Joan CONDIJTS, Les sœurs De Vlaeminck, Genèse, 2018, 216 p., 20 € / ePub : 13.99 €, ISBN : 9791094689189
Quatre ans après la sortie de L’homme qui ne voulait plus être roi (Genèse édition), Joan Condijts revient avec un second roman, une histoire de renaissance, de famille, Les sœurs De Vlaeminck.
Paris, 1995, une détonation. La vie de Julien Delorge bascule. Ses parents sont victimes d’un attentat. Vient alors le temps du deuil et de la nouvelle déflagration. L’analyse génétique est sans appel : ses parents ne sont pas les siens. Pour autant, dix années s’écoulent pour le jeune homme, désormais marié à son amour de jeunesse et installé à Londres, avant qu’il n’appréhende, avec la naissance de sa petite Pauline, sa réalité oblitérée par un sceau d’incertitude et qui recouvre d’un voile ses origines, projetant une ombre sur sa vie. Continuer la lecture
Déambuler dans un parc animalier qui ne craint pas de passer du coq à l’âne, découvrir une ménagerie intime, se balader dans un monde enfoui, imaginaire, en « terra incognita où les légendes se créent », voilà le safari original auquel nous convie Dominique Maes avec son Bestiaire de mon jardin secret.
On le scande depuis plusieurs décennies : « La maternité doit être un choix libre et réfléchi. » Certes, mais avoir le choix, décider de devenir mère, se penser mère, entre immanence et liberté morale, nager dans les courants des « avoir un enfant, c’est formidable ! », du sacro-saint mythe de la bonne mère et des « cela va de soi » prétendument maternels ; choisir de donner la vie, se transformer en une jeune accouchée et sombrer, être engloutie… Un fait qui touche à l’indicible, une parole qui semble inaudible que le deuxième roman d’Élise Bussière libère.
Jeux de rôles, de dupes, d’images, Agnès Dumont les démasque et les illumine de petites émotions grinçantes, malicieuses et douces dans À qui se fier ?, son quatrième recueil de nouvelles. 
Dans le champ de la nouvelle, Dominique Costermans lâche de jolis textes comme des petits cailloux sur le chemin de la vie. Les dix-sept récits de son nouveau recueil, En love mineur, récemment paru chez Quadrature, sont autant de moments de prose, de séquences de poésie, d’instantanés romanesques qui fixent du vibrant. Ce vibrato, entre la vie et l’art, qui cristallise ce qu’on appelle « le sel de la vie ». Dans ces récits brefs, l’auteure livre des textes au ras du quotidien et poudroie de poésie la vie dans ses surprises, sa fugacité, ses surgissements, ses étonnantes synchronicités.
Créer des zones d’incertitude, d’opacité, mélanger l’angoisse des esprits brisés et l’horreur des corps torturés ; la plume de Patricia Hespel atteste d’une grande dextérité dans le maniement des codes du thriller. Dans La fille derrière la porte, l’on trouve des actions fomentées par des âmes tourmentées, des lettres anonymes, une torture psychologique génératrice d’angoisse chez les personnages et qui n’a de cesse d’entretenir le mystère et d’accroître l’avidité du lecteur à l’élucidation de cette intrigue vénéneuse.