Nicole MARLIÈRE, La femme sans cœur, Traverse, 2018, 199 p., 18€, ISBN : 978–2‑93078–322‑2
Sortie d’un mariage qui a duré neuf ans, Carol savoure sa solitude dans sa maison bruxelloise avec son chat Diego et sa chienne Gala. Bien dans son corps, dans sa vie et assumant sa sensualité, elle multiplie les aventures sans lendemain et nous entraîne dans ses histoires avortées. Sans transition, nous passons d’un Antony marié et musclé, à un sosie de Lambert Wilson vorace et presque cannibale, à un Marian taciturne, à un patron entreprenant… Continuer la lecture
Olivier Terwagne a retrouvé le journal de Constance dans une maison inoccupée de Chimay et tente, dans cet ouvrage, d’assembler des fragments pour nous livrer des traces de vie de la jeune fille. L’historien ne nous donne pas à lire ici un témoignage lisse, structuré et exhaustif de l’héroïne. Il est en effet « difficile […] de lancer un avis de recherche pour retrouver une femme qui “n’existe pas” ». C’est donc à travers des aphorismes, des photos, des contes, des lettres et de nombreux poèmes que nous découvrirons les morceaux de vie de cette jeune femme un peu paumée.
S’adonner au tri d’un grenier, où le bric et le broc voisinent avec des trésors, peut vous faire commettre l’irréparable : vous débarrasser d’un pan de mémoire qui prend la forme d’objets a priori insignifiants. Confrontée à ce rangement sentimental, Christiane Levêque confesse avoir mis au rebut, sans y prendre vraiment garde, les dizaines de paires de chaussettes reprisées avec méticulosité et sens de l’économie par les femmes de sa famille. Ne s’étonne pas d’avoir été ensuite prise d’un remords qu’il lui faudra traverser, atténuer par le récit : « Ravaudages. Je réparerai. Au moins par les mots, ceux que j’aurai écrits ».
Les éditions Traverse, en collaboration avec Couleurs Livre, viennent de publier un surprenant ouvrage, Le Nouveau Messie. Sur la couverture, une indication générique : « roman ». Cette indication générique n’est certainement pas incorrecte, mais elle n’est peut-être pas totalement juste. Disons, dans une première approximation, qu’elle permet de communiquer sur le genre général du livre : Le Nouveau Messie ne sera ni de la poésie, ni du théâtre. 
Sophie a une bien morne existence. Elle qui rêve de devenir hôtesse de l’air échoue aux examens. Elle n’a pas d’autre ambition, aucun amoureux ni aucun ami. Tout semble vouer à l’échec. Pendant un instant, elle pense qu’un petit boulot à l’aéroport pourra la consoler. Mais rien n’y fait, le vague à l’âme est à sa porte. Ses défaites, ses désillusions, la solitude et un mal-être profond la font descendre au fond du gouffre. Elle ne veut plus remonter et s’enferme chez elle. Le noir et le vide l’entourent. Par peur de sauter définitivement dans cet abîme, elle décide de consulter un psy, Arnold Lebowski, qui lui conseille de réapprendre à socialiser et de commencer cet apprentissage en prenant un animal de compagnie.
Créée au Centre culturel de Dison l’automne dernier, la pièce J’habite un pays fantôme de l’écrivain belge d’origine turque Kenan Görgün, né à Gand en 1977, met en scène deux frères, Kenan et Othmane.
Si l’écrivain et journaliste anversois Alain Germoz, fils de Roger Avermaete, nous a quittés en juin 2013 (« décédé prématurément à l’âge de 92 ans », précise l’avis nécrologique qu’il avait rédigé lui-même… !), ses amis entendent bien garder vivant son souvenir. Ils se sont réunis pour publier un dernier texte, La tueuse professionnelle, découvert parmi les innombrables manuscrits et notes inédites qu’il laissait derrière lui.
France Miller est une femme de 49 ans qui participe à la gestion d’une agence d’intérim. Elle n’est jamais tombée malade jusqu’au jour où elle se réveille en pleine nuit en train t’étouffer. Elle se rend aux Urgences d’un hôpital bruxellois et découvre alors les errances que l’on peut rencontrer lors d’une hospitalisation : l’attente avant les examens, la froideur et la lenteur des procédures, les tâtonnements des médecins pour le diagnostic, et puis le couperet tombe : une myocardite, qui nécessite une greffe de cœur. 


