Grands prix d’automne : le palmarès et l’histoire

On les appelle les « grands prix lit­téraires d’automne », ces sept récom­pens­es qui vien­nent clore la péri­ode dite de ren­trée lit­téraire et con­sacrent les meilleurs romans de l’année en France. Tous les lau­réats 2025 sont désor­mais révélés – même si cer­tains d’entre eux con­nais­sent aus­si une décli­nai­son lycéenne, tou­jours en cours.

Tra­di­tion­nelle­ment, les lec­tri­ces et lecteurs belges fran­coph­o­nes sont très atten­tifs à l’actualité lit­téraire française et les prix pas­sion­nent donc autant ici qu’au-delà de la fron­tière. Cette année toute­fois, les raisons de s’intéresser à ces récom­pens­es étaient aus­si plus directe­ment chau­vines : Car­o­line Lamarche et son dernier livre Le bel obscur sont restés en lice jusqu’au bout pour le prix Goncourt, échouant in fine à la deux­ième place, tan­dis que le prix était finale­ment attribué à Lau­rent Mau­vi­g­nier.

Bref retour sur les récip­i­endaires de cette année et sur quelques lau­réates et lau­réats belges. Con­tin­uer la lec­ture

« Le travail du conte », déplacement, condensation et voix féminine-iste

Myr­i­am MALLIÉ, Un château, le silence, Esper­luète, 2025, 126 p., 19,50 €, ISBN : 978–2‑35984–204‑3

mallié un chateau le silenceMyr­i­am Mallié, fig­ure impor­tante et pio­nnière du tra­vail du con­te en Bel­gique, pour­suit sa voie lit­téraire en semant sur son chemin édi­to­r­i­al son sep­tième titre, Un château, le silence, paru aux édi­tions Esper­luète.

Avant la mise en place de l’enchantement d’un « il était une fois » ou autre for­mule codée sésame d’un Autre Monde, la con­teuse installe son lecteur. Celui ou celle qui ouvre Un château, le silence, décou­vre un réc­it issu de la mécanique onirique. Il est ques­tion, dans la nais­sance de cette écri­t­ure, d’un « laiss­er faire ce qui creu­sait en moi et fai­sait mal pour l’instant. Et tout autant, [d’un] laiss­er agir ce qui, venu d’ailleurs, y ver­sait de la douceur. Le rêve et le fleuve. », énonce Mallié. L’analogie entre rêve et mythe, rêve et con­te, sou­vent notée par Freud et ses dis­ci­ples, sou­tient le pro­jet d’écriture ; tel le rêve, le con­te se présente avec un con­tenu man­i­feste qui dis­simule un con­tenu latent, le lec­torat en est d’emblée aver­tit, la con­teuse racon­te alors. Con­tin­uer la lec­ture

Prix Marguerite de Navarre 2026 : appel à candidatures

Le prix Mar­guerite de Navarre est un prix lit­téraire dédié à la nou­velle. L’ap­pel à can­di­da­tures est ouvert pour sa 3ème édi­tion. Les dossiers sont atten­dus pour le 31 décem­bre 2025.  Con­tin­uer la lec­ture

Résidence en Occitanie 2026 : appel à candidatures

En col­lab­o­ra­tion avec le min­istère de la Cul­ture – DRAC Occ­i­tanie, la Com­mu­nauté de Com­munes du Pays de Lafrançaise et l’association Con­flu­ences  pro­posent une rési­dence-mis­sion en ter­ri­toire : livre et lec­ture. Les can­di­da­tures sont atten­dues pour le 26 décem­bre 2025.  Con­tin­uer la lec­ture

Pelote de crimes

Alexan­dre LOLLO, À l’épreuve du vice, Empaj, 2025, 306 p., 21 €, ISBN : 978–2‑931011–47‑8

lollo à l'épreuve du viceEx-pro­fileuse au ser­vice de la police, Car­la Nold­en est sol­lic­itée par Made­moi­selle Beck, une riche héri­tière, pour une mis­sion spé­ciale : en échange d’une con­fort­able somme d’argent, elle se trou­vera face au fiancé de la mil­liar­daire, qu’elle ne con­nait pas, et dont cette dernière, se sen­tant en dan­ger de mort, veut véri­fi­er la sincérité et la pro­bité. Un exer­ci­ce sans dif­fi­culté à pre­mière vue pour cette psy­cho­logue habituée à décrypter les expres­sions et les atti­tudes qui trahissent les sen­ti­ments pro­fonds. Mais sans crier gare, la com­man­di­taire la con­fronte à qua­tre hommes, dont le fiancé, et rien ne se déroule comme prévu. Car­la qui opère au départ d’une autre pièce perd con­nais­sance et, retrou­vant ses esprits, elle apprend qu’un meurtre a eu lieu dans l’intervalle. Une équipe de police déboule dans la vaste demeure dont la pro­prié­taire déclare aux enquê­teurs qu’il s’agit d’un « brunch qui a mal tourné ». Con­tin­uer la lec­ture

Résidences d’écriture 2026 au Luxembourg : appel à candidatures

neimenster

Wal­lonie-Brux­elles Inter­na­tion­al (WBI), en col­lab­o­ra­tion avec neimën­ster, offre 2 aides pour des rési­dences d’écriture au sein du Cen­tre cul­turel de Ren­con­tre — Abbaye de Neumün­ster à Lux­em­bourg.

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Prix Saga 2025 : la lauréate

suzanne aubinet

Suzanne Aubi­net

La lau­réate du prix lit­téraire Saga a été annon­cée aujour­d’hui. Cette édi­tion avait pour mar­raine. Con­tin­uer la lec­ture

Encore un prix pour Célestin de Meeûs

celestin de meeus

Célestin de Meeûs

Mytholo­gie du .12, le pre­mier roman de Célestin de Meeûs, a à nou­veau rem­porté un prix.  Con­tin­uer la lec­ture

Prix triennal de littérature de la Ville de Tournai 2025

prix triennal tournai 2025

La sai­son des prix bat son plein. Le prix tri­en­nal de lit­téra­ture de la Ville de Tour­nai dévoile à son tour sa lau­réate. Con­tin­uer la lec­ture

Tout le monde passe à l’attaque !

Aurélien DONY (texte) et Nina NEURAY (illus­tra­tions), Cric ! Crac ! Les tau­pes passent à l’attaque !, Cot­Cot­Cot, 2025, 40 p., 16,20 €, ISBN : 978–2‑930941–78‑3

dony neuray cric crac les taupes passent a l attaque« Tou­jours, il fait tout noir. Tou­jours, on n’entend rien. C’est comme ça, vous savez, sous nos pas, sous nos pieds. C’est comme ça en vérité, sous nos pas, sous nos pieds : du noir partout dedans, silence partout autour. » L’incipit de l’album se détache par son blanc lumineux sur une dou­ble page noire. Mais finale­ment pas si noire que cela, des ombres s’y dis­tin­guant, comme quand après quelques sec­on­des dans l’obscurité on perçoit dif­férentes tex­tures obscures. Et n’entendrait-on pas aus­si des bruits dans ce calme pré­ten­du­ment opaque ? En effet, « ça grat­te, ça griffe, ça chante, ça sif­fle, ça creuse, ça fouille, ça trépigne et ça grouille ». Des créa­tures qui s’affairent sous terre… Serait-ce des lom­brics, des ger­billes, des limaces ? Non, des tau­pes creu­sant des ter­ri­ers avec un zèle métic­uleux. L’une d’entre elles s’avère « espiè­gle et téméraire, amuse la galerie, tra­vaille avec vigueur [et] aux unes, aux autres, sans cesse ouvre son cœur… ». D’emblée, par cette courte descrip­tion, Mira attire notre sym­pa­thie, immé­di­ate­ment ren­for­cée par l’introduction de couleurs chaudes dans les illus­tra­tions. Elle et ses con­génères fouis­seurs aux pelages uniques (tabac, gris, souris, cognac, bleus et autres) s’agitent tels des nageurs souter­rains, et se meu­vent joyeuse­ment au cœur d’un sol meu­ble, raci­naire et rhi­zomique. « Cric ! Crac ! On met la terre en vrac ! » Con­tin­uer la lec­ture

Prix Rossel 2025 : le palmarès

Les lau­réates et lau­réats des prix Rossel 2025 sont con­nus, annon­cés par le jour­nal Le Soir. Con­tin­uer la lec­ture

Le prix Jean Giono 2025 pour Antoine Wauters

Antoine Wauters

Antoine Wauters

Le prix Jean Giono 2025 a été attribué à Antoine Wauters pour son roman Haute-Folie Con­tin­uer la lec­ture

L’urbexeur de la poésie

Un coup de cœur du Car­net

Vin­cent THOLOMÉ, L’existence, Dernier Télé­gramme, 2025, 211 p., 16 €, ISBN : 9791097146740

tholomé l'existenceUrbexeur de la poésie, Vin­cent Tholomé aurait trou­vé un flot de poèmes sur un site indus­triel aban­don­né, décou­vert un ciel de let­tres, d’aphorismes dis­posés au-dessus des lits du dor­toir. L’existence est une ques­tion de retours, de grav­i­ta­tions autour des mots et des choses, de voy­ages sur les ter­res de l’apparition et de la dis­pari­tion, de l’écrit qui est un fait et des faits qui sont des songes. Livre à nul autre pareil, enser­rant en ses pages « 882 poèmes expan­sion­nistes . écrits d’après les mots et les pro­pos d’Anton Nijkov . POUR DIRE QUE JE. ANTON NIJKOV . EN DÉPIT DES CIRCONSTANCES. EXISTE ENCORE », L’existence nous trans­porte dans une con­stel­la­tion poé­tique qui s’arpente en tous sens, par frag­ments, dans le con­tinu ou selon un ordre capricieux, comme dans Marelle de Julio Cor­tazar. Vin­cent Tholomé est et n’est pas Anton Nijkov qui est et n’est pas Nijin­s­ki et Artaud. Con­tin­uer la lec­ture

Prix littéraire du parlement FW‑B 2026 : appel à candidatures

Le Par­lement de la Fédéra­tion Wal­lonie-Brux­elles décerne chaque année un prix lit­téraire doté de 5 000 €. En 2026, il sera con­sacré aux romans, con­tes et nou­velles. Les can­di­da­tures sont ouvertes jusqu’au 1er févri­er 2026. Con­tin­uer la lec­ture

Tout peut encore y surgir

Un coup de cœur du Car­net

Françoise LISON-LEROY et Geof­frey DELINTE, Terre meu­ble, Ail des ours, coll. « Coqueli­cots », 2025, 54 p., 16,5 €, ISBN : 9782491457464

lisonleroy delinte terre meubleAvec Terre meu­ble, Françoise Lison-Leroy remue la représen­ta­tion sin­istre de la mort pour en brandir une nou­velle, lumineuse, joyeuse et mélan­col­ique. Par déf­i­ni­tion, une terre meu­ble est légère, tra­vail­lée, presque vivante, tout peut encore y sur­gir ; elle peut se déplac­er, laiss­er se mou­voir ceux qu’elle recou­vre. Et s’il était pos­si­ble de con­tin­uer à vivre des aven­tures avec ceux qui ne sont plus là ? À con­di­tion de garder leurs expédi­tions – détri­cotant la fron­tière du vivant et de la mort – secrètes, la nar­ra­trice et son petit frère décédé peu­vent établir une rela­tion éter­nelle, s’offrant la joie d’une échap­pée plurielle, d’un efface­ment des événe­ments irrévo­ca­bles : celui qui n’est plus revit, celle qui a per­du un être cher le retrou­ve. Le couperet de la mort est émi­et­té par une seule petite phrase, sûre d’elle, annonçant la couleur du recueil et les con­tours d’une nou­velle réal­ité : Con­tin­uer la lec­ture

Marcel Lecomte ou le vif renouvellement d’un sentiment ancien

Mar­cel LECOMTE, Le sus­pens, suivi de Autres scènes et per­son­nages, Pré­face d’Éric Brog­ni­et, lec­ture cri­tique de Philippe Dewolf, Tail­lis Pré, coll. « Erotik », 2025, 224 p., 22 €, ISBN : 978–2‑87450–240‑1

lecomte le suspensLe nar­ra­teur, et son lecteur avec lui, observe la scène. Il la regardera se dérouler en la décom­posant men­tale­ment, ten­tera de décel­er la part de mys­tère qu’elle con­tient et qui vient lente­ment de faire réap­pa­raitre –  bien mieux qu’un sou­venir per­son­nel –, une présence, celle « d’un moi passé, d’un moi des loin­tains ». La scène en ques­tion se répète, en de mul­ti­ples et frag­iles vari­a­tions, d’un court chapitre à l’autre. Les per­son­nages de ce théâtre intime ne sont sou­vent que deux. Con­tin­uer la lec­ture