­son. Ce décalage peut s’expliquer par une volon­té de ne pas se plac­er en con­cur­rence, for­cé­ment déséquili­brée, avec des sor­ties hexag­o­nales accom­pa­g­nées de moyens pro­mo­tion­nels sans com­mune mesure. Il reflète aus­si une logique autre : plusieurs maisons d’édition inter­rogées pour pré­par­er cet arti­cle nous ont expliqué pro­gram­mer leurs paru­tions en fonc­tion non de la ren­trée lit­téraire, mais des événe­ments plus por­teurs pour elles, tels que le Marché de la poésie, le fiEs­ti­val ou encore le Poet­ik Bazar. Con­tin­uer la lec­ture

L’amour et le poème comme viatiques

Philippe COLMANT, À la marge du ciel, Pré­face de Philippe Leuckx, ill. de Philippe Col­mant, Coudri­er, 2024, 97 p., 20 €, ISBN : 978–2‑39052–058‑0

colmant a la marge du cielNé en 1964 à Brux­elles, Philippe Col­mant est tra­duc­teur de for­ma­tion et de pro­fes­sion. Depuis 2012, il exerce ses com­pé­tences de tra­duc­teur-réviseur au sein de l’u­nité française de la Cour des comptes européenne à Lux­em­bourg. Auteur d’une dizaine de recueils de poèmes, il a obtenu le prix Jean-Kobs 2021 pour Cette vie insen­sée et le prix Dela­by-Mour­maux 2023 pour Tec­tonique du temps. Il a égale­ment signé à ce jour qua­tre romans policiers mais con­sid­ère la poésie comme son prin­ci­pal champ d’expression. Il est mem­bre de l’Association des écrivains belges de langue française (AEB), de l’Association royale des écrivains et artistes de Wal­lonie (AREAW) et du Gre­nier Jane Tony. Il a égale­ment pub­lié un recueil à qua­tre mains avec Philipe Leuckx, Frères de mots. Ce n’est pas leur seule col­lab­o­ra­tion, puisque Philippe Leuckx a signé et signe encore ici une  pré­face aux poèmes de Philippe Col­mant tan­dis que ce dernier fait béné­fici­er de son art pho­tographique l’édition du recueil de Leuckx, Matière des soirs. C’est d’ailleurs une car­ac­téris­tique de la mai­son d’édition Le Coudri­er que de pub­li­er des livres qui sont le fruit des divers tal­ents des pro­tag­o­nistes de son cat­a­logue, soit comme auteurs et autri­ces, pho­tographes, dessi­na­teurs et dessi­na­tri­ces, pein­tres ou pré­faciers. Le Coudri­er favorise ain­si en son sein les dia­logues mul­ti­fonc­tion­nels de ses mem­bres. Con­tin­uer la lec­ture

Prix littéraires de l’AEB : les lauréats 2023

L’AEB a décerné ses prix lit­téraires 2023 ce mer­cre­di 17 jan­vi­er. Qua­tre récom­pens­es ont été attribuées. Con­tin­uer la lec­ture

On est si peu à soi…

Philippe LEUCKX, Matière des soirs, pré­face de Jean-Michel Aubev­ert pho­togra­phies de Philippe Col­mant, Coudri­er, 2023, 53 p., 18 €, ISBN = 978–2‑39052–051‑1

leuckx matiere des soirsPoète pro­lifique (dans la notice le con­cer­nant, à la fin de ce vol­ume, il faut pas moins de qua­tre pages pour faire l’inventaire par­tiel de ses pub­li­ca­tions) Philippe Leuckx nour­rit d’amitiés poé­tiques.

On sait la générosité avec laque­lle il rend compte du tra­vail de ses con­sœurs et con­frères dans des arti­cles, des ren­con­tres lit­téraires, des pré­faces. Ce sont ain­si deux de ces com­plices qui ornent le dernier recueil en date : Philippe Col­mant pho­togra­phie des ciels de soir tan­dis que Jean-Michel Aubev­ert ouvre le livre avec une pré­face dont la poésie tend un miroir frater­nel à la détresse qui hante Matière des soirs. Con­tin­uer la lec­ture

La rentrée littéraire 2022 : une revue de presse (2)

revue de presse - illustration

Pho­to Pix­abay

Effer­ves­cence édi­to­ri­ale, course aux prix…, la ren­trée lit­téraire d’automne est tra­di­tion­nelle­ment une péri­ode d’intense activ­ité dans le monde du livre fran­coph­o­ne. La pléthore d’ouvrages disponibles expose les plus frag­iles d’entre eux à un pas­sage aus­si éphémère qu’anonyme sur les tables des libraires. Au jeu de la vis­i­bil­ité et de la con­sécra­tion, la presse joue naturelle­ment un rôle de médi­a­tion et de con­seil auprès des lec­tri­ces et lecteurs.

Le 10 sep­tem­bre, la revue de presse du Car­net et les Instants pro­po­sait un bilan de l’accueil médi­a­tique et cri­tique des autri­ces et auteurs belges de la ren­trée pub­liés dans des maisons d’édition français­es. Les maisons d’édition belges lan­cent leur ren­trée quelques semaines plus tard que leurs homo­logues hexag­o­nales ; les pre­miers livres arrivent sur les tables des librairies en sep­tem­bre seule­ment. Cette deux­ième livrai­son de notre revue de presse de la ren­trée 2022 leur est con­sacrée. Con­tin­uer la lec­ture

L’enfance en poésie

Philippe COLMANT, Mai­son mère, Pré­face de Philippe Leuckx, Bleu d’encre, 2022, 60 p., 12 €, ISBN : 978–2‑930725–50-52

colmant maison mereAuteur de romans policiers et de recueils de poésie, Philippe Col­mant nous avait don­né, au début de cette année, un recueil : Frères de mots. Il l’avait écrit à qua­tre mains en com­plic­ité avec Philippe Leuckx qui signe une pré­face sen­si­ble et lumineuse au dernier recueil de son désor­mais « frère de mots ». Ouvrir cette recen­sion en évo­quant la com­plic­ité créa­trice de deux poètes est une manière délibérée de saluer, chez l’un et l’autre, cet entrelace­ment de l’écriture et de la lec­ture des œuvres. La pré­face est le pre­mier partage d’un livre, la pre­mière lec­ture accordée à l’ouvrage, achevé certes, mais encore mal­adroit au com­mence­ment du chemin si escarpé de la pub­li­ca­tion, de la pro­mo­tion, de la recherche de ce pub­lic dont on dit qu’il s’éloigne de plus en plus du livre. Con­tin­uer la lec­ture

De l’amitié, sa belle tessiture…

Philippe COLMANT et Philippe LEUCKX, Frères de mots, Coudri­er, 2022, 90 p., 18 €, ISBN : 978–2‑39052–030‑6

colmant leuckx freres de motsPhilippe Col­mant  et Philippe Leuckx se sont rejoints dans un vol­ume écrit à qua­tre mains, orné de pho­togra­phies en noir et blanc. Le titre Frères de mots se jus­ti­fie d’emblée : rien n’indique auquel des deux Philippe attribuer tel ou tel poème. L’auteur des pho­togra­phies, paysages de forêts et chemins de cam­pagne enneigés, n’est pas davan­tage iden­ti­fié dans ce recueil paru aux Édi­tions Le Coudri­er.  C’est bien d’un entrelace­ment délibéré qu’il s’agit pour ces deux poètes, exclu­ant que l’un se pré­vale d’une image fût-elle styl­is­tique ou argen­tique.

Chaque poème donne à cette com­plic­ité un éclairage frater­nel, d’autant plus intense que l’un et l’autre se retrou­vent dans chaque mot déposé dont ils se dépos­sè­dent. Y a‑t-il échange plus pro­fond que celui-ci, entre deux artistes, mêlant leur encre, ren­dant de l’amitié/ sa belle tes­si­ture ?  Chaque page du recueil évoque avec une puis­sance que Mon­taigne – dont on sait les pages inou­bli­ables que lui inspi­ra la mort de son ami La Boétie —  ne récuserait pas, la force de l’amitié qui irradie de ces Frères de mots. Cette ami­tié sans laque­lle semer le ciel/ reste hors de portée est déclinée en qua­tre-vingts vari­a­tions évo­quant le partage (partager la sente/et la mie du poème), la fidél­ité (de la main qui offre / tu sais cette sève / du don qui fait grandir) la com­mu­nauté de la poésie (Et nos rimes fleuris­sent / Dans le vase de la vie), le silence bien­venu (Les portes béent / sur les mots / pleins de nos silences). Con­tin­uer la lec­ture

Prends garde, Saint Jean-Baptiste!

Philippe COLMANT, Salomé pour tou­jours, Demdel, 2018, 230 p., 12,50€, ISBN : 978–2‑87549–241‑8

Un beau same­di d’avril, un triple meurtre tombe sur les bras du com­mis­saire Pierre Van Cal­ster et de son équipe. Une anci­enne can­ta­trice, Alice Dan­tinne, est retrou­vée morte au bas de son immeu­ble. Les soupçons d’un sui­cide sont rapi­de­ment écartés vu les mar­ques de stran­gu­la­tion présentes sur son cou. Deux autres corps d’hommes, sauvage­ment assas­s­inés et mutilés, sont décou­verts quelques heures plus tard dans une église désaf­fec­tée et à l’orée de la forêt de Soignes. Con­tin­uer la lec­ture