Archives par étiquette : amour

Bien de chez nous

Marc MEGANCK, Si tu m’attends je vais chang­er ta vie, Léchelle, Zel­lige, coll. « Vents du Nord », 2015, 192 p., 19.50 €

attends_changer_vie_933x1400« Les his­toires d’amour passent et avec elles s’en va notre can­deur. » C’est par cette triste affir­ma­tion, dont l’éternelle ingénue que je suis valid­era la pre­mière moitié sans pour autant acqui­escer à la sec­onde, que s’amorce le neu­vième pro­jet de Marc Meganck. Con­tin­uer la lec­ture

Ce premier amour qui vous exile de vous-même

Un coup de coeur du Carnet

Isaac FRANCO-COHEN, Anky­losé, La Muette, 2015, 127 p.

Comme on s’introduirait en des draps de soie, on entre avec suavité dans la lec­ture du pre­mier et mag­nifique roman d’Isaac Fran­co-Cohen, Anky­losé (La Muette). Rarement un pre­mier roman m’a autant embal­lé, autant emporté de bout en bout avec une telle joie, un tel ent­hou­si­asme. Non, Albert Cohen n’est pas revenu des au-delà ; non, ce n’est pas un man­u­scrit retrou­vé du grandiose auteur de Belle du Seigneur. L’auteur en porte cepen­dant le célèbre patronyme – et voici que naît un écrivain déjà accom­pli, qui « vit et tra­vaille à Brux­elles » selon la lap­idaire infor­ma­tion de l’éditeur, respec­tant le souhait de dis­cré­tion de l’auteur. L’homme n’est pas un jeune pre­mier cepen­dant, qui nous pro­pose ce texte d’une telle justesse, d’une telle matu­rité, d’un tel aboutisse­ment lit­téraire. S’agissant d’un pre­mier roman pub­lié, on imag­ine volon­tiers une longue pra­tique antérieure, tant l’écriture sub­tile et claire est riche et exigeante, flu­ide et équili­brée, pour tout dire lumineuse. Une réus­site véri­ta­ble dont on souhaite d’ores et déjà qu’elle récoltera les récom­pens­es qu’elle mérite. Con­tin­uer la lec­ture

“Ma première vie s’achève ce soir ! Bon débarras !”

Kenan GÖRGÜN, Delia on my mind, mael­strÖm, 2015, 212 p.

gorgunDelia on my mind est un roman en huit “pul­sa­tions”, encadrées par des rêves, et semé de poèmes. Mais Delia on my mind est-il vrai­ment un roman ? N’est-ce pas, très con­crète­ment, le reflet typographique d’une danse hale­tante ? N’est-ce pas l’a­vatar chapitré d’un chant, tour à tour prière mys­tique, hurlement hard-rock, romance déli­cate ? Con­tin­uer la lec­ture

Ostende-Bangkok Express

Patrick DEVAUX, Dorures légères sur l’es­tran, Brux­elles, Les Car­nets du Dessert de Lune, 2015, 100 p., 12 €

devauxIl y a des romans qui sont d’énormes pavés. Des fic­tions labyrinthiques qui emmè­nent dans les méan­dres du monde ou d’une langue. D’autres sont d’une extrême minceur. Brossent en quelques traits la trame d’une his­toire. N’ont que faire des fior­i­t­ures d’une langue baroque. N’ont que faire des inten­tions pro­fondes et secrètes des per­son­nages. Filent à toute vitesse de la pre­mière à la dernière page, en somme. Comme des trains express, ils ne lais­sent à leurs lec­tri­ces et lecteurs qu’à peine le temps de saisir une atmo­sphère, une couleur. Ces romans « marchent » peut-être d’au­tant mieux qu’ils se réfèrent à un genre très codé. Le roman d’amour, par exem­ple. Con­tin­uer la lec­ture

La mémoire-refuge face au monde en déroute

Michel JOIRET, Le Car­ré d’Or, M.E.O., 2015, 160 p., 16 €

joiret_ghysenPour col­or­er, réchauf­fer « le silence de la vie », une vie qui lui glisse entre les doigts, vide de joie, d’émotions, de sens, depuis la mort d’Hélène, son épouse chérie, l’avocat Maxime Dubreuil s’enveloppe du sou­venir des jours enfuis. Con­tin­uer la lec­ture

La question finale

Un coup de coeur du Carnet

Nicole MALINCONI, Un grand amour, Esper­luète, 2015, 52 p., 14 €

malinconi_zumkirNicole Mal­in­coni n’est pas une auteure d’imagination, d’invention. Sa fic­tion, c’est l’écriture. Une écri­t­ure qui la mène à une forme de com­préhen­sion, de con­nais­sance de la psy­ché humaine. Son matéri­au nourrici­er, elle l’a trou­vé, le trou­ve encore dans la rela­tion à ses par­ents, son expéri­ence d’assistante sociale à l’hôpital, des œuvres d’artistes, des faits divers, des tragédies con­tem­po­raines ou his­toriques ; dans les mots eux-mêmes ; dans d’autres choses encore, qui peu­vent n’être rien, ou presque. Con­tin­uer la lec­ture

Un soleil qui tanne les âmes

Victoire de CHANGY

lazlo_changyDif­fi­cile de se fig­ur­er autrement, en par­courant Les trem­ble­ments essen­tiels, le vis­age d’Alma Sol ressem­blant traits pour traits à celui de l’auteur qui l’a fait naître de sa plume. Alma Sol, comme Vik­tor Laz­lo, a le teint tan­né, des cheveux d’ébène. Alma Sol, comme Vik­tor Laz­lo, impose au pub­lic son nom par une représen­ta­tion à l’Eurovision.  Le per­son­nage, comme l’auteur, sem­ble se mou­voir au moins aus­si aisé­ment sur la scène que dans les mots et la philoso­phie. Gageons que les per­son­nal­ités de ces deux-là se rejoignent, elles aus­si, à bien des endroits. Con­tin­uer la lec­ture

Les joies du tandem

BIEFNOT-DANNEMARK, La route des coqueli­cots, Cas­tor Astral, 2015, 312 p., 17,90 € /ePub : 12,99 €
BIEFNOT-DANNEMARK, Au tour de l’amour, dessins et lavis de Véronique Biefnot, Cas­tor Astral, 2015, 126 p., 15 €

biefnot-dannemark_coquelicots« Ensem­ble » est bien le mot qui régit depuis quelque temps déjà la rela­tion fusion­nelle entre Véronique Biefnot et Fran­cis Dan­nemark. Et c’est ensem­ble qu’ils pub­lient deux livres que cha­cun d’eux a mar­qués de son empreinte, à l’enseigne de l’auteur bicéphale Biefnot-Dan­nemark. La route des coqueli­cots est un roman où l’on recon­naît bien la pat­te de velours du nou­veau Fran­cis Dan­nemark, plus proche aujourd’hui des beaux et bons sen­ti­ments que des errances poé­tiques du cheval ombrageux de naguère. Véronique Biefnot partage ce pas de deux qui engage ensuite le cou­ple dans la choré­gra­phie d’un échange pas­sion­né avec Au tour de l’amour, long poème lyrique et sen­suel, illus­tré, lui aus­si, d’encres et lavis de la roman­cière, comé­di­enne et   artiste. Con­tin­uer la lec­ture

« Des ailes au creux des omoplates »

Fidé­line DUJEUDes bar­reaux aux fenêtres, Hévillers, Ker édi­tions, 2014, 108 p., 12 €/ePub : 8,99 €

dujeuL’histoire en deux mots… La nar­ra­trice, femme au foy­er, femme de David, mère de deux enfants, ren­con­tre Sybille qui, à un moment de sa vie, a fait le choix de se con­sacr­er à Dieu. Une dévo­tion et une réclu­sion au sein d’un cou­vent de Car­mélites qui vont faire écho à la pro­pre exis­tence de la nar­ra­trice. Con­tin­uer la lec­ture