La rentrée littéraire 2022 : une envie de découvrir

rentree litteraire 2022

Para­doxe du cal­en­dri­er lit­téraire : à peine la trêve esti­vale s’annonce-t-elle qu’il est déjà ques­tion de la ren­trée. Ce temps fort de l’année édi­to­ri­ale se pré­pare évidem­ment tou­jours de longue date et c’est aux pre­miers jours de juil­let que l’essentiel des pro­grammes est con­nu. Les pre­mières sélec­tions pour les prix lit­téraires d’automne tombent déjà, et Livres Heb­do peut se prêter à son tra­di­tion­nel décompte : com­bi­en d’ouvrages arriveront sur les tables des libraires en août et sep­tem­bre de cette année ? La sur­pro­duc­tion édi­to­ri­ale, dénon­cée chaque année, sera-t-elle forte, très forte ou qua­si insouten­able cette fois ?

Beau­coup d’auteurs et autri­ces belges, qu’ils soient pub­liés en France ou en Bel­gique, ver­ront eux aus­si leur livre – par­fois même leur premier­ livre – paraitre en cette ren­trée. Tour d’horizon des ouvrages atten­dus à par­tir du 17 août.

Les romans : tradition et nouveaux venus

Dif­fi­cile de com­mencer ce panora­ma de la ren­trée sans évo­quer les romans, genre-roi de l’automne, et fer de lance de la ren­trée lit­téraire.

Comme chaque année, plusieurs auteurs et autri­ces belges con­naitront l’effervescence de la ren­trée française. C’est une tra­di­tion établie depuis 30 ans désor­mais, Amélie Nothomb lance la ren­trée. À paraitre le 17 août, Le livre des sœurs est son 31e livre aux édi­tions Albin Michel. Dans la lignée des Prénoms épicènes et de Frappe-toi le cœur, elle explore les rela­tions par­ents-enfants, leur inévitable tox­i­c­ité, pour mag­ni­fi­er, en con­tre­point, la pureté et la vital­ité de l’amour entre sœurs. Autre habituée de la ren­trée, Emmanuelle Pirotte signe le 25 août son retour aux édi­tions du Cherche-Midi. Après un détour par les édi­tions Philippe Rey pour Rompre les digues au print­emps 2021, la roman­cière signe avec Les reines sa cinquième col­lab­o­ra­tion avec son édi­teur his­torique. Elle renoue avec le roman d’an­tic­i­pa­tion, qu’elle avait déjà exploré dans De pro­fundis, nous immergeant dans un monde où les femmes ont désor­mais prix le pou­voir. Philippe Blas­band, qui a pub­lié Quin­tes­sence aux édi­tions Mael­ström reEvo­lu­tion au print­emps, con­firme son grand retour, après plusieurs années de silence édi­to­r­i­al : Choco­lat amer paraitra au Cas­tor astral le 25 août. Le livre nous racon­te l’histoire d’une Brux­el­loise dev­enue enquêtrice mal­gré elle lorsqu’elle décou­vre coup sur coup deux cadavres. Des morts qui l’entraineront vers une quête intime et la pousseront à ren­con­tr­er des per­son­nages éton­nants, dont cer­tains proches de la mafia.

Ces plumes con­fir­mées voisineront avec plusieurs pri­mo-romanciers. Trois d’entre eux rejoin­dront les tables des librairies dès le 17 août. Mehtap Teke pub­lie Petite, je dis­ais que je voulais me mari­er avec toi aux édi­tions Viviane Hamy. Final­iste du prix Envoyé par la poste, ce livre est le por­trait d’un émi­gré kurde venu s’établir dans les coro­ns belges ; l’autrice entre­croise les sou­venirs de son per­son­nage prin­ci­pal et de la fille de celui-ci, nous emmenant de l’Anatolie à la Bel­gique et retour. Dominique Celis con­nait elle aus­si d’ores et déjà les hon­neurs d’une sélec­tion pour un prix : Ain­si pleurent nos hommes (Philippe Rey) est en lice pour le prix Méduse. Autrice bel­go-rwandaise, elle situe son roman à Kigali. Son héroïne se remet dif­fi­cile­ment d’une rup­ture amoureuse et écrit des let­tres à sa sœur, dans lesquelles la déso­la­tion sen­ti­men­tale s’entremêle à la descrip­tion du quo­ti­di­en, celui d’une pop­u­la­tion qui vit avec les trau­ma­tismes du géno­cide. Cette ren­trée mar­quera aus­si les débuts de romanci­er du cinéaste Lucas Bel­vaux. Les tour­men­tés, pub­lié chez Alma, est l’histoire d’une riche veuve pas­sion­née par la chas­se qui cherche un homme accep­tant de jouer le rôle de gibier. Elle finit par le trou­ver…

valassidis au moins nous aurons la nuitLe 25 août, ces trois jeunes auteurs seront rejoints par Alexan­dre Valas­sidis, dont Au moins nous aurons vu la nuit parait dans la col­lec­tion « Scribes » de Gal­li­mard. Pri­mo-romanci­er, mais point écrivain débu­tant, Alexan­dre Valas­sidis est déjà un poète con­fir­mé, avec notam­ment deux recueils remar­qués parus aux édi­tions Cheyne sous le pseu­do­nyme de Louis Adran. Au moins nous aurons vu la nuit est l’histoire de la mys­térieuse dis­pari­tion de Dylan. Son meilleur ami tente de met­tre bout à bout ce qu’il sait de lui, de recon­stituer ce qu’était sa vie. L’ami se sou­vient ain­si des heures passées à arpen­ter la ville, de nuit, dans le silence et l’ennui.

dumont je suis né comme un mourant

Le 2 sep­tem­bre, les édi­tions du Canoë pub­lieront le très poé­tique pre­mier roman de Didi­er Dumont, Je suis né comme un mourant.

locandro le portrait de greta g

Cather­ine Locan­dro a récem­ment écrit deux romans pour la jeunesse, Cas­sius et Dans ce monde ou dans l’autre. Le 8 sep­tem­bre, elle revient à la lit­téra­ture générale avec Le por­trait de Gre­ta G., évo­ca­tion mi-fic­tion­nelle mi-biographique de l’i­cone hol­ly­woo­d­i­enne Gre­ta Gar­bo, à paraitre aux édi­tions Les péré­grines.

La fan­ta­sy ne sera pas non plus absente de cette ren­trée, avec la paru­tion le 18 août chez Scri­neo du 2e vol­ume de la saga De rouages & de sang d’A.D. Mar­tel : Le tré­sor de Pink Lady.

Du côté des maisons d’édition belges, la ren­trée com­mence tra­di­tion­nelle­ment un peu plus tard qu’en France. Les pre­miers romans sont ain­si atten­dus pour le début sep­tem­bre.

Les édi­tions Lamiroy ouvriront la ren­trée lit­téraire belge avec Ce que le passé me réserve, un roman de Brigitte More­au, à paraitre le 1er sep­tem­bre. Il s’agit de la deux­ième ren­trée con­séc­u­tive pour l’autrice, dont le pre­mier roman, La com­plainte d’Isabeau, a été pub­lié l’année dernière aux édi­tions F. Dev­ille. Ce que le passé me réserve est l’histoire d’une femme qui, enceinte à 18 ans, range au plac­ard rêves et ambi­tions pour se con­sacr­er à son rôle d’épouse et de mère, mais dont le passé resur­git, 13 ans plus tard… Pho­tographe de renom, Luc Drat­wa passe à présent à l’écriture. Son pre­mier roman, Passé inaperçu, annon­cé pour le 1er octo­bre, met en scène… un pho­tographe pour une his­toire où s’entremêlent les villes (Brux­elles, Paris, New York…), les vies et les ren­con­tres. Ste­fan Liber­s­ki sera lui aus­si de la par­tie en cette ren­trée avec Néron rouge, prévu en novem­bre.

Les édi­tions MEO pro­gram­ment deux romans pour le 6 sep­tem­bre. Après Le choix de Mia en 2020, Jean-Pierre Bal­froid pub­lie un deux­ième opus, Ces étoiles dans la nuit, déli­cate plongée dans l’Ardenne des années 1950 pour l’histoire de la rela­tion entre un homme et une jeune fille orphe­line, dont il ignore être le père biologique. Précédem­ment pub­lié aux édi­tions du Rouer­gue et Sans escale, Philippe Fiévet s’essaie au roman his­torique. Une colonne pour le par­adis emmène les lecteurs et lec­tri­ces dans la Syrie byzan­tine du 5e siè­cle après Jésus-Christ, époque trou­blée, mar­quée entre autres par le fanatisme religieux. Le 6 octo­bre paraitra Le maitre du Mont Xîn, de Gérard Adam. L’auteur et édi­teur nous emmène dans une aven­ture spir­ituelle, autour de deux femmes qui cherchent à attein­dre le som­met du Mont Xîn, où un cou­ple d’amants philosophes a créé, au 12e siè­cle, un rite religieux dans lequel l’érotisme joue une part impor­tante. L’ascension est le moment d’un voy­age intérieur pour les deux per­son­nages. Le 8 novem­bre, la même mai­son réédit­era La source d’incandescence, roman de Monique Thomas­set­tie ini­tiale­ment paru aux édi­tions La page. Réc­it ini­ti­a­tique, le livre suit les traces d’une artiste qui part vers l’Orient en quête d’une mys­térieuse Source incan­des­cente. Prix des Bib­lio­thèques de la Ville de Brux­elles, Les mots de Russie d’Isabelle Bielec­ki reparaitra chez MEO en décem­bre, après une pre­mière édi­tion chez EME en 2005. Avec cette réédi­tion, la trilo­gie de l’autrice (Les mots de Russie, Les tulipes du Japon et La mai­son du belge) est désor­mais inté­grale­ment disponible chez le même édi­teur.

Aux édi­tions Esper­luète, la ren­trée du roman débutera le 9 sep­tem­bre avec Le net­suke, de Thomas Lavach­ery. Clas­sique incon­tourn­able en lit­téra­ture pour la jeunesse, Thomas Lavach­ery ajoute une ligne à sa bib­li­ogra­phie de lit­téra­ture générale, un an après Le cer­cle, qui lui a valu une place de final­iste du Rossel 2021. Avec Le net­suke, l’écrivain joue sur les lim­ites entre fic­tion et auto­bi­ogra­phie. Le nar­ra­teur, un ado­les­cent dans le Brux­elles des années 1970 et 1980, ressem­ble étrange­ment au jeune Thomas Lavach­ery. Vio­laine Lison, dont le pre­mier livre Ce soir, on dort dans les arbres a paru chez Esper­luète au print­emps 2021, revient dans la même mai­son d’édition pour Vous étiez ma mai­son, illus­tré par Manon Gig­noux. Mi-roman mi-con­te, le livre épouse les pas d’une nar­ra­trice qui se promène de la ville à la forêt où elle croise une étrange femme, fée ou sor­cière, avec laque­lle elle noue une rela­tion intense et com­plexe.

wajskop oeil de linge

La muette/Le bord de l’eau annonce un roman de Bruno Wajskop pour le 16 sep­tem­bre, Œil de linge. L’auteur fait revivre l’agonie d’un homme, vue à tra­vers le regard de son épouse, qui la décou­vre elle-même par les images d’une caméra de sur­veil­lance.

Cinq romans paraitront aux édi­tions Académia. Le pre­mier d’entre eux est pro­gram­mé pour sep­tem­bre, Mesure 217 de Françoise Lhoir. Dans ce roman psy­chologique, l’autrice évoque le des­tin de trois per­son­nages, des musi­ciens clas­siques pas­sion­nés par leur art. En octo­bre, Un som­bre dimanche sans fiançailles clô­tur­era avec une pointe d’humour la trilo­gie poli­cière de Bruno Dinant. En novem­bre, Benoit Roels,-habitué de la mai­son, nous entraine dans une his­toire d’amour et d’amitiés sur une bande sonore new wave avec le bien-nom­mé Taint­ed love, tan­dis qu’avec Cette route qui nous porte, Bertrand de Longueville narre l’histoire d’un jeune homme par­ti à l’aventure, porté par l’amour de son père défunt. En décem­bre, Olivi­er Bail­ly s’essaie, avec Nos vies sont mer­veilleuses, au « polar rur­al de vieux », où les ques­tions exis­ten­tielles sont abor­dées avec humour.

Le cat­a­logue de la tou­jours sur­prenante col­lec­tion « If » de L’arbre à paroles accueille un ren­fort de choix. Auteur notam­ment des sin­guliers Notre château et Une fêlure aux édi­tions du Tripode, Emmanuel Reg­niez signe La recon­nais­sance, à paraitre le 3 octo­bre. Dans la lignée de ses opus précé­dents, le livre explore les motifs du dou­ble, du masque, de la mémoire et de l’oubli, à par­tir d’un pacte con­clu entre deux per­son­nages, dont l’un accepte de suiv­re l’autre partout pen­dant un an.

sels meme pas mort

Chez Genèse édi­tion, c’est une autre autrice con­fir­mée qui fait son entrée au cat­a­logue. Encore s’ag­it-il plus pré­cisé­ment d’un retour : avant Voy­age de noces avec ma mère chez Cal­mann-Lévy en 2015 et La bal­ler­ine aux gros seins chez Arthaud en 2018, Véronique Sels avait en effet déjà pub­lié La ten­ta­tion du pont (2011) et Bien­v­enue en Nor­lande (2012) chez Genèse. Cette année, Même pas mort! parait le 9 sep­tem­bre. L’histoire est libre­ment inspirée de la tra­jec­toire de Stéphane Man­del­baum, pein­tre et truand, assas­s­iné à l’âge de 25 ans.

Après une pre­mière col­lab­o­ra­tion avec la mai­son d’édition Onlit au print­emps dernier (Une grande actrice), Ste­fan Liber­s­ki n’aura pas tardé à récidiv­er. Son Teo mal­gré est annon­cé pour le 12 octo­bre. Deux autres livres sont pro­gram­més pour novem­bre, signés par deux habitués de la mai­son : Sachant qu’au­cun ani­mal ne nous appar­tient de Véronique janzyk et La course de Jacques Richard.

Les édi­tions Mur­mure des soirs pub­lieront l’un de leurs auteurs habituels à la mi-octo­bre : après 37, rue de Nimy, Alexan­dre Mil­lon revient avec Les heures claires, suite d’instantanés mis en mots. La même mai­son d’édition pub­liera aus­si Déjà ?, de Gwen­do­line Loosveld. Cette spé­cial­iste en droit des suc­ces­sions, active sur les ques­tions éthiques liées à la fin de vie, pub­lie un livre où il est ques­tion de la mort et de com­ment en par­ler, abor­der son pro­pre décès.

Les édi­tions Tra­verse annon­cent pour novem­bre un roman de Paul G. Dulieu, Il voulait pein­dre la nuit.

Les édi­tions F. Dev­ille fer­ont leur ren­trée au mois de novem­bre avec une nou­velle col­lec­tion dédiée au roman court, “Œuvres au jaune”, recon­naiss­able à sa cou­ver­ture… jaune, dis­tincte du rouge habituelle­ment util­isé par la mai­son d’édi­tion. Trois titres sont prévus pour le lance­ment. Une pêche mirac­uleuse de Didi­er Robert con­te l’his­toire d’un fils qui décou­vre la fasci­nante trans­for­ma­tion noc­turne de son père, alcoolique et vio­lent. Marc Meganck, qui avait pub­lié le très beau Le jour où mon père n’a pas eu le dernier mot dans la même mai­son d’édi­tion au print­emps, revient avec La lunette, annon­cé comme une “quête sur­réal­iste où il est ques­tion d’amour, d’amitié, de finesse et de sens de l’existence”. Avec Romuald et Juli­enneBrigitte More­au signe une vari­a­tion sur le thème éter­nel de Roméo et Juli­ette et s’of­fre donc une dou­ble ren­trée lit­téraire.

Spé­cial­isées dans la poésie, les édi­tions Le coudri­er pub­lieront néan­moins elles aus­si un roman au deux­ième semes­tre : Un jour d’été à Cen­tral Park, par Anne-Michèle Hamesse, autrice du recueil de nou­velles Le lac du Bois de la Cam­bre dans la même mai­son d’édition en 2020.

santoliquido l inconnu du parvis ker

Le roman de genre ne sera pas oublié en cette ren­trée. « Noir Cor­beau », la col­lec­tion de polars des édi­tions Weyrich, s’enrichira de trois nou­veaux vol­umes : le tan­dem Dumont-Dupuis et Chris­t­ian Joost­en pour­suiv­ront leur série respec­tive, tan­dis que Line Alexan­dre, qui avait déjà tâté de la lit­téra­ture poli­cière avec L’enclos des fusil­lés, fait son entrée dans la col­lec­tion avec La prophétie des nains. Les édi­tions Ker réédi­tent quant à elles L’inconnu du parvis de Giuseppe San­toliq­ui­do, ini­tiale­ment paru chez Genèse. Les édi­tions F. Dev­ille pub­lieront Un croque-mort à côté de ses pom­pes, roman final­iste du prix polar de la Foire du livre, signé par Bruno Dinant, qui avec Un som­bre dimanche sans fiançailles évo­qué plus haut, sera donc dou­ble­ment présent en cette ren­trée.

La nouvelle : un dynamisme constant

Cas par­ti­c­uli­er dans le paysage édi­to­r­i­al fran­coph­o­ne, l’édition belge affiche dynamisme et inven­tiv­ité dans l’édition de la nou­velle. Une ten­dance que la ren­trée 2022 con­firme.

Le 1er sep­tem­bre 2017, les édi­tions Lamiroy lançaient la col­lec­tion « Opus­cule » : une nou­velle pub­liée chaque semaine, disponible à l’unité ou sous forme d’abonnement. Cinq ans plus tard et quelque 250 titres au comp­teur, le con­cept a large­ment fait ses preuves et la cadence est main­tenue. On ne change pas une for­mule qui gagne : de nou­veaux opus­cules paraitront en cette ren­trée, tou­jours au rythme d’un vol­ume par semaine. En sep­tem­bre, la col­lec­tion s’enrichira aus­si d’un 15e hors-série, recueil col­lec­tif sur le thème Fan­tas­tique.

Dans le domaine de la nou­velle, les édi­tions Ker peu­vent elles aus­si se tar­guer d’une col­lec­tion phare : « Bel­giques » est une col­lec­tion de recueils de nou­velles dans lesquels un auteur ou une autrice racon­te, sur le mode de la mosaïque, sa vision de la Bel­gique. Comme en 2021, la col­lec­tion n’accueillera pas moins de qua­tre nou­veaux vol­umes en octo­bre 2022. Aux Lau­rent Demoulin, Luc Del­lisse, Colette Nys-Mazure, Tuyêt-Nga Nguyen du mil­lésime 2021 suc­cè­dent, pour 2022, qua­tre plumes éminem­ment con­trastées : Rose-Marie François, Myr­i­am Leroy, Gré­goire Polet et Marc Quaghe­beur. Ker édi­tions pub­lie aus­si régulière­ment des recueils col­lec­tifs, autour d’une thé­ma­tique qui invite à la réflex­ion. WWW inter­rogera la dépen­dance de notre société au numérique.

collectif www

Les édi­tions Tra­verse met­tront aus­si à l’honneur la fic­tion courte avec la paru­tion en octo­bre du recueil Comme les pier­res de Tris­tan Alle­man, lau­réat du prix Gauchez-Philip­pot pour Fugi­tives, autre recueil pub­lié chez le même édi­teur. En décem­bre, Tra­verse édit­era aus­si un recueil de fables de Michel Voi­turi­er et un recueil de réc­its de Guy Stuck­ens.

dellisse parler avec les dieux

Les édi­tions Élé­ments de lan­gage pub­lieront en sep­tem­bre Par­ler avec les dieux de Luc Del­lisse, recueil de cinquante his­toires brèves autour du mys­tère qui s’im­misce soudain dans le quo­ti­di­en.

Dumont Je ne dis jamais non

Qui pense à la nou­velle pense for­cé­ment à Quad­ra­ture, édi­teur néo-lou­vaniste dédié au genre. Deux autri­ces belges sont au pro­gramme du sec­ond semes­tre. Agnès Dumont sera sur tous les fronts en cette ren­trée : out­re le polar qu’elle co-signe avec Patrick Dupuis aux édi­tions Weyrich, elle revient à son genre de prédilec­tion. Qua­tre ans après À qui se fier ?, son nou­veau recueil Je ne dis jamais non, le cinquième chez Quad­ra­ture, est atten­du pour le 10 novem­bre. Les huit nou­velles qui le com­posent évo­quent des per­son­nages placés devant un dilemme, une déci­sion impor­tante, hési­tants mais prêts à franchir un pas qui va faire bas­culer leur exis­tence. En décem­bre, c’est un recueil de Stéphanie Mangez qui paraitra.

tremouilhe les loups seraient restes des loups

Les jeunes édi­tions La place pub­lient elles aus­si une nou­velle en cette ren­trée. Signée par Julie Tré­mouil­he, Les loups seraient restés des loups paraitra le 9 novem­bre

Les édi­tions MEO repub­lient le 8 décem­bre Fêtes, fureurs et pas­sions en terre d’Ar­denne, un recueil de Jean-Pierre Otte ini­tiale­ment paru chez Robert Laf­font sous le titre Nico­las Gay­oûle.

Les poètes font leur rentrée

Pas de ren­trée sans poésie. Cette année encore, les livres annon­cés sont nom­breux et leurs auteurs divers.

Lacu­naires est le titre du prochain recueil de Serge Delaive, à paraitre aux édi­tions Le chat polaire en sep­tem­bre. La mai­son d’édition aux livres de for­mat car­ré pub­liera aus­si un recueil de Jacinthe Maz­zoc­chet­ti, En écorch­es.

Déjà auteur du recueil Écart-type au Tétras Lyre en 2018, Célestin de Meeûs avait ensuite don­né deux livres aux édi­tions Cheyne, Cadas­tres en 2019 et Cav­ale russe en 2021. Il revient chez l’éditeur lié­geois en 2022 pour Atlan­tique.

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Les édi­tions parisi­ennes L’herbe qui trem­ble ont pub­lié de nom­breux auteurs belges. La ren­trée 2022 ne déroge pas à la tra­di­tion avec L’épreuve, le nou­veau recueil de Philippe Lekeuche à paraitre en octo­bre. Le poète et académi­cien avait aupar­a­vant déjà pub­lié deux recueils à L’herbe qui trem­ble : L’éperdu en 2010 et Une vie mélangée en 2014. Dans son nou­veau recueil, il inter­roge le sens même du tra­vail du poète.

En octo­bre tou­jours, La let­tre volée pub­liera un recueil du poète et Secré­taire per­pétuel de l’Académie, Yves Namur : O, l’œuf est écrit autour des seules let­tres du mot «œuf ». Chaque page se présente en dip­tyque : en haut, un tableau ponc­tué de let­tres et d’une ligne hor­i­zon­tale ; en bas, une par­ti­tion ou les sup­ports acous­tiques du tableau. Le recueil de Denis De Rud­der, Brève his­toire de l’art en son­nets, à paraitre en novem­bre chez le même édi­teur, repose lui aus­si sur une con­trainte de struc­ture rigoureuse : com­posé exclu­sive­ment de son­nets clas­siques, le livre suit le fil de l’histoire de l’art occi­den­tal de la Grèce antique à aujourd’hui.

Auteur, Yves Namur est aus­si édi­teur. Sa mai­son d’édition, Le Tail­lis Pré, pub­liera trois recueils d’auteurs belges cet automne : Ren­dre grâce, pre­mier recueil d’Olivi­er Noria (octo­bre), Écarts ou les esquives du désir d’Har­ry Szpil­mann (novem­bre), déjà auteur d’Approches de la lumière chez le même édi­teur en 2019, et Pol­lu­tions noc­turnes de Marc Menu (décem­bre), lui aus­si habitué de cette mai­son d’édition (Mur­mures du chardon en 2016 et Ce soir, c’est relâche en 2020).

Le 6 octo­bre, But­ter­field : une rela­tion d’Alexan­dre Curlet paraitra aux édi­tions Extrême con­tem­po­rain. Recueil de poésie expéri­men­tale, il s’ag­it du pre­mier livre de son auteur.

van acker emile claus le vieux jardinier

Le 21 octo­bre, Emile Claus, Le vieux jar­dinier de Chris­tine Van Ack­er sera disponible sur les tables des librairies. Pub­lié dans la col­lec­tion “Ekphra­sis” des édi­tions Inven­it, ce livre est une lec­ture, en poésie, d’un tableau du pein­tre Emile Claus.

Aux édi­tions La place, Ninar Esber pub­liera en novem­bre La lente migra­tion de la tête vers les pieds, un long poème sur ce qu’est « migr­er », d’abord à l’intérieur de soi, par les organes, les sens, par où l’on vit, crée, mais aus­si souf­fre et expire.

En 2021, les édi­tions L’arbre de Diane avaient pub­lié l’un des livres les plus remar­qués de la ren­trée lit­téraire : Cail­lass­es de Joëlle Sam­bi. La ren­trée 2022 sera à nou­veau poé­tique avec JERK, le nou­veau recueil de Maud Joiret, lau­réate du prix de la pre­mière œuvre de la Fédéra­tion Wal­lonie-Brux­elles avec son précé­dent et pre­mier livre, Cobalt (Tétras Lyre). L’arbre de Diane pub­liera égale­ment Scan­dale !, de Camille Pier.

Aux édi­tions Bleu d’encre, qua­tre recueils sont pro­gram­més. Philippe Col­mant pub­liera Mai­son mère, son pre­mier recueil dans la mai­son d’édition yvoiri­enne. Pour François Degrande, dont parait Spiritisme, ce sera un retour chez un édi­teur dont le cat­a­logue com­prend déjà Foudre en cav­ale. Lil­iane Schraûwen n’est pas non plus une nou­velle venue dans la mai­son d’édition : Traces per­dues, à paraitre à la ren­trée, vient après Nuages et ves­tiges. Bleu d’encre prévoit encore deux autres recueils (sous réserve) : Terre silence d’Aurélien Dony, et un livre de Suzy Cohen, dont le titre est encore à con­firmer.

Les édi­tions Le coudri­er annon­cent la paru­tion de trois recueils poé­tiques, par trois habitués de la mai­son : Locataire de Pas­cal Feyaerts, Vrilles de Tris­tan Sauti­er et Écri­t­ure des silences d’Annie Préaux.

Les édi­tions Dan­cot-Pin­chart pub­lieront trois recueils d’auteurs et autri­ces belges. Marie-Jo Van­ri­et, dont le pre­mier livre de poésie, Beige fra­cas, a paru chez le même édi­teur au début de l’année, pub­lie cette fois Rouge adja­cent. Un livre qui voisin­era en librairie avec La pre­mière mémoire de Gas­pard Dan­cot et Cir­con­scrire de Cather­ine Daele, con­nue jusqu’à présent surtout pour son œuvre théâ­trale, pub­liée chez Lans­man.

Théâtre à lire

L’édition de théâtre a par­ti­c­ulière­ment souf­fert pen­dant la longue fer­me­ture des salles de spec­ta­cle. La sit­u­a­tion san­i­taire actuelle per­met toute­fois de tra­vailler à nou­veau dans des con­di­tions rev­enues à la nor­male ou presque.

henry norman c est comme normal

Acteur incon­tourn­able du secteur depuis de longues années, les édi­tions Lans­man ont con­coc­té un pro­gramme de paru­tions où l’expérience côtoie les nou­velles voix. En août, la mai­son d’édition pub­liera Nor­man, c’est comme nor­mal à une let­tre près de Marie Hen­ry et Mon­sieur Phône et les sar­dines de Céline Lefeb­vre. En sep­tem­bre, cinq pièces sont annon­cées : La troisième nuit de Daniel Simon, Ric­o­chet, le pre­mier livre de Lénaïc Brulé, Tu com­prends ? de Didi­er Poiteaux, Le para­doxe de Bil­ly de Ludovic Drou­et et Lune de Pamela Ghis­lain, dont le pre­mier livre, Anna, paru chez le même édi­teur, fig­u­rait par­mi les final­istes du Grand prix des arts du spec­ta­cle de l’Académie. En novem­bre, Geneviève Damas, habituée de la mai­son d’édition, pub­liera Per­fect day, tan­dis que le mois de décem­bre ver­ra la paru­tion d’une nou­velle pièce, Les yeux noirs de Céline Del­becq, autre fig­ure de proue des édi­tions Lans­man.

Présentes depuis deux ans sur la scène édi­to­ri­ale, les édi­tions Les oiseaux de nuit pour­suiv­ent elles aus­si leur action en faveur du théâtre. Une dizaine de titres sont annon­cés pour novem­bre : On the Road… A ! de Roda Fawaz, Créon, suivi de Loin d’Antigone de Paul Emond, La femme du Sol­dat incon­nu de Bruno Georis et Éric De Staer­cke, Après nous les mouch­es de Stéphane Bis­sot, Con­tes et légen­des des Bernard-l’her­mite de Capucine Berthon, Valen­cia Princesse du monde, suivi de Vivre de Zenel Laci, Binaire de François Del­cam­bre, Le fils de Don Qui­chotte d’Anne Syl­vain, Noces de Chypre de Clemens Van Nol­loth et un ouvrage col­lec­tif avec des con­tri­bu­tions d’Eve­lyne Guzy, Mari­na Yer­lès, David Dumont, Deb­o­rah Dan­blon et Anne Syl­vain.

Édi­tant occa­sion­nelle­ment du théâtre, L’arbre de Diane peut néan­moins déjà se tar­guer d’une belle recon­nais­sance dans le domaine, avec en par­ti­c­uli­er le prix tri­en­nal de théâtre de la Fédéra­tion Wal­lonie-Brux­elles décerné à Aurore boréale de Paul Pourveur. En cette ren­trée, la mai­son d’édition pub­lie une pièce de Flo­rence Min­der, Faire quelque chose (c’est le faire, non?).

Non-fiction, essais : le monde sous toutes ses coutures

Récits de soi et des autres

His­toires col­lec­tées, his­toires per­son­nelles racon­tées… : la mise en réc­it débor­dera large­ment, lors de cette ren­trée lit­téraire, le seul cadre de la fic­tion.

La let­tre volée pub­lie No ou le pactole, pre­mier réc­it pub­lié de Rachel M. Cholz. D’abord des­tiné à être mis en voix, le texte évoque le par­cours de Noémie, qui vit dans la rue (ou plus exacte­ment l’habite), et tente de dire cette exis­tence sin­gulière, au présent et au plus près (paru­tion le 19 août). Le 4 novem­bre, le même édi­teur présen­tera Le laveur de vit­res de Lau­rence Skivée. Évo­quant un laveur de vit­res, l’autrice tente d’aborder par ce biais l’écriture, la créa­tion, et la mise en mots du monde.

Après un impor­tant et salu­taire tra­vail de col­lecte de réc­its de la vie pro­fes­sion­nelle réal­isé en com­plic­ité avec Régine Van­damme (paru en deux vol­umes à la Renais­sance du livre sous le titre Le bureau des secrets pro­fes­sion­nels), Dominique Coster­mans pub­liera en cette ren­trée le résul­tat d’une autre col­lecte d’histoires per­son­nelles, tout aus­si essen­tielle, puisqu’il est ques­tion cette fois d’IVG. Les douze réc­its rassem­blés dans L’impensé de l’IVG, vol­ume pub­lié aux édi­tions Cour­tes­lignes, sont ceux de femmes qui ont eu recours à l’interruption volon­taire de grossesse. Loin des dis­cours dog­ma­tiques, la place est faite ici à l’expérience con­crète et sen­si­ble. L’autrice sera sur deux fronts en cette ren­trée, avec la paru­tion d’Après le déluge aux édi­tions Académia. Ce livre, issu d’une col­lab­o­ra­tion avec la librairie Clau­dine de Wavre, racon­te les inon­da­tions qui ont frap­pé la librairie et ses habitué-e‑s à l’été 2021. Les textes rassem­blés sont mul­ti­ples : témoignages, réc­its, écrits réal­isés dans le cadre des ate­liers d’écriture ani­més par l’autrice à la demande des libraires. Lors des ren­trées lit­téraires de 2020 et 2021, les obser­va­teurs de la vie lit­téraire antic­i­paient un défer­lement de réc­its et de témoignages liés à la pandémie ; leur nom­bre a finale­ment été moins impor­tant qu’attendu. On a moins évo­qué de la part que les inon­da­tions qui ont endeuil­lé la Wal­lonie l’été dernier pour­raient pren­dre. Phénomène certes plus local que le covid, il sem­ble toute­fois pouss­er lui aus­si à une mise en mots, au pas­sage par l’écriture pour com­pren­dre. Après le déluge suit ain­si de peu Ves­dre de Luc Baba (L’arbre à paroles), qui, quoique sur un tout autre mode, évoque lui aus­si la crue.

Chez Académia tou­jours paraitra Le vil­lage au cœur de la mine de Brieuc Debon­trid­der, dans lequel l’auteur évoque son regard sur la RDC, pays où il s’est ren­du dans le cadre de la réin­stal­la­tion d’un vil­lage par une entre­prise minière.

Les édi­tions Luc Pire pub­lient des his­toires vraies des ren­con­tres et anec­dotes du bourlingueur Philippe Lam­bil­lon dans Au hasard des pistes. Tribu­la­tions d’un bourlingueur (6 octo­bre).

bergen marolles

Aux édi­tions CFC paraitra le livre d’une grande habituée de la ren­trée lit­téraire. Dans Marolles. La cour des chats, Véronique Bergen évoque un quarti­er de Brux­elles qui lui est cher. Le livre tisse des fils poé­tiques, oniriques, per­son­nels et soci­ologiques, pour un voy­age qui passe du présent au passé (18 novem­bre).

Dans Camp Est : jour­nal d’une eth­no­logue dans une prison de Kanaky-Nou­velle Calé­donie, Chan­tal Del­tenre narre la mis­sion ethno­graphique qu’elle a menée pour le compte de l’administration péni­ten­ti­aire française à la prison de Noumea en Nou­velle-Calé­donie. À paraitre le 8 sep­tem­bre chez Anachar­sis, le livre, écrit après un mois passé sur place, est un témoignage à charge, qui dénonce entre autres la fréquence des sui­cides et auto­mu­ti­la­tions par­mi les détenus, kanaks en grande majorité.

Aux édi­tions La pierre d’alun, le texte dia­logue volon­tiers avec l’image, l’écrivain avec le plas­ti­cien, pour créer des livres objets tou­jours éton­nants. En cette ren­trée, la mai­son d’édition pub­liera Le sens des tarots, un texte de Mar­cel Lecomte accom­pa­g­né d’images de Pierre Alechin­sky : « il ne s’agirait plus tant de savoir si les cartes dis­ent juste ou faux mais jusqu’où elles dis­ent vrai. Elles exci­tent le Réel ». Le livre parait à l’occasion de l’ex­po­si­tion au Salon d’Art du 17 octo­bre au 17 décem­bre pour les 95 ans de Pierre Alechin­sky. Le duo Muriel Logist et Pas­cal Lemaitre sign­era Paupières de sel, un livre qui inter­roge l’identité, qui plonge dans la mémoire pour en extraire des éclats de vie, en mots et en images.

Éloges de la rentrée

Hasard des cal­en­dri­ers édi­to­ri­aux, le genre de l’éloge sera forte­ment présent en cette ren­trée. Et dans toute sa diver­sité, comme en témoignent les trois auteurs qui l’illustrent. Juli­ette Nothomb pub­lie un Éloge du cheval le 7 sep­tem­bre aux édi­tions Albin Michel, où les sou­venirs d’enfance s’entrecroisent avec un pro­pos plus général sur le cheval à tra­vers les épo­ques. Aux Press­es uni­ver­si­taires de France, Lau­rent De Sut­ter se livr­era quant à lui à un Éloge du dan­ger. Le pro­lifique philosophe du droit inter­roge ici la notion de dan­ger, qu’il cor­rèle à la demande de sécu­rité.

Pour Gré­goire Polet, ce sera un Petit éloge de la Bel­gique, dans la col­lec­tion « Folio 2 € » de Gal­li­mard, bref texte où l’auteur dit son attache­ment à son pays.   

Quand les livres parlent de littérature

L’histoire et la cri­tique lit­téraires ne sont pas en reste en cette ren­trée.

Elles sont même au cœur du pro­gramme des Impres­sions nou­velles. La col­lec­tion « La fab­rique des héros », dev­enue une référence sur les héros de la pop cul­ture, s’intéressera au monde d’Harry Pot­ter : le prochain livre de la série sera Hermione Granger, annon­cé pour le 10 novem­bre. Il est signé Tan­guy Habrand, qui après une somme sur l’édition en Bel­gique co-signée avec Pas­cal Durand  et Le livre au temps du con­fine­ment, mon­tre qu’il a plusieurs cordes à son arc. La même mai­son d’édition pub­lie aus­si, le 8 sep­tem­bre, un nou­veau livre du poète et uni­ver­si­taire Jan Baetens, Illus­tr­er Proust. His­toire d’un défi. Le 6 octo­bre paraitra La bande dess­inée en France à la Belle-Époque 1880–1914 de Thier­ry Groen­steen.

Fon­da­teur et respon­s­able des Impres­sions nou­velles, Benoit Peeters est aus­si essay­iste et pub­lie deux essais chez Flam­mar­i­on, à paraitre le 7 sep­tem­bre : Réin­ven­ter le roman, entre­tiens inédits dans lesquels il évoque l’aven­ture du nou­veau roman et du nou­veau ciné­ma, et une biogra­phie d’Alain Robbe-Gril­let, Robbe-Gril­let : l’in­ven­tion du nou­veau roman.

Les édi­tions Esper­luète ont lancé en 2017 la col­lec­tion d’entretiens « Orbe », ani­mée par Frédérique Dol­phi­jn. La col­lec­tion s’enrichit d’un nou­veau vol­ume : Frédérique Dol­phi­jn dia­loguera avec une autrice habituée de la mai­son d’édition, Nicole Mal­in­coni. Le livre sera en librairie le 21 octo­bre.

Pol Bury

Aux édi­tions CFC, l’artiste et écrivain Pol Bury (1922–2005) sera à l’honneur à l’occasion de son cen­te­naire, avec Pol Bury. Livres et écrits de Frédérique Mar­tin-Scher­rer, qui tente plus par­ti­c­ulière­ment de com­pren­dre l’articulation entre écri­t­ure et arts plas­tiques dans la tra­jec­toire de Bury.

Les édi­tions de l’Académie royale de langue et de lit­téra­ture français­es de Bel­gique (Arllfb) pub­lient les actes de deux col­lo­ques organ­isés récem­ment par l’institution : La cui­sine de nos écrivains et Lit­téra­ture et médecine.

Les édi­tions des Midis de la poésie pub­lient depuis quelques années les textes de cer­tains con­férences pronon­cées dans le cadre des Midis. C’est le cas de celle de Pas­cale Seys, Vir­ginia Woolf, écrire en guerre, à paraitre à la ren­trée. Aliette Griz et Elise Per­oi cosig­nent Domousse, qui revient sur l’outil de médi­a­tion cul­turelle qu’elles ont conçu pour faire entr­er la poésie à la crèche.

Les édi­tions Kennes met­tent en avant la bande dess­inée avec une biogra­phie du bédéiste Philippe Tome (1957–2019), Philippe Tome, l’exalté signée par Charles-Louis Detour­nay.

« L’article », le men­su­el lit­téraire de petit for­mat des édi­tions Lamiroy, pour­suiv­ra sa route à la ren­trée, avec une livrai­son de sep­tem­bre con­sacrée à Hervé Guib­ert et celle d’octobre à Amélie Nothomb.

flem bouche bavarde

Sous le beau titre Bouche bavarde oreille curieuse, Lydia Flem pub­liera un nou­veau livre le 26 août, dans la col­lec­tion « La librairie du XXIe siè­cle » des édi­tions du Seuil, qui accueil­lent l’ensemble de son œuvre. Il s’agit d’un recueil de textes sur la lit­téra­ture et les arts, où elle inter­roge en par­ti­c­uli­er la puis­sance des stéréo­types, et notam­ment la fig­ure du mas­culin.

Beaux-Arts et beaux-livres

Manon Bara

La ren­trée des édi­tions CFC sera essen­tielle­ment artis­tique avec plusieurs beaux-livres prévus. Éric Hen­naut et Ursu­al Wieser Benedet­ti évo­queront dans Jules Buyssens et le nou­veau jardin pit­toresque le tra­vail et le par­cours de Jules Buyssens (1872–1958), fig­ure belge majeure de l’art des jardins et du paysage (9 sep­tem­bre). Dans On Dis­play. Design­ing the Shop Expe­ri­ence, Ben­jamin Stoz mon­tre le rôle de la bou­tique dans le paysage urbain et la manière dont elle imprègne la cul­ture pop­u­laire. La mai­son d’édition con­sacre aus­si un livre au pho­tographe Math­ieu Van Ass­che, Mas­ca­rade, où l’on décou­vre ses « pho­togra­phies sabotées »  (21 octo­bre). Benoit Dusart et Hans Theys signeront quant à eux le pre­mier livre rétro­spec­tif sur l’œuvre de Manon Bar­ra : Manon Bar­ra, en chair et en noces (4 novem­bre).

luthers le forum de liege 100 ans d emotion

La Renais­sance du livre nous emmèn­era en ter­res lié­geois­es, sous la con­duite de Thier­ry Luthers, pour Le forum de Liège. 100 ans d’émotion, un livre qui retrace l’histoire de cet impor­tant lieu cul­turel et de ceux qui l’ont ani­mé.

Philosophie, sociologie et société

Après son recueil de nou­velles Auto­bi­ogra­phie d’un poulpe (Actes Sud), l’éthologue et philosophe Vin­ciane Despret con­tin­ue son obser­va­tion pas­sion­née et non-spé­ciste de la vie ani­male dans Et si les ani­maux écrivaient, à paraitre chez Bayard, essai où elle évoque les formes divers­es de la com­mu­ni­ca­tion ani­male.

Ce sont les mœurs des Lié­geois que Lau­rent Demoulin et Jean-Marie Klinken­berg ont quant à eux choisi d’interroger, avec une édi­tion « illus­trée, revue et con­sid­érable­ment aug­men­tée » de leurs Petites mytholo­gies lié­geois­es, à décou­vrir en sep­tem­bre aux édi­tions du Tétras Lyre.

Annemarie Trekker s’est intéressée aux objets du quo­ti­di­en pour Les objets, mes­sagers de notre his­toire : pour quoi il ne faut pas tout jeter. À rebours d’une ten­dance actuelle au grand net­toy­age, elle explique com­ment les objets sont déposi­taires d’une par­tie de notre his­toire et méri­tent, à ce titre, d’être con­servés.

Les grands courants poli­tiques et philosophiques sont au cen­tre de plusieurs pub­li­ca­tions en cette ren­trée. Ain­si, Bernard Quiriny délaisse momen­tané­ment la fic­tion fan­tas­tique pour un essai, Le club des libéraux, à paraitre le 22 sep­tem­bre aux édi­tions du Cerf. Dans une inter­view parue dans Le Car­net et les Instants n°212, l’auteur con­fi­ait à Michel Zumkir à pro­pos de ce livre : « je l’ai écrit un peu comme un roman, sous la forme d’un dia­logue, pour lui don­ner de l’aération et du charme. On peut dire que dans ce cas une sorte de com­péné­tra­tion a opéré. Ma grande peur est que les uni­ver­si­taires ne le trou­vent pas sérieux, même si le fond l’est, et que les lit­téraires le trou­vent ennuyeux même si la forme ne l’est pas ». Edouard Del­ru­elle par­le, lui, du social­isme pour le nou­veau vol­ume de la col­lec­tion de vul­gar­i­sa­tion des édi­tions Renais­sance du livre, « Dis, c’est quoi… ? ». Nadia Geerts, qui avait traité de la laïc­ité pour la même col­lec­tion l’année dernière, revient sur cette thé­ma­tique pour cette ren­trée avec l’essai Neu­tral­ité ou laïc­ité, la Bel­gique hésite, à paraitre le 6 sep­tem­bre chez Luc Pire.

humbeeck comment agir face au cyberharcelement

Chez le même édi­teur, Bruno Hum­beeck pub­lie le 6 sep­tem­bre Com­ment agir face au cyber­har­cèle­ment ? qui ambi­tionne de fournir une réponse effi­cace aux par­ents dont les enfants sont con­fron­tés à une forme de cyber-har­cèle­ment.

François Gemenne et Olivi­er Ser­vais co-sig­nent, avec La tyran­nie du risque zéro (Kartha­la, 8 décem­bre) une réflex­ion à la fois anthro­pologique et his­torique sur la notion de risque, qui débouche sur une inter­ro­ga­tion de la ges­tion de la crise du covid, mar­quée par une volon­té de maitris­er totale­ment le risque.

Littérature patrimoniale : des anniversaires et des classiques

En cette année du cen­te­naire de la nais­sance de Chris­t­ian Dotremont (1922–1979), le co-fon­da­teur de CoBrA sera l’un des auteurs en vue de la ren­trée, avec deux paru­tions le 7 octo­bre. L’Atelier con­tem­po­rain pub­lie Dépas­sons l’an­ti-art : écrits sur l’art, le ciné­ma et la lit­téra­ture, 1948–1978, un recueil d’écrits dans lesquels l’auteur évoque de grandes fig­ures du milieu artis­tique belge (René Magritte…), du sur­réal­isme parisien (Paul Elu­ard…), de CoBrA (Asger Jorn, Pierre Alechin­sky), ain­si que d’autres per­son­nages tels que Gas­ton Bachelard, Jean Cocteau ou Jean-Paul Sartre. Chez Fata Mor­gana paraitra, sous le titre La reine des murs, un vol­ume rassem­blant les let­tres du poète à sa pre­mière muse, la poétesse Régine Rau­fast, et le poème La reine des murs, écrit en 1942.

Aux édi­tions Tétras Lyre, c’est un autre anniver­saire qui sera com­mé­moré, celui des 30 ans du décès du poète lié­geois François Jacqmin (1929–1992). Deux réédi­tions sont prévues en octo­bre : Élé­ments de géométrie et Manuel des ago­nisants.

La col­lec­tion Espace Nord, qui a récem­ment passé le cap du 400e numéro, pour­suit son tra­vail de mise à dis­po­si­tion, au for­mat (et au prix) du livre de poche, des clas­siques de la lit­téra­ture belge d’aujourd’hui et de demain. Le 25 août sor­ti­ra la réédi­tion d’Une enfance gan­toise de Suzanne Lilar (1901–1992). L’écrivaine et académi­ci­enne y évoque les pre­mières années de sa vie, ses sou­venirs famil­i­aux et y cherche les prémices de sa voca­tion lit­téraire. Dou­ble pub­li­ca­tion le 22 sep­tem­bre : la col­lec­tion s’enrichit d’un nou­veau vol­ume d’Émile Ver­haeren. Un Ver­haeren qui ne man­quera pas de sur­pren­dre : Con­tes de minu­it et autres nou­velles, comme son titre l’indique, est en effet une antholo­gie de nou­velles et pros­es d’un auteur surtout con­nu pour sa poésie. Le tra­jet, roman qui a valu à Marie-Louise Hau­mont le prix Fem­i­na en 1976 – il s’agit d’ailleurs à ce jour de la dernière lau­réate belge du prix – fait son entrée dans la col­lec­tion. Les lecteurs y décou­vriront un per­son­nage dont la vie, immuable, est réglée par l’habitude : tra­jet en auto­car, tra­vail, retour à la mai­son, range­ment, et encore et encore… Jusqu’au jour où un grain de sable se glisse dans la mécanique. Deux vol­umes de Mau­rice Maeter­linck paraitront le 6 octo­bre : L’oiseau bleu, féerie théâ­trale mon­di­ale­ment con­nue, et La vie des ter­mites suivi de La vie des four­mis qui vient com­pléter le panora­ma du Maeter­linck essay­iste et obser­va­teur de la nature ini­tié avec La vie des abeilles, suivi de L’intelligence des fleurs. Par­al­lèle­ment au tra­vail d’Espace Nord, Albin Michel pub­liera aus­si un vol­ume du seul Prix Nobel de lit­téra­ture belge, dont l’œuvre est désor­mais tombée dans le domaine pub­lic : La nuit des enfants, suite inédite de L’oiseau bleu, sor­ti­ra le 1er sep­tem­bre chez l’éditeur parisien. Le 10 novem­bre, c’est Paul Willems qui sera à l’honneur dans la col­lec­tion Espace Nord avec un roman, Blessure et un dou­ble vol­ume de théâtre, La ville à voile suivi de La vita breve.

Les édi­tions Ker assurent la pub­li­ca­tion des « Archives du futur », col­lec­tion de référence pilotée par les Archives & Musée de la lit­téra­ture, qui pro­pose des édi­tions cri­tiques des œuvres com­plètes de clas­siques de la lit­téra­ture belge. Deux nou­veaux vol­umes paraitront le 9 novem­bre. Le 1er tome des Œuvres com­plètes de François Jacqmin, coor­don­né par Gérald Pur­nelle, rassem­ble des écrits de jeunesse du poète et lance, en cette année anniver­saire, le tra­vail de longue haleine de réédi­tion de l’ensemble de l’œuvre du poète. De Thomas Owen parait dans la même col­lec­tion Gla­nures, recueil de textes inédits où transparait le goût du macabre, de l’insolite et du sen­suel qui car­ac­térise l’écriture du maitre du fan­tas­tique.

Les édi­tions de l’Arllfb ont elles aus­si elles aus­si entre­pris un tra­vail de redé­cou­verte et d’édition d’œuvres du pat­ri­moine lit­téraire belge. En cette ren­trée, c’est un académi­cien qui est à l’honneur : L’Indien de la gare du Nord, roman de Jacques Crickil­lon (1940–2021) paraitra, escorté d’une pré­face de Jacques De Deck­er et d’une post­face d’Éric Brog­ni­et.

careme medua

Quant aux édi­tions CEP, elles pro­poseront une réédi­tion d’un recueil poé­tique de Mau­rice CarêmeBra­bant, annon­cée pour début octo­bre. Ce vol­ume suiv­ra de peu une autre réédi­tion de Mau­rice Carême : Med­ua suivi de Nau­si­ca, aux édi­tions Piran­ha.

Mais aussi…

Deux vol­umes d’aphorismes sont prévus aux édi­tions La pierre d’alun : Bref caetera d’André Stas et Ben­jamin Mon­ti et Adages de Raoul Vaneigem, illus­tré par André Stas, vol­ume dans lequel Raoul Vaneigem souhaite met­tre en exer­gue « le retour à l’entraide et à l’autonomie indi­vidu­elle » pour met­tre fin « à l’individualisme et au règne du cal­cul égoïste ».

plan coop

Bons plans et con­seils pra­tiques aux édi­tions KerPlan Coop. Semer ensem­ble les graines d’un pro­jet et en partager les fruits de Nico­las Lood­ts et Thomas Schmit vous dit sur le maraichage biologique, qu’on le pra­tique dans le cadre famil­ial ou à l’échelle d’une coopéra­tive.

Les édi­tions Lamiroy pub­lient Madame Irma, per­les fines de Kro (1er sep­tem­bre), per­les d’humour de celle qui affirme met­tre « à votre ser­vice mes tal­ents de voy­ance, mon pro­fes­sion­nal­isme, ma per­spi­cac­ité, mon empathie, ma bien­veil­lance ain­si que ma sen­si­bil­ité ». Le 1er octo­bre, l’abécédaire Bête­man. Le Bêta B.A.-BA de Patryck de Froid­mont revient sur l’aventure de Bête­man, cette par­o­die brux­el­loise de super­héros.

Les édi­tions de L’L, enfin, se sig­na­lent en cette ren­trée lit­téraire en pro­posant des tra­duc­tions anglais­es de deux livres qu’elles avaient précédem­ment pub­liés. Cere­brum, le faiseur de réal­ités d’Yvain Juil­lard, livre à la croisée du théâtre, de la sci­ence et de l’imaginaire, reparait dans une tra­duc­tion anglaise de Lau­ra Jones sous le titre Cere­brum. Mak­er Of Real­i­ties. Chercher avec l’aventure de L’L depuis les arts vivants. Fas­ci­cule 1. La sin­gulière aven­ture de L’L.  de Pierre Boitte con­naitra aus­si une ver­sion anglaise. La tra­duc­tion signée Mar­tin McGar­ry s’intitule Explor­ing For The Sake Of Explor­ing In The Liv­ing Arts With L’L. First Instal­ment. L’L : An Extra­or­di­nary Adven­ture.

La rentrée belge avec Le Carnet et les Instants

Comme chaque année, Le Car­net et les Instants se met­tra dès la mi-août à l’heure de la ren­trée lit­téraire. Les recen­sions, les dernières nou­velles des prix lit­téraires et toute l’actualité de la ren­trée sont à suiv­re sur notre blog, sous l’onglet « Ren­trée lit­téraire ».

Nau­si­caa Dewez