
Féminin pluriel
Auteur : Michel Vanpé
Maison d’édition : Quadrature
Année d’édition : 2026
Nombre de pages : 104
Prix : 18 €
Livre numérique : /
EAN : 9782931080627
Les œuvres littéraires offrent inlassablement une chambre d’écho à la vie, à l’évolution des mentalités dans les sociétés où elles émergent en même temps qu’elles contribuent par leur rayonnement aux métamorphoses de celles-ci. Avec le recul et le temps, elles nous permettent de nous immerger dans une époque et d’en comprendre les ressorts les plus infimes que l’évidence de la réalité qui nous entoure ravit à notre entendement. L’attention accrue portée à la parité et à l’égalité entre hommes et femmes et aux combats de ces dernières sera sans nul doute un trait majeur que les analystes futur(e)s pointeront dans la production littéraire de notre temps, leur offrant un corpus tout à la fois foisonnant et multiple. Continuer la lecture




Patrick Delperdange ! Un pro ès lettres. Qui vit de sa plume. Bon à tout. Des critiques ou des scénarios, des Bob Morane, des romans noirs ou jeunesse, des pièces de théâtre. Des sauts de mouton au gré de ses envies, d’un pays, d’un éditeur ou d’un exercice à un autre. Les Cahiers de la BD, la Série noire, les
Line Alexandre a déjà fait sa place dans notre espace littéraire avec six romans dont le premier, paru en 2009,
Toutes les nouvelles du dernier recueil de Bruno Marée paru aux éditions Quadrature – éditions totalement dédiées à la nouvelle de langue française – semblent respecter (et jouer d’) un même cadre narratif. Elles commencent par poser la singularité, voire l’étrangeté, du quotidien (ou de l’hebdomadaire) d’un ou plusieurs personnages, et ce généralement en une phrase : « Je vois des choses qui n’existent pas » (qui pourrait presque définir le travail de ce nouvelliste, mais il faudrait alors préciser : mais pourraient exister, car nous ne sommes pas dans un univers fantastique ou de science-fiction) ; « Ils s’entendent comme chien et chat, dans le plus grand respect des traditions » ; « Je ne me douche jamais » ; « Le problème de monsieur Christian, c’est qu’il n’aime pas les enfants » ; « De la maison à l’école, le trajet que doit suivre Arthur n’est pas très long » ; « Ma voisine est un peu ma grand-mère » ; etc.
Evelyne se perd dans le dédale des archives du palais de justice. Charmés par leurs échanges virtuels, Bernard et Valérie sont fin prêts pour une rencontre réelle. Anne-Chantal n’a aucune envie de répondre à l’invitation de la baronne, mais les absents ont toujours tort. Employée dans un magasin de vêtements chic, la jeune Melody peine à satisfaire un client exigeant qui broie du noir. Pour reconquérir Isabelle, Antoine a élaboré un plan au minutage essentiel, qu’un imprévu pourrait bien compromettre. Jean-Pierre ne savait que faire de l’héritage de sa tante, jusqu’à une visite au Cimetière du Père-Lachaise. Récemment convertie à l’islam, Latifa entame son premier jeûne du mois de ramadan. Fabrice, Français expatrié à Bruxelles, croyait effectuer une bonne action en rendant visite à Jennyke le jour du réveillon de Noël. Pour concurrencer le cabaret « Chez Mammy », Fred ouvre son propre établissement et devient « Marraine ». Récemment licencié, Arnaud décide de contribuer à un monde meilleur en lançant son propre projet : la fricadelle végane. 


Vingt-six récits, vingt-six personnages évoluant sur vingt-six heures, le tout en 146 pages. Ce recueil de nouvelles tient du défi et il se déroule à la façon d’un relais narratif dont seuls les titres, qui évoquent les prénoms des protagonistes de A à Z, séparent les séquences qui s’articulent comme si les hommes et les femmes qui s’y succèdent – en respectant l’alternance des genres — se passaient le témoin. Dans cette prouesse technique, c’est l’autrice qui reste aux commandes, elle survole les univers successifs à la façon d’un drone muni d’une caméra. Chaque séquence adopte le point de vue du personnage qui lui donne son titre, détaille la manière dont il perçoit les autres. Ce choix narratif présente l’avantage certain de mettre en face-à-face, dans une succession rapide (les séquences couvrent de 3 à 6 pages), le regard de chacun, les intentions poursuivies, ce qu’il dissimule aux autres et ensuite la façon dont ses actes, paroles et attitudes sont perçus.
« Et puis sans crier gare », quelque chose survient, là, dans le cours de l’existence, quelque chose comme une aspiration au voyage, une arrivée surprise, une brisure dans le quotidien, dans la fuite des jours comme ils sont et s’en vont. Une perturbation qui remet les pendules à l’heure ou les dérègle pour longtemps. À tout jamais ? Quelque chose qui réjouit, inquiète ; qui met à mal, à bien ; qui emporte au bout de l’autoroute, face à la mer, en compagnie de deux jeunes autostoppeurs opportunément chanteurs, ou qui ramène à la ville, parce qu’un être du règne animal brait toutes les nuits et empêche le sommeil de s’installer dans la maison de campagne tant souhaitée, tant transformée pour ressembler aux fantasmes (stéréotypes) d’un repos sûrement mérité. 
« Quand un créancier ne veut ni payer ni s’arranger à l’amiable, c’est la plainte, le tribunal, le jugement, et finalement, dans le cas qui nous occupe, la saisie. C’est là que j’entre en scène ». Qu’il entre en scène. L’huissier. Le narrateur des quinze nouvelles du premier recueil de Jean Pierre Jansen, On n’entre pas comme ça chez les gens ! avec sa dose d’humanité, de philosophie et un humour tout personnel que rend bien le style familier de l’auteur, avec ses comparaisons malicieuses.