Christophe POOT, FOVÉA, 5e couche, 2026, 220 p., 26 €, ISBN : 9782390081265
Dans FOVÉA, Christophe Poot écrit, peint, dessine, trace pour dire la grâce. Ne pas se morfondre, ne pas végéter dans ce qu’énigmatiquement Christophe Poot nomme la grande blessure et qu’en tant que lectrice et lecteur, on devine liée au fait d’être là, les deux pieds sur terre, la vie dans le noir, dans le bourbier où, des fois, on se traine. Sans autre point de repère que notre corps et son incroyable capacité à capter. À s’élever, obstinément, sans dieux, sans “voix de son maitre”, dans des instants de grâce, à dix mille lieues au-dessus de sa condition. Juste pour ça : se sentir en vie, énigmatiquement en vie. Travail à faire et à refaire mille fois par jour. Travail que fait et refait Poot mille fois par jour. Travail de résistance que Poot effectue, obstinément, mille fois par jour, dans des dessins urgents et de courts textes, énigmatiques eux aussi, que ses lecteurs et lectrices devinent rapidement tracés, comme improvisés à la sauvage. Ces textes et ces dessins, Poot nous en livre tous les jours sur Facebook, comme si, au-delà de les tracer, il importait de les partager, dans l’urgence et la rapidité, en vue de je ne sais pas quoi. Nous inspirer peut-être. Nous renvoyer à nos propres instants de grâce. Ou quelque chose du genre. Continuer la lecture
Patrick Lowie est un drôle d’écrivain (comme on dit un drôle d’oiseau). Il imagine des projets littéraires pour l’emmener où seul Marceau Ivréa sait, Marceau Ivréa, cet écrivain énigmatique qui lui a confirmé l’existence rêvée de Mapuetos, « la ville qui n’existe pas dans un monde qui n’existe pas ». Des voyages oniriques pour se perdre, se re-trouver au-delà du monde réel, castrateur d’imaginaire et de poésie. Il rêve et conçoit ces aventures au long cours pour générer une écriture hors-piste, poétique, automatique, parfois ésotérique, toujours exploratrice d’inconscient. Mais pour que ces incursions en terres et mers inconnues puissent continuer leur excursion, ne pas s’épuiser, il a besoin, nous semble-t-il, de trois choses : un point d’attache, des balises, des gens pour lui emboîter le pas, prendre les devants et la tangente.
Paru aux éditions Gründ sous le titre Phénomène, un beau-livre présente le travail de Marianne Rosenstiehl sur Amélie Nothomb. Quatre-vingts portraits photographiques sont ainsi rassemblés, assortis d’interviews accordées par l’écrivaine à l’émission À voix nue de France Culture.
Quand on ouvre un livre de Quiriny, on entre, à la suite de ses personnages, dans un monde à part. Parfois, ce monde clos est joyeusement cauchemardesque ; parfois c’est un délice hors du temps.
Pour l’écrivain et éditeur Patrick Lowie, quelque chose a basculé dans la nuit du 10 au 11 septembre 2012. Cette nuit-là, il rêva pour la première fois de Mapuetos. Depuis, la ville qui existe de ne pas exister a envahi la carte de ses pensées, l’atlas de ses rêves et la géographie de son œuvre. Elle y a créé un relief dont les repères ne cessent de s’effacer, de disparaître, de se recomposer. Elle métamorphose en fiction onirique tout ce qu’elle (ne) rencontre (pas). Qu’il s’agisse des textes que Patrick Lowie crée à partir des écrits abondants – plus de six mille pages – et polymorphes de Marceau Ivréa, cet écrivain (qui serait) mort dans une prison bruxelloise et dont il s’est (se serait) procuré les archives, ou des portraits qu’il a commencé à rédiger en 2016 pour le magazine internet Le Mague et qu’il poursuit aujourd’hui 
Plaçant l’écriture à hauteur du rêve, élisant le royaume onirique en voie royale des mondes alternatifs, Patrick Lowie use du verbe comme d’un chaman. Dans la lignée du surréalisme, sa pratique hallucinée et méthodique des rêves produit cent onze portraits oniriques tracés à partir d’un songe que lui confient les personnes connues ou non qu’il sollicite. Patrick Lowie bâtit une œuvre aux confins des univers qui bifurquent de Borges et d’une expérience des vertiges, des dédoublements. Les polarités du réel et de la fiction, des états conscients et des brumes d’Hypnos perdent leur contour, sont sujettes à des renversements au terme desquels le fictif s’avère porteur d’un sur-réel tandis que la réalité se dissipe en brumes. Au travers des évocations de David Giannoni, Dolorès Oscari, Christo Datso, Isabelle Wéry et de cent sept autres, l’auteur nous délivre des clés d’intelligibilité, découvre des portes secrètes qui, par l’aiguillon d’un imaginaire en roue libre, approchent des zones insoupçonnées que recèle chaque être. Grand sorcier en quête de correspondances, voyageant dans le passé et les réalités parallèles, Patrick Lowie convoque morts et vivants sur une même scène où les lois communes n’ont plus cours.
Poète internationalement renommé, Émile Verhaeren était aussi grand connaisseur en matière de peinture. En témoignèrent notamment l’exposition « Verhaeren critique d’art » au Musée d’Orsay (Paris) en 1997, puis au Musée Charlier (Bruxelles). Ou, plus récemment, «
Charles Bernier (Angre, 1871 – Angre, 1950) a voué sa vie à l’art de la gravure. Ses gravures en couleurs sont particulièrement remarquables. Copiant d’abord les grands maîtres, il commence, dès 1899, à graver des paysages et des scènes pastorales. Son ami Emile Verhaeren devient son modèle préféré. Il a portraituré le poète à plusieurs occasions et quelques portraits sont devenus de vrais classiques. Le Musée Verhaeren leur consacre sa nouvelle exposition. 