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Les premiers lauréats belges des six grands prix littéraires d’automne en France

Charles Plisnier
Charles Plisnier, premier lauréat belge du prix Goncourt

La rentrée littéraire et l’effervescence qu’elle entraine dans le monde du livre, trouvent leur point d’orgue dans la remise des grands prix littéraires d’automne : le Goncourt, le Renaudot, le Femina, le Médicis, l’Interallié et le grand prix du roman de l’Académie française. Ces six prix hexagonaux, gages de ventes importantes pour les livres primés, ont tous couronné au moins une fois un lauréat belge. Retour sur les six auteurs qui ont inscrit pour la première fois la littérature belge au palmarès de ces prix.

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Intelligence de la désillusion

Charles PLISNIER, Faux passeports, Postface de Pierre Mertens, Impressions nouvelles, coll. « Espace Nord », 2019, 355 p., 9,50 €, ISBN : 978-2-87568-422-6

En 1991, dans sa postface à Faux passeports de Charles Plisnier, Pierre Mertens soulignait « l’incroyable modernité », voire la fraîcheur de ce texte. Il faut dire qu’à l’époque le vent du changement qui s’était levé deux ans plus tôt pour abattre le Mur de Berlin passait sur l’URSS pour y balayer un peu plus de huit décennies de communisme.

Mais que reste-t-il en 2019 de ce faux roman, composé en réalité d’une suite de nouvelles reliées par le regard d’un narrateur identique ? Un classique, en cela que les portraits campés par Plisnier cristallisent une époque en en rendant sensibles les chamades et les convulsions. Dès l’avertissement, l’écrivain prend ses distances avec le je qui s’y exprime, à qui il « souhaiterait garder quelque mystère », et il s’emploie à définir une attitude vériste envers tous les autres personnages. C’est que son œuvre se veut avant tout « une étude qui port[e] sur le drame d’une époque divisée, une certaine mystique de l’action et surtout, sur des êtres dans le profond de leur conscience et de leur instinct – c’est-à-dire des âmes. » Continuer la lecture

« Noire et sulfureuse »

Christian LIBENS

bodart_libensJoli coffret aux trésors que cet emboîtage réunissant trois romans de Marie-Thérèse Bodart (1909-1981), soit plus de la moitié de l’œuvre romanesque d’une auteure rare et trop longtemps oubliée. D’aucuns, parmi les plus curieux de notre littérature, se souviennent des Roseaux noirs, son premier roman paru en 1938, mais le plus souvent pour des raisons somme toute peu littéraires ; je résume : cette histoire d’inceste et de passion dans les Hautes Fagnes fit scandale d’emblée et sa jeune auteure y perdit son très provincial poste de prof d’histoire avant d’y gagner une place de finaliste au très parisien prix Femina. Continuer la lecture