Un coup de cœur du Carnet
François LIENARD, Regina Maris, Lettre volée, 2025, 128 p., 18 €, ISBN : 978–2‑87317–655‑6
Le voile de gras, de gris, de graffitis se déchire,
Vers Gand le ciel s’ouvre, des grains de sable
Tombent de l’émeri des nuages bleus, une odeur
De crêpe au sucre brinquebale vers Blankenberge
Bonheur fou de suivre François Liénard dans ses pérégrinations en tram tout du long de la côte belge ! C’est que François Liénard est généreux : en dix-neuf poèmes de formes et de longueurs variables, Regina Maris nous offre autant de cartes postales, ou de lettres intimes, qu’un ami nous enverrait d’Oostende ou du Westhoek. C’est jubilatoire et addictif. Continuer la lecture






Les choses tiennent en peu de mots, et sont assez simples. Jean-Philippe Toussaint, dans ce court texte qu’est La disparition du paysage, les révèle d’emblée. Le châssis d’une fenêtre, donnant sur le casino d’Ostende et ses abords, forme comme le cadre d’un tableau. Dans un fauteuil roulant, dont on n’est pas vraiment certain qu’il puisse le faire bouger, un homme passe ses journées à regarder au dehors, depuis son appartement. Ce dehors qu’il a souvent arpenté autrefois, marchant sur la digue ou la plage, respirant les odeurs de la mer, remettant ses idées en place au fur et à mesure de l’avancée de ses propres pas. Condamné à l’immobilité depuis des mois, il laisse aujourd’hui son regard passer de la mer au ciel, sans aspérités auxquelles s’accrocher.
« Belgiques »,