Archives par étiquette : Liliane Schraûwen

Écrire comme viatique

Lil­iane SCHRAÛWEN, Errances de nuit, Bleu d’encre, 2024, 98 p., 15 €, ISBN : 978–2‑930725–78‑9

schrauwen errances de nuitLil­iane Schraûwen a passé son enfance en Afrique – l’une ou l’autre allu­sion en témoigne dans ce recueil de poèmes qui s’ajoute à une bib­li­ogra­phie déjà bien fournie (romans, nou­velles, poèmes, réc­its his­toriques, lit­téra­ture pour la jeunesse). Enseignante, elle a aus­si exer­cé divers emplois dans les métiers du livre. La ques­tion des mots est dès lors essen­tielle, car ils sont un chemin vers l’écriture, qui a une fonc­tion mémorielle. Ils représen­tent égale­ment un via­tique pour déjouer l’absurdité et la vacuité de toute exis­tence réduite à sa part muette et tran­si­toire. Amulettes, étoiles dans la nuit, com­pagnons du rêve, passeurs d’émotions et panseurs des plaies qu’en chaque être humain le temps dépose, à tra­vers les péripéties de la grande ou de la petite His­toire. Les mots sur­gis­sent, ils vien­nent d’un arrière-fond de l’être : Con­tin­uer la lec­ture

Un arbre aux racines profondes

Un coup de cœur du Car­net

Lil­iane SCHRAÛWEN, Bel­giques, Ker, coll. « Bel­giques », 2024, 140 p., 12 € / ePub : 5,99 €, ISBN : 9782875864758

schrauwen belgiquesQuelques jours de répit au fin fond de la Gaume, loin du tumulte de la cap­i­tale et du quo­ti­di­en. Quelques mois de vacances en Bel­gique, loin de l’Afrique qui a vu la nar­ra­trice naître, et la décou­verte de cette Flan­dre, tel un songe comme dirait Ghelderode. Une balade au cimetière de Laeken, « au milieu des morts, telle­ment morts et telle­ment vivants à la fois à tra­vers leur image dans la pierre ». Une prom­e­nade au cœur de la cap­i­tale, sur la Grand-Place, à tra­vers les épo­ques et les exé­cu­tions cap­i­tales qui s’y tenaient. Con­tin­uer la lec­ture

La rentrée littéraire 2024, avec sobriété

Rentrée littéraire 2024

Pour la plu­part d’entre nous, le début des vacances est aus­si immi­nent qu’attendu. Évo­quer en ce moment la ren­trée, fût-elle lit­téraire, a donc for­cé­ment quelque chose d’incongru. Pour­tant, les maisons d’édition ont générale­ment déjà bouclé leur pro­gramme autom­nal et plusieurs d’entre elles l’ont présen­té aux libraires, voire aux médias. Comme tou­jours, les autri­ces et auteurs belges seront nom­breux à dévoil­er leur nou­veau livre cet automne. Le point sur leurs sor­ties annon­cées au deux­ième semes­tre.

Mais d’abord quelques con­stats. À part les édi­tions M.E.O., Weyrich et Les impres­sions nou­velles, dont cer­tains romans parais­sent dès la fin août, les maisons d’édition belges ne se calquent pas sur le cal­en­dri­er de la ren­trée lit­téraire française : la plu­part de leurs pub­li­ca­tions sont prévues plus tard dans la sai­son. Ce décalage peut s’expliquer par une volon­té de ne pas se plac­er en con­cur­rence, for­cé­ment déséquili­brée, avec des sor­ties hexag­o­nales accom­pa­g­nées de moyens pro­mo­tion­nels sans com­mune mesure. Il reflète aus­si une logique autre : plusieurs maisons d’édition inter­rogées pour pré­par­er cet arti­cle nous ont expliqué pro­gram­mer leurs paru­tions en fonc­tion non de la ren­trée lit­téraire, mais des événe­ments plus por­teurs pour elles, tels que le Marché de la poésie, le fiEs­ti­val ou encore le Poet­ik Bazar. Con­tin­uer la lec­ture

Je est un autre

Lil­iane SCHRAUWEN, Irréversible, M.E.O., 2023, 128 p., 15 € / ePub : 8,99 €, ISBN : 9782807003651

schrauwen irreversibleAndré est un homme de trente-deux ans assis seul sur une chaise dans une pièce vide où il se sait observé par des per­son­nes habil­lées en blanc. Nous plon­geons ain­si dans les réflex­ions de cet indi­vidu mys­térieux étranger à lui-même et au monde qui l’entoure.

Touché régulière­ment par des absences de quelques min­utes à plusieurs heures, il ne sait pas ce qui advient de lui lorsqu’il s’enfonce dans ce qu’il appelle le néant. Il par­le peu voire pas du tout, n’exprime pas de besoins et ne com­prend pas les codes soci­aux des êtres humains, qu’il se con­tente d’imiter car il a déduit que c’était ce qu’on attendait de lui. Con­tin­uer la lec­ture

Oblitérer l’instant

Lil­iane SCHRAÛWEN, Traces per­dues, Bleu d’encre, 2022, 13,95 €, ISBN : 9782930725512

schrauwen traces perduesLe sec­ond recueil de poèmes de Lil­iane Schraûwen, con­fié aux bons soins de Claude Don­nay chez Bleu d’Encre, engage le lecteur sur un chemin parsemé de sou­venirs vivaces, sem­blant pren­dre le con­tre­pied de son titre mar­qué par le pas­sage et l’oubli.

Traces per­dues, c’est en quelque sorte dire deux fois la dis­pari­tion : celle de la chose dans la trace, celle de la trace dans son pro­pre efface­ment. Déplace­ment de l’oubli que dément par essence toute pra­tique d’écriture, même ordi­naire. L’écriture de Lil­iane Schraûwen n’est, du reste, pas ordi­naire. Elle est d’abord lit­téraire. Elle est ici poé­tique. Elle est égale­ment, on le com­pren­dra vite, ontologique. Con­tin­uer la lec­ture

La rentrée littéraire 2022 : une revue de presse (2)

revue de presse - illustration

Pho­to Pix­abay

Effer­ves­cence édi­to­ri­ale, course aux prix…, la ren­trée lit­téraire d’automne est tra­di­tion­nelle­ment une péri­ode d’intense activ­ité dans le monde du livre fran­coph­o­ne. La pléthore d’ouvrages disponibles expose les plus frag­iles d’entre eux à un pas­sage aus­si éphémère qu’anonyme sur les tables des libraires. Au jeu de la vis­i­bil­ité et de la con­sécra­tion, la presse joue naturelle­ment un rôle de médi­a­tion et de con­seil auprès des lec­tri­ces et lecteurs.

Le 10 sep­tem­bre, la revue de presse du Car­net et les Instants pro­po­sait un bilan de l’accueil médi­a­tique et cri­tique des autri­ces et auteurs belges de la ren­trée pub­liés dans des maisons d’édition français­es. Les maisons d’édition belges lan­cent leur ren­trée quelques semaines plus tard que leurs homo­logues hexag­o­nales ; les pre­miers livres arrivent sur les tables des librairies en sep­tem­bre seule­ment. Cette deux­ième livrai­son de notre revue de presse de la ren­trée 2022 leur est con­sacrée. Con­tin­uer la lec­ture

Comme une course-relais

Lil­iane SCHRAÛWEN, L’alphabet du des­tin, Quad­ra­ture, 2021, 146 p., 16 €, ISBN : 978–2‑931080–18‑4

schrauwen l alphabet du destinVingt-six réc­its, vingt-six per­son­nages évolu­ant sur vingt-six heures, le tout en 146 pages. Ce recueil de nou­velles tient du défi et il se déroule à la façon d’un relais nar­ratif dont seuls les titres, qui évo­quent les prénoms des pro­tag­o­nistes de A à Z, sépar­ent les séquences qui s’articulent comme si les hommes et les femmes qui s’y suc­cè­dent – en respec­tant l’alternance des gen­res — se pas­saient le témoin. Dans cette prouesse tech­nique, c’est l’autrice qui reste aux com­man­des, elle sur­v­ole les univers suc­ces­sifs à la façon d’un drone muni d’une caméra. Chaque séquence adopte le point de vue du per­son­nage qui lui donne son titre, détaille la manière dont il perçoit les autres. Ce choix nar­ratif présente l’avantage cer­tain de met­tre en face-à-face, dans une suc­ces­sion rapi­de (les séquences cou­vrent de 3 à 6 pages), le regard de cha­cun, les inten­tions pour­suiv­ies, ce qu’il dis­simule aux autres et ensuite la façon dont ses actes, paroles et atti­tudes sont perçus. Con­tin­uer la lec­ture

« L’amour physique est sans issue… »

Lil­iane SCHRAÛWEN, Exquis­es petites morts, M.E.O., 2020, 148 p., 15 €, ISBN : 978–2‑8070–0239‑5

Fris­sons nerveux, étour­disse­ments, syn­cope. Tels étaient les man­i­fes­ta­tions du mal appelé « petite mort » à l’époque d’Ambroise Paré. Celle-ci don­nait en quelque sorte un aperçu de l’absence totale dans laque­lle plonge la « grande », elle défini­tive (du moins, offi­cielle­ment). Cette dis­jonc­tion neu­ronale a par la suite été pénétrée par le lan­gage éro­tique pour n’envelopper que la rup­ture de con­science, le hia­tus de con­trôle, l’électricité dis­rup­tive qu’est l’orgasme. Con­tin­uer la lec­ture

Faire revivre les pierres

Lil­iane SCHRAÛWEN, Nuages et ves­tiges, Bleu d’Encre, 2019, 91 p., 14 €, ISBN : 978–2‑930725–28‑4

Si écrire, c’est entre autres faire par­ler les pier­res, alors, le dernier recueil de Lil­iane Schraûwen est une gemme déli­cate polie par la gouge des mots. Mais les pier­res ne sont pas tou­jours pré­cieuses. Elles le devi­en­nent après que l’on a redonné vie aux ves­tiges, après avoir fait renaître leur mémoire, après avoir allégé cette « masse lourde de dure pierre » comme pour en extraire la vie.

Alors il est venu / creuser la roche dure / Il t’a trou­vée où tu rêvais / de ton rêve de pierre / Tu as pris vie entre ses doigts / et déployé ta chevelure / comme une flamme dans le vent Con­tin­uer la lec­ture

Liliane Schraûwen, une écriture de proximité

Lil­iane SCHRAÛWEN, À deux pas de chez vous, Zel­lige, coll. “Vents du Nord”, 2017, 190 p., 18,50 €, ISBN : 978–2‑914773–77‑5

schrauwenComme elle l’a elle-même noté dans la notice auto­bi­ographique de son blog, Lil­iane Schraûwen mène une exis­tence pétrie de lit­téra­ture, que ce soit sur le plan pro­fes­sion­nel – n’a‑t-elle pas exer­cé les métiers de « cour­riériste, jour­nal­iste, cor­rec­trice, direc­trice de col­lec­tion chez Marabout, bib­lio­thé­caire, coach lit­téraire, “nègre”, enseignante » ? – mais surtout au fil d’une œuvre qui s’enrichit avec régu­lar­ité, là d’un roman, ici d’un recueil de pros­es plus brèves, ailleurs de « chroniques » sur les grandes affaires crim­inelles belges…. Con­tin­uer la lec­ture

Une journée presque ordinaire

Lil­iane SCHRAÛWEN, Vive­ment ce soir…, Avin, Luce Wilquin, 2016, 192 p., 19 €

schrauwen.jpgDépres­sions, burn-out, trou­bles obses­sion­nels com­pul­sifs, moments d’égarement, angoiss­es, trau­ma­tismes, insom­nies… les tour­ments de l’âme sont légion. Thomas est un jeune psy­cho­logue. Il a ouvert son cab­i­net dans une mai­son qu’il a entière­ment rénovée et a pu se créer en quelques années une clien­tèle et une solide répu­ta­tion. Nous suiv­ons l’une de ses journées quo­ti­di­ennes : le lever du lit et la douloureuse sépa­ra­tion avec Alex­ia, sa com­pagne depuis près d’un an, la plongée dans ses notes et dossiers, les ren­dez-vous du lun­di qui s’enchaînent, l’irrésistible envie d’en avoir fini avec cette journée, de retrou­ver sa moitié, de partager un peu de temps libre avec elle. Les patients de Thomas défi­lent et ne se ressem­blent pas. L’un est un exécrable per­son­nage qui ferait bien de se remet­tre en ques­tion. Un autre souf­fre de ne pas être à la hau­teur au regard de ses par­ents. L’un est rat­trapé par son passé et les images d’épouvante et de guerre qui le hantent. Une autre a dévelop­pé une mani­a­que­rie incom­men­su­rable… Cha­cun vient chercher une issue à ses prob­lèmes, une réponse, un traite­ment, une oreille atten­tive ou sim­ple­ment un peu de récon­fort. Thomas voit des avancées évi­dentes avec cer­tains. D’autres se mon­trent plus cori­aces. C’est le cas de Madame Favereaux, sa dernière patiente du lun­di. Con­tin­uer la lec­ture

Mystères dans l’ombre

Lil­iane SCHRAÛWEN, Ailleurs. Nou­velles, M.E.O., 2015, 152 p., 16 €

Ailleurs. Un titre qui fait rêver. Loin d’ici, le ciel ne serait-il pas plus bleu, l’horizon plus vaste, appelant les décou­vertes, les hasards heureux, l’envol des pos­si­bles ? Con­tin­uer la lec­ture