Archives par étiquette : Arbre de Diane

Promenade au crépuscule

Héloïse HUSQUINET, Couler le ciel con­tre ma joue, Arbre de Diane, coll. « Les deux sœurs », 2026, 100 p., 15 €, ISBN : 9782930822426

husquinet couler le ciel contre ma joueHéloïse Husquinet, avec son recueil Couler le ciel con­tre ma joue pub­lié aux édi­tions L’arbre de Diane dans leur col­lec­tion « Les deux sœurs », nous prend douce­ment la main et nous emmène en balade dans des endroits qu’elle a con­nus ou seule­ment tra­ver­sés, dans une Amérique du Nord jamais nom­mée mais que la mai­son d’édition nous souf­fle à l’oreille. L’autrice nous offre des bribes de lieux, des bouts de nature, des frag­ments plus urbains qu’elle fait vivre à tra­vers de petits instants de vie y étant rat­tachés. Con­tin­uer la lec­ture

Se réinventer collectivement

Lyly­beth MERLE, Échard­es, Arbre de Diane, coll. « Les deux Sœurs », 2026, 170 p., 15 €, ISBN : 9782930822419

merle echardesLes plumes de paon, l’arc-en-ciel qui relie les humains et les forêts, les échard­es, les vio­lences exer­cées par la société, la décon­struc­tion de l’identité gen­rée, du genre garçon et la décou­verte d’un autre corps, d’un iel, tra­ver­sé par les noces du féminin et du mas­culin… Dans ce con­te scan­dé en treize par­ties, ryth­mé par le « chant des oréades », Lyly­beth Mer­le délivre un texte queer qui par­court les cer­cles d’une exis­tence s’inventant d’autres pos­si­bles. Autrice, per­formeuse drag, met­teuse en scène, mil­i­tante, artiste de cabaret, Lyly­beth Mer­le dénoue, retisse les fils qui nouent l’intime et le social, la ques­tion du genre et celle de la langue, le regard posé sur soi et celui que la société pose sur les non-binaires, sur les anges du troisième sexe, les déracineurs de normes. Con­tin­uer la lec­ture

L’éclat de mille soleils dans la brèche du monde

Un coup de cœur du Car­net

Raïs­sa YOWALI, Les mille soleils de Busu Jano, Arbre de Diane, 2026, 114 p., 15 €, ISBN : 978–2‑93082240–2

yowali les mille soleils de busu janoIl est des livres qui ne se con­tentent pas d’être lus, mais qui vous per­cu­tent et oblig­ent à regarder en face les angles morts de notre human­ité, les éclats de la société dans leurs fra­cas, les sur­vivances lumineuses qui irra­di­ent et nour­ris­sent les feux de la résis­tance. Ce pre­mier recueil de Raïs­sa Yowali, Les mille soleils de Busu Jano, paru chez L’Arbre de Diane est de ceux-là. Con­tin­uer la lec­ture

Littérature retrouvée 10 : “La vie fulgurante” de Marianne Van Hirtum

litterature retrouvee van hirtum

En fin d’année, l’activité édi­to­ri­ale se met en pause, les nou­veautés ne revien­dront en librairie que début jan­vi­er. Le moment est idéal pour sor­tir de l’actualité et décou­vrir d’autres livres. Notre série Lit­téra­ture retrou­vée vous pro­pose des pépites que l’histoire lit­téraire n’a pas retenues, mais que des maisons d’édition ont récem­ment retrou­vées et mis­es en lumière par une nou­velle édi­tion de qual­ité.

Auteurs – et plus sou­vent encore autri­ces – injuste­ment mécon­nus, ou œuvres sup­posées mineures d’écrivains réputés : du 22 décem­bre au 2 jan­vi­er, du lun­di au ven­dre­di, Le Car­net et les Instants vous emmène à la ren­con­tre de 10 livres qu’une réédi­tion récente a judi­cieuse­ment sor­tis de l’oubli. Con­tin­uer la lec­ture

Dans le ventre du feu

Un coup de cœur du Car­net

Lisa DEBAUCHE, Carcasses/L.R.D.P., Arbre de Diane, coll. « Hori­zons », 2024, 92 p., 14 €, ISBN : 9782930822327

debauche carcassesLa scène théâ­trale dressée par Lisa Debauche se présente comme une arche sur laque­lle mon­tent les désirs, le feu de l’amour, la reine des putes, les mil­liards d’animaux fuyant l’assassinat de masse. Après des études d’art dra­ma­tique, Lisa Debauche pub­lie chez Mael­strÖm La nuit est encore debout c’est pour ça que je ne dors pas, un pre­mier recueil poé­tique sai­sis­sant, tail­lé dans la nuit des mots et des corps. Autrice, com­positrice, inter­prète ayant sor­ti deux albums sous le nom de Lisza, elle livre avec Carcasses/L.R.D.P. une pièce de théâtre qui prend la forme d’un mono­logue de feu dansant comme un der­viche tourneur. Con­tin­uer la lec­ture

Faire résonner son corps-paysage avec des « histoires sans livre »

Zaïneb HAMDI, Où mon amour sera houb, Arbre de Diane, coll. « Les deux sœurs », 94 p., 15 €, ISBN : 9782930822341

hamdi ou mon amour sera houbOù mon amour sera ḥoub se bâtit sur un con­stat d’origines en fil­igrane : la poétesse Zaïneb Ḥam­di aimerait mieux par­ler le der­ja, dialecte tunisien, que son père lui a par­tielle­ment dérobé, priv­ilé­giant son appren­tis­sage du français, afin de garan­tir son inté­gra­tion. Les langues, solaires, tou­jours con­voiteuses d’autres amies, insuff­isantes pour décrire le monde, seront analysées dans leur musi­cal­ité, leur rap­port étroit à nos organes. Con­tin­uer la lec­ture

« Ce qui compte c’est ce que les autres pensent de toi »

Eva MANCUSO, Je n’arrive pas à par­ler et à dire des choses en même temps, Arbre de Diane, coll. « Les deux sœurs », 2024, 112 p., 15, ISBN : 9782930822334

mancuso je n'arrive pas a parler et a dire des choses en même tempsLes gouttes, con­sid­érées cha­cune dans sa par­tic­u­lar­ité, ne for­ment pas pour autant ce que l’on perçoit comme étant de la pluie. Mais la pluie se com­pose bel et bien de l’ensemble de ces gouttes, qui tombent les unes après les autres, les unes à côté des autres, dans leur rythme, leur humid­ité et leur ori­en­ta­tion pro­pres. Le recueil d’Éva Man­cu­so crée une impres­sion sim­i­laire. Des phras­es, sans les indi­ca­teurs clas­siques mar­quant le début et la fin, qui se présen­tent une à une, en faibles pré­cip­i­ta­tions ; ou qui se den­si­fient à cer­tains moments, au sein des para­graphes, en ondées. Des énon­ci­a­tions, sou­vent à l’imparfait, qui mouil­lent de remé­mora­tions, de sou­venirs, de réc­its brefs. Et si ces phras­es sont envis­agées dans leur glob­al­ité, alors seule­ment le phénomène textuel appa­raît : la lec­ture-écri­t­ure sin­gulière de la con­struc­tion d’un être féminin. Con­tin­uer la lec­ture

Guirlande de papier à compléter

COLLECTIF, Com­ment regarder plus loin. Onze ren­con­tres entre sci­ence et lit­téra­ture, Arbre de Diane, coll. « La tortue de Zénon », 2024, 152 p., 20 €, ISBN : 9782930822303

collectif onze rencontres entre science et litteratureLa col­lec­tion « La tortue de Zénon », aux édi­tions de L’arbre de Diane, crée à nou­veau des étin­celles har­monieuses entre lit­téra­ture et sci­ence, elles qui inscrivent de con­cert la beauté « au cœur [de leur] proces­sus créatif », comme le souligne d’emblée l’éditrice Mélanie Godin. Dans Com­ment regarder plus loin, onze autri­ces attirent cha­cune dans leurs paumes une femme de sci­ence, qui a éclairé le monde d’antan ou d’aujourd’hui. Ces des­tins de femmes sci­en­tifiques, étudiés par ces autri­ces, dessi­nent une large con­stel­la­tion, com­posée de dis­ci­plines (sci­ences du cli­mat, géodésie et sis­molo­gie, physique spa­tiale, astronomie, math­é­ma­tiques, patholo­gie molécu­laire des plantes, géné­tique, médecine et chirurgie, neu­ro-réé­d­u­ca­tion) et de con­trées (Bel­gique, Dane­mark, France, Angleterre, Alle­magne, Etats-Unis, Ethiopie, Ital­ie) var­iées. Con­tin­uer la lec­ture

« Alors pour habiter ce monde »

Mel MOYA, Mater Dolorosa, Arbre de Diane, coll. « Les deux sœurs », 2023, 116 p., 15 €, ISBN : 978–2‑930822–26‑6

moya mater dolorosaRetraçant les séismes éprou­vés depuis l’enfance, Mater Dolorosa est une pietà poé­tique de com­bat dans laque­lle l’autrice incar­ne à la fois la mère et l’enfant, recoud ses pro­pres plaies pour mieux faire face au monde, s’en pro­téger et l’accueillir. Mater Dolorosa : écrire et par­ler pour répar­tir sur les épaules des coupables le poids d’un passé qui pèse comme des pier­res, lour­des et tran­chantes au fond des poches de celle qui doit avancer à con­tre-courant pour ne pas som­br­er. Con­tin­uer la lec­ture

« Take care, little Bastard »

Thymios FOUNTAS, Sauvez Bâtard, Arbre de Diane, 2023, 98 p., 14 €, ISBN : 9782930822297

fountas sauvez batardAu fond d’une ruelle, trois lais­sés-pour-compte, sortes d’archétypes aux couleurs beck­et­ti­ennes, sem­blent errer dans un monde futur­iste où règne le désar­roi, un monde où le ciel a dis­paru et se dis­loque en morceaux. Cafard, le « ramasse-miettes », Clébard, le « canidé colérique et kif­feur de pisse » et Clochard, le « sans-abri haut per­ché » tombent sur un cadavre. Cafard se retient d’en faire son repas. Clochard est en trip per­pétuel. Clébard, de nature agres­sive, mène le groupe. Ils net­toient les lieux pour accueil­lir un tri­bunal loufoque et Bâtard, leur coupable. Ce dernier avoue être « l’plus grand bâtard de l’univers faut bien qu’un gars soit bouc émet­teur de mis­ère », mais a‑t-il vrai­ment com­mis ce meurtre ? C’est alors qu’apparait Ekart, l’« amoureux en sueur », le mal­abar du quarti­er qui ne va pas tarder à tomber amoureux de Bâtard. Con­tin­uer la lec­ture

Lever l’encre

Cather­ine BARREAU, Tes cen­dres, Arbre de Diane, coll. « Les deux sœurs », 2023, 81 p., 15 €, ISBN : 978–2‑9300822–27‑3

barreau tes cendresL’écriture inten­sé­ment poé­tique de Cather­ine Bar­reau s’affranchit du romanesque. Après qua­tre romans – dont La con­fi­ture de morts primé par le Rossel en 2020 –, l’autrice pub­lie, dans la col­lec­tion « Les deux sœurs », aux édi­tions L’arbre de Diane, son pre­mier recueil de poèmes, d’une incan­des­cence qui ressus­cite d’entre les mots.

Ta
Mort
Pen­dant
le Grand
Con­fine­ment
À bout de souf­fle court
Pas de vis­ite Pas de virus Pas d’emmerdeur […]
Con­tin­uer la lec­ture

Prêtez-nous vos yeux

Flo­rence MINDER, Faire quelque chose. (C’est le faire, non ?), Arbre de Diane, 2022, 92 p., 13 €, ISBN : 9782930822228

minder faire quelque choseActrice et met­teuse en scène, Flo­rence Min­der co-dirige la com­pag­nie de théâtre Venedig Meer, basée à Brux­elles et qui défend « la fic­tion comme un lieu de pen­sées, d’innovation et de survie ». Autrice de plusieurs seule-en-scène, per­for­mances et autres pièces en col­lab­o­ra­tion avec dif­férentes struc­tures, Flo­rence Min­der sem­ble trou­ver le ter­reau (très) fer­tile de sa (stupé­fi­ante) créa­tiv­ité dans le col­lec­tif, l’hybride, le pas de côté. Faire quelque chose. (C’est le faire, non?) a vu le jour sur les planch­es de Mars-Mons Arts de la Scène en sep­tem­bre 2020 ; un « instan­ta­né » de cette pièce, saisi à l’automne 2022, a don­né lieu à cette pre­mière pub­li­ca­tion de l’autrice dans la col­lec­tion « Les deux sœurs » de l’Arbre de Diane. Con­tin­uer la lec­ture

Camille Pier : un corps en marche

Camille PIER, Scan­dale !, Pré­face de Vansay Kham­phom­mala, Arbre de Diane, coll. « Les deux sœurs », 2022, 138 p., 13 €, ISBN : 9782930822242

pier scandale!Pul­sé en vingt-neuf textes, le recueil Scan­dale ! importe dans l’espace clos du livre les rythmes de la poésie per­for­mée. Translit­téra­tion de l’oralité à l’écrit, slaloms dans une langue directe qui creuse des veines où vivre, où arracher un théâtre de la vérité, un théâtre de je, alter egos ou alter sans ego fixe, le recueil de Camille Pier, ponc­tué de dessins, livre ode, livre gode sans plus de God, livre orai­son et scènes de com­bats intimes dans une langue écorchée, rapiécée, en équili­bre sur le déséquili­bre du réel intérieur et extérieur. Co-créa­teur avec la biol­o­giste Leo Palmeira du spec­ta­cle-con­férence La nature con­tre-nature (tout con­tre), per­for­mant de la poésie slam sous le nom de Nestor, expéri­men­tant le cabaret sous le nom de Josie, inté­grant le col­lec­tif de cabaret queer « Not Allowed- Glitter’s Time », comé­di­en, chanteur, Camille Pier explore du dedans le « Je est un autre » et place sa créa­tion sur la crête des devenirs — devenirs iel, tigre, pierre. Chants de douleur, de colère, de con­tes­ta­tion des normes, des assig­na­tions gen­rées binaires, urgence de la libéra­tion qui se cherche des issues, chem­ine­ment con­joint d’un corps qui élar­git, excède l’anatomie et d’une langue qui se réap­pro­prie des ter­ri­toires de l’oralité : l’androgynie est tout à la fois brandie, excavée, con­stru­ite, bal­ancée dans une prose qui con­spue l’arnaque, les grenouilles de béni­ti­er, les chairs empris­on­nées. Con­tin­uer la lec­ture

Pleinement corps

Un coup de cœur du Car­net

Maud JOIRET, JERK, Arbre de Diane, coll. « Les deux sœurs », 2022, 12 €, ISBN : 978–2‑930822–21‑1

maud joiret jerkD’une ténac­ité com­pa­ra­ble à celle d’une plante de bitume, l’écriture de Maud Joiret brise le socle des représen­ta­tions, le roc des habi­tus dans lesquels nos corps sont empêtrés. Le pre­mier opus de la poétesse, Cobalt (récom­pen­sé par le Prix de la Pre­mière Œuvre de la Fédéra­tion Wal­lonie-Brux­elles) en traçait déjà le sil­lon. Cobalt explo­rait la (dé)construction du « moi », col­orant de bleu les par­tic­ules qui s’échangent entre le dehors et le dedans par le prisme du 27e élé­ment du tableau péri­odique de Mendeleïev. Con­tin­uer la lec­ture

L’essence de la vitalité

Mar­i­anne VAN HIRTUM, La vie ful­gu­rante, Arbre de Diane, coll. « Les deux sœurs », 2021, 92 p., 12 €, ISBN : 978–2‑930822–20‑4  

van hirtum la vie fulguranteL’arbre de Diane vient de rééditer quelques textes de Mar­i­anne Van Hir­tum dans sa col­lec­tion « Les deux sœurs », qui « entend révéler des voix de femmes ».

Mar­i­anne Van Hir­tum est née en 1925 à Bric­niot (Saint-Ser­vais, Namur) dans « un endroit réputé pour ses sources et ses fées ». De san­té frag­ile, elle évite l’école en suiv­ant des cours privés dis­pen­sés par des religieuses. Rapi­de­ment, elle part vivre à Paris, lais­sant au pays un père directeur d’hôpital psy­chi­a­trique et une mère big­ote. Con­tin­uer la lec­ture

Joëlle Sambi : langue-caillasse et danse hantée

Joëlle SAMBI, Cail­lass­es, Texte lim­i­naire de Lisette Lom­bé, Illus­tra­tions Maïc Bat­mane, Arbre de Diane, coll. « Les deux sœurs », 2021, 120 p., 12 €, ISBN : 9782930822198

sambi caillasses 1Sur la fron­tière entre Brux­elles et Kin­shasa, entre l’oralité et le geste écrit, entre poé­tique sauvage et poli­tique mil­i­tante, Joëlle Sam­bi se tient, dres­sant une scène nomade, élec­trique où, portés par un vœu per­for­matif, les mots font lever des corps. C’est de l’intérieur des oppres­sions sécu­laires, du creux d’une His­toire de sang et d’humiliations dans laque­lle la Bel­gique et l’Occident ont plongé le Con­go que les poèmes, les slams, les nou­velles, les créa­tions radio­phoniques de Joëlle Sam­bi s’arrachent. Au fil de trois rounds poé­tiques, scan­dés par des trouées de lin­gala, les reg­istres de la colère, de la déc­la­ra­tion de guerre à la guerre, d’un cri col­lec­tif, d’un éro­tisme les­bi­en sont explorés. Sous la forme de l’explosion, d’une parataxe déca­pante, elle mène de l’ombre à la lumière ceux et celles qu’on a enfer­més dans l’inexistence, les badi­geon­nés de silence. Con­tin­uer la lec­ture