Un coup de cœur du Carnet

Il y a eu les livres de celles et ceux qui ont vécu l’expérience de la déportation, des camps – entre autres, ceux de Robert Antelme, Edith Bruck, Charlotte Delbo, Primo Levi – avec leur écriture façonnée, modelée, souvent au cordeau, pour approcher (témoigner), au plus près, l’organisation implacable des camps, l’extrême dégradation vécue. Puis il y a eu, il y a encore, les livres de leurs enfants, cherchant « à rompre l’absolu d’un silence » (Lydia Flem) dans lequel se sont emmurés de nombreux parents revenus des camps de la mort, devenant les otages de leur secret, à leur corps et esprit défendant. Citons, parmi les autrices belges, Lydia Flem, Chantal Akerman (pour certains de ses films aussi), et plus récemment Myriam Spira et Marianne Lefebvre-Raepsaet, qui ont écrit pour « se délester du fardeau traumatique de [leurs] parents » (Myriam Spira), pour devenir les héritières actives de leur filiation (Lydia Flem). Pour transmettre également : « Aujourd’hui il ne reste plus que quelques déportées. La génération suivante, la mienne, va bientôt disparaître. Qu’allons-nous laisser à nos enfants, nos petits-enfants, les générations futures ? » (Marianne Lefebvre-Raepsaet). À cette question, on peut répondre que la transmission va continuer – et continue déjà – avec la troisième génération, elle aussi marquée. Continuer la lecture



Dominique Costermans nous invite à une vraie fête des sens tout en entrouvrant une fenêtre sur son intimité familiale dans ce livre atypique, Les petits plats dans les grands. Il renoue avec un genre que pratiquaient nos grands-mères et arrière-grands-mères. Allègrement, on l’espère pour elles, comme c’est le cas ici.
« Plongez dans le parcours d’un enseignant libre et rétif à toute discipline imposée, imaginatif, fou de poésie et de théâtre ! Un prof philosophe qui voyage et aime partager ses découvertes, n’hésitant pas à transformer sa classe en agora et à pousser chaque élève au bout de lui-même. »
La calligraphie est aussi ancienne que la main qui saisit un calame, un roseau, une plume pour tracer ces formes qui ont pris le nom de lettres, d’idéogrammes, de signes…Ce sont des gestes de volupté, des jouissances qui précèdent l’écrit et qui l’accompagnent dans la marge du sens ou de ce que nous appelons trivialement la communication.