Archives par étiquette : L'iconoclaste éditions

Violence possessive en forêt vierge

Dieudonné dans la jungle

Dans la jungle

Autrice : Ade­line Dieudon­né

Mai­son d’édition : L’Iconoclaste

Année d’édition : 2026

Nom­bre de pages : 434

Prix : 22,50 €

Livre numérique : 14,99 €

EAN : 9782378805814

Der­rière les façades des vil­las en briques blanch­es des demeures bon chic bon genre du Bra­bant Wal­lon, dans les interlignes des cartes postales illus­trées du cliché issu de la séance pho­to annuelle où rutile de bon­heur la sacro-sainte famille à laque­lle, sur des airs de Sin­se­mil­ia, amis, proches et con­nais­sances ont souhaité, quelques années aupar­a­vant, « tout le bon­heur du monde » lors des noces célébrées en grande pompe dans le fief pat­ri­mo­ni­al, dans le tout-ter­rain d’une Bike Night des pre­miers émois arrosés de moji­to en gob­elet, une his­toire d’emprise, de vio­lence con­ju­gale, d’uxoricide, de fil­i­cide, du trash et du réal­isme fra­cas­sant. Con­tin­uer la lec­ture

Le corps vivant de l’amour

Ade­line DIEUDONNÉ, Reste, L’Iconoclaste, 2023, 288 p., 20 € / ePub : 14,99 €, ISBN : 978–2‑37880–354‑4

dieudonné resteReste. Tail­lé dans l’impératif, le titre claque, porte en lui la tonal­ité du roman mais aus­si une des fonc­tions de la lit­téra­ture : octroy­er de la vie à ce qui n’est plus, faire comme si le per­du était encore là, intimer « reste » à ce qui a som­bré dans la mort. C’est au milieu d’un décor de mon­tagnes, entre un chalet et un lac, que la nar­ra­trice adresse des let­tres à la femme de son amant, lui con­te leur his­toire d’amour secrète. Sans détour, la pre­mière let­tre s’ouvre de façon abrupte sur le fait trag­ique.

Mar­di 5 avril 2022.
M. est là, allongé près de moi. Il est mort.
Il est mort.
J’espère, en les écrivant, que ces mots m’aideront à appréhen­der cette réal­ité   Con­tin­uer la lec­ture

L’humour comme rempart

Un coup de cœur du Car­net

Fan­ny RUWET, Bien sûr que les pois­sons ont froid, Icon­o­claste, 2023, 266 p., 19 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 978–2‑37880–347‑6

ruwet bien sur que les poissons ont froidÉté 2021, Allie, 27 ans, vient de rompre avec son com­pagnon et d’emménager seule pour la pre­mière fois de sa vie. Pas franche­ment débor­dée de tra­vail, ni de moti­va­tion pour celui-ci, et quelque peu désœu­vrée, elle se lance dans un défi à la recherche de ses émo­tions intens­es d’adolescente : retrou­ver son pre­mier amour. Si tant est qu’on puisse appel­er « pre­mier amour » une rela­tion à dis­tance avec quelqu’un qu’on n’a jamais ren­con­tré… Avec l’aide de son fidèle ami Maxime, elle se met à la recherche de Nour, ce garçon au prénom épicène avec qui elle con­ver­sait longue­ment sur MSN. Au départ des quelques indices que recèle la mémoire de ses 15 ans, elle passe inter­net au peigne fin, échafaude des théories plus ou moins réal­istes et avance de ques­tion en ques­tion. Con­tin­uer la lec­ture

Énergie fossile

Un coup de cœur du Car­net

Ade­line DIEUDONNÉ, Kerozene, Icon­o­claste, 2021, 258 p., 20 € / ePub : 14.99 €, ISBN : 978–2‑37880–201‑1

dieudonne kerozeneKerozene est le nou­veau livre d’Ade­line Dieudon­né, cette autrice belge débar­quée dans l’horizon lit­téraire à la ren­trée 2018 avec La vraie vie, qui met­tait en scène une jeune fille et son frère dans une fable acide et drôle au ton qual­i­fié de poé­tique du cauchemar. Un pre­mier roman traduit, depuis, en plusieurs langues et qui s’est écoulé à plus de 300 000 exem­plaires. L’adaptation théâ­trale sera d’ailleurs vis­i­ble sur les planch­es dès que le Covid ne s’en mêlera plus, tan­dis que Marie Mon­ge, réal­isatrice française, en éla­bore une ver­sion ciné­matographique.


Lire aus­si : Ade­line Dieudon­né. Atten­tion, autrice féroce? (Le Car­net et les Instants n°202)


Comme La vraie vie, Kerozene est pub­lié à l’Iconoclaste. Il est disponible en librairies depuis le 1er avril. Con­tin­uer la lec­ture

Langue-jerrican et recueil-phénix

Lisette LOMBÉ, Brûler Brûler Brûler, Icon­o­claste, coll. « L’Iconopop », 2020, 12 € / ePub : 9.99 €, ISBN : 978–2‑37880–167‑0

lombé bruler bruler brulerCes jours-là
jours de énième scan­dale pédophile,
énième bavure poli­cière,
énième fémini­cide,
énième inci­dent mor­tel dans une usine,
ces jours-là,
lende­mains d’élections, d’attentat, de cat­a­clysme,
ces jours-là,
une lave noire et visqueuse déboule dans ma gorge
et car­bonise toutes mes belles petites phras­es human­istes
qui me sauvent tous les jours sauf ces jours-là. 

Alors, Lisette Lom­bé colle. Elle accole trois verbes à l’infinitif : Brûler Brûler Brûler. Davan­tage qu’un mode ver­bal très présent dans son écri­t­ure, l’infinitif igné fig­ure la démarche de Lisette Lom­bé, poétesse et grande fig­ure du slam en Bel­gique. Ce verbe exulte dans ce recueil pub­lié aux édi­tions Iconopop. Celui-ci réu­nit, comme en un grand col­lage, des textes issus des ouvrages Black Words (L’Arbre à paroles, 2018) et Tenir (Mael­ström, 2019) et il est aug­men­té de puis­sants col­lages d’images en noir et blanc réal­isés par la poétesse. Con­tin­uer la lec­ture

L’adoption est une road-story

Isabelle SPAAK et Flo­rence BILLET, Une mère etc., Icon­o­claste, 2019, 192 p., 17 € / ePub : 12.99 €, ISBN : 978–2‑37880–071‑0

Isabelle Spaak, prix Rossel 2004 pour Ça ne se fait pas, revient aujour­d’hui avec un réc­it aigu­isé, pub­lié chez L’i­con­o­claste.

Qui peut me dire s’il con­naît un enfant adop­té en paix avec lui-même ? En dépit de toute la fer­veur du monde, ces lais­sés-pour-compte des pre­miers jours fuient de toutes parts, tel un vase per­cé.

C’est à une explo­ration des alchimies famil­iales, de leurs mys­tères, que nous con­vie l’autrice d’Une mère, etc., s’in­spi­rant cette fois de l’his­toire vraie de Flo­rence Bil­let, née en Colom­bie, française d’adop­tion. Depuis les pages, le vécu upper­cute : si Flo­rence est renom­mée Emmanuelle dans la fic­tion, c’est le véri­ta­ble nom de sa mère biologique qui est inscrit, et l’en­chaîne­ment des épisodes de vie ont tout de la cadence sin­gulière, tac­chy­cardique, de l’au­then­tic­ité – ou peut-être, et c’est sans doute encore plus vrai : de l’ur­gence. Con­tin­uer la lec­ture

La preuve vivante

Ade­line DIEUDONNÉ, La vraie vie, L’I­con­o­claste, 2018, 270 p., 17 € / ePub : 12.99 €, ISBN : 978–2‑37880–023‑9

À la mai­son, il y avait qua­tre cham­bres. La mienne, celle de mon petit frère Gilles, celle de mes par­ents, et celle des cadavres.
Papa tire du gros gibier, dès qu’il peut. Ici et jusqu’en Himalaya. Cette “cham­bre des cadavres”, c’est celle où il dis­pose ses trophées. Il y a des têtes de san­gli­er, d’an­tilopes, de zèbres, même un lion entier. Et une hyène dans un coin. Pré­da­teur, papa l’est aus­si envers maman, bien sûr, et maman esquive la vio­lence con­ju­gale en se faisant la plus trans­par­ente, la plus molle pos­si­ble, encais­sant juste les coups. La nar­ra­trice et son petit frère Gilles vivent une rela­tion fusion­nelle. À l’aube de la puberté, ils dor­ment encore ensem­ble, se parta­gent tous leurs secrets et réen­chantent leur quo­ti­di­en en jouant dans une casse de voitures. De retour de l’é­cole, lorsque c’est la sai­son, ils achè­tent quo­ti­di­en­nement une glace au marc­hand ambu­lant — avec sup­plé­ment chan­til­ly pour elle. On ne peut pas dire que ce soit une vie rêvée, mais au moins rien ne vien­dra s’in­ter­pos­er entre Gilles et elle. Rien, jusqu’à l’ac­ci­dent. Con­tin­uer la lec­ture