Archives par étiquette : Olivier Smolders

Horace Van Offel, l’équilibriste inconséquent

Un coup de cœur du Car­net

”Smolders

Horace Van Offel. Histoire d’une trahison

Auteur : Olivi­er Smol­ders

Mai­son d’édition : Les Impres­sions nou­velles

Année d’édition : 2026

Nom­bre de pages : 140

Prix : 19 €

Livre numérique : 11,99 €

EAN : 9782390703044

« Sait-on jamais vrai­ment qui nous sommes ? » Ce n’est pas spoil­er la con­clu­sion du texte qu’Olivi­er Smol­ders con­sacre à son grand-père mater­nel Horace Van Offel, que d’en dévoil­er l’excipit. Car nous savions d’emblée que le des­tin de ce per­son­nage se con­clu­ait sur un quai de gare alle­mande, le 6 octo­bre 1944, quand une ménin­gite vir­u­lente l’y foudroy­ait. Mort avant d’avoir été amené à com­para­itre devant un tri­bunal, cet écrivain com­pro­mis dans la col­lab­o­ra­tion de plume laisse der­rière lui une œuvre ample, mar­quée par un cer­tain tal­ent pour la nar­ra­tion (brève) et la for­mule per­cu­tante, par un regard acéré et un humour féroce aus­si, qui peu­vent encore être goutés quand ils ne reposent pas sur l’ignominie des stéréo­types ; mais une œuvre au demeu­rant prob­lé­ma­tique, dont les qual­ités et les orig­i­nal­ités seront occultées par le pur­ga­toire où la plongeront les engage­ments de son auteur. La tombe fer­mée de Horace Van Offel se trou­ve donc sin­gulière­ment dou­blée d’une forme de béance. Con­tin­uer la lec­ture

La rentrée littéraire 2024, avec sobriété

Rentrée littéraire 2024

Pour la plu­part d’entre nous, le début des vacances est aus­si immi­nent qu’attendu. Évo­quer en ce moment la ren­trée, fût-elle lit­téraire, a donc for­cé­ment quelque chose d’incongru. Pour­tant, les maisons d’édition ont générale­ment déjà bouclé leur pro­gramme autom­nal et plusieurs d’entre elles l’ont présen­té aux libraires, voire aux médias. Comme tou­jours, les autri­ces et auteurs belges seront nom­breux à dévoil­er leur nou­veau livre cet automne. Le point sur leurs sor­ties annon­cées au deux­ième semes­tre.

Mais d’abord quelques con­stats. À part les édi­tions M.E.O., Weyrich et Les impres­sions nou­velles, dont cer­tains romans parais­sent dès la fin août, les maisons d’édition belges ne se calquent pas sur le cal­en­dri­er de la ren­trée lit­téraire française : la plu­part de leurs pub­li­ca­tions sont prévues plus tard dans la sai­son. Ce décalage peut s’expliquer par une volon­té de ne pas se plac­er en con­cur­rence, for­cé­ment déséquili­brée, avec des sor­ties hexag­o­nales accom­pa­g­nées de moyens pro­mo­tion­nels sans com­mune mesure. Il reflète aus­si une logique autre : plusieurs maisons d’édition inter­rogées pour pré­par­er cet arti­cle nous ont expliqué pro­gram­mer leurs paru­tions en fonc­tion non de la ren­trée lit­téraire, mais des événe­ments plus por­teurs pour elles, tels que le Marché de la poésie, le fiEs­ti­val ou encore le Poet­ik Bazar. Con­tin­uer la lec­ture

Faire sauter les digues de la raison pure

Olivi­er & Quentin SMOLDERS, Démons et mer­veilles. Cri­tique de la rai­son pure, CFC, 2019, 192 p., 24 €, ISBN : 978–2‑87572–051‑1

À l’occasion de l’exposition Démons et mer­veilles qui se tient au Cen­tre Wal­lonie-Brux­elles, paraît  l’ouvrage éponyme pub­lié par CFC Edi­tions. Cette plongée dans les créa­tions filmiques, graphiques, textuelles d’Olivier et Quentin Smol­ders dévoile la com­plic­ité qui relie les deux frères. Une com­plic­ité née dans l’enfance, qui se traduit par une fas­ci­na­tion com­mune pour le mar­gin­al, le refoulé, l’insolite, l’inquiétante étrangeté. Con­tin­uer la lec­ture

Variations sur une Symphonie de l’horreur

Olivi­er SMOLDERS, Nos­fer­atu con­tre Drac­u­la, Impres­sions nou­velles, coll. « La fab­rique des héros », 2019, 128 p., 12 € / ePub : 7.99 €, ISBN : 978–2874496486

Le crâne bosselé et chauve, le nez dru­ment busqué, le sour­cil fourni et la den­ti­tion en chaos d’aspérités, bar­rée de deux longues canines ; les mains arach­néennes, comme en quête de proie, le dos légère­ment bom­bé, le regard hal­lu­ciné et avide ; « ser­tie dans un cos­tume de cler­gy­man, sévère, bou­ton­né jusqu’au col »… Voici que se présente lente­ment, solen­nelle­ment, la sil­hou­ette la plus inquié­tante de notre imag­i­naire fan­tas­tique, j’ai nom­mé Nos­fer­atu. Et il fal­lait l’audace d’un Olivi­er Smol­ders, dont le tra­vail et les intérêts pluriels se situent à l’intersection de la lit­téra­ture et du ciné­ma, pour s’aventurer à saisir cet insai­siss­able. Con­tin­uer la lec­ture