Sophie FAVENNEC-BUYSE, Amour et kabbale, MaestrÖm, 2019, 204 p., €, 15 €, ISBN : 978–2‑87505–344‑2
Que le monde, sa création, son sens, sa richesse reposent sur les puissances de la lettre, Amour et kabbale le traduit en récit dans le mouvement où il le met en œuvre. Dans ce roman bruissant de sortilèges, qui explore les liens entre énergie de l’amour et esprit de la kabbale, la romancière (auteure de La graphomane, L’organiste, Autopsy, Confidences de l’olivier, publiés sous le nom de Sophie Buyse), psychologue, sexologue Sophie Favennec-Buyse tisse un récit initiatique qui transforme le lecteur. Au travers du couple d’amants formé par Léa, l’archéologue biblique, et Simon, l’astrophysicien kabbaliste, la fiction accomplit ce qu’elle narre : l’érection d’un « pont entre la Torah et la ponctuation des astres », entre le visible (de l’histoire, de la vie, de la mort) et l’invisible, entre la pratique de l’écriture et sa transmutation ésotérique. Continuer la lecture
Le jury du prix François Sommer a dévoilé la liste de ses dix finalistes pour l’édition 2020. Cinq romans et cinq essais ont été retenus. Parmi eux : Habiter en oiseau de Vinciane Despret (Actes Sud).
Bien connu des lecteurs du Carnet et des amateurs de géographie littéraire, Guy Delhasse trempe aussi sa plume dans l’encre noire. Il a tenu longtemps la chronique polar pour les journaux La Wallonie et Le Matin et il a signé un Poulpe de belle facture, Du pont liégeois, avec la complicité de Jean-Paul Deleixhe et de Christian Libens.
Dans son dernier opus, Luc Dellisse nous embarque dans vingt voyages entre les mailles du tissu de l’existence. « Parfois la banalité du quotidien se lézarde. Une ouverture se dessine. » Un sas, mais un sas particulier, de ceux qui ne permettent pas de retour : si votre curiosité vous emmène dans cette direction, il n’y aura pas de retour possible. Vous serez happé par l’aventure, et ne serez plus jamais le même. Vingt micro-nouvelles, denses et ramassées jusqu’à l’essentiel, constituent ce recueil, d’une grande cohérence : toutes proposent une échappée, et toutes semblent animées par le même souffle – une narration à la première personne dont il n’est pas impossible de penser qu’il s’agit d’un personnage unique. Un homme, qui a déjà beaucoup vécu, mais qui est toujours prêt à s’étonner. Un séducteur. Un promeneur. Un écrivain. Trois activités qui se confondent et génèrent chez lui une attention minutieuse à son environnement. C’est cette attention qui lui permet d’apercevoir les Sas. 
Romancière, poète, cinéaste, metteuse en scène, Frédérique Dolphijn bâtit une œuvre attentive aux infra-voix, aux mouvements souterrains qui ouvrent sur d’autres mondes. La finesse subtile avec laquelle elle mène les dialogues de la très belle collection Orbe aux éditions de l’Esperluète (
Le premier recueil poétique de Sébastien Fevry, Solitude Europe (éditions Cheyne), vaut à son auteur une belle reconnaissance, en Belgique et à l’étranger. Après le
C’est un bien beau livre que je viens de découvrir, Les secrets du bastidon bleu de Paul De Ré…
À l’heure où les cancres délaissent les parties de morpion griffonnées sur le bois de la table pour leur préférer l’envoi discret de mèmes via leur smartphone, on est en droit de se demander quelle forme peut encore prendre l’esprit « potache ». À son évocation, le nom (qui désignait à l’origine un élève d’âge moyen) ou l’adjectif fait surgir une imagerie sépia, remontant au plus loin aux batailles rangées de La guerre des boutons, au plus près à des scènes désopilantes, même si affreusement datées, des Sous-doués… On pense à des regards qui se perdent dans la contemplation d’invisibles oiseaux voletant au dessus des bancs alors qu’une question retorse de grammaire vient d’être posée ; à une cigarette glissée dans la mâchoire du squelette baptisé invariablement « Arthur » ; à une éponge gorgée d’eau sale et posée, en caméléon placide, sur le siège de Monsieur l’instituteur. Il n’a rien de bien méchant, le potache, et même quand il fait exploser l’école, son bagout et sa candeur vous convaincraient que cela ne partait pas d’une mauvaise intention… 




Jack Lee a perdu femme et fille dans un accident, toute empathie pour le monde qui l’entoure. Ses semblables lui apparaissent hostiles ou indifférents, sa rage et sa frustration le poussent à rudoyer qui le frôle, l’interpelle. Son état mental se dégrade, ses délires sombrent beaucoup plus radicalement dans les ténèbres : faire payer sa distraction à sa psy, s’offrir une nouvelle vie familiale sans prendre en compte l’avis de l’élue.