Archives par étiquette : Charles Plisnier

Grands prix d’automne : le palmarès et l’histoire

On les appelle les « grands prix lit­téraires d’automne », ces sept récom­pens­es qui vien­nent clore la péri­ode dite de ren­trée lit­téraire et con­sacrent les meilleurs romans de l’année en France. Tous les lau­réats 2025 sont désor­mais révélés – même si cer­tains d’entre eux con­nais­sent aus­si une décli­nai­son lycéenne, tou­jours en cours.

Tra­di­tion­nelle­ment, les lec­tri­ces et lecteurs belges fran­coph­o­nes sont très atten­tifs à l’actualité lit­téraire française et les prix pas­sion­nent donc autant ici qu’au-delà de la fron­tière. Cette année toute­fois, les raisons de s’intéresser à ces récom­pens­es étaient aus­si plus directe­ment chau­vines : Car­o­line Lamarche et son dernier livre Le bel obscur sont restés en lice jusqu’au bout pour le prix Goncourt, échouant in fine à la deux­ième place, tan­dis que le prix était finale­ment attribué à Lau­rent Mau­vi­g­nier.

Bref retour sur les récip­i­endaires de cette année et sur quelques lau­réates et lau­réats belges. Con­tin­uer la lec­ture

La rentrée littéraire 2024, avec sobriété

Rentrée littéraire 2024

Pour la plu­part d’entre nous, le début des vacances est aus­si immi­nent qu’attendu. Évo­quer en ce moment la ren­trée, fût-elle lit­téraire, a donc for­cé­ment quelque chose d’incongru. Pour­tant, les maisons d’édition ont générale­ment déjà bouclé leur pro­gramme autom­nal et plusieurs d’entre elles l’ont présen­té aux libraires, voire aux médias. Comme tou­jours, les autri­ces et auteurs belges seront nom­breux à dévoil­er leur nou­veau livre cet automne. Le point sur leurs sor­ties annon­cées au deux­ième semes­tre.

Mais d’abord quelques con­stats. À part les édi­tions M.E.O., Weyrich et Les impres­sions nou­velles, dont cer­tains romans parais­sent dès la fin août, les maisons d’édition belges ne se calquent pas sur le cal­en­dri­er de la ren­trée lit­téraire française : la plu­part de leurs pub­li­ca­tions sont prévues plus tard dans la sai­son. Ce décalage peut s’expliquer par une volon­té de ne pas se plac­er en con­cur­rence, for­cé­ment déséquili­brée, avec des sor­ties hexag­o­nales accom­pa­g­nées de moyens pro­mo­tion­nels sans com­mune mesure. Il reflète aus­si une logique autre : plusieurs maisons d’édition inter­rogées pour pré­par­er cet arti­cle nous ont expliqué pro­gram­mer leurs paru­tions en fonc­tion non de la ren­trée lit­téraire, mais des événe­ments plus por­teurs pour elles, tels que le Marché de la poésie, le fiEs­ti­val ou encore le Poet­ik Bazar. Con­tin­uer la lec­ture

Les premiers lauréats belges des six grands prix littéraires d’automne en France

Charles Plisnier
Charles Plis­nier, pre­mier lau­réat belge du prix Goncourt

La ren­trée lit­téraire et l’ef­fer­ves­cence qu’elle entraine dans le monde du livre, trou­vent leur point d’orgue dans la remise des grands prix lit­téraires d’au­tomne : le Goncourt, le Renau­dot, le Fem­i­na, le Médi­cis, l’In­ter­al­lié et le grand prix du roman de l’A­cadémie française. Ces six prix hexag­o­naux, gages de ventes impor­tantes pour les livres primés, ont tous couron­né au moins une fois un lau­réat belge. Retour sur les six auteurs qui ont inscrit pour la pre­mière fois la lit­téra­ture belge au pal­marès de ces prix.

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Intelligence de la désillusion

Charles PLISNIER, Faux passe­ports, Post­face de Pierre Mertens, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2019, 355 p., 9,50 €, ISBN : 978–2‑87568–422‑6

En 1991, dans sa post­face à Faux passe­ports de Charles Plis­nier, Pierre Mertens soulig­nait « l’incroyable moder­nité », voire la fraîcheur de ce texte. Il faut dire qu’à l’époque le vent du change­ment qui s’était levé deux ans plus tôt pour abat­tre le Mur de Berlin pas­sait sur l’URSS pour y bal­ay­er un peu plus de huit décen­nies de com­mu­nisme.

Mais que reste-t-il en 2019 de ce faux roman, com­posé en réal­ité d’une suite de nou­velles reliées par le regard d’un nar­ra­teur iden­tique ? Un clas­sique, en cela que les por­traits cam­pés par Plis­nier cristallisent une époque en en ren­dant sen­si­bles les chamades et les con­vul­sions. Dès l’avertissement, l’écrivain prend ses dis­tances avec le je qui s’y exprime, à qui il « souhait­erait garder quelque mys­tère », et il s’emploie à définir une atti­tude vériste envers tous les autres per­son­nages. C’est que son œuvre se veut avant tout « une étude qui port[e] sur le drame d’une époque divisée, une cer­taine mys­tique de l’action et surtout, sur des êtres dans le pro­fond de leur con­science et de leur instinct – c’est-à-dire des âmes. » Con­tin­uer la lec­ture

“Noire et sulfureuse”

Marie-Thérèse BODARTLes roseaux noirs ; L’autre ; Les meubles, romans réu­nis sous cof­fret, Brux­elles, Sam­sa — Académie royale de Langue et de Lit­téra­ture français­es, 2014, 36 €

bodart_libensJoli cof­fret aux tré­sors que cet emboî­tage réu­nis­sant trois romans de Marie-Thérèse Bodart (1909–1981), soit plus de la moitié de l’œuvre romanesque d’une auteure rare et trop longtemps oubliée. D’aucuns, par­mi les plus curieux de notre lit­téra­ture, se sou­vi­en­nent des Roseaux noirs, son pre­mier roman paru en 1938, mais le plus sou­vent pour des raisons somme toute peu lit­téraires ; je résume : cette his­toire d’inceste et de pas­sion dans les Hautes Fagnes fit scan­dale d’emblée et sa jeune auteure y perdit son très provin­cial poste de prof d’histoire avant d’y gag­n­er une place de final­iste au très parisien prix Fem­i­na. Con­tin­uer la lec­ture