Archives par étiquette : prose

Pour saluer Vandromme

Un coup de coeur du Carnet

Pol VANDROMME, Une indifférence de rébellion, Paris, Pierre-Guillaume de Roux, 200 p., 23 €

Dans une interview pour La Presse littéraire parue début 2008, Pol Vandromme répondait, laconique, à une question que je lui posais sur l’identité wallonne : « Je suis Belge par humilité et j’entends bien le rester. Vu mon âge, et ce qu’est déjà l’état du monde, le reste m’est indifférent. Une indifférence de rébellion. » C’est apparemment cette formule qu’il retint comme titre de l’ensemble qui constituerait son dernier recueil d’articles critiques. Continuer la lecture

Jacques Calonne, l’insaisissable noctuelle

Un coup de coeur du Carnet
Pierre MALHERBE

calonne_malherbeOutre une délicate pièce pour piano de Maurice Ravel, dédiée à Léon-Paul Fargue, il existe une myriade de noctuelles, près de vingt-cinq mille espèces à la surface de la terre, semble-t-il, et qu’on appelle un peu plus anonymement des papillons de nuit. Les chenilles de noctuelles sont la terreur des agriculteurs et des passionnés des jardins, car, polyphages, elles se nourrissent de tout ce qui leur passe sous le nez, et uniquement la nuit bien sûr – la journée, elles digèrent leur festin et se reposent avec nonchalance. Jacques Calonne, né en 1930 à Mons, fait partie de cette grande famille des noctuelles, à ceci près qu’il n’est la terreur de personne ayant les doigts verts. Continuer la lecture

Interdit aux simples mortels

Daniel FANO, Ne vous inquiétez plus c’est la guerre, Les Carnets du Dessert de Lune, 85 p., 12 €

fano_saenen« Encouragé par Joyce Mansour, Henri Michaux et Dominique de Roux »… Découvrir le triple patronage qui présida aux destinées littéraires de Daniel Fano permet de mieux s’orienter dans l’œuvre atypique qu’il poursuit depuis 1966. Entre le surréalisme des deux premiers et l’immédiateté revendiquée par le troisième, Fano a su se tracer une voie et se tailler une voix, afin de tenir la chronique d’un monde perturbé : le nôtre. Chacune de ses pages réverbère l’image d’un plurivers angoissé, fragmenté à l’extrême, où le règne triomphal des apparences taille la part belle à la pénible survie du réel. Continuer la lecture

Des touches blanches, des touches noires

Jeannine PAQUE

letoréLes touches d’un piano contrastent en effet par leur couleur, mais probablement moins, à première vue, que des Tabliers et maillots de bain. Alors que ceux-ci évoquent des tenues, mais aussi les occupations qu’elles impliquent, les rôles, les fonctions pour tout dire, peu compatibles, les touches de l’instrument s’entendent en toute harmonie, que ce soit en majeur ou en mineur. Les textes qui composent le recueil d’Anne Létoré et de Françoise Lison-Leroy résonnent en alternance, mais s’accordent eux aussi. À ce point qu’il est difficile d’en attribuer la (m)aternité, tantôt en vers, tantôt en prose, à l’une ou à l’autre des auteures, avec certitude, tant la cohésion est forte.

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