Archives par étiquette : fils

Mozart, de père en fils

Éric-Emmanuel SCHMITT, Juste après Dieu, il y a papa, Albin Michel, 2026, 193 p., 20 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 9782226488589

Schmitt Juste après dieu il y a papaEn 2026, nous fêtons le 270e anniver­saire de la nais­sance de Mozart. Éric-Emmanuel Schmitt, habitué aux par­en­thès­es musi­cales dans sa bib­li­ogra­phie, lui con­sacre aujourd’hui un nou­veau roman, Juste après Dieu, il y a papa. Con­tin­uer la lec­ture

Autopsie d’une fugue

Céline DE BO, In my mind [Autop­sie d’une fugue], Lans­man, coll. « Les petits car­nets », 2026, 44 p., 8 €, ISBN : 9782807104624

de bo in my mindSacha attend son ami Justin devant le McDo. Il lui laisse un pre­mier vocal pour le lui sig­ni­fi­er. Mais au bout de plusieurs min­utes, son ami ne vient pas. Il sem­ble l’avoir lâché. Pour­tant Sacha veut aller jusqu’au bout de ses actes. Il a décidé de pren­dre le large et il le fera. Après une cer­taine léthargie, il décide de se met­tre à marcher, le long de la route pleine d’immondices. Il a peur, faim et froid. Ses pen­sées se cog­nent dans sa tête. Il a mal, mais à qui racon­ter ? À quoi s’accrocher ? On sent qu’il vit des moments dif­fi­ciles. Con­tin­uer la lec­ture

Urgence !

Un coup de cœur du Car­net

Chris­t­ian LUTZ, Le vieil homme et la mère, Sam­sa, 2025, 258 p., 24 €, ISBN : 978–2‑87593–544‑1

lutz le vieil homme et la mereUne His­toire de l’édition en Bel­gique l’a rap­pelé naguère : Chris­t­ian Lutz est un mon­u­ment de nos Let­tres. Fon­da­teur du Cri, il a pub­lié Com­père, révélé Beren­boom et Mon­fils, Delper­dan­ge et de la Croix, Deutsch… Mais il a per­du le Cri, s’est relancé via les édi­tions Sam­sa, accom­pa­g­né par ses auteurs-phares mais aban­don­né, selon lui, par les pou­voirs publics. Or voilà que Chris­t­ian Lutz nous revient comme auteur. Avec un livre com­pos­ite, éton­nant. Qu’est-ce donc que Le vieil homme et la mère ? Con­tin­uer la lec­ture

Ta vie d’avant, là-bas

Un coup de cœur du Car­net

Carme­lo VIRONE, Margheri­ta : une enfance sicili­enne, Cerisi­er, 2024, 141 p., 16 €, ISBN : 9782872672516

virone margherita une enfance sicilienneCarme­lo Virone, que les fidèles du Car­net et les Instants con­nais­sent bien, ali­mente nos let­tres de con­tri­bu­tions qui asso­cient volon­tiers com­bats d’idées et créa­tions artis­tiques, à l’instar des Édi­tions du Cerisi­er en com­pag­nie desquelles il nous revient aujourd’hui. Cette fois, il nous offre un réc­it con­sacré à la jeunesse de sa maman, Margheri­ta, et il nous con­duit sans détour en Sicile où sa famille puise ses racines, pré­cisant : Con­tin­uer la lec­ture

La lutte finale

Alex LORETTE, Les grandes marées, Lans­man, 2024, 76 p., 12 €, ISBN : 978–2‑8071–0409‑9

lorette les grandes maréesDans une écri­t­ure « caméra sur l’é­paule », Alex Lorette, qui est déjà l’au­teur de plusieurs pièces et vient de recevoir le prix Charles Plis­nier théâtre, sait créer une intrigue sourde, faire mon­ter les con­flits, laiss­er enten­dre les reproches qui cou­vent entre les per­son­nages. Ici, encore dans sa dernière pièce en date, Les grandes marées, il plonge dans le con­flit des généra­tions poussé à l’extrême, comme une fin d’époque explorée par un père et son fils. Con­tin­uer la lec­ture

À la recherche du temps perdu

Nathalie GONDRY, Matthieu, Luc Pire, 2022, 186 p., 18 €, ISBN : 9782875422644

gondry matthieuUn cri déchi­rant brise le silence de la nuit. Une mère a per­du son fils de 19 ans, Matthieu, dans un acci­dent de voiture. Le chauf­feur était ivre. Une seule réponse s’impose face à ce drame : le silence.

Juste après l’accident, Nathalie Gondry, qui n’est pas autrice au départ, écrit pour se libér­er. Elle plonge dans les sou­venirs, de la nais­sance de son fils aux derniers moments avec lui, en pas­sant par des anec­dotes de la vie quo­ti­di­enne. Con­tin­uer la lec­ture

Marcher sur son père

Marc MEGANCK, Marcher Noir, Chroniques du monde con­finé, 180° édi­tions, 2021, 118 p., 17 € / ePub : 7,99 €, ISBN : 978–2‑940721–01‑6
Marc MEGANCK, Le jour où mon père n’a plus eu le dernier mot, F dev­ille, 2021, 282 p., 20 €, ISBN : 978–2‑875990–51‑8

meganck marcher noir

Avec un mois d’écart, Marc Meganck pub­lie deux titres qui parta­gent des thèmes devenus pro­pres, ayant dévelop­pé pour lui-même toutes les qual­ités d’un anti-héros : un beau quadra inqui­et du temps qui passe dans une société qui le dépasse à grande vitesse. Or cet état lui per­met de par­faire son art sub­til de la dépres­sion tran­quille, ani­mée d’une pas­sive lucid­ité souf­frant, oui, souf­frant, de sym­pa­thie et d’empathie pour le monde qui l’entoure directe­ment. Con­tin­uer la lec­ture

L’implacable loi des générations

Jean-Marc DEFAYS, Deux fau­teuils au bal­con, Mur­mure des soirs, 2021, 127 p., 19 €, ISBN : 978–2‑930657–74‑5

defays deux fauteuils au balconLa famille a la cote en lit­téra­ture ces derniers temps. Elle y appa­raît sou­vent tox­ique, source de vio­lences et de dys­fonc­tion­nements. Voici un réc­it qu’on imag­ine auto­bi­ographique, tout en douceur et en empathie, sur la présence offerte par un fils à sa mère dev­enue veuve. Un roman qui se déroule comme une petite musique de cham­bre.

Octogé­naire, veuve, la mère du nar­ra­teur a quit­té la mai­son famil­iale pour s’installer dans un apparte­ment situé au sep­tième étage d’un immeu­ble en ville. En bor­dure d’un fleuve, elle y a une vue qui est comme une con­so­la­tion. À l’image du titre et des pho­togra­phies en cou­ver­ture qui sont en elles-mêmes tout un réc­it, le bal­con où mère et fils s’installent régulière­ment est devenu un phare sur l’existence, la leur et celle de ceux et celles qu’ils voient déam­buler à leurs pieds. Con­tin­uer la lec­ture

Décomposition paternelle

Un coup de cœur du Car­net

Stéphane MALANDRIN, Je suis le fils de Beethoven, Seuil, 2020, 19.50 € / ePub : 13.99 €, ISBN : 978–2‑02–146347‑7

Remar­qué pour Le dévoreur de livres (2019), Stéphane Malan­drin a impres­sion­né plus d’un lecteur par ses qual­ités de jon­gleur de mots et son imag­i­naire col­oré qui lui ont sans doute valu d’être sélec­tion­né pour le prix Goncourt du pre­mier roman. Voici que cet homme de ciné­ma fran­chit avec Je suis le fils de Beethoven le cap réputé périlleux du sec­ond sans rien avoir per­du de sa verve et nous entraîne sur les traces du grand com­pos­i­teur alle­mand par le réc­it de celui qui se présente comme son fils, Ita­lo. Mais comme cet enfant en quête de racines ne porte pas le nom du génie musi­cal, il nous grat­i­fie d’un aperçu de la vie de ses ancêtres Zadouroff. Con­tin­uer la lec­ture

Benzine : le livre de sa mère

Rachid BENZINE, Ain­si par­lait ma mère, Seuil, 2020, 91 p., 13 € / ePub : 9.49 €, ISBN : 9782021435092

Ain­si par­lait ma mère, de Rachid Ben­zine : un court roman qui a tout d’un grand livre. Une déc­la­ra­tion d’amour à une mère par son fils cadet. Et un hom­mage à toutes ces femmes exilées, héroïnes du quo­ti­di­en, qui ont porté leur(s) enfant(s) à bout de bras pour qu’il(s) puisse(nt) s’épanouir en ter­res étrangères. Ain­si par­lait ma mère, de Rachid Ben­zine : un court roman qui a tout d’un grand livre. Une déc­la­ra­tion d’amour à une mère par son fils cadet. Et un hom­mage à toutes ces femmes exilées, héroïnes du quo­ti­di­en, qui ont porté leur(s) enfant(s) à bout de bras pour qu’il(s) puisse(nt) s’épanouir en ter­res étrangères. Con­tin­uer la lec­ture

Anamnèse et Graal intime

Philippe REMY-WILKIN, Ver­tige !, Mael­strOm, coll. “Book­leg Brux­elles se con­te”, 2019, 36 p., 3 €, ISBN : 978–2‑87505–347‑3

Le réc­it Ver­tige ! est bâti à l’image du tableau Ver­tige, l’escalier mag­ique de Spilli­aert, qui fig­ure en cou­ver­ture. Avec brio, entre impos­si­ble anam­nèse et démon de la logique, Philippe Remy-Wilkin campe une fic­tion aus­si entê­tante qu’un breuvage. Sur fond d’un ques­tion­nement sur le règne de Léopold II, sur les couliss­es sanglantes de la coloni­sa­tion du Con­go, une machine infer­nale (au sens de Cocteau) se met en place : à l’occasion d’une mys­térieuse invi­ta­tion à se ren­dre au Musée de Ter­vueren, le nar­ra­teur se retrou­ve embar­qué dans une tec­tonique des plaques touchant l’Histoire et son his­toire famil­iale. Ryth­mée par la voix posthume de la mère, l’architecture du réc­it adopte un mou­ve­ment tout en spi­rale. Com­ment lever la chape de plomb des non-dits qui écrase les siè­cles ? Pourquoi le nar­ra­teur en vient-il à soupçon­ner un « rose­bud » refoulé der­rière sa pas­sion de l’Histoire ? La déam­bu­la­tion, la vis­ite eth­nospa­tiale dans les salles du Musée de Ter­vueren catal­yse une descente spéléologique dans le temps. Quel lien ombil­i­cal avec l’Afrique a‑t-il occulté ? Dans le sil­lage de la mort de la mère, des zones intimes tenues dans l’ombre récla­ment un pas­sage vers la lumière. Con­tin­uer la lec­ture

S’approprier son deuil en attendant que la joie revienne

Éric-Emmanuel SCHMITT, Jour­nal d’un amour per­du, Albin Michel, 2019, 251 p., 19,9 € / ePub : 13.99 €, ISBN : 978–2‑226–44389‑2

Mars 2017, à la veille de son cinquante-sep­tième anniver­saire, Éric-Emmanuel Schmitt devient orphe­lin : cinq ans après son père, sa mère s’éteint. « Un jour comme les autres, tout devient dif­férent. » Com­ment pour­suit-on la route quand on est « plus l’enfant de per­son­ne » ? Où trou­ver la force d’accomplir le « devoir de bon­heur » si cher à sa maman quand seul le cha­grin sem­ble vouloir de lui ? On lui répète qu’il faut deux ans pour faire son deuil mais à quoi peut bien rimer ce genre de lieux com­muns ? Con­tin­uer la lec­ture

De la complexité des relations fusionnelles

Eve­lyne HESPEL, Le petit tsar, Acro­dacro­livres, 2018, 276 p., 18 €, ISBN : 978–2930956350

Nous entrons dans le quo­ti­di­en de Nan­cy, une biol­o­giste de quar­ante-cinq ans qui vit avec son fils Corentin et Adam, un psy­chi­a­tre renom­mé. Nan­cy est habitée par de nom­breuses angoiss­es (peur des microbes, des ascenseurs, de la foule…), mais elle est aus­si et surtout très anx­ieuse vis-à-vis de son fils qui a raté le bac et fume des joints. Elle a une rela­tion fusion­nelle avec lui et même si elle est con­sciente de son prob­lème, elle reste enfer­mée dans l’ambivalence de son com­porte­ment. Con­tin­uer la lec­ture

Balance ta mère !

Un coup de cœur du Carnet

Thier­ry ROBBERECHT, Onnuzel, Weyrich, coll. “Plumes du coq”, 2018, 126 p., 13€, ISBN : 978–2‑87489–499‑2

Que voici un petit livre sin­guli­er ! Thier­ry Rob­berecht, nous plongeant dans les Gold­en Six­ties, y épouse la per­spec­tive d’un garçon de huit ans, qui vit sans père, à l’ombre de sa mère et de sa sœur, exposé à la con­de­scen­dance ou à l’hostilité des voisins, de la grande famille, sidéré/pétrifié par le non-dit et le trop-dit jusqu’à se muer en « empoté » (onnuzel) dis­trait et mal­adroit. Con­tin­uer la lec­ture

Lettre à ma mère

François TEFNIN, Est-ce que tu as la clé ?, Mur­mure des soirs, 2018, 138 p., 15 €, ISBN : 978–2‑930657–45‑5

La perte d’un par­ent — père ou mère — est bien enten­du courante et « logique » : les plus vieux s’en vont les pre­miers. On salue une dernière fois cet être qui nous a élevés, aimés, choyés. Par­fois, le temps des adieux s’allonge et peut dur­er quelques années. La vieil­lesse guette cha­cun d’entre nous. Cer­tains s’éloignent en un éclair, sans prévenir. D’autres font dur­er le plaisir. Toute­fois, leur état ne rime pas tou­jours avec éclat et s’accompagne sou­vent d’une perte pro­gres­sive des repères, de la mémoire et/ou des fac­ultés motri­ces. La mai­son de retraite devient une issue inévitable. Et les enfants, sur qui la mère a veil­lé toute sa vie, se retrou­vent dans la pos­ture oblig­a­toire de devoir veiller à leur tour sur leur pro­pre géni­trice. Les rôles s’inversent. François Tefnin dédie Est-ce que tu as la clé ? « à toutes les mères qui, au crépus­cule de leur vie, se mor­fondent der­rière les murs de maisons de retraite, dis­simulées aux regards. Par­fois même à leur pro­pre vue. » Con­tin­uer la lec­ture

Père, fils et ABC

Sébastien MINISTRU, Appren­dre à lire, Gras­set, 2018, 160 p., 17,00 € / ePub : 11.99 €, ISBN : 9782246813996

ministru apprendre a lireAntoine, à presque soix­ante ans, se rap­proche de son père, un octogé­naire bour­ru auquel il rend vis­ite dès que son tra­vail le con­sent. Père et fils évolu­ent dans des univers antin­o­miques. Le pater­nel est un Sarde au machisme appuyé, anal­phabète, qui s’abreuve des nou­velles télévisées tout en cri­ti­quant l’hypocrisie des jour­nal­istes ; il se nour­rit de plats en bar­quette qu’il réchauffe sur une gazinière qui par­ticipe à ali­menter la couche de gras recou­vrant la total­ité de la cui­sine et l’inquiétude du fils quant à l’usage du gaz com­biné à l’âge avancé de son util­isa­teur. Le fis­ton, directeur général à la tête d’un groupe de presse, est un pro­fes­sion­nel exi­gent et antipathique, qui vit en cou­ple avec Alex, son com­pagnon. Ces deux pro­tag­o­nistes se fréquentent, ou plutôt, se frô­lent, plus qu’ils ne sem­blent avoir tis­sé ensem­ble une véri­ta­ble rela­tion ; pour­tant, avoue Antoine, ils sont bien liés, reliés par « ce lien que j’ai tant essayé de défaire mais qui, peine per­due, ne fait que se ren­forcer ».

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