Linda VANDEN BEMDEN, Eddy grandit, Quadrature, 2025, 86 p., 12 € / ePub : 6,99 €, ISBN : 9782931080528
Dans la féérie du printemps, une femme trouve un tout jeune oisillon par terre et elle décide immédiatement de tout faire pour qu’il vive. Elle va déployer des trésors d’ingéniosité et de tendresse pour que les quatre grammes de ce petit corps nu aient la chaleur indispensable, puis faire des recherches sur la toile pour savoir comment le nourrir (ironie, souligne-t-elle, il faut des croquettes pour chat ramollies). Ce combat, mené heure par heure puis nuit et jour devient le centre de sa vie. Henry, qui vit sous le même toit, ne se fait aucune illusion et il prédit le pire. Parce que Henry aime prendre le contre-pied et qu’il veut toujours avoir le dernier mot, même si la suite lui donnera tort : l’oiselet se bat autant qu’elle, il remonte toujours la pente et il grandit de jour en jour. Tant et si bien qu’elle s’autorise à lui donner le prénom d’Eddy. Continuer la lecture
Le premier roman de François Degrande, L’ombre d’une racine, a pour cadre la Côte de la Mort en Galice au moment où le Prestige coule en 2002 et déverse des tonnes de pétrole qui vont se répandre sur plus de 3000 kilomètres de côte. 



Ni l’un ni l’autre, le dernier album d’Anne Herbauts est joyeux, entrainant, et une vraie déclaration d’indépendance des jeunes enfants auxquels il s’adresse. Eux qui sont souvent comparés à papa ou maman (dont ils auraient les oreilles, le nez ou le caractère), définis par ceux-ci, étiquetés malgré eux, se développent pourtant en tant qu’individus dotés d’une personnalité qui n’appartient et ne ressemble qu’à eux. Et c’est ce que nous rappelle cet album tout en couleurs.
L’enfant n’a pas été conçu non, ce n’était pas prévu, je n’ai jamais prévu beaucoup de choses. Prendre un sac, pour les courses, le nombre de culottes correspondant au nombre de journées plus deux, oui. Je n’ai pas conçu l’enfant. Avec l’enfant, il a tout fallu concevoir.
Ces trous dans ma vie. Par ces mots frappants, poignants, Isabelle Fable évoque les êtres aimés disparus. Les fait revivre par la force de l’amour, leur rend chair et âme, voix et regard. S’émeut, s’émerveille de « cette proximité paradoxale que crée la mort d’un être aimé, qui nous quitte… et qui vient faire partie de notre profondeur intime. Nous nous chargeons de lui, en quelque sorte. Nous le prenons en nous pour une autre forme de vie, subtile. »
Ça s’est passé sur un pont, mais non, pas un pont comme ça, et il n’y avait personne sur le pont et personne sur la route, il fallait le traverser…
Sam, c’est le récit livré par Jerry, un trentenaire qu’un beau matin d’octobre Sam, sa compagne, a planté là, sans mot dire. Frappé de plein fouet par ce départ, il doit faire face au manque, vivre avec lui ; tout comme son fils, Tobias. Un tête-à-tête avec un fiston de cinq ans qui les laisse seuls, en prise avec l’absence. Jusqu’au jour où il décide de tout plaquer, saute dans sa Honda déglinguée et file chercher son petit : « Tobias s’est approché. A vu les sacs sur la banquette arrière et a demandé On va où ? Je lui ai répondu : On va chercher maman. ». Destination : « Sluttenavverden », le toponyme livré par Sam lors de son premier et dernier coup de fil, là où elle est allée. « Slutten av verden », le bout du monde. Débute alors un long voyage, un périple sans fin dans les fjords, les rivières glacées, sur les sols fragiles glacés, dans les tourbillons enneigés, les plaines de la toundra.
De notre plus tendre enfance nous reste le souvenir d’un petit album carré, publié chez Dupuis et signé Gunilde Wolde, une illustratrice suédoise. On y suivait Titou, garçonnet désordonné qui, à mesure qu’il cherchait son ours dans l’amas de jouets de sa chambre, finissait par retrouver son éléphant bleu, son ballon et ses crayons de couleur, avant d’enfin mettre la main sur la très convoitée peluche. Façon à peine déguisée (et un peu moralisatrice) de dire « Sois méticuleux, mon bonhomme, et plus jamais tu n’égareras tes trésors ».
Quatre ans après la sortie de L’homme qui ne voulait plus être roi (Genèse édition), Joan Condijts revient avec un second roman, une histoire de renaissance, de famille, Les sœurs De Vlaeminck.
Si le roman policier a envahi à ce point l’espace littéraire au cours des dernières décennies, c’est sans nul doute que, comme l’affirment des maîtres du genre, sa pratique leur permet de cerner au mieux notre époque, d’en dévoiler les rouages, de dépasser la vérité apparente des choses. Le nouveau roman de Line Alexandre s’inscrit pleinement dans cette logique.
Ce matin-là, Sigmund Zieger reçoit une lettre inattendue. Et surprenante. Un jeune homme lui annonce être son fils. Loin des effusions sentimentales, cette déclaration est pleine de rage et de haine. Car l’adolescent en est certain : le vieux professeur n’a même plus à l’esprit le visage de la jeune étudiante qu’il a séduite voilà des années de cela. Pas le moindre souvenir de cette femme qui l’a pourtant aimé d’un amour dévorant, au point d’en oublier de vivre. Déroutante missive.
France Miller est une femme de 49 ans qui participe à la gestion d’une agence d’intérim. Elle n’est jamais tombée malade jusqu’au jour où elle se réveille en pleine nuit en train t’étouffer. Elle se rend aux Urgences d’un hôpital bruxellois et découvre alors les errances que l’on peut rencontrer lors d’une hospitalisation : l’attente avant les examens, la froideur et la lenteur des procédures, les tâtonnements des médecins pour le diagnostic, et puis le couperet tombe : une myocardite, qui nécessite une greffe de cœur.