Catherine DAELE, Le chant de la baleine, Lansman, 2019, 48 p., 10 €, ISBN : 9782807102453
À l’origine comédienne (formation à l’IAD), Catherine Daele voyage aujourd’hui de la scène à l’écriture, portant un regard singulier et vif sur le monde de l’enfance et de l’adolescence. Enchantement et lucidité sont la matière de ses personnages. Plusieurs de ses pièces ont été mises en scène, lues lors d’événements et primées notamment par le jury du CED-WB. Son théâtre est publié chez Lansman. Continuer la lecture
Nombreux sont les textes de théâtre qui ne sont faits pour durer dans l’au-delà de la représentation. Ils ont été écrits dans ce sens et résistent souvent à la lecture. Cette question de la lecture du théâtre a été le centre de nombreux débats et entreprises éditoriales depuis ce qu’il était convenu d’appeler le retour des auteurs il y a une quarantaine d’années (citons ici Lansman qui fit de cette pratique le blason de sa maison).
La poésie est une auberge aux murs mobiles, elle accueille chacun sans apparente distinction. Les genres, les styles, la prosodie secrète que les poèmes transportent sont autant de façons de répondre aux questions silencieuses de l’inquiétude ou de la joie profonde d’être au monde. Mais les barrières invisibles dans cette auberge-poésie sont molles. Et des évidences apparaissent : la vérité de l’écriture, la justesse du ton, l’arrachement à l’informe…
Il serait facile de dire d’une maladie qu’elle est avant tout une absence de poésie dans le corps et une forme d’absence momentanée de l’homme au monde. Mais la nomination du corps, sa compréhension minimale semblent être entraînée dans les mêmes mouvements d’infox que les autres. Le poète nomme, « invente les mots de la tribu » (Valéry), sépare et relie.
Le théâtre contemporain cherche, à chaque génération, à ébranler les conventions sociales de la violence commune, invisible, banale. Alex Lorette est de ces auteurs et sa dernière pièce Dream job(s), enfonce le clou dans l’univers de l’apparence raisonnable du management et des profits implacables qu’elle doit générer. La pièce a reçu le prix des metteurs en scène « hors » et « en » Belgique 2017–2018.
Daniel Fano est un écrivain de l’apocalypse tranquille. Au fil des années, dans des récits aux titres improbables, des poèmes narratifs et subtils, des fables et des romans de la mélancolie lucide, l’auteur a inventorié, grâce à son sens aigu de la fiction, la modernité et ses avatars, qu’on pourrait appeler aujourd’hui tout simplement le temps d’après.
Un triangle mystérieux règne au centre de la littérature : la relation entre le lecteur, l’auteur et le narrateur. Les personnages sont les médiateurs de cette complicité triangulaire. Et souvent, la question qui se pose est « D’où viennent–ils ces sacrés personnages ? » Sont-ils issus de ce que nous nommons familièrement le réel (le vrai ?) ou pures fictions, ce qui en soi est aussi contestable. D’où surgissent ces fictions sinon de vraies constructions humaines passées par le filtre de l’expérience intime de l’auteur?
Lorenzo Cecchi, dans son dernier roman, Paul, je m’appelle Paul, traite des questions les plus intimes qui soient : la fratrie, l’identité perdue et retrouvée, les secrets de famille, la fiction qui occupe toute vie et la transforme au fil du récit que nous en faisons…
Il y a tant de maisons en nous : habitées, inhabitées, hantées, rêvées, aimées, regrettées.… Un homme est fait d’amour et probablement encore plus de maisons. Elles furent de différentes formes : le terrier la grotte, la hutte, la masure, …si précieuses qu’il fallut leurs consacrer des dieux…
Michel Hody, auteur de Crimes en rouche et blanc, est liégeois et s’est mis à la littérature après une carrière professionnelle pendant laquelle il avait publié des ouvrages techniques et de marketing. À la retraite, il se jeta dans l’écriture de romans policiers. Ses romans offrent la singularité de se dérouler dans la région liégeoise, principalement, au XIVe siècle, sous le règne du prince-évêque, Adolphe de la Marck. 
Au début on se demande ce qui se passe, on lit et on ne comprend que des « fusées », apparemment, car tout est dans une apparence biaisée dans le Gorgonzola de Laurent Robert. Une apparence fictive. Une apparence fictive. « Gorgonzola » n’est pas un fromage de vache persillé fabriqué dans le Piémont et la Lombardie, mais plutôt une « gorgone Zola », une façon de renvoyer les lecteurs à une sorte de sidération devant ce texte composé de 155 tankas, à une expérience de réanimation de soixante-deux ans de la vie d’Émile Zola et de son époque faite de lutte, de misère, de courage et de son génie.
Le grand remplacement de Stéphane Mansy vient d’être crée au Studio-théâtre de la Louvière dans une mise en scène de l’auteur. Et comme toujours avec le théâtre au cœur des « effets indésirables » du monde, on recycle des mythes! Ceux des androïdes, des robots intelligents, des « aliens » issus d’une humanité qui s’emploie depuis des millénaires à se « remplacer »… Que ce soient les figures baroques des automates, Frankenstein, … la question de l’invasion intérieure des humains par ses créatures est un thème éternel. La pièce a touché un public de plus en plus intriqué dans des applications technologiques qui constituent aussi un rapport d’amour-haine au numérique et à ses suites.
Blues Social Club, septième livre de Lorenzo Cecchi, rassemble sept nouvelles aux couleurs de notre temps si paradoxal où le bonheur se joue souvent, l’air de rien, dans une ambiance de kalachnikov !