Archives par étiquette : rentrée littéraire 2022

Mirage

Didi­er DUMONT, Je suis né comme un mourant, Canoë, 2022, 224 p., 18 €, ISBN : 978–2‑490251–66‑7

dumont je suis né comme un mourantIl est des livres qui résis­tent aux attentes du lecteur. Impos­si­ble des les class­er dans un genre, d’y décel­er un déroule­ment con­venu, de les résumer en quelques mots. La pre­mière pub­li­ca­tion de Didi­er Dumont en relève assuré­ment. Au fil des pages de Je suis né comme un mourant, le nar­ra­teur naît à onze repris­es : « dans une cour d’école », « le 13 sep­tem­bre 2018 », « au bord d’un fleuve », « au bout d’une corde », « der­rière un seul bar­reau », « dans un rond de fumée », « pour [s]e pos­er des ques­tions », « après [s]es funérailles », « devant sa fenêtre », « avec une phrase pour tout bagage », « comme un mourant ». Autant d’incarnations pré­textes à des nar­ra­tions irréelles, des invo­ca­tions artis­tiques, des matéri­al­i­sa­tions énig­ma­tiques. Chaque chapitre se déroule comme dans un rêve : les lieux sont à la fois incon­nus et fam­i­liers, les per­son­nages appa­rais­sent et s’évanouissent, les sit­u­a­tions s’enchaînent de manière « étrange et péné­trante ». Il faut donc les abor­der dénué(e) du désir de tout com­pren­dre et « juste » se laiss­er porter par l’expérience pro­posée. Con­tin­uer la lec­ture

Prix Senghor 2022 : la sélection

Le prix Sen­g­hor du pre­mier roman fran­coph­o­ne et fran­cophile, ou prix Sen­g­hor, a dévoilé sa sélec­tion pour l’édi­tion 2022. Douze romans sont en lice. Con­tin­uer la lec­ture

Le livre du père

Mehtap TEKE, Petite, je dis­ais que je voulais me mari­er avec toi, Viviane Hamy, 2022, 256 p., 18,90 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 978–2‑38140–024‑2

teke petite je disais que je voulais me marier avec toiLa ren­trée lit­téraire 2022 accorde une large place aux pre­miers romans : 90 sur les 345 romans fran­coph­o­nes annon­cés, selon le décompte de Livres Heb­do. Mehtap Teke est l’une de ces nou­velles plumes à décou­vrir. Paru aux édi­tions Viviane Hamy, Petite, je dis­ais que je voulais me mari­er avec toi con­te l’histoire d’un homme qui, dans l’espoir d’une vie meilleure, quitte sa Turquie natale pour l’Europe occi­den­tale.

Le roman est presque entière­ment écrit à la deux­ième per­son­ne du sin­guli­er : si la nar­ra­trice, une jeune femme, racon­te l’histoire de son père, elle la racon­te aus­si à son père. Et retrace le par­cours de vie d’un enfant pau­vre né en Turquie, retiré tôt de l’école où il excel­lait. Arraché à ses rêves intel­lectuels, il est con­traint de tra­vailler dans les champs de coton avec son père, puis de quit­ter son pays d’origine pour rejoin­dre l’Europe occi­den­tale, en quête d’une vie meilleure. Là-bas, il besogne sur des chantiers de con­struc­tion, devient père d’une famille nom­breuse. Avec une obses­sion : offrir à ses filles les pos­si­bil­ités et l’aisance sociale et finan­cière dont il a été privé. Con­tin­uer la lec­ture

Frères de silence

Un coup de cœur du Car­net

Alexan­dre VALASSIDIS, Au moins nous aurons vu la nuit, Gal­li­mard, coll. « Scribes », 2022, 112 p., 15,50 € / ePub : 10,99 €, ISBN : 978–2‑07–299536‑1

valassidis au moins nous aurons la nuitNous sommes dans une ban­lieue indéfinie, dans l’ombre de tours de béton, et la vie s’écoule sans que l’on puisse penser qu’il fera meilleur demain. Le nar­ra­teur, qui ne livre pas son nom, nous par­le de Dylan, dont il était si proche et qui a dis­paru au creux de la nuit. Il nous dit leur univers com­mun, celui qu’ils trou­vent en lisière de la cité, là où on peut respir­er une fois passée la voie fer­rée. Entre eux, peu de mots, au mieux quelques regards, une forme de com­plic­ité tacite qui ne dit pas non plus son nom.

Entre nous, ça avait tout de suite pris, si je puis dire. Dès la pre­mière fois où nos regards s’étaient croisés. J’avais ressen­ti quelque chose. Une sen­sa­tion très forte. Sur laque­lle je n’avais pas voulu met­tre de mots. Pour qu’elle reste comme un cheval sauvage, cette impres­sion. Qu’elle reste libre. Con­tin­uer la lec­ture

Rwanda : « La violence des impuissantés »

Un coup de cœur du Car­net

Dominique CELIS, Ain­si pleurent nos hommes, Philippe Rey, 2022, 287 p., 20 €, ISBN : 978–2‑84876–959‑2

celis ainsi pleurent nos hommesLes romans sur le géno­cide des Tut­sis par des Hutus au Rwan­da en 1994 sont nom­breux. Beau­coup ont ten­té, avec des réus­sites divers­es, de témoign­er de l’horreur quand elle atteint de tels som­mets d’inhumanité. Avec Ain­si pleurent nos hommes, la Bel­go-Rwandaise Dominique Celis pro­pose un tout autre point de vue, celui d’une descen­dante de vic­times qui refuse la banal­i­sa­tion ambiante des faits. Dans une écri­t­ure ciselée pour l’occasion et adap­tée à son pro­pos. Con­tin­uer la lec­ture

Sabine mène l’enquête

Philippe BLASBAND,  Choco­lat amer, Cas­tor astral, 2022, 264 p., 20 € / ePub : 9,99 €, ISBN :
979–10-278‑0330‑9

blasband chocolat amerLe monde du polar est une galax­ie com­plète, avec des ambiances allant du trag­ique à la comédie, des enquê­teurs récur­rents ou non, menées par des poli­cières ou des ama­tri­ces…

Le polar peut être noir ou rouge sang, angois­sant ou ironique, poli­tique ou pas, his­torique que ce soit à la manière de Bernie Gun­ther ou du frère Cad­faël, mais tou­jours il démonte les ressorts de l’âme humaine ou les rouages de la société en met­tant le doigt – et la lumière – là où ça fait mal. Con­tin­uer la lec­ture

Tristane, ma sœur Tristane…

Amélie NOTHOMB, Le livre des sœurs, Albin Michel, 2022, 193 p., 19 € / ePub : 12,99 €, ISBN : 978–2‑226–47636‑4

nothomb le livre des soeursLau­réate du Renau­dot 2021 pour Pre­mier sang, Amélie Nothomb ne s’est pas reposée sur ses lau­ri­ers : elle inau­gure à nou­veau la ren­trée lit­téraire cette année. Pour sa trente-et-unième, elle pub­lie Le livre des sœurs aux édi­tions Albin Michel.

Amélie Nothomb évoque volon­tiers sa grande prox­im­ité avec sa sœur Juli­ette – laque­lle signe elle aus­si un livre en cette ren­trée, puisqu’Éloge du cheval paraitra début sep­tem­bre, chez Albin Michel égale­ment. Le livre des sœurs ne par­le toute­fois pas d’Amélie et Juli­ette, mais de Tris­tane et Laeti­tia. L’autrice explore cette année non le ter­rain de sa pro­pre vie, mais celui de l’imagination, qu’elle définit joli­ment, dans le hors-série que Lire Mag­a­zine lit­téraire vient de lui con­sacr­er, comme « la réminis­cence de ce qui n’a jamais eu lieu ». Con­tin­uer la lec­ture

Rentrée littéraire 2022 : les chiffres de Livres Hebdo

Comme chaque année au début juil­let, Livres Heb­do a com­pilé toutes les annonces de paru­tion de la ren­trée lit­téraire et en a tiré d’é­clairantes sta­tis­tiques.

Le décompte porte sur les romans pub­liés par les maisons d’édi­tion français­es de la mi-août à octo­bre. Et le résul­tat a de quoi sur­pren­dre : 490 romans (fran­coph­o­nes et tra­duc­tions) paraitront à cette péri­ode. Non seule­ment ce chiffre est sig­ni­fica­tive­ment plus faible que les 521 ouvrages de la même époque en 2021, mais il signe la pre­mière ren­trée sous les 500 titres en plus de 20 ans. Con­tin­uer la lec­ture

La rentrée littéraire 2022 : une envie de découvrir

rentree litteraire 2022

Para­doxe du cal­en­dri­er lit­téraire : à peine la trêve esti­vale s’annonce-t-elle qu’il est déjà ques­tion de la ren­trée. Ce temps fort de l’année édi­to­ri­ale se pré­pare évidem­ment tou­jours de longue date et c’est aux pre­miers jours de juil­let que l’essentiel des pro­grammes est con­nu. Les pre­mières sélec­tions pour les prix lit­téraires d’automne tombent déjà, et Livres Heb­do peut se prêter à son tra­di­tion­nel décompte : com­bi­en d’ouvrages arriveront sur les tables des libraires en août et sep­tem­bre de cette année ? La sur­pro­duc­tion édi­to­ri­ale, dénon­cée chaque année, sera-t-elle forte, très forte ou qua­si insouten­able cette fois ?

Beau­coup d’auteurs et autri­ces belges, qu’ils soient pub­liés en France ou en Bel­gique, ver­ront eux aus­si leur livre – par­fois même leur premier­ livre – paraitre en cette ren­trée. Tour d’horizon des ouvrages atten­dus à par­tir du 17 août. Con­tin­uer la lec­ture