Archives par étiquette : Yves Namur

Entre foutre et foudre, l’érotisme

Collectif Littérature et érotisme

Littérature et érotisme

Auteurs et autri­ces : Lau­rence Boudart, Michel Brix, Éric Brog­ni­et, Luc Del­lisse, Estelle Der­ouen, Palo­ma Her­mi­na Hidal­go, Yves Namur et Alexan­dre Saa­nen

Mai­son d’édition : Académie royale de langue et de lit­téra­ture français­es de Bel­gique

Année d’édition : 2026

Nom­bre de pages : 176

Prix : 18 €

Livre numérique : /

EAN : 9782803200962

Il y a bien à désir­er et à jouir dans le vol­ume Lit­téra­ture et éro­tisme, issu d’un col­loque tenu en décem­bre 2026 en notre Académie royale. Bien sûr, huit inter­ven­tions ne suf­firont guère à épuis­er un sujet à la fois ances­tral et si fécond, mais comme l’écrit d’emblée Yves Namur dans la pré­face de ces actes, « le point de vue choisi [porte sur] un champ d’investigations où l’écriture elle-même est à l’épreuve, où le style et les mots impor­tent ». « Approcher [le cor­pus de la lit­téra­ture éro­tique], remar­que en out­re Estelle Der­ouen, c’est inter­roger ce qu’il véhicule, ce qu’il incar­ne et ce qu’il sym­bol­ise, afin d’accéder à sa grande diver­sité formelle et thé­ma­tique ». Con­tin­uer la lec­ture

Les tremblements de la nomination

Un coup de cœur du Car­net

Yves NAMUR, Fig­ures de l’éphémère, Post­face de Daniel Laroche, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2026, 274 p., 12 €, ISBN : 9782875687388

namur figures de l'éphémèreL’œuvre d’Yves Namur se tient sous le signe de la poésie pen­sante au sens où l’espace du poème se con­stru­it comme un lieu de médi­ta­tion et de réflex­ion méta­physique. Fig­ures de l’éphémère, mag­nifique­ment post­facé par Daniel Laroche, abrite des frag­ments de trois recueils poé­tiques des années 1990, Frag­ments de l’inachevée (1992), Une parole dans les failles (1997), Fig­ures du très obscur (2000). La matière lan­gag­ière, l’acte de la nom­i­na­tion sont au cœur de l’imaginaire du poète, médecin des corps-âmes et médecin des mots, qui plante son inter­ro­ga­tion dans la ques­tion tout à la fois philosophique, poé­tique, exis­ten­tielle et spir­ituelle du dire, de la rela­tion (pos­si­ble et impos­si­ble) entre les mots et les choses. Liée à la con­ci­sion, à une ligne orac­u­laire, à un mou­ve­ment heuris­tique, la pré­va­lence de la forme ques­tion­nante est exigée par la rad­i­cal­ité du geste namurien : remon­ter aux sources du pas-de-deux entre le réel et la parole. L’oreille col­lée aux écrits d’Héraclite d’Éphèse, des Pré­socra­tiques, aux mys­tères du nom (sacré et pro­fane), Yves Namur aus­culte les promess­es, mais aus­si les failles, les lim­ites, l’impuissance du verbe, les para­dox­es dans lesquels le souf­fle de la parole nous entraine. Con­tin­uer la lec­ture

Rentrée d’hiver 2026 : en route vers la Foire du livre

RL hiver 2026 visu

« Ren­trée lit­téraire » désigne tra­di­tion­nelle­ment la péri­ode d’effervescence édi­to­ri­ale qui s’étend de fin aout à début novem­bre. C’est à ce moment que parais­sent les livres en lesquels les maisons d’édition (parisi­ennes) voient de pos­si­bles can­di­dats aux Goncourt, Renau­dot et autre Fem­i­na. Depuis plusieurs années, toute­fois, le cal­en­dri­er édi­to­r­i­al con­nait un autre temps fort, en jan­vi­er-févri­er. Les sor­ties sont nom­breuses et les livres qui parais­sent à ce moment-là sont aus­si de ceux sur lesquels les édi­teurs mis­ent par­ti­c­ulière­ment. On par­le donc désor­mais aus­si d’une ren­trée lit­téraire d’hiver. Con­tin­uer la lec­ture

(re)visiter la poésie française de Belgique

Les poètes de la rue Ducale. Antholo­gie poé­tique, Intro­duc­tion et choix par Yves Namur, Académie royale de langue et de lit­téra­ture français­es de Bel­gique, 2025, 247 p., 20 €, ISBN 978–3‑8032–0093‑1

namur les poetes de la rue ducaleQu’est-ce au juste que cette « rue Ducale » ? De quand date sa réu­nion de poètes ? Qui en fit (fait) par­tie ? L’énigme – bénigne – s’éclaire bien­tôt si l’on s’avise qu’une rue Ducale bor­de le Parc Roy­al à Brux­elles et longe le Palais des Académies royales, dont celle des écrivains fran­coph­o­nes… Con­venons-en, un titre comme “Nos poètes académi­ciens” eût paru plus com­passé, voire intim­i­dant. Or, il s’agit avec cette nou­velle antholo­gie de sor­tir des armoires tout un pan de notre lit­téra­ture, de la fin 19e à aujourd’hui, pour opér­er une remise en lumière et un grand bras­sage intergénéra­tionnel. Yves Namur, qui col­lab­o­ra jadis avec Lil­iane Wouters, est un anthol­o­giste expéri­men­té. Il a choisi de ranger les textes en suiv­ant non l’ordre his­torique de leur paru­tion mais l’ordre alphabé­tique des noms d’auteur(trice), ce qui engen­dre des voisi­nages inat­ten­dus et par­fois même dis­so­nants : Véronique Bergen et Charles Bernard, Edmond Van­der­cam­men et Fer­nand Ver­he­sen, Jea­nine Moulin et Pierre Nothomb… Ain­si, loin du car­can chronologique, le vol­ume pro­gresse par sauts et con­trastes où l’idiosyncrasie de chaque auteur(trice) est mise en relief par celle de ses commensaux(ales), non sans pro­duire un plaisant effet de chine. Con­tin­uer la lec­ture

Des élections à l’Académie

le palais des académies

Le palais des Académies © Arllfb

L’A­cadémie royale de langue et de lit­téra­ture français­es de Bel­gique (Arllfb) a élu les suc­cesseurs de Michel del Castil­lo et de Pierre Mertens.  Con­tin­uer la lec­ture

Rentrée littéraire 2025 : continuité et renouveau

rentree 2025

Immuable temps fort de l’année édi­to­ri­ale française, la « ren­trée lit­téraire d’automne » sus­cite beau­coup d’attention en Bel­gique aus­si.

De la part des libraires et des lecteurs, évidem­ment, puisque la lit­téra­ture pub­liée en France reste, de loin, la plus ven­due chez nous. Pour les auteurs et autri­ces belges pub­liés en France, cette ren­trée est pleine­ment la leur, et ils se mêleront, comme tous les romanciers hexag­o­naux, à l’effervescence du moment et notam­ment à la course aux prix. Les maisons d’édition belges, quant à elles, adoptent vis-à-vis de cette péri­ode des atti­tudes divers­es. Cer­taines en font un moment-phare de leur année. Elles optent alors pour un pro­gramme d’ampleur, et des dates de paru­tion qui rejoignent celles des voisins français (fin août), ou sont au con­traire plus tar­dives, pour éviter une con­cur­rence déséquili­brée. D’autres maisons, sans être inac­tives au cours du deux­ième semes­tre, pla­cent plutôt le cen­tre de grav­ité de leur année édi­to­ri­ale à la Foire du livre de Brux­elles, et présen­tent donc un pro­gramme plus léger pour l’automne.

Tour d’horizon des auteurs et autri­ces belges qui fer­ont la ren­trée 2025, en Bel­gique ou à l’étranger. Con­tin­uer la lec­ture

Des images, des mots, et vice-versa

Yves NAMUR (sous la direc­tion de), Lit­téra­ture et Pho­togra­phie. Académie royale de langue et de lit­téra­ture française de Bel­gique, 2025, 128 p., 16 €, ISBN : 978–2‑8032–0088‑7

collectif litterature et photographieImman­quable dès le pre­mier abord : la diver­sité même de cet ouvrage où dix auteurs/autrices s’intéressent aux rela­tions entretenues avec la pho­togra­phie par une série d’autres l’ayant, depuis le début des années 1980, pra­tiquée, ou observée, ou com­men­tée, ou mise en retrait. Ce petit livre réu­nit les inter­ven­tions pronon­cées en novem­bre 2024, lors d’un col­loque organ­isé à Brux­elles par l’Académie royale de langue et de lit­téra­ture française. Dix inter­ven­tions : celles de Jan Baetens, Danielle Bajomée, Muriel Claude, Luc Del­lisse, Hélène Gian­nec­chi­ni, Philippe Lekeuche, Yves Namur et Mar­tine Renouprez. Autant dire qu’il en ressort des approches sig­ni­fica­tive­ment dif­férentes sur la thé­ma­tique abor­dée, témoignant de l’impact incroy­able­ment fécond qu’a procuré l’image pho­tographique depuis son inven­tion par Niépce, vers 1825, et ce qu’il en advint par la suite. Impos­si­ble ici de ren­dre compte en détail des apports par­ti­c­uliers de ces dix chapitres en noir et blanc. Mais à tra­vers ces pages vien­nent s’inscrire des élé­ments qui, dans leur dis­par­ité, sem­blent autant de pointeaux mar­quants au sein du ter­ri­toire délim­ité. Con­tin­uer la lec­ture

Deux expositions pour Cécile Miguel

Cécile Miguel

Cécile Miguel en 1987 © Ray­mond Saublains

Impor­tante actu­al­ité autour de Cécile Miguel (1921–2001) en ce print­emps : out­re deux livres au Tail­lis Pré, deux expo­si­tions retra­cent son par­cours artis­tique. Con­tin­uer la lec­ture

Appel d’air…

Un coup de cœur du Car­net

Cécile MIGUEL, Où jamais per­son­ne n’arrive (antholo­gie), fron­tispice de Wolf­gang Oster­held, choix et pré­face d’Yves Namur, Tail­lis Pré, coll. « Ha ! », 2024, 184 p., 19 €, ISBN : 978–2‑87450–221‑7

miguel où jamais personne n'arriveLe Pre­mier man­i­feste du sur­réal­isme a cent ans (1924). L’exposition His­toire de ne pas rire, à Bozar, offre un riche aperçu de ce mou­ve­ment lit­téraire. Il en est une fig­ure « oubliée », qui s’est volon­taire­ment tenue à dis­tance à par­tir du milieu des années soix­ante : une œuvre pic­turale et poé­tique, dont Yves Namur, son légataire et con­nais­seur le plus aver­ti, fidèle à son ami­tié pour l’artiste, a pris divers­es ini­tia­tives pour la faire mieux décou­vrir. En atten­dant le cat­a­logue de l’exposition Cécile Miguel : au creux des apparences, au Musée de la Bover­ie à Liège, le lecteur se reportera aus­si au Tail­lis Pré pour la mono­gra­phie Cécile Miguel, une vie oubliée et à Cécile Miguel et L’âge d’or, là je dors : regard sur un tableau de Béa­trice Lib­ert. Con­tin­uer la lec­ture

Le palais des plumes et des âmes

COLLECTIF, Une vie de palais, Académie royale de la langue et de lit­téra­ture français­es de Bel­gique, 2024, 159 p., 18 €, ISBN : 978–2‑8032–0077‑1

collectif une vie de palaisLa jaque­tte du livre et sa cou­ver­ture, en dis­tor­sion, offrent une mise en abyme du pro­jet offert aux lecteurs. Une volon­té d’ouverture (fenêtre aux bat­tants écartés), de jovi­al­ité (ciel bleu en arrière-plan et rose en encart), de sec­ond degré (un fau­teuil – d’académicien – flotte dans un tour­bil­lon de noms d’auteurs et autri­ces). Der­rière, la solen­nité d’une insti­tu­tion pres­tigieuse, l’Académie royale… séduit davan­tage, dans sa ligne épurée. Con­tin­uer la lec­ture

De l’écrit à l’écran : littérature et cinéma, une relation kaléidoscopique

COLLECTIF, Lit­téra­ture et ciné­ma, Académie royale de langue et de lit­téra­ture français­es de Bel­gique, 2023, 200 p., 18 €, ISBN : 978–2‑803200–75‑7

collectif littérature et cinemaDe Rim­baud à Duras, de Simenon à Bour­doux­he, de Stee­man à Aymé, rares sont les écrivains qui n’ont pas entretenu un lien – étroit ou non — avec le ciné­ma. Entre adap­ta­tions, réécri­t­ures et trans­la­tions, les rela­tions de la lit­téra­ture avec le sep­tième art pren­nent des formes innom­brables et var­iées. Elles ont don­né lieu à des chefs‑d’œuvre et à des échecs, démon­trant par­fois que le « pas­sage sur un autre plan » provoque inévitable­ment « du gag­né et du per­du », comme le sig­nale François Emmanuel. « La lit­téra­ture et le ciné­ma for­ment un cou­ple, pour le meilleur… et par­fois pour le pire » rap­pelle Yves Namur en guise de préam­bule au col­loque sur la lit­téra­ture et le ciné­ma qui s’est tenu en octo­bre 2022 à l’Académie royale de langue et lit­téra­ture français­es de Bel­gique et dont les actes sont désor­mais pub­liés. Con­tin­uer la lec­ture

La constellation poético-écologique des Bodart-Richter

Un coup de cœur du Car­net

Flo­rence RICHTER et François OST (dir.), La tribu Bodart-Richter. Entre écolo­gie et poésie, AML Édi­tions, coll. “Archives du futur”, 2023, 292 p., 28 € / ePub : 14,99 €, ISBN : 9782871680956

la tribu bodart-richterÉvéne­ment dans le cat­a­logue de AML Édi­tions, l’ouvrage con­sacré à la famille d’écrivains Bodart-Richter l’est à plus d’un titre. Tout d’abord parce que, pub­lié dans la col­lec­tion « Archives du Futur » des Archives et Musée de la Lit­téra­ture, ce vol­ume se place sous le signe d’une œuvre plurielle, mul­ti­ple, celles du poète et essay­iste Roger Bodart, de la roman­cière, dra­maturge et essay­iste Marie-Thérèse Bodart, de la nou­vel­liste et essay­iste Anne Richter et de l’écrivaine Flo­rence Richter. Ensuite, parce que le pan­el des rich­es con­tri­bu­tions (Jean-Claude Vantroyen, François Ost, Manon Houtart, Sask­ia Bursens, Yves Namur, Éric Brog­ni­et, Flo­rence Huy­brechts, Pas­cale Tou­s­saint, Christo­pher Gérard, Isabelle Moreels, Patrick Berg­eron, Flo­rence Richter, sans oubli­er l’introduction signée par Lau­rence Boudart et Flo­rence Huy­brechts) se rassem­ble autour des lignes de con­ver­gence entre l’œuvre de l’un et des autres, à savoir le nouage intime entre écolo­gie et écri­t­ure. Con­tin­uer la lec­ture

Vivantes traces à la lisière du visible

Yves NAMUR, La nuit amère, Arfuyen, 2023, 126 p., 14 €, ISBN : 9782845903517

namur la nuit amère« Toutes ces traces, Les con­nues, les oubliées Ou les per­dues Veu­lent-elles aus­si nous porter De l’autre côté du temps Et du fleuve noir ? », s’interroge leur évo­ca­teur poète pas­sion­né Yves Namur dans son livre La nuit amère.

Ces traces Qu’on laisse chaque jour Der­rière soi _ Comme autant de silences Ou de feuilles tombées sur l’herbe. 

Avec l’auteur, nous vibrons d’espoir (« Tu écris pour ren­dre vis­i­ble l’invisible », « Lorsque deux mains se cherchent Et se touchent dans l’obscur, Est-ce cela Qu’on appelle l’aube des cœurs Et des flam­boy­ants ?») Con­tin­uer la lec­ture

Gribouille en Morticolie ?

Lit­téra­ture et Médecine. Deux arts du regard. Autour de Jean-Christophe Rufin, Jean-Bap­tiste Baron­ian, Georges Casimir, Bernard Dan, François Emmanuel, Philippe Lekeuche, Pierre Mertens, Yves Namur et Ray­mond Red­ing, Académie rouyale de langue et de lit­téra­ture français­es de Bel­gique, 2023, 130 p., 15 €, ISBN : 9782803200696

litterature et medecine deux arts du regardLit­téra­ture et Médecine… L’ordre des mots adop­té dès le titre se soumet-il sim­ple­ment à celui de l’alphabet, ou bien est-ce que, fussent-elles toutes deux affublées d’une majus­cule et érigées en « arts du regard » la sec­onde reste un corol­laire de la pre­mière ? Il fal­lait tranch­er, bien sûr, et ce livre par­le davan­tage en ter­mes de « roman », « fic­tion », « auteurs », que de « patholo­gie », « traite­ment » ou « prati­cien ».

Il n’empêche : l’historiographie lit­téraire (fran­coph­o­ne mais pour tout dire, mon­di­ale) a beau regorg­er de fig­ures d’« écrivains-médecins », il serait peut-être plus juste de les qual­i­fi­er de « médecins-écrivains », puisque l’exercice de l’art d’Esculape précé­da par­fois de loin la fréquen­ta­tion des Mus­es… Prenons le cas le plus célèbre en lit­téra­ture française du XXe siè­cle, Louis-Fer­di­nand Céline. Il décou­vre sa voca­tion au Camer­oun, en 1916, en soignant vaille que vaille les pop­u­la­tions indigènes. Sa thèse de médecine, con­sacrée à un chirurgien hon­grois du siè­cle précé­dent, est con­sid­érée, à rai­son, comme son pre­mier texte lit­téraire… mais il fau­dra atten­dre les années 1926–1927 pour qu’il se mette à la rédac­tion de ce qui allait devenir Voy­age au bout de la nuit. Com­bi­en sont-ils, par­mi ses détracteurs, à regret­ter que le Doc­teur Destouch­es ait lâché son car­net d’ordonnances pour devenir le par­a­digme de l’écrivain col­labo et anti­sémite ? Con­tin­uer la lec­ture

Logoclastie et biogenèse

Yves NAMUR, O, l’œuf, pré­face de Fran­cis Éde­line, La Let­tre volée, 2022, coll. « Poiesis », 2023, 143 p., 20 €, ISBN 978–2‑87317–605‑1

namur o l'oeufAprès une pre­mière péri­ode de pub­li­ca­tion (1974–1978) suiv­ie d’un silence de six ans, Yves Namur fait paraitre deux recueils qui annon­cent une poé­tique moins trans­gres­sive quant à la forme lin­guis­tique. Or, au même moment, l’a­cadémie gas­tronomique dont il est mem­bre lui pro­pose d’écrire à pro­pos de l’œuf, défi que le poète relève dans un style proche des expéri­ences let­tristes ou spa­tial­istes. Le man­u­scrit n’est pas pub­lié, hormis deux ou trois textes en revue : l’au­teur pense qu’il est trop mar­gin­al, qu’il n’in­téresserait per­son­ne. Il envis­age même de s’en débar­rass­er, ou encore de le pub­li­er sous pseu­do­nyme… En 2019 pour­tant, il le soumet à Fran­cis Éde­line, spé­cial­iste de la “poésie con­crète”, qui s’en­t­hou­si­asme et rédi­ge une pré­face de haute volée. Ce déclic est cor­roboré par Véronique Bergen puis Pierre-Yves Soucy : le livre parait début 2023, don­nant un con­tre­poids inat­ten­du à la poésie “pen­sante” que pra­tique Y. Namur depuis une bonne trentaine d’an­nées. Con­tin­uer la lec­ture

La littérature par le menu

COLLECTIF, La cui­sine de nos écrivains, Académie royale de langue et lit­téra­ture français­es de Bel­gique, 2022, 130 p., 15 €, ISBN : 9782803200672

collectif la cuisine de nos écrivainsIl n’y a que les imbé­ciles qui ne soient pas gour­mands. On est gour­mand comme on est artiste, comme on est poète”.

Inci­tant le lecteur au péché de gour­man­dise, Yves Namur cite Guy de Mau­pas­sant dans son intro­duc­tion aux actes du col­loque con­sacré à La cui­sine de nos écrivains qui s’est tenu en octo­bre 2021, à l’occasion du cen­te­naire de l’Académie royale de langue et lit­téra­ture français­es de Bel­gique. La gour­man­dise est en effet de mise pour évo­quer un sujet d’une telle ampleur. C’est que les écrivains ne man­quent pas, qui ont fait de la nour­ri­t­ure un sujet à part entière  ou la métaphore de leur art, et du repas, le sub­til décor de leur roman ou le sym­bole de l’appartenance sociale de leurs per­son­nages. Et que l’on ne s’y trompe pas, les auteurs et autri­ces dont il est ques­tion ici, « nos écrivains », sont belges ou français. Ce sont les écrivains de notre pat­ri­moine lit­téraire, ceux qui ont façon­né (et façon­nent encore) notre imag­i­naire. La gour­man­dise, comme la lit­téra­ture, n’a pas de fron­tière. Con­tin­uer la lec­ture